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LES DÉPENDANCES
DE
L'iBBAYE DE SÂmT-GERMAIN-DESrRÉS
LiouaÉ (Vienne). — Imprimerie E. Aubin
ARCHIVES DE LA FRANCE MONASTIQUE
VOL. ,Y^fÇ:j
LES DÉPENDANCES
DE
L'ABBAYE
DE
SAINT-GERMAIN-DES-PRËS
C'
PAR
D. ANGER
lt)^?o^.
TOME DEUXIÈME
SEINE-ET-OISE
1-3 3p.
LIGUGE
ABBAYE DE SAINT-MARTIN
CHEVETOGNE (PAR LEIGNON, BELGIQUE)
PARIS
LIBRAIRIE VEUVE POUSSIELGUE
15, RUE CASSETTE, 15
1907
PREFACE
Avant de livrer au public le second volume des Dépendances
de Saint-Germain-des-Prés, on me permettra de remercier tous
ceux qui ont facilité ma tâche par leurs conseils, leurs
lumières, et spécialement M. Couard, le sympathique et
savant archiviste de Seine-et-Oise, qui n'a cessé de me témoi-
gner, même au milieu d'un deuil cruel, un actif et bienveillant
intérêt. Il me fut donné, en 1900, d'apprécier son zèle pour
l'histoire. A l'Exposition universelle de cette même année,
dans un pavillon du Champ-de-Mars, au milieu d'un salon
bien aménagé, se trouvaient les monographies, souvent volu-
mineuses, de toutes les communes de Seine-et-Oise, présentées
par les instituteurs de ce département. Elles dénotaient une
prodigieuse somme de travail et indiquaient qu'on avait
consulté les documents anciens et modernes. Qui avait guidé
les recherches de ces érudits, soucieux d'accomplir intégra-
lement leurs devoirs et d'élever un monument à l'honneur
des études primaires? On le devine sans peine. J'ai passé des
heures, des journées, des semaines entières à lire attentivement
ces compositions multiples, et le voisinage de nombreuses
— VI
niuchincs aux proportions colossales, au ramage presque
étourdissant, ne me fit rien perdre du vif intérêt qu'inspiraient
ces travaux. Je ne veux point dire qu'ils eussent tous la même
valeur, la môme impartialité. C'est à peine si quelques-uns
accusaient la hâte, une dangereuse précipitation, un défaut de
contrôle. Les auteurs, après avoir longtemps cherché, trou-
vaient, dénonçaient de terrifiantes oubliettes où les ossements
blanchis de malheureuses victimes criaient vengeance ! ! ! Il
est fort regrettable qu'ils aient oublié de citer les témoins, les
preuves de ces lugubres trouvailles. Tout le monde le sait, il
n'est point permis de faire des versions, des assertions pure-
ment utiles ; rien ne saurait les justifier. On ne peut, sans
manquer à la dignité humaine, abuser de la crédulité de ses
semblables.
Les écoles primaires des temps anciens ont mérité l'attention
de nombreux instituteurs. La plupart admirent le dévouement,
l'abnégation, le désintéressement, la conduite édifiante, exem-
plaire des maîtres, mais ils finissent par leur adresser un
reproche mérité : ils passaient trop de temps à l'église et l'en-
seignement en souffrait. Hélas ! ce n'était point leur faute, s'il
fallait, en chantant l'office, parfaire un traitement trop maigre
légué par un bienfaiteur local. Pour les juger, il faut tenir
compte des besoins, des sentiments de l'époque. Sans doute,
ils ne connaissaient point les méthodes perfectionnées de notre
enseignement qui développe si merveilleusement l'intelligence,
sans fatiguer, surmener les jeunes élèves. J'aurai peut-être
l'occasion de revenir sur un sujet aussi noble. Si l'instruction
primaire a progressé, les études supérieures n'ont point faibli.
Depuis quelques années, je remarque avec bonheur qu'on se
passionne pour les recherches historiques. Jadis on considé-
rait le sanctuaire des archives comme interdit au profane vul-
gaire, et on se gardait bien d'aller troubler la quiétude des
— vir
sommités scientifiques qui s'y prélassaient tout à leur aise.
Aujourd'hui, les choses ont changé : les salles mises à la dis-
position du public ne suffisent pas à contenir sa bonne
volonté. Des professeurs émérites, des laïques, des ecclésias-
tiques de tout âge s'y pressent et consultent le passé, guidés
par des maîtres bienveillants, doctes, expérimentés. Ces
louables efforts ne peuvent produire que d'heureux résultats :
inspirer le respect, rapprocher des hommes de sentiments
divers, mais également amoureux du vrai.
D. Anger.
ARRONDISSEMENT DE MANTES
NOTRE-DAME-LA-DÉSmÉE
Donner l'histoire de ce sanctuaire qui s'élève dans la paroisse de
Saint-Martin-la-Garenne, près de Plantes, département de Seine-et-Oise,
c'est exposer son origine, citer les noms de ses bienfaiteurs, men-
tionner les acquisitions qui furent faites pour le doter, et énumérer les
privilèges qui lui furent concédés.
D'après une légende, à laquelle on ne peut guère ajouter foi, faute
de preuves authentiques, le roi Charles V se serait égaré en chassant
dans sa forêt d'Arthies. Après avoir erré à l'aventure pendant de
longues heures, accablé par la fatigue et la désespérance, le souverain
éleva son âme vers le ciel et supplia la Mère du Sauveur de lui tendre
une main secourable. Réconforté par l'ardeur de sa prière, il se mit
résolument en marche, et, dès les jDremiers pas, ses yeux, pénétrant
l'épaisseur du fourré, aperçurent la flèche élancée du blanc clocher de
Saint-Alartin-la-Garenne. Convaincu que la Vierge l'avait entendu et
exaucé, le prince, obéissant à un sentiment de pieuse reconnaissance,
jura d'édifier une chapelle là où avait fini sa peine et de la dédier à
Notre-Dame-la-Désirée. Ce récit nous paraît invraisemblable ; car
l'exiguïté et les proportions mesquines de cette chapelle ne convien-
nent point à la majesté d'un puissant monarque. Nos rois avaient
coutume d'imprimer à leurs œuvres un cachet de grandeur que nous
ne retrouverons pas ici.
L'historien de Saint-Germain-des-Prés, Dom Bouillart, nous
donne un autre version. Henri de Yillemorin (ou Yillemorien), gen-
tilhomme du diocèse de Langres, avait passé sa jeunesse au service
du roi, Charles V. Les nombreuses et graves fautes qu'il avait com-
mises lui revinrent à la mémoire. Touché de la grâce et saisi de
repentir, il résolut de finir ses jours dant la solitude. Un seigneur,
nommé Mathieu de Ver, paneticr du duc d'Anjou, lui permit
de demeurer dans un endroit de ses terres dépendant de la châtel-
lenie de Chaumont. Henri de Villcmorin y éleva quelques bâtiments
1*
pour se loger. Louis, comte d'Etampes, lui ayant obtenu de l'arche-
vêque de Rouen les permissions nécessaires, il fit construire, à ses
frais, une chapelle en l'honneur de l'Annonciation de la sainte
A ierge, sous le vocable de Xotre-Dame-la-Désirée. Le pieux solitaire
légua tous ses revenus à ce sanctuaire, et Charles \ amortit aS livres
tournois de rente annuelle et perpétuelle sur des biens acquis ou à
acquérir pour l'entretien d'un chapelain qui le deservirait (1374)*.
Aussi l'acte suivant désigne-t-il le roi de France comme fondateur de
la chapellenie de >'otre-Dame-la-Désirée :
« A tous ceux qui ces lettres verront, salut... Sachent tous que...
« Massiot de Ver, escuyer, panetier de monsieur d'Anjou, de sa
« bonne volonté reconnut et confessa avoir donné pour Dieu et en
(c pure et perpétuelle aumône à Henri Yillemorin une place assise
« entre Saint-Martin-de-la-Garenne etVétheuil, au lieu appelé Morigny,
« contenant un demi-arpent ou environ pour faire en icelle son habi-
(( tation, et, autour de la fontaine du Bois, un arpent de terre,
<( lesquelles places le dit Massiot tenait en l'appartenance du fief qu'il
« tient du Roi, Notre Sire,... et auquel lieu, le roi, notre Seigneur, a
w fondé et édifié une chapellenie en l'honneur de Dieu et de la
u sainte Vierge et son Annonciation, appellée >sotre-Dame-la-Désirée,
« et à ce que le dit Henriot y ait et puisse avoir plus convenablement
« son habitation et que le divin service soit fait perpétuellement, le
u dit Massiot transporte au roi, notre dit Seigneur, tout le droit que lui
« Massiot avait à ces dites places... pour y fonder et édifier la dite
(( chapelle et y faire sa pleine volonté, comme fondateur et patron
« d'icellc, et y ordonner chapellenie perpétuelle, pour telle manière
« que quand il y aura chapelain ordinaire ou mutation de chapelain,
{( que le dit Massiot ou ses hoirs, procréés de son corps, présentera au
« roi, notre dit Seignem-... une personne convenable, comme chape-
« lain, et le dit roi, notre dit Seigneur, comme fondateur et patron
« d'icellc, donnera et confirmera en la personne convenable prê-
te sentée par le dit Massiot ou ses hoirs. — Donné le vendredi
« 2 janvier iS-G'. »
1. Dom Bot.iLL\uT, preuves; Arrh. nat. LL. 11/4G, p. 7G't.
a. Charlrier du château de la Rocheguyon.
— 3
Nous voyons que le Seigneur de Saint-Martin-la-Garenne, Mathieu
de Ver, ajouta à ses premières libéralités et déféra au roi le droit de
ratifier le choix du chapelain*. Charles Y contribua à doter la chapelle
de Notre-Dame-la-Désirée. En 1878, il acquit à cet effet, moyennant
25 francs d'or, une pièce de vigne et une rente de 4o sols à prendre
sur les biens de Mathieu de Ver. Le roi Charles M, suivant l'exemple
de son père, voulut également compter parmi les bienfaiteurs de Notre-
Dame-la-Désirée. Il lui donna une pièce de pré, située dans une île
nommée Petel, qui lui coûta cinquante francs d'or, et une pièce de
vigne dans le territoire de Saint-Martin-la-Garenne, qu'il paya i4
livres, en i385. Plus tard, en i54o, Jean Bourgeois, seigneur du Bois,
laissa une rente de 5 livres tournois pour dire tous les samedis une
messe en l'honneur de Notre-Dame-des Sept-Douleurs.
On se demandera avec raison pourquoi Henri de Villemorin, orio-i-
naire de Langres, est venu se fixer sur le territoire de Saint-Martin-la-
Garenne. Qui l'avait attiré dans ce pays inconnu ? Voulait-il échapper
aux visites trop fréquentes et trop mondaines de ses anciens amis et
compagnons ? Faute de renseignements précis, il nous est impossible
de reconnaître le mobile qui guida les pas de ce noble pénitent. Mais
il est certain qu'alors Morigny n'avait pas encore de sanctuaire,
comme le montre la réponse des vicaires généraux de Rouen '.
Henri de Villemorin avait passé environ 22 ans dans cette sancti-
fiante retraite. V oulant assurer l'existence de la chapelle qu'il avait
élevée, il la donna à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le roi
Charles VI confirma cette translation par des lettres patentes du mois
d'octobre 1897 '' ^ la condition qu'on célébrerait tous les ans dans cette
chapelle deux messes solennelles à son intention : l'une, le jour de la
Purification, et l'autre, le jour de la Nativité de la sainte A'ierge.
A peine en possession de ce bénéfice, les Bénédictins eurent quel-
1. Ce document demande quelque explication. A en prendre les termes dans un
sens rigoureux, il semble indi(iuer ([ue le roi de France participa, au moins, à la
construction de la chapelle de Notre-Dame-la-Désirée. Cette inlerprétalion est con-
tredite par une charte de Charles VI datée de l'année i.^()7 : « ... Heiuicus de WUc-
morin, quanulani capcllam, vulgari prclicpiio, 15. Mario Desiderate vocabulo nun-
cnpatam, cnm nonnullis cdiliciis, sois prjpriis suniptihus conslrui Iccit et fnn-
davit. » (Arcli. mil., LL. ji.U. p. i.s,?.)
2. Dom Boi.it.i.Aur, Pièces justilicatives, p. 8i.
3. Arck. nal. LL. ii3i, p. i83. Dom Bouh^laut, Pièces jnslil'., p. Si.
— k
ques contestations avec le seigneur de Saint-Martin, qui leur demanda
de bailler homme. Un acte du 4 juillet i/ioo est ainsi conçu : (( Sachent
(( tous que nous, Guillaume, par la permission divine, humble abbé
(( de Saint-Germain-des-Prés, confessons que nous tenons, à cause de
« notre chapelle la Désirée, trois arpents de pré ou environ mou-
« vants en censive de noble homme Macyot de Yer, escuyer, lequels
(( ne sont point amortis, et parce qu'il a plu au dit Macyot de nous
« laisser. . . tenir de sa courtoisie, mais ne voulons pas que la dite tenue
(( ainsi faite... lui puisse tourner à préjudice pour le présent ou pour
(( le temps à venir, etc. ' »
Les officiers du roi jetèrent un regard de convoitise sur le sanctuaire
de Notre-Dame-la-Désirée. Comme il avait été doté et fondé par les
pieuses largesses de Charles V et Charles VI, ils voulurent le consi-
dérer comme un bénéfice à la nomination du roi et le conférèrent à
un ecclésiastique, nommé Robert Guérin. Les religieux de Saint-
Germain-des-Prés s'y opposèrent et soumirent l'affaire au Châtelet de
Paris. Ce tribunal rendit, le 29 avril 1899, une sentence qui leur
confirma la possession de Notre-Dame-la-Désirée et des dépendances".
Les pèlerins affluaient. Ils apportaient la joie et la prospérité dans
le hameau et dans la paroisse tout entière. Les habitants avaient
défriché, suivant une tradition, recueilhe par Hippolyte Desplanches,
une partie des bois qui entouraient la chapelle. La vigne qu'on y
avait plantée produisait un petit vin excellent, très apprécié des étran-
gers. On le savourait avec plaisir, en prenant quelque repos à l'ombre
des vieux chênes. Les fidèles se montraient généreux envers le
chapelain, ce qui excita l'envie du pasteur de la paroisse. En i458,
Jean Fagot, curé de Saint-Martin-la-Garenne, voyant ce grand
concours de peuple venant implorer l'assistance de la sainte Vierge,
prétendit que les offrandes devaient lui appartenir, parce que la
chapelle était située dans sa paroisse. Sur le refus qu'on lui opposa,
il intenta un procès, et le Châtelet de Paris donna raison aux religieux
de Saint-Germain. Cependant ces derniers passèrent un accord et
consentirent à donner /jo sols chaque année au curé de Saint-Martin-
la-Garenne \
1. Cliartrier du château de la Rocheguyon.
2. Arch. nat. LL. ii46, p. 766.
3. Id. LL. M '40, p. 7O5.
En lASo, l'abbaye de Sainl-Germain-des-Prés se vit en butte à une
autre difficulté. Le roi Louis XI, prévenu par des personnes hostiles
aux Bénédictins, contesta à ceux-ci leur droit sur la chapelle de Notre-
Dame-la-Désirce. Le monarque chargea un de ses secrétaires, Jean
Descouville, de faire des recherches à ce sujet. L'issue de ces inves-
tigations fut favorable aux religieux '.
Le domaine de Notre-Dame-la-Désirée reçut quelque accroissement
par suite de legs et donations. Un ermite avait été assassiné dans sa
solitude. Les rehgieux de Saint-Germain-des-Prés héritèrent de ses
biens, d'un étang et d'une fosse à poisson, à côté (8 juin 1471)'. Jean
Mabillon, ermite, laissa en mourant tous ses biens à la chapelle de
Notre-Dame-la-Désirée, 22 avril I5o6^
Guillaume Lesueur et consorts renoncèrent au profit de messieurs
les religieux de Saint-Germain-des-Prés, chapelains de Notre-Dame-la-
Désirée, à tout ce qui pouvait leur appartenir en un lieu, place et
héritages situés sur le chemin de Vétheuil à la chapelle (27 jum
1627)*. Eustache Hédouin donna à la chapelle de Notre-Dame-la-
Désirée 20 sols de rente à prendre sur 4o perches de vigne assises au
terroir de Vétheuil, au lieu dit le Miart ('9 mai i5'|5)^
Le 3o mars iG3A, les religieux Bénédictins affermèrent à Guyon
Douté et Barbe Ozanne, sa femme, toutes les oblations et offrandes
données à la chapelle de Notre-Dame-la-Désirée, avec plusievu-s terres
et prés, à savoir :
1° 32 perches 011 était assise la chapelle ;
2° Deux petits jardins, et la cour où il y avait une fontaine ;
3» 26 perches de jardin planté d'arbres fruitiers, proche la chapelle ;
4" 23 perches tant terres que friches devant la chapelle ;
5° 2 arpents 2 5 perches tant de terres que de prés aboutissant au
sieur de la Roche-Guyon ;
6° 2 arpents 80 perches de pré en la grande île de Vétheuil, appelé
le pré aux Ermites ;
"j" I arpent et 1/2 de terre appelée la terre de Notre-Dame-la-Désiréc ;
8° 20 sols de rente sur le fief Saint-Martin, le tout pour 90 livres.
1. Dom BOLILLART.
2. Arch. nul. LL. ii4G, p. 7OO.
3. /(/. LL. II. 'lO, p. 7(57.
4. U. LL. 1140, p. 7G8.
5. Id. LL. II. 'tO, p. 7G9.
— 6 —
Les preneurs devaient payer l\o sols de rente au curé de Saint-
Marlin-la-Garenne, faire dire et célébrer par chacun dimanche une
basse messe à eau bénite et aussi cinq autres messes, aux cinq fêtes
de Notre-Dame, à l'intention du roi et de ses prédécesseurs *.
11 y avait encore parmi les dépendances de !Sotre-Dame-la-Désirée
le fief de la Rivière, situé dans les paroisses de Fourges et Amenu-
court', autrement dit Beauregard. 11 rapportait 20 livres de rente, à la
date du 12 avril 1037 ^ Cette propriété, qui relevait delà mense
conventuelle de Saint-Germain-des-Prés, était affermée, en 1789, à
M. Alexis Rochon, prieur commendataire de Saint-Martin-la-Ga-
renne, pour le prix de 180 livres par an*.
La chapelle de Notre-Dame-la-Désirée possédait des reliques de
sainte Cécile, de sainte Cordule, reine et fille du roi d'Angleterre,
compagne de sainte Ursule, des onze mille vierges martyres, du pain
céleste, envoyé de Dieu à saint Antoine et à saint Paul, ermites, des
reliques de saint Christophe, de saint Barthélémy, de saint Eutrope,
de sainte Marguerite, de sainte Apolline, de sainte Barbe, quelques
parties des vêtements de la sainte Vierge, un fragment de la pierre
sur laquelle Xotre-Seigneur prêchait, et enfin un lambeau du guidon
de saint Georges, que César Ballhasar de Constantinople avait donné
à Edmond, roi d'Angleterre, en 1181. Bien qu'on affirme qu'elles
étaient toutes authentiques, et fidèlement approuvées, on nous per-
mettra quelque réserve à ce sujet.
Le 27 mars 1^79, Jacques de Luxembourg, seigneur de Richebourg,
et Ysabeau de Roubais, son épouse, gratifièrent la chapelle de Notre-
Dame-la-Désirée d'une table ouvrée d'or et de soie, enrichie de 17
reliquaires que Hermand de la Forest, chapelain, avait donnée. Les
religieux de Saint-Germain-des-Prés décidèrent que cet objet pré-
cieux demeurerait toujours en la chapelle, sous la garde des ecclésias-
tiques attachés au sanctuaire ^.
En 1 35 1, le pape Clément VI avait accordé de nombreuses indul-
gences aux bienfaiteurs et aux pèlerins de Notre-Dame-la-Désirée.
i.Arch. nul. LL. ii?iG, p. 773.
2. Fourges, canton do Ecos Eure) ; Amenucourt, canton de Magny (Seine-et-Oise) .
3. Arch. nat. LL. n/iC, p. 768.
II. hl. S. 2878 ; LL. io39, P- 3oG.
5. /(/. LL. II 41), p. 766.
— 7 —
llermand de la Forest les fit annoncer en diverses contrées par des
clercs, qui emportaient avec eux des reliques pour les exposer à la
vénération des fidèles (i^gS) '.
Les pèlerins venaient nombreux invoquer Notre-Dame-la-Désirée.
Leur affluence était telle, auXYI^ siècle, que de nombreux marchands,
accourus des villes voisines, s'installaient aux abords du sanctuaire,
où leur réunion formait une foire d'une certaine importance. « J'ai
(( droit, disait la duchesse d'Enville, dans un aveu au roi, en 177 1, de
« faire tenir trois foires, l'une, le jour de l'Annonciation de la Vierge,
(c l'autre, le lendemain de Pâques, et la troisième, la veille du jour
« saint Georges, au hameau de Notre-Dame-la-Désirée,... où il y a
« une chapelle à laquelle tous les lieux circonvoisins et fort éloignés
u ont une particulière dévotion, et se payent, à moi ou à mon fermier,
« pour les marchands étalants, cinq sols pour droit d'étalage. »
Deux transactions intervenues, l'une, en i557, avec Nicolas de Mir,
et l'autre, en i665, avec monsieur de Liancourt, donnèrent aux
seigneurs de Saint-Marlin-la-Garenne la faculté de percevoir ces rede-
vances. Les Bénédictins reçurent en échange le droit de désigner les
ermites % qui voulaient se retirer à l'ombre du sanctuaire de la Vierge,
pour vaquer au service de Dieu et à leur propre sanctification \ Nous
relevons les noms de quelques-uns d'entre eux, comme Adam Fleurs
et Michel Le Tellier, 1649*, André Lefebvre, 1642', Jacques Rebours
et Jean Tabour, 1629 ^.
Monsieur de Liancourt, seigneur de la Rocheguyon, demanda la
permission de prendre un arpent de terre auprès de la chapelle de
Notre-Dame-la-Désirée pour bâtir une petite maison où loger son
garennier. Il promit de compenser cette donation d'une autre manière
(3 juin i64i)'-
Un arrêt du Parlement confirma, en 1647, aux religieux de Saint-
Germain-dcs-Prés, à l'encontre de Charles Lemestre, curé de Sainl-
I. Arch. nat. LL. n'iG, p. 706.
a. A. Gatin, Notice sur Saint-Marlin-la-Garenne.
3. Id., ouv. cité.
4. Arch. nat. LL. 1127, p. 3i2.
5. Id. LL. 1127, p. 182.
6. Bib. nat. ms. fr. iG852, p. 80.
7. /(/. iG852.
8 —
Martia-la-Garenne, le privilège qu'ils avaient de nommer les prêtres et
chapelains attachés à la chapelle de J\otre-Dame-la-Désirée, d'y faire
dire et chanter des messes à eau bénite et pain bénit, célébrer le
service divin et percevoir les offrandes '. C'est en vertu de ce pouvoir
que Frère Benoît Brachet, prieur de Saint-Germain-des-Prés, vicaire
général de l'abbé, donna au Frère Thomas Itingans, prêtre et
moine profès du même monastère, la facuUé de résider à Notre-
Dame-la-Désirée, de célébrer la messe dans la chapelle, d'y admi-
nistrer les sacrements, et prêcher, avec l'autorisation de l'archevêque
de Rouen (1648)'.
En 1645, les religieux Cordeliers et Capucins de la ville de Mantes
adressèrent une requête aux Bénédictins. « Ils avaient accoustumé de
u toute ancienneté, disaient-ils, de prescher et d'instruire le peuple au
« dit lieu de la Désirée. » Ce ministère leur valait quelques aumônes qui
les aidaient à vivre. Mais ils étaient très inquiets, car ils avaient appris
que les Augustins du grand couvent de Paris songeaient à les supplanter.
Ils alléguaient jîour prétexte qu'on les désirait dans ce lieu de pèleri-
nage. Ce motif n'avait aucun fondement, prétendaient les fds de saint
François, car toute la noblesse et les habitants des environs se décla-
raient en faveur des cordigères. Ils suppliaient de ne point permettre
à de nouveaux religieux de se fixer à Notre-Dame-la-Désirée, car ils
seraient une charge pour le public et même pour les seigneurs. Nous
ne savons pas quel fut le résultat de cette lutte pour la vie '.
En 166G, une confrérie fut érigée en l'honneur de la Vierge dans la
chapelle de Notre-Dame-la-Désirée. Le pape Alexandre Ml accorda
une indulgence plénière et universelle de tous les péchés aux fidèles de
l'un et l'autre sexe qui s'y feraient inscrire, et les Bénédictins deman-
dèrent à monsieur le grand vicaire de Pontoise d'approuver cette dévo-
tion *.
Le 8 juin 171C, Guillaume Brunet, demeurant à l'hôtel royal des
Invalides, donna au monastère de Saint-Germain-des-Prés une somme
de 600 livres, pour fonder une lampe ardente de jour et de nuit dans le
sanctuaire de -^otre-Dame-la-Désirée^
1. Arch. nul. LL. 1127, p. !n3.
2. Id. LL. 1127, p. 3i3.
3. Id. LL. 1127, p. 317.
h. Arch. Seine-et-Oise, Série G, n" i^o.
5. Bib. mit. ins. fr. iGSâ;, p. 5u2.
La chapelle de Xotre-Dame-la-Désirée était fort modeste. Construite
en tuiles, elle portait dans ses vitraux l'image de la sainte Merge et
les armes des seigneurs de Saint-Martin. Lautel, somptueusement
orné par de pieuses libéralités, contrastait avec le dénùment du rus-
tique abri qui servait d'asile. Pour charmer ses loisirs, le chapelain
avait à sa disposition une bibliothèque composée d'une quarantaine
de volumes. Tous ces livres étaient écrits en latin, sauf le trésor des
langues française et espagnole '.
Déclaration du 27 février 1790^ :
« Le domaine de la chapelle de Notre-Dame-la-Désirée fait partie de
« la mense conventuelle. Il compte en ladite chapelle un bâtiment et
« jardin pour le chapelain amovible, nommé par les religieux de
« l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. 11 comprend une place plantée
« d'ormes, environ 6 arp. 3/4, tant de terres labourables que prés, et
« quelques petites rentes de fondation données à vie à monsieur Ro-
(( chon, de l'Académie des Sciences, prieur du prieuré de Saint-
« Alartin-la-Garenne, par acte passé devant Péant de Saint-Gilles,
« notaire à Paris, le 9 mai 1789, à la charge de la desserte de la dite
« chapelle et des entretiens et réparations desdits bâtiments.
u Nota. — L'on n'a rien retiré de cette chapelle depviis un temps
« immémorial. L'entretien et les réparations des bâtiments ont été
« un surcroît de charges sans profit. »
En 1790, les cloches furent descendues du clocher de Notre-Dame-
la-Désirée, malgré les protestations de monsieur Hache, chapelain,
et l'indignation des habitants. Les biens, qui formaient la dotation du
sanctuaire et qui se composaient de 7 arpents 26 perches, furent ven-
dus et adjugés pour la somme de 10G75 livres.
Nous ferons observer que le registre de la vente des biens natio-
naux porte que 6 arpents 90 perches de terres dépendant de Notre-
Dame-la-Désirée furent vendus 4970 livres, le 17 janvier et le i3 avril
1791. (Voir, district de Mantes, n"" 3 et 92.)
La statue de la Vierge fut cachée dans la fontaine avoisinant la
chapelle. Après la Révolution, elle fut portée à Saint-Martin-la-
Garenne, où elle orne actuellement l'un des autels de l'église.
1. Aicli. nat. S. 2858.
2. Archives de Seine-et-Oise, Série /|. — A. Catin, oui', rilc.
lO —
ClIAPELAENS.
Ilermand de la Forest, i479-
Jacques Fustel, i6i5.
Thomas Intingans, 1G48.
Gendre, prêtre du diocèse d'Evreux, 8 février i663.
SAINT-LÉGER-EN-ARTIIIES
Le prieuré de Saint-Léger-aux-Bois se trouvait situé dans la paroisse
de Villers-en-Arthies, canton de Magny, arrondissement de Mantes,
département de Seine-et-Oise. Les documents qui s'y rapportent sont
assez peu nombreux et sans grande importance. Ils traitent presque
exclusivement d'intérêts temporels. Comme nous l'afTirment Dom
Bouillart et les cartulaires de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés,
Hugues, archevêque de Rouen, accorda à ce monastère, en 1660, l'église
de Saint-Léger, avec les dîmes, bénéfices et revenus qui en dépendaient,
ce que confirma Rotrou', son successeur (1175)'. Le prélat voulait
dédommager ainsi les Bénédictins pour deux muids de vin et huit
setiers de froment de rente annuelle que leur avait imposés le roi Louis
le Jeune pour la fondation d'une prébende en faveur de Saint-Magloire
de Paris.
Dans la suite des temps, quelques donations vinrent augmenter ce
domaine. Vers le XIIP siècle, Guillaume Brostin et son épouse, sou-
cieux du salut de leur âme, voulurent s'assurer les suffrages des
Bénédictins de Saint-Léger. Ils leur donnèrent en pure aumône un
muid de grain à prendre annuellement sur la grange d'Omerville, et
trois arpents de bois sis dans le voisinage du prieuré'. On lit dans le
dénombrement de i384 : « Le i3 octobre 1470, Robert Châtelain,
« curé de Saint-Martin de Yiller, abandonna au couvent de Saint-
I. Rotrou de Warwick (iiC5-n83) (Gams).
a. Dom BouiLLART, p.. 90. — Arch. nat. LL. 1026, p. 91. LL. i025, p. 62. Bib. nat.
ms. lat. 2838, p. 103. Dom du Bourg, Saint-Germaindes-Prés au XIV' siècle, p. 35.
3. Arch. nat. L. 807 ; LL. ii46, p. Goo.
— 1 1
(( Léger, pondant son vivant les menues dixmes de la paroisse', »
Un de ses successeurs, nommé Martin Carré, ne se montra pas aussi
bienveillant. Il leur contesta certains droits qu'ils avaient dans sa
paroisse. Le i5 juillet i56i, une sentence des requêtes donna raison
aux religieux et affirma qu'ils pouvaient prendre toutes les dîmes des
fruits venant et croissant en plusieurs pièces du territoire de Villers-en-
Arthies. Ils avaient la faculté de dîmer :
1° Sur lo arpents, au lieu nommé le Pendu, vers la coste de Chau-
dray ;
2° Sur 20 arpents, au lieu nommé le jardin du Bois;
3o Sur 19 arpents, à Saint-Léger;
4° Sur un arpent, au lieu dit ChaufTour;
5" Sur i5 arpents, au lieu nommé les Cornoilles, autrement dit les
Aigneaux ;
6° Sur 8 arpents, au lieu nommé la vente Micliault-Hebert".
Nous citerons le contenu de quelques baux, pour avoir une connais-
sance plus exacte des lieux qui nous occupent. En i658, Dorn Bernard
Audebert, prieur, et les religieux de Saint-Germain-des-Prés baillent
à ferme pour 9 ans à Jean Douté, laboureur, demeurant à Villers,
les droits appartenant au prieuré de Saint-Léger-aux-Bois, membre
dépendant de l'abbaye, uni à la mense conventuelle d'icelle avec tous
les cens, rentes, fruits, prouffits, grosses et menues dîmes, offrandes
et les oblations. Le bail consiste à la charge pour le preneur de faire sa
résidence es dits lieux baillés, de payer les décimes, à la réserve des
taxes extraordinaires du clergé de France, et de fournir en outre
5oo livres tournois par an. Le dit preneur devra faire célébrer par chas-
cun dimanche une basse messe, en la chapelle du dit prieuré,
plus, faire garder et observer les louables coutumes du dit prieuré,
dire et chanter, la veille et le jour de saint Léger, une haute messe à
diacre et soubs-diacre, qui seront accompagnés de choristes et autres
gens à ce nécessaires, au nombre de 6 pour le moins. Il fournira à ses
dépens le luminaire pour la célébration des messes. Il fera planter à
l'entour des bâtiments un cent d'ormeaux, qu'il laissera croistre. Il les
I. Arch. nat. LL. ii'iC), p. Sy').
3. Id. LL. iiM'), p. oijfj.
12
plantera de telle sorte qu'ils puissent servir à rompre la force du vent,
sans nuire aux couvertures'.
Suivant un dénombrement du 20 mai 1768, le prieuré de Saint-Léger
comprend :
10 Une chapelle négligée depuis longtemps, quant à la bâtisse, aux
linges et aux ornements, quoiqu'on y dise une messe par semaine ;
2° Une ferme, composée d'un corps de logis, d'une écurie, d'une
grange, de plusieurs toits à porcs, d'une étable à vaches, d'un fournil
et d'un joetit jardin. Au bas de la dite ferme se trouve un pâti d'environ
neuf arpents, planté en bois de mauvaise venue. Il y a peu de chênes
et d'ormes ;
3° Quatre arpents de terres labourables ;
4" La moitié des dîmes du territoire qui contient environ 800 arpents,
avec le village. Cet acte se termine en faisant remarquer que la contrée
est pauvre. 11 n'y a point de terres fortes : le sol est spongieux ou
graveleux.
La ferme et la chapelle étaient délabrées. Les réparations urgentes
qui s'imposaient s'élevaient à la somme de 3oo livres. Le fermier devait
solder ces dépenses, comme acompte sur son bail. Quant à la restau-
ration du chœur de l'église paroissiale, dédiée à saint Martin, elle
incombait également, par moitié, aux religieux et au curé\
Un bail de 1789 nous apprend que les fermiers devaient héber-
ger une fois ou deux l'an, pendant une huitaine de jours, deux reli-
gieux avec leurs domestiques et leurs chevaux'.
La déclaration de 1790 vient compléter ces notions. Avec les
bâtiments de la ferme et les i5 arpents de terre que nous avons déjà
signalés, elle mentionne la dixme svu' les haute et basse Ârdennes,
paroisse de Follainville*, une rente foncière de 3 livres parisis sur les
acquits du pont de Mantes due par l'hostel de ville du dit lieu. Le tout
fut loué, le l'^'mai 1789, pour 1000 livres par an, au sieur Sarrazin,
laboureur, demeurant à Chaussy, qui dut verser 1200 livres en passant
le bail. Le preneur s'engageait en outre à payer les décimes, qui se
1. Arch. nat. LL. loSg, p. 388.
2. Bib. nat.ms.fr. iCSâg, p. 282.
3. Archives de Versailles.
t». Canton de Limay ;Scine-et-Oise).
— i3 —
montaient alors à i3o livres pour le prieuré de Saint-Léger et son
annexe, Notre-Dame-des-Halles, à faire chanter, la veille et le jour delà
fête de saint Léger, en la chapelle du prieuré, une grand'messe à diacre,
sous-diacre et choristes, y faire dire une messe basse tous les
dimanches, à fournir tout ce qui était nécessaire pour la célébration et
à payer les honoraires. Cette charge s'élevait environ à 200 livres'.
S'il faut en croire le dénombrement de i384, les possessions du
prieuré de Saint-Léger-aux-Bois étaient plus considérables à cette
époque qu'au temps de la Révolutions. Nous y lisons en efTct : « Item,
« en l'archevesché de Roen, à Saint-Ligier-en-Artie, est un prioré, où
(( il y a un prieur religieux et un de nos compagnons, une maison
a toute destruite par les guerres, séant auprès des boiz esquels nous
{( avons usaige pour édifier et ardoir, sans vendre, à la volonté de
« notre dit prieur. Item xxnu arpents de terre, les dismes et cham-
(( pars du dit prioré, tout baillé en ferme par le dit prieur à un muids et
« demi (qui solait valor xii muis (antérieurement). Et sur ce doit
« ycelui prieur xxxii sols de décimes ^. »
Dom Dubreul fait remarquer aussi que le prieur de Saint-Léger ne
vivait pas seul dans son modeste couvent. (( Predicta ecclesia Sancti
Leodegarii, écrit-il, quondam habuil priorem cam socio monacho coni-
morantem^. »
Le i4 septembre 1577, les commissaires délégués par le pape Gré-
goire XIII pour aliéner So.ooo escus de rente à prendre sur le temporel
des églises du royaume de France décidèrent que le prieuré de Saint-
Léger-en-Artie, uni à la mense conventuelle de Saint-Germain-des-
Prés, serait exempt et déchargé d'un écu de rente, ce à quoi il avait été
taxé*.
Le 16 mai 1679, la ferme de Saint-Léger-aux-Bois et le revenu de la
chapelle de Notre-Dame-la-Désirée furent saisis, parce qu'on n'avait pas
fourni, en temps opportun, une déclaration de ces immeubles, confor-
mément aux ordonnances du roi^
1. Bib. nat. ms. fr. 20848, p. .33. Arch. nat. S. 2884.
2. Arch. nat. L. 760, n" 2g.
3. Bib. nat. ms. lat. 12838, p. 101.
4. Arrh. nat. LL. ii/iG, p. fxjS. G8x 1391, folio 3711.
5. Bib. nat. ms. fr. chap. conv. 1C857, p. i32.
— iZ, —
Prieurs.
i5oG. Pierre Cornillé.
Saint-Martin-de-Villers
Inutile de rappeler qu'il s'agit ici de la paroisse sur le territoire de
laquelle se trouvait le prieuré de Saint-Léger. Hugue, archevêque de
Rouen, donna pour toujours à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés la
présentation à cette cure (1160)'. Dom Dubreul mentionne ce fait par
ces mots : « Présenta tio presbyteri, seu curionis in ecclesia S. Martini
de Yillers ab abbate fieri debebat'. » Plus tard, 11 76, Rotrou, un des
successeurs de Hugue sur le siège de Rouen, ratifia la concession de ce
privilège, mais il exigea que les prêtres jugés capables de desservir cette
église comme celle de Longuesse lui seraient présentés pour recevoir la
collation de leurs bénéfices ^
Les religieux ne vécurent pas toujours en bonne intelligence avec les
curés. L'un d'eux, le sieur Faradin, se disait en droit de percevoir la
dîme sur deux arpents de prairies situés à Chaufour. Les Bénédictins
le lui contestèrent. Pour éviter les ennuis d'un grave procès, il renonça
à ses prétentions et mit fin à ce litige, en passant un accord à l'amiable
le 24 avril i635 '.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés favorisaient de tout leur
pouvoir l'instruction des enfants. Quelqu'un leur ayant proposé une
somme de i5oo livres, au denier 20, pour aider à entretenir une
maîtresse d'école, à Villers, il s'empressèrent d'accepter {3o juil-
let i707)\
1. Arch. mil. LL. io2('i, p. 91.
2. Bib. nat. ms. lut. i2S38, p. 102.
3. BOLILLAUT.
l\. Arch. nat. LL. iiaO, p. aO'i.
5. Bib. mil. ms.fr. 16807, P- ^i5.
i5
Curés.
1692. Loizel, vicaire d'Ântoin.
1695. Yaliers, prêtre du grand vicariat de Pontoise.
1727. François Lecellier, jusqu'en 1763.
1763. J.-B. Ausart.
iG35. Faradin.
Vente du domaine.
District de Mantes. — N° 23. — 8 février 1791 :
4 arpents de terre situés au lieu dit les Hautes-Comptées, à Villers-
en-Arthies, et appartenant aux religieux de Saint-Germain-des-Prés,
furent vendus à René-Nicolas le Roy, greffier de la municipalité
de Mantes, pour Etienne Pinet, demeurant à Vétheuil, au prix de
4025 livres.
N° 24i- — 8 septembre 1791 :
Un corps de ferme, circonstances et dépendances, avec une chapelle,
le tout enclavé dans onze arpents de petites bruyères et de méchants
bois et 75 perches de jardin, compris dans les onze arpents, furent
adjugés au prix de 3275 livres à Jacques Bailly, marchand de chevaux
à Vétheuil ' .
MAGNY-E^-YEXI^^
Celte ville est située à l'extrémité nord du département de Seinc-
et-Oise, à 60 kilomètres de Paris, sur la rive gauche de la rivière
l'Aubette, qui prend sa source près de là et se jette dans l'Epte, après
un cours de 9 kilomètres. Elle est traversée par la route de Paris à
Rouen. Cette localité comprenait avant la Révolution cinq hameaux :
Arthicul, Blamecourt, Charmont, Ilodcntct Velannes. formant aujour-
d'hui quatre communes distinctes.
I. Registre (le la vente des Ijieiis nationaux. (Archives départeinenlales de Seine-cl-
Oise.)
— i6 —
Au mois de mai 176/1, Louis XY voulut acquérir les seigneuries de
ïhyais, Choisy et Grignon, qui appartenaient à l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés, pour augmenter les dépendances du château de
Choisy-le-Roi. Les Bénédictins accédèrent au désir du roi, mais ils lui
demandèrent en retour une compensation foncière. 11 s'ensuivit alors
un contrat d'échange dont nous allons fournir les détails. Les
biens que les religieux cédaient furent soumis à une estimation ; en
voici le relevé :
Maisons et appartenances — fonds 126.000^
Revenu du fonds, au denier 25 5.4oo^
Terres, prés, vignes, bois — fonds 282.763^ i3' 2
Revenu, au denier 25 9.810^ 10' 11
Champarts sur 279 arpents 29 perches de terre. 8.665^ 6' 3
Revenu, au denier 25 346^ 12' 3''
Dixmes sur ces terroirs 1.906' 5^
Revenu, au denier 25 1.9G0' 5'
Cens, rentes, et autres droits sur les maisons. . 12.672' i5'
Revenu, au denier 3o /421' 8' G""
Cens, rentes sur les terres labourables. . . . 25.^95' i5'
Revenu, au denier 3o 849' 12' 2''
Lods et ventes à la déduction du 12'' denier. . 185.908' 5^
Revenu, au denier 60 2.265' 2^ 9'
Quints et requints du fief du Bâcle 3. 600'
Revenu du produit au denier 60 60'
Fonds total 594.112' » 3
Revenu total' 20.254' 16' 7
a
Le 19 septembre de la même année, Antoine-Olivier de Senozan,
conseiller d'Etat, et son épouse, Anne-Nicolle de Lamoignon, vendirent
au nom du roi, pour le prix de cinq cent quarante-quatre mille livres,
aux Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés :
1" Les fiefs et seigneuries de Blamecourt, Ilodent, Nucourt, Arche-
mont, Gerville, Charmont.
I. Arch. nat. S. 2r)25-2C.
— 17 —
2° Les dîmes de Yelannes-la-Yille. Magny, celles qui se perçoivent
sur Etrees et Arthieul, avec la justice seigneuriale de Magny et les
autres droits utiles et honorifiques. Ces domaines et dépendance^ étaient
situes dans le Vexin français, sur les paroisses de Magny, Saint-Gervais,
Omerville et Nucourt.
3° Une maison dépendant dudit fief et seigneurie d'Archemont, sise à
Magnitot, paroisse de Saint-Gervais.
4° Une maison sise à Magny, rue Notre-Dame, vulgairement appelée
la grande maison. Cet édifice comprenant plusieurs corps de lo-is se
trouvait dans la censive du prieuré de Magny. C'était un admirable
manoir de la Renaissance, avec sa porte cintrée, ses grandes fenêtres à
croisillons et baldaquins, ses belles cheminées de pierre, la tour cou-
verte de sculptures, dues peut-être aux premiers artistes du temps'
50 Plusieurs morceaux et arpents de terre sis à Hodent, paroisse de
Magny.
2 arpents 6o perches, aux Cintaux.
82 perches, id.
60 perches, id.
k arpents 10 perches, au champ de l'Ecuelle.
2 arpents 82 perches, id.
I arpent 1/2, au lieu dit des Poiriers.
I arpent 75 perches, au lieu dit les Montoirs.
^ arpents au lieu des Poiriers à la Greffière.
I arpent 76, aux Montoirs.
I arpent 70, id.
C^ Cinquante-deux livres de rente attribuées au propriétaire du grefi-e
de Magny.
f Une maison, rue de l'Hirondelle, à Paris \
Si nous combinons ensemble la déclaration de 1790 et une autre
presque de la même époque, nous aurons une idée exacte de cette pro-
priété avec ses revenus et ses charges :
i" La ferme de Dlamecoiirt\ Elle consistait en une maison seigneu-
riale, plusieurs bâtiments, granges, étables, colombier à pied, cour et
I. A. POTIQUET.
3. Arch. nat. S. 2920-0.
3. Blamecourt, canton de Magny (Seine-el-Oise).
— i8
jardin, contenant i/j perches, en un moulin à eau, appelé le moulin
Bureau, tournant, travaillant, avec la cage du moulin et le bâtiment
pour le logement du meunier, le tout en bon état. Elle comprenait en
outre : 78 arpents et 7 perches de terre, un arpent et 7 perches de bois,
5 arpents 12 perches, tant en prés, pâtis qu'aulnaies, l'emplacement
des bâtiments qui composaient la ferme seigneuriale de Velannes-le-Bois',
appelée aujourd'hui vulgairement Vélanne-Bost, et les dépendances
consistant en 107 arj^ents 47 perches de terre, 7 arpents 5o perches de
bois taillis, 9 arpents de prés, plus 4 arpents 82 perches de terre et un
arpent de pré, unis au moulin Bureau, ce qui composait un total de
208 arpents 22 perches. Ce domaine fut affermé au sieur Cliapart, avec
les dîmes, champarts, cens, rentes et tous les droits sur le fief de la
Couture de Gasny^ pour la somme annuelle de 8.000 livres, par deux
actes devant Santerre, notaire à Magny, le 28 juin 1786. Le preneur
devait verser 6000 livres en passant le bail, et donner, chaque année,
6 canards et 6 chapons, estimés 9 livres.
2° Nucoiu't (canton de Marines, Seine-et-Oise) .
Cette ferme comprenait une grange dîmeresse sise au dit Nucourt,
servant à resserrer les champarts, 9 arpents 84 perches de terre,
3 arpents de pré, le domaine fieffé des Bagots, des moulins et autres, sis
au dit Nucourt, consistant en champarts qui se percevaient annuelle-
ment sur 92 arpents ou environ de terre, et en censives, tant en
deniers, grains, volailles qu'autres espèces, dus par les censitaires et
tenanciers de maisons, prés, bois, plus un moulin, avec les bâtiments,
le tout affermé au sieur Poupel pour le prix de 2G00 livres,
3° Archemont et la maison de Magnitot (commune de Saint-Gervais,
Seine-el-Oise).
La ferme d'Archemont consistait en une maison sise à la Magnitot,
composée d'un rez-de-chaussée, chambre dessus, grange et cour, plus
en 73 arpents 65 perches de terre. Le fief du Lanternier, comprenant :
champarts, censive, et droits seigneuriaux, tant en deniers, grains,
volailles, qu'autres espèces, dépendait d'Archemont. Le tout était loué
1000 livres.
4° Gerville, commune d'Omerville (Seine-et-Oise).
I. Velannes-lc-Bois, commune de Blamecourt (Seine-et-Oise).
a. Gasny, canton d'Ecos lEure}.
— HJ —
Celte ferme consistait en un bassler, écurie à côté, chambre dessus,
cour, cave, deux granges, étable, hangar, le tout couvert de chaume,
contenant environ un quartier. Il y avait en outre un clos planté en
arbres fruitiers entouré de haies, d'une superficie d'un arpent et demi,
situé devant la ferme, un fournil et grenier au-dessus, iG arpents
35 perches de terre, 3 arpents et demi de prés, les champarts, cens
et rentes seigneuriales. Le tout était affermé looo livres.
5° Hodent, canton de Magny (Seine-et-Oise).
Les recettes des terres et seigneuries d'IIodent et Ilunnecourt, conti-
guës l'une à l'autre, comprenaient une grande ferme, un jardin de
4o perches, un pressoir à cidre, le moulin banal de Hodent avec une
maison y attenant, 537 arpents 26 perches de terre, prés, pàtis, bois,
oserayes, le fief des Tirans, sis en la paroisse de Genainville, le tout
loué au sieur Rouget, le 22 décembre 1781, pour la somme annuelle
de 6000 livres, plus 4800 livres en passant le bail.
6'' Charmonl, commune de Magny (Seine-et-Oise).
Les grandes dîmes de Charmont consistaient dans le droit de perce-
voir la dime surtout le terroir de ce lieu. Elles furent affermées, le
10 février 1783, au sieur Mautemps, pour le prix annuel dei^oo livres,
plus i5oo livres en passant le bail.
Le fief et la seigneurie de Charmont appartenaient à l'Hôtel-Dieu de
Paris et relevaient de la seigneurie de Hodent.
7" Velannes-la-Ville, commune d'Arthieul (Seine-et-Oise).
Un maison à Magny, dite la grande maison, les grandes dîmes inféo-
dées sur le territoire de Magny proprement dit, d'Arthieul et de
Velannes-la-Ville, les droits seigneuriaux en espèces seulement de la
seigneurie de A elannes-la-Ville, à la réserve des droits de mutations,
3 arpents 56 perches, 52 livres de rente sur les tailles de Magny, furent
affermés, le iG décembre 1786, au sieur Carillon, officier du roi à
Magny, pour la somme annuelle de 4.000 livres, et Gooo livres en pas-
sant l'acte.
Ces possessions étaient chargées de certaines redevances. Les reli-
gieux de Saint-Germain-des-Prés devaient fournir :
I" Au prieuré de Magny, 48 septiers de blé et 20 seplicrs d'avoine,
estimés i5oo livres.
2" Au prieuré de Chaumont, 48 septiers de blé et 24 septiers d'avoine,
estimés i5oo livres.
20
3" Au curé de Magny, 82 septiers de blé et 16 d'avoine, estimés
1000 livres.
4° Au curé de Tourly', 20 septiers de blé et 10 septiers d'avoine,
estimés GaS livres, le tout à l'ancienne mesure de Meulan.
5" A la chapelle de Ilodent, 12 livres.
Les charges s'élevaient à 4687 livres, et les revenus, à 20802 livres
6 sous 8 deniers ^.
Les terres et revenus de Magny et dépendances appartenaient à la
mense conventuelle'.
Ces terres de Magny dépendaient de divers seigneurs.
lo Hodent, Yelannes-la-Ville et Yelannes-Bost, en partie, relevaient de
monsieur de Manneville, conseiller au grand conseil, seigneur de Ban-
thelu (canton de Magny).
2" Relevaient de madame la duchesse d'Enville, veuve du duc de la
Rocheguyon, Archemont;
3» De monsieur de Gilbert de Voisins, seigneur de Bouconvilliers ',
la moitié des fiefs de Bagot et des Moulins, et le fief du moulin
de Nucourt et ses dépendances sis à Nucourt ;
4» De monsieur de Brouart, seigneur de Clery, le fief de Poissy,
sis à Velannes-Bost (19 arpents et masure);
5° De monsieur l'abbé de Santeuil, seigneur d'Ambleville, les fiefs et
seigneuries de Gerville et dépendances, sis dans la paroisse d'Omer-
ville, et partie du fief des Tirans, sis à Genainville (canton de
Magny) ;
6" De monseigneur de Serans, partie de Blamecourt ;
7" De mademoiselle de Bellebrune, dame de Nucourt, partie de
Ilodent;
8" De monsieur duFillet, seigneur de Villarceaux', la moitié des fiefs
Bagot et des Moulins, sis à Nucourt, et partie du fief des Tirans sis à
Genainville ;
9" De monsieur de Chaumont, prieur de Magny, la grande Maison;
1. Tourly, canton de Chaumont (Oise).
2. Bib. nat. ms.fr. 20848 (35-38). Arch. nat. S. 2925.
3. Arch. nat. S. 2808.
li. Canton de Chaumont (Oise).
5. Villarceaux, commuuc de Chaussy (Seine-et-Oise).
21
lo" Le fief et seigneurie du dit Charmont, appartenant àriiolel-Dicu
de Paris, relevait de la seigneurie d'Hodent'.
Parmi les fiefs donnés par Louis XV aux religieux de Saint-Germain-
des-Prés en contre-échange pour leurs seigneuries de Thyais, Grignon
et Choisy-le-Roi, se trouvaient comprises les grandes dîmes de Magny.
Elles étaient dans la mouvance du roi, à cause de son comté de
Chaumont. Le monarque affranchit les Bénédictins de tous droits et
devoirs féodaux à l'avenir et ne les assujettit qu'à la simple déclaration
sèche. Ces dîmes avaient été longtemps partagées entre plusieurs
propriétaires, qui néanmoins les possédaient par indivis. La maison
de Yilleroi en réunit successivement les différentes portions pendant
le cours du XYP siècle, et les posséda jusqu'en 1733, époque 011
monsieur de MUeroi les vendit à monsieur de Senozan avec la
seigneurie de Magny et d'autres fiefs aux environs. Les dîmes de
Magny étaient appelées grandes dîmes, pour les distinguer des traits
de dîmes donnés en aumône à quelques églises, qu'on appelait
petites dîmes. Les grandes dîmes étaient ainsi nommées parce qu'elles
étaient universelles quant à l'étendue et à l'espèce. Elles portaient sur
tous les fruits et produits : grandes dîmes ne signifiaient pas grosses
dîmes. Il y avait plusieurs décimateurs à Magny :
1" Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, qui possédaient les
grandes dîmes de la paroisse. Elles comprenaient le territoire de
Magny proprement dit : Hodent, Charmont, Arthieul, Blamecourt,
Velannes-le-Bois, Yelannes-la-Yille, c'est-à-dire, généralement toute la
paroisse de Magny, excepté le canton de Ilunecourt, qui n'existait
plus comme hameau et qui était ruiné. Les grandes dîmes étaient
chargées d'un gros de quatre muids de grains envers le curé de
Magny, de six muids envers le prieuré de Magny et huit muids et
demi envers d'autres églises. Les grandes dîmes s'étendaient sur vmc
superficie de 2984 arpents 42 perches de terre'.
2" Le prieur du prieuré simple de ISotre-Dame de ^lagny. Ce
prieuré, autrefois régulier et conventuel, de l'ordre de Saint-Augustin,
avait été établi dans l'église paroissiale de Magny pour y faire le
service divin, et fondé, du moins en partie, de l'ancien patrimoine de
1. Arch. nat. S. 2925. Bib. nal. ins.fr. 2o8'i8, p. 87.
2. /(/. S. 2925.
23
la dite cure et paroisse. Le prieur de Magny, tant à cause de son
prieuré que de la chapelle de Saint-Gilles qui y était réunie avant
1^91, jouissait de quelques traits de dîmes sur la paroisse de Magny,
notamment à \ elannes. Il percevait la dîme ou un abonnement de
dîme sur des terres de sa censive composé d'environ 60 arpents dans
plusieurs cantons de la paroisse de Magny, situés dans l'enclave des
grandes dîmes. Il dimait seul dans les jardins de Magny, et des
villages d'Hodent, Charmont, ^'elannes-les-Bois, et Velannes-Ia-Ville,
et sur les terres de ce canton qui étaient anciennement jardins et
closeaux. Il jouissait encore du droit d'y percevoir toutes les menues
dîmes de laines, d'agneaux, cochons, oisons, chanvres, filasses. Il
percevait aussi annuellement six muids de grains, les deux tiers de
blé froment, et le tiers d'avoine, sur les grandes dîmes, soit que cette
redevance fît partie de l'ancien patrimoine de la cure ou paroisse de
Magny, soit qu'elle eût été donnée depuis au prieviré par la pieuse
libéralité des seigneurs des grandes dîmes, pour l'entretien du service
divin dans l'église paroissiale où le prieuré avait été établi.
Le prieuré de Magny était chargé du service religieux dans l'église,
avec l'obligation d'y entretenir un cierge et une torche. Le curé,
quoique prêtre séculier, était le commensal du prieur de Magny. Ce
dernier ne fournissait rien, ni à l'église, ni au curé. Il prétendait que
ses prédécesseurs s'en étaient déchargés, en abandonnant au curé la
dîme du petit canton d'Hunnecourt. Ce hameau était ruiné, et la dîme
ne s'étendait que sur 38 arpents de terre environ. Après un accord
entre l'abbaye de Saint-Germain et le curé de Magny (1776) tant pour
borner cette dîme, que pour compenser d'anciennes novales, sur la
ferme de Hodent, elle comprit 98 arpents. Le curé de Magny jouissait
encore sur Arthieul d'un trait de dîmes très anciennement attaché à
son bénéfice. Il y prélevait aussi la dîme des jardins et closeaux,
ainsi que la menue dîme. II avait en outre quelques dîmes éparses
dans la paroisse, qui paraissaient lui venir de son droit de novales.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme propriétaire des grandes
dîmes de la paroisse, payait annuellement au curé quatre muids de
grains. Depuis que le prieuré de Magny était devenvi un bénéfice
simple, le curé percevait un préciput sur ses revenus pour faire le
service divin à la place du prieur.
La fabrique de Magny avait à Blamecourt la menue dîme et la dîme
des jardins et des closeaux.
33
Une assez vive contestation s'éleva à propos des dîmes. Monsieur
de Senozan avait acquis les grandes dîmes, en 1-33. Monsieur
Barcos, prieur de Magny, n'eut rien à objecter, même lorsqu'elles
furent transmises aux religieux de Saint-Germain, qui continuèrent
les baux qui avaient été passés. Monsieur de Cbaumont succéda,
en 1760, à monsieur Barcos. En 17O8, il réunit ses dîmes particu-
lières dans un seul bail. 11 fut très attentif à conserver les droits
de son prieuré. 11 rechercha et examina soigneusement les titres,
et cependant il n'y vit rien qui pût l'autoriser à troubler la posses-
sion des religieux de Saint-Germain.
Monsieur Alleaume prit, en 1770, possession du prieuré de
Magny. Vers 1780, il s'imagina ou on lui persuada qu'il avait droit à
l'universalité des vertes dîmes dans toute l'étendue de la paroisse de
Magny, même sur le domaine des propriétaires des grandes dîmes. Il
joignit à cette prétention celle de percevoir les novales antérieures à
l'éditde 1768.
Les Bénédictins se défendirent d'avoir usurpé les vertes dîmes,
comme l'avançait Alleaume. S'ils les avaient usurpées en 176-'», sous
le prieur Barcos, il y aurait eu une grande différence de prix dans
l'adjudication des dîmes du prieuré de Magny. Le prix des dîmes
aurait dû notablement baisser et cependant il n'en était rien, comme
le prouvaient les chiffres ci-dessous :
1760 vertes dîmes 25o'
1761 — 25l^
1762 — 210'
1764
270'
1765 — 270' et 4 poulets.
Le prieuré de Magny avait certainement droit aux grosses et vertes
dîmes, mais seulement dans les jardins et closeaux de Magny. Rigou-
reusement, il ne pouvait les percevoir sur des pièces de lorre, qui,
autrefois jardins et closeaux, ne l'étaient plus alors.
Un acte de 1609 contenait, énumérait les droits et revenus du
prieuré de Magny. 11 ne mentionnait pas le prétendu droit de vcrlos
dîmes sur le dîmage des grandes dîmes. Les baux des prédécesseurs
de monsieur Alleaume ne réclamaient pas toutes les dîmes vertes, mais
seulement la portion des vertes dîmes des terroirs qui dépendaient du
prieuré. La qualité de curé primitif que se donnait le prieur de Magny.
— 24
Alleaume, ajoutaient les Bénédictins, emportait avec elle le droit de
présentation et des droits honorifiques vis-à-vis du vicaire perpétuel,
mais elle n'accordait jamais le droit à l'universalité des dîmes d'une
paroisse. On pouvait donc en inférer que le prieur de Magny n'avait pas
droit à l'universalité des dîmes vertes dans toute la paroisse de
Magny, mais seulement dans quelques cantons.
Vente du domaine \
District de Mantes. — j\° 80, — 5 avril 1781 :
Commune et terroir d'Ornerville :
Un corps de ferme, couvert de chaume, un clos planté d'arbres frui-
tiers d'un arpent 5o perches et 18 arpents de terres labourables en
17 pièces, avec 3 arpents 5o perches de prés furent vendus à Jacques-
Amable-Félix-Yictor Anger, laboureur à Breuil, près Passy (Pacy,
Eure?), pour Jean-Jacques Guimer, laboureur, demeurant à Arche-
mont, paroisse de Saint-Gervais-lès-Magny, pour le prix de 34.5oo
livres.
N° 94, — 16 avril 1261 :
Blamecourt, hameau de Magny.
Un corps de ferme, bâtiments, cour, tour, colombier, granges
et charteries en dépendant, furent vendus à Louis-André Duval,
marchand épicier droguiste, demeurant aux Andelys (Eure), pour le
prix de m. 000 livres, avec 208 arpents 90 perches de terres et prés et
une place, où il y avait antérieurement une maison seigneuriale et
autres bâtiments convertis en remises.
N° 271. — Il y eut folle enchère, et le 22 décembre 1791, ces
biens furent adjugés pour le prix de 110.200 livres à Marin Ber-
theaume, demeurant à Paris, hôtel d'Amérique, rue de Chartres, au
coin de celle de Saint-Nicaise, n° 85.
iN" 90, — 16 avril 1791 :
Terroir d'Arthieul.
Un moulin à eau, dit Bureau, avec les bâtiments en dépendant et
I. Vente des biens nalionaux, — Archives départementales Seine-et-Oise)
25
cour contenant /j5 perches ; plus, 4 arpents de terres, clos de hayes
vives, près le dit moulin, et 3 arpents 87 perches 1/2, en deux pièces,
près le mouhn de Neucourt, et prairie de Yelannes-le-Bois, furent ven-
dus à Marie-Madeleine Lefèvre, veuve de Barthélémy Bertaut, meunière
demeurant à Magny, au prix de 36. 000 livres.
N° ii4, — 3 mai 1781 :
Terroir d'Harchemont, hameau de Saint-Gervais.
71 arpents de terres et 4o perches en 29 pièces furent vendus à
André-Jacques-Yictor Leguay, architecte demeurant à Mantes, au prix
de 45.000 livres.
N*» 279, — 28 janvier 1792.
Il y eut folle enchère. Ils furent adjugés, moyennant 38. 100 livres, à
Jean Guillard, charcutier à Versailles, rue Saint-Pierre, et Jean-
Baptiste Masson, charcutier à Saint-Germain-en-Laye, rue au Pain.
N" i3, — 17 février 1791 :
Commune et terroir d'Hodan (Hodent).
Un corps de ferme, bâtiments, cours, jardins, circonstances et
dépendances, pressoir et colombier, un moulin à eau, avec cour, jardin
et pâture en dépendant, contenant 66 perches 1/2 et 456 arpents 52 per-
ches de terres, prés et bois taillis en 62 pièces, avec les droits de cens
et champarts, furent vendus à François Dumazy demeurant à la Rochc-
Guyon, pour Louis- Alexandre de la Rochefoucaud, député à l'Assem-
blée nationale, président du département de Paris, y demeurant, rue
de Seine, au prix de 25i.4oo livres.
N° 1842, — an V, 6 pluviôse :
Un moulin et dépendances et 12 arpents 94 perches de terres et prés
furent vendus à Fessard, pour la somme de 19.820 hvres 75.
N" i3, — 26 mai 1791 :
A Magny, place du Marché-aux-Porcs, une maison cy-devant sei-
gneuriale, circonstances et dépendances, avec les jardins et enclos y
attenant, le tout contenant i5i perches, fut vendue à André Saussaye,
entreposeur de tabac à Magny, pour Louis-Sophie Carillon, demeurant
au dit Magny, pour le prix de 16.800 livres.
— 26 —
LO^G^ES
Possessions territoriales
C'est une commune du canton de Houdan, arrondissement de
Mantes, département de Seine-et-Oise. Ce lieu passe pour fort ancien.
Il en est question dans une charte de io3o, où le roi Robert, comme
nous le voyons dans l'article de Dammartin, défend au comte Drogon
de pressiuer les habitants de Longnes (Laonice, Laogniacum), Heurte-
loup (Lopateum). Mirebel (Mirehelhim) . Les religieux de Saint-Germain
y avaient un domaine qui prit de l'extension, grâce à la pieuse
générosité des fidèles.
En i2o3, Herbert, prévôt de Longnes, et sa femme, Alix, abandon-
nèrent aux Bénédictins, à titre gratuit, i5 chapons de revenu annuel,
3 champarts, le cinquième de trois muids de blé qu'ils pouvaient
prendre dans la grange de Longnes. Les quatre autres parts des trois
muids furent vendus 80 livres tournois. Les religieux de Saint-Germain
devaient payer 6 livres 10 sols tournois de rente pour cette somme
jusqu'à la mort de l'un des bienfaiteurs. La redevance de trois livres
qui leur incombait alors disparaissait après le décès des deux dona-
teurs. Les Bénédictins leur avaient témoigné leur gratitude en les
admettant dans leur fraternité'.
Jean, abbé du monastère de Saint-Germain, poussa plus loin sa
reconnaissance. 11 constitua de ses deniers une rente de aS sols pour la
fondation d'un service anniversaire en l'honneur de Herbert".
Ce prélat eut un long procès avec le curé de Longnes, qui revendi-
quait un emplacement près de sa demeure. Ce différend se termina
enfin par un accord amiable réglant que les deux parties se contente-
raient d'un échange et d'une compensation pécuniaire. Cette transac-
tion fut ratifiée par Renaud, évèque de Chartres (12 10)'.
En 1283, Jacques de Chieno vendit aux Bénédictins trois muids
1. Arch. nal. L. 780; LL. loaS, p. 58; S. 2977.
2. Id. LL. 1027, p. ii|5.
3. M. L. 780.
27
d'avoine de rente qu'il avait droit de prendre en leur grange de Boin-
villiers ^ Casimir, roi de Pologne, abbé de Saint-Germain-des-Prés,
acheta une maison, trois quatiers et une perche et demie de terres situées
à Longnes pour le prix de iioi livres. Cette somme provenait de l'in-
demnité payée par les Ursulines de Mantes, qui avaient acquis une
maison et des héritages dans la localité qui nous occupe (19 août
I67I)^
Plusieurs dénombrements nous font connaître les propriétés de
Longnes. Le premier que 'nous rencontrons est celui de 142G. Nous le
citerons textuellement :
1° Un pourpris, avec grange et pressoir, qui souUait valoir six
queues.
2" Les dîmes de Mirebel et la Fortelle, qui soullaicnt valoir
3o muids et qui viennent en la grange de Longnes.
3° Des cens et rentes dus à la Saint-Remy et à Noël, qui soullaient
valoir 20 livres et qui maintenant sont de nulle valeur.
4" Un four bannier qui souhait valoir six livres.
5° Les habitants des villes dessus dites doivent chacun an des corvées
de leurs chevaux, deux jours à jachier, deux jours à semer les blés et
deux jours en mars.
6" Les habitants sont tenus de mener les grains de la grandie de
Lognes en l'hôtel des religieux à Mantes'.
Un autre dénombrement remonte à l'année i5i7, et fournit les indi-
cations qui suivent :
Item au village dudit Longnes, à mon dict Seigneur (abbé), une
grande grandie en laquelle se tassent les disnies et cliamparts des
villages du dict Longnes, du Tertre, de la Fortelle, d'Entre-les-lîois, de
Myrebel et de Heurteloup et généralement de tous les grains estant en
la paroisse du dict Longnes. Et sont les détenteurs des terres tenues
à champart, tenus de payer pour droict de dismes la sixième gerbe, et
quant aux terres tenues à censive, ils payent la dixième gerbe pour la
dixme.
Item et sont tenus les dicts détenteurs de terres à champart avant
1. Arch. nat. S. 2977.
2. Ici. S. 2921.
3. Id. S. 2,yM\.
— 28 —
que en lever aucune gerbe de leurs grains, tenus appeler mon dict
Seigneur ou son dit commis pour veoir champarter les dictes gerbes
et icelles champartées, sont tenus mener le champart en la dicte grange
avant que d'en enlever aucune des leurs sur peine de 60 sols parisis
d'amende et de rendre l'intérest qui s'en serait suivi.
Item, au dict lieu de Longnes, ung pressouer à vin et sidre sur lequel
a une maison neufve couverte de thuille par dessus, et sont les habi-
tants de la dite paroisse de Longnes tenus y pressorer leurs uves, et
pour droict de disme et pressoraige en sont tenus payer comme et à la
raison de ceux de Dammartin, 10 pintes par muid, et la cinquième
pinte au pressoer.
Item, entre Longnes et Myrebel, ung demy arpent de terre sur lequel
y a ung moulin à vent construit naguères, acquis par monseigneur le
trésorier Briçonnet, de Mathurin-le-Grand.
Item, à cause de la dite prévôté de Dampmartin, la maladrerie de
Montchauvet, et à cause de la dicte abbaye de Saint-Germain-des-Prés,
les prieurés de Montchauvet et de Stueille.
Item, esquels lieux, de Dampmartin et Longnes et leurs dépen-
dances, mon dict Seigneur prent toutes et chacunes les menues
dixmes mesmes.
Les grosses dîmes et champarts des villaiges de Longnes, la Fortellc
et Myrebel, amenées en la granche de Longnes par les manans et habi-
tants des dicts villaiges, forment un revenu de :
1" 47 muyds, 4 septiers et myne de blé.
2° 25 muyds, 9 settiers et myne d'avoine.
3° 12 muyds 9 septiers et myne d'orge, 18 septiers de vesse.
4° 19 septiers de poix gris.
Heurteloup : revenu : 12 muyds 1/2 de grains.
Le fermier de Heurteloup payait pour le gros du curé de Dampmar-
tin : 8 septiers de grain, une douzaine 1/2 de chapons.
Dans cette énumération figure le fief de la fillette de Montchauvet
adjugée à frère Pierre Poussin, pour une rente annuelle de 2 muyds de
grain. Le preneur payait le gros au curé de Montchauvet, consistant
en 8 septiers de grain et une douzaine et demie de chapons. Ceci
prouve que ce bien dépendait en quelque manière de Montchauvet ^
T. Arch. nal. LL. ioG3, p. G-io.
Un dénombrement de 1022 déclare que les habitants de Mirebel sont
exempts du four à ban, en payant annuellement chacun une obole
parisis'.
La Fortelle, Mirebel et Heurteloup étaient banniers du pressoir de
Longues. Les mamans de ces hameaux devaient les censives, lods et
ventes'.
En i5i7, les dismes de grains de la paroisse de Longues étaient
baillées pour 4o livres tournois \
Les dismes de lin et chenevières de Longues et du Tertre valaient
ii5 sols tournois par an. Les mêmes dîmes rapportaient : 82 sols
G deniers tournois, à la Fortelle ; 4o sols, à Mirebel.
Des baux à cens passés en i5i8 pour des héritages situés à Mirebel
nous donnent quelques noms de lieux, comme : L'aunay, Gérie, les
Crochets, le Merisier, la grande rue des Saulx*.
La liste des censitaires de ces différents écarts en i5i7 nous en fera
peut-être mieux comprendre l'importance :
La vefve Ambroys Huchot.
Henri Lepaige.
Colin Lepaige.
Guillaume Forêt.
Les hoirs de Jacques Roullier et
Colas Yart.
Floc.
Jehan Dangel.
Macé Lorier.
Robin Lepaige.
Guillaume Lebochuer.
Vefve Denis Leboucher.
Vefve Geffroy Lebel.
Jehan Lebel.
Vefve Pierre Cailli.
Vefve Pierre Rullier.
Vefve Pierre Du val.
Vefve Guillaume Musset.
Perrin Lebel.
Héritiers Jacquet et Picard.
Jehan Guerret.
Vefve Pierre Musset.
Vefve Guillaume Marchant.
Mathurin Huchot.
Jehan Fontaine.
Certin Caillot.
Marin Girard'.
La Fortelle.
Pierre Duval.
Censitaires
Pierre Roberge.
1. Arch. nal. LL. ii'i7, p. 5iji.
2. Id. S. 2977.
'i. Id. LL. ioG3, p. i3.
/(. Id. S. 2f)77-
5. /(/. LL. ioG3, p. 21.
3o
Jehan Hocquet.
Jehan Rivière.
Jehan Lecorre.
Jehan Nepveu.
Roger Hubert.
Charles Malassis.
MiREBEL, — Censitaires :
Vefve Denis Duval,
Pierre Nepveu.
Jacquet Goudier.
Richard Hubert.
Allain Hubert.
Richard Duval.
Robert Nepveu.
Germain Rivière.
Pierre Mouchard.
Henry Leblond.
Guillaume Duval.
Collin Yallais.
Pierre Hubert.
Vincent Mentery.
Pierre Germain.
Marguerin et Jehan Lesvallais.
Guillaume les Aulnays.
Bernard Roberge.
Matliurin du Boys.
Gilles Duval.
Raoul Leblond'.
Le Tertre. — Censitaires
Guillaume Martin. ■
Guillaume Poullain.
Vefve Guillaume Gueroult.
Vefve Jehan Poullain,
^'efve Jehan Prévost dit Cossy.
Jehan Robin.
Vefve Jehan Brossetz.
Guillaume Martin^.
Gillet Cailletel.
Pierre de Launay.
Pierre Chevillon.
Richard Leroux.
Pelippin Hubert.
Heurteloup. — Censitaires :
Michault le Roux.
Michault Lemarié.
Jehan Lemarié.
Guillaume Lemarié ^
En 168/1, les demoiselles de l'Esturgeon cédèrent aux religieux de
1. Arch. nat. LL. io03, p. 72.
2. Id. LL. io()3, p. 24.
3. /./. LL. iu()3. p. 23.
— 3i —
Saint-Germain le quart dans les deux moulins de Longnes (les moulins
de Haut et de Bas) pour la somme de Goo livres '.
A la date du 27 mars 168G, un bail nous apprend que le moulin
nommé Guerrier était affermé au prix de 100 livres ^
Le 12 janvier iGgS, F. Deshayes, receveur de la seigneurie de Dam-
martin, paya au charpentier, Jean Hubert, la somme de i35 livres pour
travaux et réparations au moulin Guerrier, sis à Longnes '.
Deux ans auparavant, le 26 août 1691, le R. P. Barré, cellérier de
Saint-Germain-des-Prés, avait soldé 85o livres à Louis Boutard. char-
pentier, qui venait de restaurer le pressoir et le moulin de Longnes*.
Le G juin iG83, la maison et la grange sises à Longnes étaient
affermées à Gabriel Boulland, avec toutes les dîmes et champarts de
la terre et seigneurie, moyennant 34o livres et 24 chapons ^
La déclaration de 1790 contient les détails suivants :
Dixmes, champarts et 17 arpents de terres labourables, maisons et
granges au dit Longne, G900 livres.
Les religieux de Saint-Germain payaient chaque année une somme
de 100 livres au maître d'école, et lôo livres au garde de Longnes ^.
Vente du domaine.
District de Montfort-l'Amaury. — N" 112, — 19 avril 1791 :
Un corps de ferme, bâtiments, jardins clos, grange dixmcresse et
27 arpents 12 perches 1/2 de terres en dépendant, le tout situé à
Longnes, furent vendus à Lebreton, bourgeois à Longnes.
Seigneurie temporelle
La protection royale ne fit point défaut aux hôtes de Saint-Gcrniain-
des-Prés à Longnes. Robert le Pieux intervint, en io3o, pour les
défendre contre la cupidité, la violence et les tracasseries du comte
Drogon. En 1209, Pliilippc-Auguste prit énergicpiemont leur cause on
1. Arcli. nat. S. 2(j/|3.
2. I<{. S. 2f)2I.
3. M.
l,. hl.
5. /(/.
6. Id. S. 2858.
32 —
main et déclara qu'ils ne devaient rien au prévôt d'Anet pour droit de
tensement. Celui-ci dut renoncer à ses injustes prétentions '.
Au commencement du XM' siècle, ils jouirent d'une faveur toute
spéciale. Le i5 avril i5i5, il fut défendu aux gens de guerre de
loger et de prendre des provisions chez les habitants de Dammartin
et Longues, qui dépendaient de Saint-Germain-des-Prés '.
En 1625, un arrêt du Parlement condamna les manans de Longnes
à payer à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés 16 sols, lorsqu'ils se
mariaient ^
Les seigneurs de Longnes étaient considérés comme des bienfaiteurs
charitables toujours prêts à soulager l'infortune. Le fait que nous
allons raconter le prouve. Vincent Dubois, âgé de 47 à 48 années,
jardinier à Longnes, qui avait été au service de Sa Majesté, n'avait
plus pour faire vi\Te sa femme et ses enfants en bas âge qu'une petite
maison, et cette maison venait d'être incendiée. Cet accident avait été
causé par l'imprudence d'un petit garçon mendiant. 11 avait chargé
une canonnière de bois de sureau avec de la poudre, et au lieu de
tirer le bout en terre, il le tira en haut. Le papier dont elle était bour-
rée mit le feu à la chaumière. Dubois s'adressa à monseigneur Pelisson
Fontainier, conseiller du Roi et administrateur de l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés. 11 disait que si on ne venait pas à son secours, pour
lui permettre de rétablir son humble demeure, il serait obligé de
quitter le pays et d'aller mendier son pain comme beaucoup d'autres.
Le prévôt de Dammartin alla constater cet accident et en rédigea un
procès-verbal *.
Seigneurie spirituelle
L'abbé de Saint-Germain-des-Prés présentait à la cure de Longnes.
En 121 1, Renaud, évêque de Chartres, dans le diocèse duquel se
trouvait cette paroisse, voulut lui contester ce privilège, mais il
reconnut bientôt son erreur\ Le 18 janvier 1667, il fut convenu que
I. Tardif, Cartons des Rois, n° 7/12, p. 3^2; Delisle, Actes de Philippe- Auguste,
n° ii38; Arch. nat. LL. 102O, p. 83.
3. Arch. nat., orig. K. 8r, n° !>. François I", Actes, n° 218.
3. Id. S. 2977.
4. Id. S. 292 1.
5. BOLILLART.
— 33
les religieux Bénédictins paveraient dorénavant 4Go livres au curé,
pour son gros, au lieu de lo septiers de mesteil, lo septiers de seigle
et un muid d'avoine qu'ils lui fournissaient auparavant'. Un document
portant la date du mois de juin i5o4 mentionne la fondation d'une
messe, le premier vendredi de caresme '.
Outre l'église paroissiale, il y avait à Longnes deux cliapelles :
celle de Saint-Sauveur de Mirebel et l'oratoire de ÏNotre-Dame de
Bonne-Nouvelle. On est porté à croire que ce sanctuaire se trouvait
sous la tour : des restes de nervures ogivales semblent l'attester.
L'église comprend trois parties distinctes : la nef, le chœur et la
tour. La nef a été reconstruite dans les premières années du XVII* siècle,
au moins pour ce qui concerne la voûte et la toiture. Un des tirants
qui supportent la voûte porte la date de 1607. C'est un vaste quadrila-
tère, dont les murs sont percés de larges ouvertures en plein cintre. La
voû te demi-cylindrique en bois est intérieurement recouverte d'un enduit
de plâtre. La partie inférieure de la tour est du XII^ siècle. La façade à
l'ouest est percée d'une porte à arcade surbaissée, surmontée d'une
fenêtre ogivale. Le côté sud laisse voir l'emplacement d'une autre
fenêtre ogivale de même dimension que la première, et qui a été murée.
A l'intérieur, on remarque les restes des nervures d'une voûte
ogivale qui n'existe plus. Là disposition des lieux et la tradition
paraissent indiquer qu'il y avait là une chapelle, peut-être la chapelle
de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, dont il est question dans les
archives communales, à la fin du XYI^ siècle. Les mêmes archives
notent que la partie supérieure de la tour fut brûlée, avec l'église,
en 1090, à la suite de la bataille d'ivry. Elle venait d'être restaurée, et
les marguilliers de Longnes avaient payé de ce chef 1900 livres au
sieur Boulland. Comme ce dernier n'avait pu ou su parfaire son
travail, on dut, pour terminer ces réparations, passer un second marché
avec le sieur Jourdan (19 septembre 1G80) \
Actuellement la tour est surmontée d'un toit pyramidal en ardoise
de forme quadrangulaire. Avant la Révolution, elle contenait trois clo-
ches. Deux furent sans doute enlevées en vertu du décret du 23 juillet
1793, qui prescrivait de ne laisser qu'une cloche dans chaque église.
I. Bib. nal. ms. fr.. 1G857.
a. Arch. nat. S. 2977.
3. M. S. 3931.
- 34 -
Celle qui restait avait nom Perette. Elle avait été fondue en 1714 et
bénite en présence de monseigneur d'Estrées, évêque de Laon, abbé
de Saint-Germain, par Jacques Barré, curé.
Il existe à Longnes une charité. C'est le nom populaire donné à
des confréries autrefois nombreuses dans le Vexin, insl^ituées pour
assister les mourants, ensevelir et inhumer les morts. C'est à ce dernier
objet que se réduit aujourd'hui l'office des frères de la charité.
La charité de Longnes, qui est peut-être la seule survivante dans la
région, étend son action sur un certain nombre de communes voisines
où elle compte de fidèles bienfaiteurs. Les frères prêtent leur office
charitablement, c'est-à-dire sans pouvoir réclamer de rétributions quel-
conques. Le produit de la générosité des familles entre dans la caisse
de la confrérie. L'origine de la confrérie de la charité de Longnes
remonte au pontificat de Paul IV, qui mourut en i55g, ou acquit
une nouvelle vigueur à cette époque. La peste qui ravagea l'Europe en
i348 répandit partout la terreur. On craignait son retour. On peut sup-
poser que les évêques se préoccupèrent de cette invasion menaçante et
ravivèrent dans leurs diocèses les anciennes confréries si utiles. En ce
qui concerne la charité de Longnes, en particulier, il semble que sa
création ou sa résurrection soit venue à l'heure providentielle, car il
y eut une grande mortalité en lôgi. Elle reçut même année de nom-
breux legs. Sa bannière date de 1608. En 1788, la charité de Longnes
possédait 34 arpents, 9 quartiers, 3i perches de terres, au territoire de
Longnes et de Mondreville. Elle avait un four qui paraît avoir servi de
four banal, et une chambre de l'Évêque, une maison, dont une partie
subsiste encore. On y remarque, au-dessus d'une porte, l'emblème reli-
gieux I H S. La confrérie, supprimée en l'an 11, se vit confisquer ses
45 arpents de terres. Elle fut rétablie en 1802. Les religieux de Saint-
Germain-des-Prés, en qualité de curés primitifs, durent contribuer à
la prospérité de cette œuvre.
Le premier maître d'école connu s'appelait Pierre Riquet ; il exerça
de 1G94 à 1710. « Maître d'école et clerc d'église, dit l'acte d'inhuma-
tion, il s'acquitta, 21 ans, de ces fonctions avec exactitude, piété et édi-
fication. 11 fut enterré dans la nef de l'église devant la porte du clocher.
Il eut pour successeurs Jean Legrand, 1715-20, et enfin, son neveu,
Jacques Riquet, 1720-84'.
I. Archives corniiiunales.
— 35 —
DAMMAKTL\
Dammartin, localité située aujourd'hui dans le canton de Houdan,
l'arrondissement de Mantes, et le département de Seine-et-Oisc, faisait
jadis partie du diocèse de Chartres et était une des anciennes dépen-
dances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Quelle en fut l'origine?
C'est ce que nous ne pouvons préciser. Son nom, Domniis Martinus,
semblerait lui assigner comme berceau son église que nous trouvons de
tout temps sous le vocable de saint Martin. Pourtant, dans la suite,
Dammartin fut désigné sous la qualification de prévôté, c'est-ù-dire
d'un domaine temporel, n'ayant aucune des prérogatives, ni des charges
des bénéfices ecclésiastiques : nous verrons les Bénédictins revendiquer
cette situation pour Dammartin, afin de l'exonérer des subsides ponti-
ficaux. Si nous ne pouvons savoir par qui fut donnée cette possession
à l'abbaye, nous en sommes réduits aux inductions pour l'époque de
cette domation. Quoique Dammartin ne figure pas dans le Polvptyque
d'irminon, nous serions tentés de le ranger parmi les dépendances de
Saint-Germain au IX<= siècle. \ous voyons en effet aux Xl« siècle les
abbés occupés à délivrer leur domaine des exactions des descendants
des anciens avoués de Dammartin ; or ce fut à l'époque de l'invasion
normande que les terres ecclésiastiques furent placées sous la défense
des avoués et que prirent naissance les exactions et abus dont on avait
tant de peine à se délivrer deux siècles plus tard.
Nous renvoyons à l'élude de la juridiction temporelle l'examen des
documents intéressants qui se rapportent à cette lutte contre les usur-
pations des familles des avoués. Nous nous bornons à citer les lettres
écrites en iiGS dans lesquelles Robert, abbé de Saint-Germain, atteste
qu'avec sa permission frère Jean de ^ernon, trésorier de l'abbavc,
avait racheté une redevance annuelle que la bourse du monastère pa\ait
au seigneur Simon d'Anet. Comme nous le disons plus bas. le sire de
Breval ayant renoncé à ses prétentions de seigneurie sur Dammartin
et ayant reçu en reconnaissance de l'abbé une rente de i3 li\rcf,
— 30
Philippe-Auguste, qui avait réuni la terre de Breval au domaine de la
couronne, déchargea les religieux de celte rente '■ .
En 1287, l'abbé de Saint-Germain, Raymond, qui était un ancien
religieux de Saint-Victor de Marseille, laissa en mourant une rente de
dix livres qu'il possédait à Dammartin, à condition qu'on célébrerait
avec plus de pompe la fête de saint Victor dans le monastère parisien
et qu'on lirait la vie du Saint à l'ofTice de la nuit.
Le 3 avril i324, les religieux achetèrent, au prix de 100 livres parisis,
de Robert de Nantilly, une rente d'un demi-nuid de blé et d'un demi-
muid d'avoine qu'il avait droit de prendre sur les habitants de Dam-
martin et de Lognes'. En i356, ils rachetèrent également, moyennant
600 florins d'or, une rente de 200 livres tournois dus sur la seigneurie
de Dammartin \
Le dénombrement de i384 nous fait connaître la situation et l'im-
portance de ce domaine : « Item, en l'evesché de Chartres, en la ville
« de Dammartin, auprès de Montchauvet, une maison noble, gran-
i( ches, pressouers, coulombier, toute justice haute, moïenne et basse,
« avec la justice de la ville de Lovaignes ; item, environ vu arpens
« de terre et un arpens de vignes : le four de la ville bannier : environ
« xxxvT livres de cens à plusieurs jours : les dixraes de vins et la pro-
« vincte du pressouer et de Montchauvet, qui peut valoir environ xvi
« queues, qui soloient valoir lx queues, montant et avalant : item la
(( moitié de deux molins estans à Montchauvet, loués nostre part m muis
« de blé. Tout ce baillé à un religieux, appelle le Prévost de Dammar-
(( tin, à ferme, au pris de c livres, qui soloient valoir ce livres, à nous
(( abbé dessus dit. Item, en la dicte ville de Dammartin, de Lovaignes
(( et Neauflète et une partie de Montchauvet, la Fortelle, les dixmes
(( d'icelles villes et champars, valans environ xl muis de grains, mon-
« tant et avalant, qui en solaient valoir c muis, et le doivent rendre
(( quand il est battu, en nostre maison de Mante et nous quérons leurs
« despens (?). Et est tout de nostre domaine et chose de nostre crosse.
(( Ilem. grant quantité de bois à faire eschalas, puent valoir par an envi-
(( ron XL frans. Item, en la dite ville de Dampmartin et Louvaignes, un
I. Bouii.LART, Histoire de Saint-Gerinnin-des-Prés, p. loa.
3. Arch. nat. S. 2937.
3. Ibid.
37
« paast qui vaut xi livres qu'ils doivent à la Saint Andrieu. Item, sur la
M dite ville de Dampmarlin, deux muis de grains dubs au convent par
« les habitans : item, le prévôt leur doit iv livres, xvii sols, vi deniers :
« item, ils y ont deux arpents de vigne valant par an xl sols*. «
Le 3o décembre iSgG, l'abbé et le convent signèrent avec Simon de
Mondreville un contrat par lequel ce dernier cédait aux religieux un
fief qu'il possédait à Dampmartin et qui comprenait une maison avec
cour et jardin et une trentaine d'arpents de terre et recevait en échange
une maison et quelques terres à Mirebel ".
La période suivante fut particulièrement désastreuse pour la prévôté
de Dammartin ; les guerres du XV^ siècle et la déplorable administra-
tion des abbés qui se succédèrent alors sur le siège abbatial de Saint-
Germain-des-Prés l'avaient réduite à une lamentable situation, témoin
le passage suivant que nous extrayons des lettres obtenues, en 1021,
du Roi par l'abbé de Saint-Germain contre l'insubordination de ses
vassaux :
{( Que après les guerres des Angiois, à l'occasion de ce que la terre et
« Seigneurie de Dampiaartin est joignante nostre pais de Normandie,
u les terres et héritaiges estoient en grans boys et buissons ; et dès lors,
« ou tost après, furent abbés successivement et l'un après l'autre,
« l'abbé Hervé qui fut mauvais administrateur et aliéna des rentes et
(( revenus d'icelle pour mille livres ou environ et, après luy, l'abbé
« Henry, autre mauvais administrateur et dissipateur, et depuis l'abbé
« Robert, auquel, par sa mauvaise administration et dilapidation, fut
a par justice pourveu d'un curateur. Lequel abbé Robert avoit baillé
« à feu Pierre Nicolas, abbé de ^eauile. la dite terre et seigneurie de
(( Dampmartin, à dix-huit ou vingt ans, à cent livres de ferme seule-
« ment : pour la quelle retirer par feu l'abbé Geufroy, evcsque et comte
(( de Chaalon qui estoit absent d'icelle abbaye, y eust procès lon-
« gtemps pendant, qui dura jusqu'à l'an i488. Et après luy fust nostre
(( amé, et féal, le cardinal de Narbonne, abbé d'icelle abbaye, estant
« aussi absent et résidant en court de Rome. Dmant le temps desdils
« abbés, la dite terre et seigneurie de Dampmartin a esté régie et gou-
« vernée par gens laiz et fermiers cpii, sans pouvoirs ou procurations.
I. Arch. nat. L. 7G0.
j. ht. S. aij^V-
— 38 —
« ont fait plusieurs baux, vendu et aliéné droicts, terres et heritaiges
(( apparlenans à la dite abbaye et ainsi que des redevances et anciennes
u tenures des terres et heritaiges situés au dedans des fins et limites
({ d'icelle terre et seigneurie de Dampmartin'. »
Au XVP siècle nous voyons les abbés faire leurs efforts pour relever
la prévôté des tristes résultats de la période antérieure. En i5oZi, la
prévôté était donnée à ferme pour le prix annuel de 55o livres, deux
pourceaux (de 28 sols chacun) et deux douzaines de chapons. En i5io,
le bois de Genitolon était affermé pour douze livres. Enfin en
1628, l'évêque de Meaux, abbé de Saint-Germain, vendait au prix de
1 100 livres le coupe de Sa arpents des bois de Gaurel ".
Le 3 mai i5i6, les religieux louèrent leur tuilerie de Dammartin à
la condition pour les preneurs de fournir annuellement à l'abbaye
9 milliers de grosses briques et 6 milliers de carreaux. Le receveur de
l'abbaye promettait de a charrier tout le sablon pour l'ouvrage et de
(I livrer sur le lieu tout le bois qu'il faudra, à raison de six solz par
« corde ». Les preneurs auront la permission de vendre 8 milliers
900 tuilles, iioo briques et 600 carreaux. Ils devaient enfin payer
cent solz de ferme, huit jours après la saint Martin d'hiver.
Le dénombrement de i5i7 nous fait connaître la situation de la
prévôté à cette époque : « A Dammartin, y a un manoir contenant
(( arpent et demy ou environ, estant prés de l'église, sur lequel y a mai-
ce sons manables, granches, tant pour le domaine que pour les dymes,
{( et champars de Dammartin, la Fillette de Montchaiivet, la Gressaye,
(( la Haye du Tru, Broiillards, Garrel, le Boqiiet, Hoiiville et la Mare-
<( pavée, estables, bergeries, porcheries, gélinier, coulombier, gre-
<( niers, celliers et voultes avec jardins et autres choses nécessaires.
<( Item, ung pressouer pour faire vins et sidre, pour les dismes desquels
<( il a droit de prendre dix pintes de muy et la cinquième pinte au
<( pressouer : et ce paye sur peine de lx sols parisis d'amende. Les
(( habitants de Dammartin sont banniers audit pressouer quant aux
(( vignes dudit lieu seulement. Item, sept arpents de terre aussi entre
(( Dampmartin et les bois de Genainville, sur lequel y a une tuillerye
« garnye de deux creux et une chappe, de maison manable, ensemble
I. Arch. nat. 7J «jfjyA.
ï. /(/. S. 292 1.
- 39 -
« un four à thuille et halles pour les faire sécher. Item, à la Gaize BouUct
« près Dampmarlin, ung clos de i3 arpents, sur le chemin de
« Dampmarlin à Mantes. Plus, différentes pièces de terres sises aux
« Bréons, à la Croix-Musset entre la maladrerie et Carnette'. »
Les abbés de Saint-Germain-des-Prés se montrèrent dans celte
période très soucieux de la prospérité de la ville de Dammartin et de
ses habitants. Par ses lettres datées de Blois, au mois de décembre de
l'année i5i2, le roi Louis XII accorda à la requête de l'abbé et autorisa
l'établissement à Dammartin d'un marché par semaine et de foires
annuelles, qui devaient se tenir au deux fêtes de saint Martin : les
marchands n'étaient tenus à aucun droit envers le Roi et devaient payer
à l'abbé les droits d'estallage et d'aulnage. Le bailli royal de Mantes
reçut l'ordre de publier cet édit '. Pour compléter son œuvre, l'abbé fit
construire des halles considérables, qui devaient servir à ces foires et
marchés et contribuèrent puissamment à la prospérité de la ville. Sur
la requête du même abbé, François P% qui venait de monter sur le
trône, défendit, par ses lettres datées de Paris, i5 avril i5i5, aux gens
de guerre de loger et de prendre des provisions chez les habitants des
terres de Dammartin et de Longues appartenant à l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés', défense qu'il renouvela, le i'''" mai 1017 '.
Notons, en 161 3, le bail à ferme de la terre et seigneurie de Dam-
martin, Longues et Neauflette pour la somme de 6000 livres \ en 1G80,
le bail de Yaiilnage, estallage et hallage du bourg et marché de Dam-
martin avec le chantier du Petit-Tertre, moyennant la somme de
64o livres et cette même année, le bail des dixmes et champarts de
Longnes, pour le prix de 8200 livres •'.
Dans la déclaration de 1790, nous lisons à l'article Dammartin :
(( Seigneurie ayant haute, moyenne et basse justice. La ferme dont les
« bâtiments sont en bon état et considérables, terres labourables cl bois
« taiUis en dépendant, le tout loué 5ooo livres. Dixmes louées 7000
(( livres.
1. Arch. nal. LL. io63.
2. Id. L. 777.
3. Id. K. 81, n° '100.
4. Id. K. 81, n" 200.
5. Id. S. 2921.
0. Id. S. 2878.
— 4o
« Fief de la Fillette et un quart du moulin de Montchauvet loué
(( 100 livres ', et 26 livres pour lods et ventes. «
La Fillette de Montchauvet fut adjugée, en 1617, à religieuse
personne frère Jean Poussin, pour le nombre et la quantité de deux
muyds de grain \
Comme supplément, nous donnons le tableau suivant dressé lors de
la spoliation des biens ecclésiastiques au mois de février 1791 :
Charges :
Les religieux de Saint-Germain devaient payer :
Au curé de Dammartin, pour supplément de son gros. . . 5o'
Au maître d'école 100^
Au juge de Dammartin 4o'
Au garde de Dammartin 200'
Le fermier général fournissait au curé de Dammartin, pour son gros,
32 septiers de froment et 16 septiers d'orge en grains de dixmes du
territoire dudit lieu\
Vente du domaine de Dammartin.
District de Montfort-l'Amaury :
N° 3o, — i"" février 1791 :
Trois halles situées au bourg de Dammartin furent vendues à Laine,
vigneron à Dammartin, pour la commune de Dammartin, 365o livres.
N° 57, — 7 février 1791 :
Un bâtiment servant de pressoir, sis à Dammartin, fut vendu à
Souillard, laboureur à Dammartin, pour le prix de 2611 livres.
IN"° 109, — 19 avril 1791 :
Trois perches de terre, terroir de Dammartin, hameau de la Côte-
1. Arch. nat. S. a858.
2. Id. LL. io63, p. II.
3. Id. S. 2858; — Cociieris, Histoire de la ville de Paris, de Lcheuf, t. III, 70-72.
— lu ~
aux-Amants, furent vendues à la veuve Mallardot, à Dammarlin,
I20 livres.
N° loo, — 19 avril 1791 :
Deux arpents et demi de terres, en une pièce, môme terroir, chan-
tier du Fourneau, furent vendus à Paumier, aubergiste, à Dammarlin.
pour 2200 livres.
N° III, — 19 avril 1791 :
25 perches de terre, même terroir, furent vendues au sieur Thibault,
tailleur d'habits à Longnes, 266 livres.
N° ii3, — 19 avril 1791 :
Un corps de ferme, bâtiments, jardins clos et 2 10 arpents, 25 perches
de terre et i5 arpents de prés, en i3 pièces, le tout situé commune et
terroir de Dammartin, furent vendus au sieur Roussel, propriétaire,
demeurant à Paris, rue Feydeau, 140.000 livres \
Le domaine de Dammarlin faisait partie de la mense abbatiale.
Lieux dits.
L'arche.
Bois d'Houville.
Les biens rangés.
Buisson bouillon.
Le Bocquet.
Les Boulleaux.
La Brie.
Les Cliquettes.
Les Brouillards.
La Bœuve.
Le Clos de l'abbaye.
Carnette.
Les Caves.
Les Crochets.
Clos de l'épine.
Le Clos de Cornette,
Champ de Champagne.
Bois Germais.
Champ Caillet.
Clos Maillard.
Les Closeaux.
Le clos viel.
Le clos de l'église.
Les champs foués.
Les Cornets.
La Cotte aux lièvres.
Le clos émouillé.
Les Courtillons.
La croix Mousset.
La coste aux Barbaux.
Dantu.
Les Epinettes.
Le fourneau.
Les graviers.
Garel.
La fillette.
I. Arrh. ilrjinrtemcntalrs de Seine-et-Oise. Registre de la vente des biens iialionauï
— ^-2 —
La ferme des fontaines.
Les glaises.
La ffroue.
Les trois fontaines.
Geslé?
Gloriettc.
La Feugère.
Le Merisier.
La Gressaye.
Les bavettes.
G arche.
La Marnière.
La marre paquette.
Le Moulin à vent.
Mare pavée.
La Maladrerie.
La marre aux Vachères.
La marre aux filles.
Les murailles.
Le pré Roux.
La pierres aux Mariées.
La picardie.
Pré Gauvin.
Les parcs.
Le petit pré.
Les plantes.
Les longs prés.
Le Pré de la Garenne.
Ponts ^ux brebis.
Le pré Foissy.
L'orme à Perette.
Les Sablons.
Les Sinaux.
Les terres blanches.
Seigneurie temporelle
Comme nous l'avons déjà pu observer, la première partie de l'his-
toire de la seigneurie de Dammartin est animée et presque absorbée
par la lutte incessante que les religieux eurent à soutenir au XP' siècle
contre les usurpations et les odieuses prétentions d'un certain nombre
de barons du voisinage qui, en vertu de leur titre d'avoué du monastère,
exerçaient sur les vassaux de l'abbaye d'intolérables exactions appelées
dans le langage de l'époque de mauvaises coutumes et voulaient dé-
pouiller les moines dont leurs ancêtres avaient été les défenseurs, "\oici
d'abord, en io3o, le comte Drogon, qui, sous prétexte d'exercer son droit
d'avouerie, mettait au pillage les terres de Dammartin et de ses dépen-
dances, Xeelphitam, Firmerii curtem, Lovaniolas, Domcrii montem,
in Lii'icurte. Lentivella, Sivericurte, Genestivilla, Badani rete, in Spica-
rias. in ] aile, in Aumasa, in Loputeo. in Miribello. in Glatiniaco, in Can-
tamerlo, in Lairanias, in Trullo, in Becherello, dont il ne nous a pas
été possible d'identifier d'une manière certaine les noms signalés dans
la charte. L'abbé Aldraud alla porter ses plaintes au roi Robert. Ce
- /,3
dernier, par ses lettres datées de Poissy, io3o, obligea le comte Drogon
à renoncer aux droits et exactions qu'il prétendait sur Danimartin
et ses dépendances : il lui concédait senlorncnt les quatre seigneuries
designées par les noms latins suivants, Nee/philam, Firmerii curtem,
Lovaniolas, Romeril montem, qu'il tenait en fief de l'abbaye de-Saint-
Germain-des-Prés '.
Quelques années plus tard, nous trouvons un nouvel adversaire de
l'abbaye : c'est le chevalier Hugues Scavelbo, qui, en sa qualité d'avoué
de Dammartin, continuait les agissements de son prédécesseur et exi-
geait des taxes exorbitantes des habitants. L'abbé Isambard s'adressa
avi Roi, qui manda devant sa cour Hugues et sa femme. Ces derniers
n'ayant pas pu justifier leurs prétentions, durent renoncer au droit
d'avoueriede Dammartin : renonciation que le roi Philippe P'" confirma
par sa charte, datée de Poissy, du 6 janvier 1082°.
Au siècle suivant, le sire Simon d'Anet, renouvelant les prétentions
de ses ancêtres, malgré les sentences royales qui les avaient condamnées,
recommença à exiger les mêmes exactions sur Dammartin, Longues et
leurs dépendances. Les débats, qui avaient commencé avec l'abbé
Geoffroy, se poursuivirent sous l'abbé Hugues V. Ce dernier, à l'exemple
de ses prédécesseurs, cita son adversaire devant le roi Louis VII. L'abbé
exposa sa plainte et, rappelant la sentence du roi Robert, implora de
la justice royale la défense de ses droits. Simon ayant promis de
prouver la légitimité de ses prétentions, les deux parties furent ajour-
nées devant la cour royale où Louis YII présidait entouré d'un grand
nombre de ses barons, Etienne de Somero, Hervé de Glenico, Guy de
(Jlhàlillon, Guillaume de Alelloto, Drogon de Melloto, Guillaume de
Guerlande, Guy de Guerlande, etc. Symon, n'ayant pu tenir sa pro-
messe, ^e vit condamné, et le Roi, confirmant la sentence de son ayeul,
déclara Dammartin exempt de toute servitude et appartenant en toute
seigneurie à l'abbé de Saint-Germain. Cette sentence est raportée in
extenso dans la bulle qu'adressa pour la confirmer le pape Alexandre III
à l'abbé et au couvent de Saint-Germain-dcs-Prés (Paris, le 9 des
kalendes de mars 1 1G2) '.
1. Arch. nat. K. 18, n° ."> ; LL. loa'i, p. 3').
2. Id. K. 20, n° 6 ; carloii. Itoni. des Hois, 11" 208; LL. 1026, p. iG.
3. /(/. L. 2.'5o, n"(j.
44
Malgré cette sentence, les religieux furent obligés de transiger avec
leur puissant adversaire et d'obtenir au moyen de la promesse d'une
rente de Go sols parisis le désistement complet de Simon d'Anet. C'est
ce que nous apprennent des lettres de 1196 par lesquelles Robert,
abbé, et le couvent de Saint-Germain-des-Prés règlent le paiement de
ladite rente de 60 sols parisis à frère Jean du A'erne, trésorier de
l'abbaye, qui l'avait rachetée de ses deniers avec la permission de ses
supérieurs et devait la laisser, après sa mort, à l'abbaye*.
Presque en même temps un autre seigneur du voisinage, ~\\ illem
Lupel d'Ivry, poussé par le remords, vint faire réparation publique de
ses injustices. 11 se présenta au chapitre de Saint-Germain-des-Prés,
et là demanda humblement pardon à l'abbé « du grave péché commis
« en prétendant des droits sur Dammartin, qu'il proclame appartenir
c( en toute seigneurie à l'abbaye » ; il suppha l'abbé de prier Dieu
pour lui et se déclara disposé à jurer et à prouver devant quiconque
que ni lui ni ses héritiers n'ont aucun droit sur Dammartin". Peu de
jours après, il fit rédiger ces déclarations sous forme de lettres de
soumission, qu'il remit à l'abbé Hugues \
Nous avons signalé plus haut les démêlés qui se produisirent entre
l'abbé de Saint-Germain et le sire Jean de Breval au sujet de Dam-
martin. En 1 186, ce dernier fit solennellement cession de ses prétentions
pour lui et ses héritiers. Poussés par la reconnaissance en présenee de
ce généreux désistement, l'abbé Foidques et les moines donnèrent
au sire de Breval et à ses descendants une rente de i3 livres parisis,
qu'ils devaient tenir sous la foi et l'hommage de l'abbaye ''. Nous avons
vu que la seigneurie de Breval étant entrée dans le domaine royal,
Philippe-Auguste fit remise, en 1192, à l'abbaye de cette rente de
1 3 livres jjarisis ', à la condition que les religieux célébreraient tous
les ans un service pour le roi Louis Ml son père et un autre pour lui-
même après sa mort".
Celte première phase de l'histoire de la seigneurie de Dammartin
1. Arc/i. nat. L. 777.
2. Id. LL. 1024, p. 70; LL. 102G, p. 80.
3. Id. S. 2927 ; L. 777.
h. Id. LL. 1026, p. 82 ; S. 2977.
5. /(/. K. 2O, 11° 17.
G. BONMN.
— 45
étant terminée, nous n'avons qu'à assister dans la suite à son fonction-
nement régulier. Les difficultés extérieures apaisées, les difficultés
intérieures leur succédèrent.
Déjà en 1202, une charte de Philippe-Auguste était venue déclarer
que dans la seigneurie de Dammartin, aucun laboureur ne pouvait
tenir des terres à champart de l'abbé et des religieux de Saint-Germain,
s'il ne résidait sur les lieux, faute de quoi ces terres seront à la dispo-
sition des religieux'.
En 1220, les habitants de Dammartin, qui étaient obligés de conduire
à Mantes sur les chariots du religieux prévôt les grains de l'abbaye,
se révoltèrent contre cette servitude : ils réclamaient également cer-
tains droits d'usage dans les bois de Geneauville. Ce différend fut
apaisé par une transaction, que proposa l'abbé Gauthier et qui fut
acceptée par ses vassaux : il était stipulé que les habitants prendraient
dans la forêt de Geneauville"' (ou Greneville) les gencts, l'épine noire et
blanche, les saules, les marsaus, le bois mort, le coqchesne, le troène,
la riorte (gènes tam, spinani nigram et albam, salices, marsalices,
put fust, gaUiquercum, tronuin, retorlani), pour faire leurs charrues,
sans que pour cela l'abbé et le convent fussent empêchés, quand ils le
voudraient, de vendre ou de défricher ce bois. Les habitants conti-
nueront cà transporter avec leurs chevaux et leurs charrettes à Mantes
le blé du prévôt de Dammartin et le déposeront dans la maison de
l'abbé, où le prévôt leur fournira pour leur peine du pain blanc et
du vin en quantité raisonnable. Enfin les habitants prenaient l'enga-
gement de se rendre à Saint-Germain-des-Prés, à toutes les citations de
l'abbé ou de son délégué. Toutes ces conditions se trouvent énu-
mérées dans la charte que dressa de cette transaction, en 1221, Guil-
laume de Ville-Thierry, bailli royal de Mantes ■^
Ici, comme dans bien des cas, les officiers des justices royales ne
voyaient pas sans jalousie le fonctionnement des justices seigneuriales
1. Arch. nat. S. 2977.
2. Juineauvillc, canton de Munies (Seinc-ct-Oise). — Ou trouve parfois des textes où
on peut lire Genainville et Geneauville — Il n'est f^uèrc admissible qu'il s'agisse ici
des bois de Genainville, localité située dans le c.uiton de Magny-en-Vcxin et éloignéo
de Dammartin. Est-ce que les bois de Geneauville ne seraient pas les mêmes que les
bois de Jumeauville, canton de Mantes, assez peu éloijjnés de Dannuartin ?
3. Arch. nal. LL. 11 ad, p. 81.
— 40 —
du voisinage et fâchaient de profiter de toutes les circonstances pour
leur créer des difficultés. En l'année 1344, un prisonnier prévenu de
meurtre parvint, nous ne savons par quels moyens, à s'échapper des pri-
sons de Dammarlin. Imputant au moine prévôt de Dammartin la res-
ponsahilité de ce fait, les officiers dimants voulurent lui soustraire son
pouvoir judiciaire. Les religieux réclamèrent, le prévôt prouva son
innocence dans cette affaire et, au mois de novembre, le bailli de
Gisors, en vertu de lettres du Roi, levait la mainmise sur la justice de
Dammartin'.
Le i8 juin 1897, une sentence du prévôt de Paris condamnait les
habitants de Dammartin et de Longues à payer à l'abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés 1 1 livres de rente pour son droit de past, c'est-à-dire,
son entretien lorsqu'il venait visiter sa terre ^
Le « compte des recettes des seigneuries de Dammartin près Mante,
« Longues, la Fortelle, INlyrbel, Heurteloup, Houville, Montchauvet,
« Neauphlette, les Tournelles de Mante et leurs appartenances, fait en
(( l'année 1617 pour monseigneur Guillaume, évêque de Meaux, abbé
« commendataire de Saint-Germain-des-Prés et seigneur du dit Dam-
(( martin », nous fait connaître l'état et l'importance de cette justice :
« le dit Seigneur a dans sa seigneurie seaulx à contracts, avecques
u tous droits d'aubeine, forfactures, espaves et confiscations, ensemble
(( rouage, forage et estellonnage.
« Pour l'exécution de la justice, le dit Seigneur a quatre fourches pati-
« bulaires assises entre Dammartin et Longues, au lieu dit Les Grands
« Champs, et, au lieu d'Eschelle, il a pilori et carquen, près lequel
« carquen on a coustume de faire les cris et proclamations.
« Le dit Seigneur a à Dammartin marché tous les jeudis, foires au
« festes S' Martin ; les marchands qui s'y rendent ne doivent rien au
« Roi, mais au Seigneur seulement les droits d'estallage, mesurage,
« aulnage. Pour les foires et marchés, les marchands trouvent deux
(( halles sises au carrefour du dit lieu\ »
La lutte, que nous avons déjà signalée entre les religieux et les
officiers royaux du baillage de Mantes, se reproduisait de loin en loin. De
la seigneurie de Dammartin dépendait un hôtel dit des Tournelles et
1. Arch. nat. L. 777.
2. Id. S. 21J77.
3. Id. LL. ioG3, p. I.
^7
situé clans la ville de Mantes : cet immeuble était par suite soumis
à la justice des religieux et formait ainsi une sorte de citadelle qui, au
milieu de la cité, échappait complètement à l'action du bailli royal,
puisque cette justice « ressorlissait par appel par devant le prévôt
u de Paris ». Cette situation devait forcément amener des conflits.
En i528, l'abbé de Saint-Germain obtint des lettres royaux « au sujet
« du trouble fait par le bailli de Mantes en la justice du dit abbé en
c( une maison appelée les Tournelles dépendant de la terre et sei-
« gneurie de Dammartin. » Prenant prétexte de « foy et hommage
« non faict et de devoirs non payés », le bailli avait décerné une
commission pour saisir l'hôtel des Tournelles. L'affaire se poursuivit
longtemps encore, puisque, en 1029, nous trouvons un relief d'appel
de l'abbé de Saint-Germain contre les officiers du baillage de Mantes
sur cette même question ^ Quoique nous ne connaissions pas l'issue
du procès, il est probable qu'elle dut être favorable aux Bénédictins,
qui durent rentrer dans la jouissance de leurs droits et exemptions.
Le 16 octobre 161 1, un sieur Gautier « reconnaissait et avouait
u qu'une masure, jardin et cours, attenant à sa propre maison, appar-
« tenait à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés comme dépendant de
« l'hôtel des Tournelles ". »
Dans le reste des archives de la seigneurie de Dammartin qui nous
donnent les lettres de provision accordées par les abbés de Saint-Ger-
main pour l'office du tabellionage de cette localité et une ordonnance
de police de 1670 « rendant les mesures de Dampmartin conformes
« à celles de Houdan ' », nous relevons la mention d'un usage local,
qu'il nous paraît intéressant de ne pas passer sous silence : c'est le
droit de mets de mariage :
En ifi25, un arrêt du Parlement « rendu entre les abbés et convent
(( de Saint-Germain-des-Prés prenant le fait et cause de leur receveur
« de la terre et seigneurie de Dammartin, d'une part, et les habitants
« de Longnes et hameaux dépendants de la dite terre de Dauunartin
u d'autre part, condamna les dits habitants au droit de nids de
« mariage en premières noces seulement : qui est que, quanil les
1. Arch. nal. V 997A.
2. Id. S. 2()3I.
3. U. Z* ()()7A.
- 48
(( mariés feront noces et banquets, ils seront tenus de le faire savoir
(( à leurs seigneurs en leur hôtel seigneurial, la veille de leurs espou-
(( sailles, ou à leur receveur, et de porter, le jour du banquet, avec les
« violons jouant, un plat de chaque met du dit banquet, une quarte
M de vin et quatre pains, à condition que les dits seigneurs, ou leurs
t( receveurs pour eux seront tenus livrer homme et cheval pour mener
« l'espouse à l'église et de la dite éghse au lieu où se feroit le dit
(( banquet, si mieux n'aimoient les dits mariés payer i6 sols parisis
(( aux dits seigneurs, en les avertissant la veille des espousailles qu'ils
u entendoient payer les dits 1 6 sols parisis '. »
Depuis le XV^ siècle, l'office de prévôt de Dammartin avait dû
être supprimé. Nous voyons tous les actes passés au nom de l'abbé,
et les détails de l'administration confiés à son receveur.
Au commencement du XYllP siècle, nous voyons la juridiction de
Dammartin enlevée, provisoirement du moins, aux abbés de Saint-
Germain. En 1700, un arrêt du Parlement u ordonnait qu'en attendant
(( la décision du différent entre les officiers du bailliage de Chartres
(( et de celui de Mantes pour raison de la juridiction dans les villages
« de Dammartin et Longues et sans préjudice de leur droits, la justice
« pour la police seulement y sera exercée par le Lieutenant Général
(( au bailliage de Mantes '. » Quelques années plus tard, l'abbaye rentrait
en possession de ses droits. Nous trouvons, en effet, en 1700, u la quit-
(( tance de la somme de 200 livres payée parle cardinal d'Estrées, abbé
« de Saint-Germain-des-Prés, à M"" Bertin, trésorier des revenus
« casuels, pour la réunion à sa justice des paroisses de Dampmartin
« et de Lognes, des offices déjuge gruyer, procureur et greffier créés
« héréditaires par l'édit de mars 1707 \ »
Juridiction spirituelle
Nous avons vu que la terre et seigneurie de Dammartin avec leurs
dépendances, Longnes, Neauflette, etc., formaient une prévôté, c'est-à-
1. Arch. nat. Z* 997A.
2. Id. Z- 997A.
3. Id. Z* 997*.
^9
dire, un bénéfice purement temporel confie à un religieux et plus tard à
un receveur, qui le faisait valoir et l'administrait au nom de l'abbé,
moyennant certaines redevances et obligations. Ce caractère de béné-
fice non ecclésiastique, qui déchargeait cette dépendance de l'abbaye
de tous les subsides que le Saint-Siège ou les évoques prélevaient sur
les bénéfices eclésiastiques, fut contesté plusieurs fois, mais défendu
victorieusement par les religieux. Dans un Inventaire des Archives de
Damrnartin au XIV^ siècle, nous trouvons la mention u d'un grand
« nombre de chartes et d'intruments établissant que la prévôté de
« Dammartin n'est pas un bénéfice ecclésiastique et que, par suite,
« elle est exempte du présent subside pontifical et de tous les droits
« épiscopaux que les évêques, et notamment celui de Chartres, ont
« coutume de lever dans leurs diocèses ' ». En conséquence de cette
exemption, le i3 avril 12/i/t, l'évêque de Chartres renonça au procès
qu'il avait entamé à ce sujet contre les religieux^.
Cette situation exceptionnelle n'empêchait pas les religieux d'avoir
la juridiction spirituelle des églises et paroisses fondées sur le territoire
de la prévôté, seulement cette juridiction était exercée directement
par les abbés de Saint-Germain, et non par les prévôts de Dammartin.
Au commencement du XIII'' siècle, Réginald, évêque de Chartres,
ayant voulu contester aux religieux leurs droits de présentation pour
les églises de Dammartin, Longues, Neauflette, Montchauvet et Seplcuil
situées dans son diocèse, reconnut loyalement son erreur et conlirma
le patronat de l'abbaye par une charte solennelle \
Le 29 juin 1498, Jean Malary et .lacquette, sa femme, firent donation
de 7 livres de rente à la cure de Dammartin pour la fondation d'une
messe par jour dans cette église*.
Une transaction, signée le 20 mai iS^y, vint fixer les droits réci-
proques de l'abbé de Saint-Germain et du curé de Dammartin ; il fut
stipulé que ce dernier recevrait pour son gros une redevance annuelle
de quatre muids de grain, les deux tiers de blé et le tiers d'avoine, à
la charge de renoncer à toutes les dîmes grosses et menues et aux
novales, tant présentes que futures \
i. Arch. nat. LL. loîO, p. 8't.
3.Id.LL. 777 ; L. 11/16, p. i/|5.
3. Id. LL. 1035, p. 53; LL. loaO, p. 80.
4. Id. S. 3<)77.
5. Id. LL. 1140, p. 145.
4*
5o
En 1760, le curé de Dammartin recevait 5o livres comme supplé-
ment pour son gros *.
Les abbés de Saint-Germain étaient donc les curés primitifs des
églises de Dammartin, de Longnes et de Neauphlette qui s'élevaient sur
le territoire de Dammartin et dont les religieux avaient été, sans doute,
les fondateurs.
1° On prélevait sur les revenus de Dammartin, le IX des calendes
d'avril ou le 24 mars, xx sols pour l'anniversaire de Robert de Longnes,
prieur de Dammartin.
2° La veille de Pâques, le prévôt de Dammartin devait payer une
pitance au couvent. 11 avait, en ce jour, l'honneur d'allumer le cierge
pascal pendant la cérémonie qu'on faisait pour le bénir ^
3° Le V des ides de septembre ou le 9 de ce mois, le prévôt de Dam-
martin devait fournir xxx sols parisis pour l'anniversaire de Guil-
laume (de Vodeto).
4° Le II des nones de novembre ou le 4 de ce mois, le même prévôt
devait fournir lx sols pour l'anniversaire de Jehan, abbé de Saint-
Germain-des-Prés '.
Prévôts de Dammartin.
1186. Fr. Bernard.
Vers 1480. Fr. Pierre Nicolas, abbé de Neaufle.
Vers i5io. Fr. Jean Lhomme, abbé de Xeaufle.
1. COCHERIS.
2. Arch. nat. LL. 1027, p. 55.
3. Id. LL. 1027.
5i
MONTCHAUYET
Montchauvet est un modeste hameau de Seine-et-Oise, dans le
canton de Houdan, arrondissement de Mantes. Les religieux de
Saint-Germain-des-Prés y avaient quelques possessions, dès l'an ii33.
Nous lisons, en effet, dans l'histoire de ce monastère que l'ahhc Ilugue
céda, vers cette époque, au roi Louis VI, dit le Gros, et à Amaury de
Montfort deux fonds de terre, le premier destiné à la construction
d'un château, et le second, affecté à un autre usage'. Après s'être
réservé la jouissance de deux moulins et d'un étang qui lui apparte-
naient", la dime de tous les fruits que pouvaient produire les terrains
concédés, il stipula que les deux concessionnaires ou leurs succes-
seurs payeraient annuellement à la communauté chacun 5 sols de
rente, au jour de la Saint-Remy\
Les divers dénombrements que nous avons sous les yeux nous
fixent sur l'importance du domaine que les Bénédictins avaient à
Montchauvet. Cette seigneurie comprenait :
1° Lin hôtel contenant deux travées avec cour, jardin, étables et
appartenances, près le cliastel.
2" Trois quartiers de pré, sis à la Fosse au prieur.
1. En acquérant ce coin de terre (rune notable, altitude, le monarque voulait
compléter la lig-nc do fortifications du domaine royal formée par les forteresses do
Montfort, 'loudan et Anet. Le château fort qu'on y éleva pouvait contenir de la à
i5oo hommes. On voit encore aujourd'hui en ce lieu les ruines d'un donjon
assez rcniarqiialjle. I^a tradition rapporte que quatre portes donnaient accès à la
forteresse de Montchauvet. L'une, située à l'ouest, était connue sons le nom de
porte de Bretagne. Elle existe encore en partie.
En i3i8, le roi de France, Pliilippo V, dit le Long, donna les /( cliàtclleniesd'Anct,
Bréval, Montchauvet et \ogcnt-lc-Roi à Louis, comte d'Evreux. Plus tard, en i3'(o,
Charles le Mauvais, roi do Navarre et comte d'Evreux, les posséda, mais Charles \,
qu'il avait voulu empoisonner, les lui enleva. La famille clo Brczé jouit de ces
chàtellcnies depuis i^Vi jusqu'à i55o, épo(iuo oTi Diam- de Poitiers on fut ^irutiliée
(LL. jihG, p. CAh).
2. AnMAîVD Cassan.
3. BOLILLAHT, p. 80. BONNIX.
— 52 —
3" Une pièce de pré, sis aux grands prés, au-dessous du moulin des
Epiais, contenant 3 arpents.
4° Deux quartiers de terre, attenant au moulin des Epiais.
5" Les fiefs des pendus, sis à la fosse aux gibets.
C" Deux pressoirs banniers.
7° La quatrième partie de 3 moulins assis au dit Montchauvet,
appelés les moulins de la Ville, d'Art et des Epiais, et un étang.
8° Quatre arpents de friche, où jadis soullait avoir vignes, séant au-
dessus de l'étang devers Dammartin, suivant une déclaration de
l/}26.
9" 3o sols de rente sur des prés et une maison, sis à Dammartin.
10° Les cens, rentes et dixmes.
1 1° Un four bannier *.
La seigneurie de Montchauvet était affermée, en 1769, à Jean Godet
pour la somme de 3oo livres et 80 aulnes de toile".
La déclaration de i384 mentionne Montchauvet comme il suit :
Item, en la ville de Montchauvet demoure un Prieur qui a une
maison bien ruineuse. Trois arpents de vigne peuvent valoir lx sols.
Item, un four bannier qui est fondu. Item environ vm livres de menus
cens. Item, xx sols de rente sur le prévost de Dammartin^
La déclaration de 1790 afTirme que ce domaine appartenait à l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés dès le règne de Louis XI et qu'il avait été
uni à la mense conventuelle. Elle nous montre qu'il comprenait, en
outre de la maison seigneuriale :
1° 3 arpents et 3 quartiers de pré en deux pièces et un demi-quartier
de terre.
Item, les cens, rentes, droits de lods et ventes et autres qui dépen-
dent du fief du dit prieuré avec les dîmes, terres et autres héritages,
sis sur la dite paroisse de Montchauvet et lieux circonvoisins. Item, le
fief dit des Pendus, au comté de Montfort et le revenu du dit fief.
Ilem, une rente de 10 sols tournois sur une pièce de pré sis en la
seigneurie de Dammartin. Item, une autre rente de 10 sols sur une
maison et dépendances à Dammartin.
I. Arch. nat. S. 2()3C et 29^3 ; LL. 1089, p, 173.
a. Id. S. 2943.
'6. Domov HovRG, l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés au XIV' siècle. Arch. nat. L.
7C0.
53 —
Le tout a été loué au sieur Louis Debras, demeurant à Monlchauvct,
pour Zioo livres, par bail passé devant Lefcbvre, notaire à Paris, le
(j mars 1787, et Itbo livres, en passant ledit bail, faisant 5o livres par
an, plus 80 aulnes de toile estimée à 20 sols l'aulne. La jouissance
devait commencer en 1788.
Item, en outre du prix du bail, le preneur s'engageait à faire célébrer
l'office divin le jour de la fête du patron et les quatre autres fêtes
solennelles, et à donner pour ce au curé de Montchauvet la somme de
12 livres.
2" i5 livres de redevance annuelle sur une maison et un terrain
attenant, le tout contenant un quartier dont la jouissance a été donnée
à vie au sieur Guillaume Lavigne, maître d'école à Montchauvet, par
acte devant Baron, notaire à Paris, le 16 juillet 1771, et encore à la vie
de son épouse, pour 20 sols de redevance, si elle survit à son mari,
par acte de 20 juillet 1777, devant ledit Baron.
3° Le 1/4 du moulin à eau de Montchauvet près Dammartin loué
72 livres au sieur François Jean, meunier au moulin de Gonncl, par
bail devant Lefebvre, notaire à Paris, le 27 avril 1784 '.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés devaient au curé de Mont-
hauvet pour son gros douze septiers de blé, six septiers d'avoine". Ils
payaient 137 livres 8 sols 9 deniers pour les décimes.
Vente des biens sis à Montchauvet.
District de Montfort-PAumaury. N" jS, — 7 février 1791 :
91 perches et 1/2 de terres et prés en 3 pièces, au terroir de Mont-
chauvet, cîiantier du prieuré, furent vendus au prix de 1000 Tnres à
Debras, laboureurà Montchauvet.
N" 54, — 7 février :
3 arpents de prés, au même terroir, au dessous du moulin liLpiais,
furent vendus au prix de 4(ja5 livres à Bondrouet, meunier à Courgent.
JN" 55, — 7 février 1791 :
Une maison et terrain y attenant, contenant 25 i)crclies, près le
I. E). PonuER, Bib. nat. ins. fr. ao8/i8, p. ko; Arch. iiat. S. 28J8.
3. LEuiiui-'-CociiEuis, Histoire du diocèse de Paris, l. 11. |). 72.
C
— 54
chemin du cimetière, à Montchauvet, furent adjugés, au prix de
655 livres, au sieur Lavigne, maître d'école à Montchauvet.
N° 56, — 7 février 1791 :
La moitié du moulin de Montchauvet fut adjugée, au prix de
4025 livres, à Jean Meunier, à Montchauvet. Un quart appartenait à
l'abbé, et un quart, aux religieux.
N° 58, — 7 février 1791 :
Un bâtiment et pressoir en iceluy, situé à Montchauvet, furent vendus,
au prix qe 1575 livres, au sieur Hubert, fermier à Montchauvet'.
Seigneurie temporelle.
Le traité que l'abbé Hugue 111 conclut avec le roi Louis Yl et le
comte Amaury renfermait des clauses favorables au monastère de
Saint-Germain. Le prélat demanda et obtint pour lui et ses successeurs
tout ce qui pourrait provenir des forfaitures et droits de justice, la
moitié des revenus des moulins et fours construits ou à construire.
De concert avec le monarque et le comte, il nommait les meuniers et
les fourniers ; mais ceux-ci étaient tenus de payer la moitié des frais
nécessaires pour l'entretien des fours et moulins. Il stipula que les
religieux auraient la dixième partie des droits de marché ; que les
domestiques de l'abbé et des rehgieux seraient exempts des droits
appelés coutumes; qu'il serait interdit aux hôtes de Saint-Germain-des-
Prés de demeurer dans le château de Montchauvet, sinon en temps de
guerre, et que, la paix conclue, ils seraient tenus de regagner leur
domicile ou de renoncer aux biens concédés par l'abbaye \ Louis Vil
confirma cet accord en 1167, et Philippe- Auguste en 1202 ^
1. Registre de la vente des biens nationaux de Seine-et-Oise. {Archives départe-
mentales de Seine-et-Oise.)
2. Louis VI décida que ceux qui viendraient s'établir à Montchauvet ne pourraient
être réclamés par leurs seigneurs. Aux termes d'une charte communale qu'il octroya
en II 38, les bourgeois de Montchauvet étaient exemjots de tailles et corvées, à la
condition de rester neutres dans toutes les discussions qui s'élèveraient entre le roi
et le seigneur du lieu.
'A. Arch. nat. LL. 102^, p. /|3 ; K. 22, n" i3 ; Bouillart, p. 86; Arch. nat. LL.
I02(), p. '|5.
— 55 —
En 1206, Philippe, archidiacre de Poissy, reconnut cpie le prieuré de
Montchauvet ne lui devait point de droit de procuration '.
Plus tard, 20 novembre 1220, les habitants s'engagèrent à paver aux
Bénédictins 8 deniers par arpent pour les vieilles vignes, 10 deniers
pour les nouvelles et le 5<^ pot pour le pressurage'.
Dans une charte du mois de novembre 1837, nous trouvons une
longue énumération des privilèges et coutumes de Montchauvet.
Comme ils offrent quelque intérêt, nous nous faisons un devoir de les
mentionner.
1° Philippe, par la grâce de Dieu, roi de Navarre et comte d'Evreux,
ordonne aux habitants de choisir le lendemain de Noël 12 jurés pour
l'année. Ces hommes sont obligés de se présenter devant le bailli de
Mantes ou le procureur de Montchauvet pour prêter serment de
respecter les droits du roi. A la fin de l'année, ils se nomment douze
successeurs, qui jurent comme eux fidélité au prince.
2° Les jurés désignent toute fois que mestier en est trois sergents pour
garder la ville pendant la nuit, et trois autres pour veiller sur les
héritages, trois courratiers pour accompagner les marchands venant
acheter du vin en la dite bourgade et pour les conseiller suffisamment.
3° Ils ont aussi la charge d'élire un maçon et un charpentier pour
oster les périls (?) des maisons et faire rapport selon que à tel cas appar-
tient, deux boullengers, deux bouchers, taverniers et autres personnes
des autres mestiers, toute fois que le cas se y offerra.
Pour les emplois demandant personnes jurées, ils présentent les élus
aux gens et officiers du comte. S'ils sont trouvés aptes aux offices en
question, ils doivent promettre de les exercer en toute loyauté.
Lorsque ces derniers commettent quelque méfait, les jurés inter-
viennent pour appeler sur la tête des délinquants le châtiment qu'ils
méritent.
4° Les jurés peuvent s'assembler en la maison commune chaque fois
que les besongnes de la ville l'exigent. Ils doivent soustenir, supporter
les charges que comporte cette maison. Les gens du comte y peuvent
tenir assises et assemblées quand bon leur semble.
5° Les jurés ont droit de borner les héritages dans la ville morne;
mais non les sentiers, les chemins et forts qui relèvent du prince.
1. Arcli. nat. L. 780.
2. L. 781.
\6 —
(]" Les jurés doivent choisir les frères qu'il convient de mestre en la
maison-Dieu. Ils les présentent aux officiers du comte qui leur font
prêter serment, s'ils les trouvent à ce suffisants. Le maître delà maison-
Dieu rend compte de son administration aux gens du comte, en
présence des jurés.
Si quelqu'un de Montchauvet ou du voisinage empiète sur la terre
du comte d'Evreux, les jurés se rendent sur les lieux et font un
rapport relatif au délit. Si les officiers du comte doivent eux-mêmes se
transporter sur place, ils appellent les jurés et d'autres personnes de la
ville, si mestier est.
7° Si aulcun mesdit ou meffait aux douze jurés ou à aulcun d'iceux
faisant les besongnes de la dite ville et les bonnes nécessités d'icelle,
les jurés peuvent les appeler par devant les gens du comte qui contrai-
gnent les mefFaisants à faire amende de ce.
8" Les jurés ont aussi toute liberté de faire arrester par les sergents
du comte les marchands ou autres personnes qui leur doivent
quelques denrées de vin ou aiitres jusqu'à ce qu'ils aient reçu satis-
faction.
9" Le comte d'Evreux commande que les estallons à mesures de
grains, de vin, aulnes et poix à peser soient baillés par ses gens en
garde aux douze jurés. Lorsqu'il s'agit d'estallonner les mesures,
aulnes et poids, les gens du comte sont tenus d'appeler les 12 jurés, qui
ont la moitié des profTits de ce travail. Le reste appartient au comte'.
Les deux prieurés de Montchauvet et de Septeuil avaient été unis à
la mense conventuelle. Ils furent détaxés et l'abbaye de Saint-Germain-
des-Prés fut remboursée d'une somme de 280 livres qu'elle avait
payées, en I568^
En 1590, le roi remit aux religieux de Saint-Germain un tiers des
décimes qu'ils payaient pour les églises de Septeuil et de Montchauvet,
dont les fermes avaient été ruinées par les gens de guerre ^
Le 10 août 1739, les Bénédictins offrirent à monseigneur le comte
de Clermont, leur abbé, la chasse dans l'étendue du prieuré de Mont-
chauvet '.
1. Arch. nat. LL. 1081, p. 67-76, 84-88.
2. /(/. G'x i3(ji, G*x i2o5, cote A, f° 3.
3. BojiMX.
4. Chapitres conventuels. Dit. nat. ms. fr. i6358, p. i.
5?
Vers la mcme époque, monsiciir de Scnozan, conseiller d'Etal et
seigneur de la châtellenie de Montchauvet, soutenait que le lief du
prieuré relevait de sa seigneurie. 11 demandait que les religieux lui
fournissent un homme vivant et mourant. Ces derniers lui démon-
trèrent qu'ils ne dépendaient point de lui, mais qu'ils étaient ses cosei-
gneurs'.
Prieurs.
i5o8. Jehan Poussin.
i638. Barnabe Aubert, démissionnaire.
Pierre Cereste lui succède.
i523. Nicolas Daloi.
1595. Julien de Paris.
Seigneurie spirituelle
Le château de Montchauvet étant construit, l'abbé Hugue demanda
à Geoffroy, évêque de Chartres, la permission de bâtir une église
paroissiale en l'honneur de sainte Madeleine, hors de Montchauvet,
parce qu'il avait l'intention d'y ériger un monastère pour plusieurs de
ses religieux. Plus tard, il sollicita la faveur de construire une autre
église dans Montchauvet, afm que les habitants eussent la facilité d'en-
tendre la messe sans troubler les religieux dans l'église principale.
L'évéque de Chartres y donna son consentement en présence de
Mathieu, évêque d'Albano, et légat du Saint-Siège, à condition (lue le
monastère de Saint-Germain payerait tous les ans à l'église de Ciiartres
le droit de visite et de synode '.
En outre, pour éviter les conllits qui pouvaient naître entre les reli-
gieux et le curé de la paroisse, l'évéque prit une sage mesure en déter-
minant les attributions respectives. Il régla que les Bénédictins
I. Arch. nat. S. ag/'tS.
n. Nous ne savons comment coiicilior ce dernier poiiil avec les asserlioiis de
Philippe, archidiacre de Poissy, témoignant, en laoC, que le prieuré de Montchauvet
ne lui doit aucun droit de visite.
)8 —
auraient les deux tiers des offrandes faites à l'église, et le curé, l'autre
tiers ; que les droits perçus pour les baptêmes appartiendraient au
curé ; que chacun aurait la moitié des legs pieux qui seraient faits en
espèce à la paroisse, et que ces legs appartiendraient en entier aux
religieux, si le donateur les laissait en terres ou bâtiments ; enfin, que
le curé aurait dix-huit setiers de blé, moitié froment, moitié méteil.
Pendant les temps de guerre, les Bénédictins cherchèrent asile et pro-
tection dans Montchauvet et abandonnèrent l'église, qui avait été édi-
fiée en dehors des murs'. Goslène, successeur de Geoffroy et son
neveu, approuva ces dispositions. Le pape Eugène 111 les confirma
en ii5o'.
Les religieux de Saint-Germain avaient le patronage de la cure de
Montchauvet. En 121 1, Renaud, évêque de Chartres, leur contesta ce
privilège, mais il reconnut enfin son erreur, et saisit cette occasion
pour exprimer aux Bénédictins son affectueux dévouement'.
Quelques années après, un dissentiment éclata entre Eude, prieur
de Montchauvet, et Amaury, curé de cet endroit. Il portait sur la ques-
tion des offrandes faites à l'église. Au mois de décembre 1220, Hugue,
abbé de Saint-Germain-des-Prés, s'interposa comme arbitre et trancha
ce différend. Nous citerons ici les principaux articles de l'accord conclu
en cette circonstance : « ... Nos vero de bonorum virorum consilio sub
hac forma de querelis prœdictis duximus ordinandum. In primis
dicimus quod universa quee continentur in cartis pontifîcum Carno-
tensium super beneficiis dictas ecclesiae confectis, rata et inconcussa
permaneant et inviolabiliter observentur. De denariis autem quos
presbyter recepit a Judaeis * et in posterum recipiet, pronuntiamus
1. Arch. nat. L. 781; LL. 102/1, P- 62; Bouillart, p. 86.
2. Id. L. 781 ; L. 228, n° i5 ; LL. loaV
3. Id. L. 780. Bouillart, p. ii3.
II. Cette charte nous montre l'existence d'une taxe imposée pour le séjour des
Juifs et la réception des sacrements.
L Taxe des Juifs. Nous trouvons au moyen âge des exemples de cette taxe. En
1190, Raoul de Soissons se disposait à partir pour Jérusalem. Avant de s'éloigner, il
donna à l'église de Notre-Dame une rente de (3 bezants d'or, i^ayable à la Saint-
Remy et exigible pendant le séjour des Juifs à Soissons. (Aisne, Archives départe-
mentales, i5o8.) Sauvai, dans son Histoire de Paris, nous dit que la communauté des
Juifs payait au roi, en 1226, 48 livres i5 sols par quartier. (Sauvai, t. II, p. 528.)
II. — Taxe des sacrements. Suivant M. Imbart de la Tour, dès le 1X° siècle, le
prêtre savait tirer prolit du baptême, des sacrements et des choses saintes. L'Eglise
59 -
qnod prior habeat duas partes et presbylor terciam, cum do jure
pertineat ad jus parrochiale et priori salisfaciat presbyter de perceptis.
Insnpcr de duodecim denariis censualibus in cleemosinam datis,
dicimus cpiod prior eos babeat et per se possideat sine reclamalione
presbvteri et priori competenter salisfaciat presbyter de receptis. De
tricenariis vero sic ordinamiisquod prior babeat duas partes et presl)y-
ter terciam, et luiuscpiisque desumat partem suam. Preterea de obla-
tionibus in confessionibus in ecclesia factis a peregrinis vel a mube-
ribuspregnantibus vel a jejunantibusquadragesimas et de sponsalibus
et de sepulturis mortuorum babeat prior duas partes, et presbyter,
terciam. De denariis vero confraternitatum et de gelinis sancti Barlho-
lomœi dicimus quod prior nicbil babeat vel percipiat et in boc dictum
presbyterum duximus absolvendum\ »
Une dame de qualité, nommée Julienne Britone, avait bâti une
maison à Montcbauvet. Elle demanda, en 12C0, à l'abbé Gérard la
permission d'y ériger une chapelle. Elle assurait une rente de iZj livres
pour l'entretien du chapelain. On lui accorda ce qu'elle souhaitait,
mais avec certaines réserves. Comme la chapelle se trouvait en la
paroisse de Montcbauvet, le prieur et le curé devaient se partager
toutes les offrandes qui y seraient faites. Quant aux legs pieux, il fut
convenu qu'ils en auraient tous les deux la moitié, et que l'autre
moitié reviendrait au chapelain. Ce dernier était à la nomination de
l'abbé de Saint-Germain".
En 1496, le prieur de Montcbauvet renonça aux deux tiers des
mêmes dîmes et des offrandes de la paroisse, en faveur du curé.
luttait en vain pour supprimer cet abus et maintenir l'ailministralion gratuite des
sicrements. Paroisses rurales en France du I\'° au IX° siècle, par Iniliarl de la Tour,
Paris, Alphonse Picard et Ois, igoo. Sur la vente des sacrements, Cajiitiila ann. 80a a
12. Boretius, p. 106.)
Nous lisons dans Chardon (^rio•ne, t. X\, p. 70o-7r)2'> qu'au moyen Ajre on mV'"-
geait de recevoir le sacrement d'extrème-onction, parce qu'on ne le donnait qu'aux
riches et que personne ne pouvait être extrémisé sans payer. En 129'), suivant !<■
même auteur, Guillaume le Malaire, évèque d'Angers, censura l'avarice do ses
prêtres, qui demandaient les linges sur losciuels le malade était couclié pendant
(pi'on faisait l'onction. — Nous \errons plus lard qu'on percevait deux sols à
Nainlré ]ionr administrer rexlrrnic-onctiiin. Souvent it e>t i[\ir^lioii des honoraires
du baptême.
1. Arch. nnt. L. 781.
2. Iil. LL. 1081, p. '1 ; \.L. loai;, p. 85.
Go —
nomme Descalles. Celui-ci pouvait jouir de ces droits pendant sa vie,
mais il était tenu de payer, chaque année, la somme de 36 sols'.
Renée Rivière, veuve de Claude Benoist, donna à la fabrique de
1 église de Sainte-Madeleine un arpent de terre, situé au Buisson (iGo7)'\
En 1620, les religieux accordèrent au sieur Richard Desmont, curé,
une somme de 12 livres, pour augmenter son gros. Ils lui donnèrent
aiissi la jouissance d'une maison pendant sa vie\
Il y avait à Monlchauvet une maladrerie. Jeanne, comtesse de Cham-
pagne, femme de Philippe-Auguste, l'avait fondée en 1297*.
Le IV des ides de janvier ou le 10 de ce mois, le prieur de Monlchau-
vet devait payer lx sols pour l'anniversaire de Richard de Septeuil.
Le IV des nones de décembre ou le 2 de ce mois, on célébrait l'an-
niversaire d'Amaury de Montchauvet et on payait pour cette céré-
monie xxvni sols parisis^
De l'ancien Montchauvet il ne reste plus que l'église située à la
pointe extrême du coteau dominant la vallée qui s'étend vers Septeuil.
Cette église n'offre rien de remarquable, sauf ses vastes dimensions et
le porche couvert de l'entrée, où se tenait autrefois le conseil des jurés
communaux.
Curés
i523. Margottier.
i523. Jean Furcotte.
161 1. Richard Desmont.
i55o. André Chardct.
1679. Eustache Cadiou.
1771. Pellcrin.
1. Arch. nat. LL. 1081, p. 17.
2. Id. LL. II ',G, p. C5i.
3. /(/. LL. ii',6, p. 054.
fi. M. LL. ii4G, p. C53.
5. /(/. LL. 1027.
(m —
SEPTELIL
Histoire territoriale
Septeuil est une commune de 888 habitoints, située dans le canton
de Houdan, arrondissement de Mantes, département de Seine-et-Oise.
Son territoire est traversé par une petite rivière, nommée Vaucoulcurs,
dont les eaux ne diminuent jamais, affirme un document de la fin du
XVIII« siècle. Elle ne gèle pas, si froid qu'il fasse ; au contraire, plus
il gèle, et plus elle fume !!! '
Le nom latin s'écrivit de diverses manières suivant les époques. On
trouve, au IX^ siècle, Scptogilus, Septoiliis ; au XP siècle, Septoculum ;
au XIP siècle, Septulia ; au XllP siècle, Sistoliiim. En français, on
rencontre Steuil, Steille, enfin Septeuil. Le Polyptyque d'Irminon fait
mention de cette localité. D'après ce document, les religieux de Saint-
Germain-des-Prés y avaient des colons possédant 6 manscs ingénuiles
comprenant en tout 89 bonniers, deux journaux de terres arables,
8 arpents de prés et 6 arpents de bois^
Ce domaine disparut en grande partie pendant les invasions nor-
mandes. La générosité chrétienne essaya de le reconstituer, mais sans
pouvoir y réussir pleinement. En 1 240, Guillaume de Poissy, chevalier,
dit Sans-Avoir, donna aux Pénédictins la moitié d'iuie masure'. Au
mois de novembre i253, Simon Leschaudert leur vendit poiu- le prix
de 9 livres parisis les 5 setiers de blé qu'il prenait sur leur grange de
Septeuil*.
L'abbé de Saint-Germain-des-Prés, reconnaissant (pie le prieure de
Septeuil était grevé de dettes, fit prêter au prieur (io livres par les
I. Arch. nal. S. 2f)30.
a. Irminon, Polyptyque de l'abboye de SaiiU-Gerimiii , rd. I.on(;>o>. p. 33o et 33a.
3. Arch. liai. L. 808.
G2 —
gardes du revenu des aumônes, à la condition qu'il rendrait cette
somme en 6 annuités, le jour de Saint-Vincent (janvier 1264)'.
Les religieux de Saint-Germain soutenaient qu'ils avaient, de toute
ancienneté, le droit de percevoir 20 sols parisis par an sur le fief des Fos-
sés, sis au territoire de Buchelay-lès-Mantes. Jacquette Âupers, veuve de
feu Jacques les Ventriers, de son vivant bourgeois de la ville de Man-
tes, qui en jouissait, ailirmait qu'elle n'avait jamais rien payé depuis
Go ans, et que cette rente était prescrite. Les Bénédictins, pour éviter un
procès douteux, firent remise des arrérages, du consentement de Guil-
laume Tureau, prieur de Septeuil. La veuve de Jacques les Ventriers s'en-
gagea à payer à l'avenir, au jour saint Rémi, la rente de 10 sols parisis
qu'on réclamait (7 janvier 1496) ^
Le II janvier i5o8. Frère Guillaume Thureau, prieur de Septeuil,
acquit 21 perches de vigne, situées sous l'abbaye de Saint-Corentin.
Des contrats, passés en io43 et en i552, nous montrent aussi que les
Bénédictins avaient droit à divers cens dans la paroisse de Courgent'.
Le monastère de Saint-Germain-du-Prés possédait à Septeuil un
moulin. Il le céda à Olivier Hallegret, seigneur temporel de l'endroit,
et reçut en échange i4 arpents 70 verges de terre arable, au heu dit la
haute Tasse, plus deux arpents de pré, au lieu dit Behu (21 janvier
i59i)\
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, en qualité de seigneurs du
fief de Bois-Robert, avaient droit aux grosses et menues dixmes. Le
curé de Guerville prétendait avoir le privilège de les percevoir en tota-
lité. Une sentence des Requêtes du palais adjugea la moitié de ces
dîmes aux Bénédictins, et intima l'ordre au curé de Guerville de resti-
tuer celles dont ses fermiers s'étaient injustement emparés (18 mars
i655) =.
Le dixmage de Bois-Robert et de la Brosse, paroisse de Guerville,
était limité par les chemins de Montfort-l'Amaury, de Guerville à
Ileurteloup, de Heurtcloup au Brueil, de Bois-Robert à Binanville et
1. Arch. liai. L. 808.
2. Id. LL. 10.S2, p. 2 ; S. 2<j3G.
3. hl. S. 2986.
li. Id. S. 2(j3G; Bih. liât. ins. fr. 12888, p. 2o'i.
5. /(/. LL. Il ')(•), p. OGfi.
G3 -
de Bois-Robert à Vert. Dans les environs, on remarquait la croix des
Reposoirs ou de Saint-Jacques-de-Composlelle'.
Les Bénédictins avaient prêté à Claude BouUand, sieur de Beau-
mont, habitant Montcliauvet, une somme de 5oo livres, qui fut hypo-
théquée sur ses biens (26 août 1669). Cinq ans plus lard, 17 août iG-^,
une sentence rendue aux Requêtes du Palais condamna Louis Luce,
laboureur à Courgent, à payer l'obligation du sieur BouUand, ou à
céder 5 quartiers de terre, au lieu dit les Gredeux, paroisse de Septeuil.
Il se résigna à ce dernier parti. Il faut croire qu'il était devenu pro-
priétaire des biens de Claude BouUand \
Nous pourrons avoir une idée assez exacte des biens que Saint-Ger-
main-des-Prés possédait à Septeuil, en consultant les dénon)brcments
et les baux.
Le premier dénombrement que nous citerons est celui de i384. Il est
conçu en la forme suivante :
Item, en la ville de Steille, une prioré, en laquelle demeure un prieur
et y a une maison qui fut destruite par les ennemis. Item, il y a
Lx arpents de terre. Item sur le molin ini sestiers de grain. Item, cens
et rentes, par an, environ xx livres. Item la disme de grains de la
paroisse peut valoir xmi muis. Item la disme de vin de la paroisse et
hemiaux nommé Bonveler (Boinvilliers?), environ v pipes de vin
valant environ vm livres. Et sur ce, il doit lx sols, pour Visitation et
procuration, à l'évesque de Chartres et à l'archidiacre Pinceres'.
Un autre dénombrement, daté de 1426, nous montre que le domaine
des Bénédictins ne s'est pas amélioré. En voici le texte :
De maison, cour, granche, jardin que soullaient avoir les religieux,
de présent n'ont rien. Ils soullaient avoir un four bannier valant 24 sols
parisis. Un moulin non bannier valant iSseptiers. 2.4 sols de rente
que les religieux prennent sur tous les héritages de Jean Berger.
Autrefois soûlaient avoir 70 sols de cens et maintenant rien. 4 arpents
de pré. 4o arpents environ en plusieurs pièces. Les dismes de grains et
vins, sur quoi le curé a droit de prendre 24 septiers de grain et myne.
Toutes les menues dîmes, dont le curé en a le tiers, qui soullaient
I. Arck. riat. S. 2(j3G.
3. /./. S. 3936.
3. /(/. L. 7O0, n° 2(j. Dom dl Bouug, ouv. cité.
G4 —
valoir 4 sols parisis, et à présent, nichil. En la ville de Bruel (Breuil) et
du Bois-Robert, le quart des dîmes de grain et de vin en aucunes
contrées, qui vallaient m queues et IX septiers de grain. lo sols parisis
sur un fief, appelé le fief d'Arannes, en la ville de Buchelay*.
En lôag, les terres du prieuré de Septeuil étaient affermées à Pierre
Popier, curé du dit lieu, pour la somme de 220 livres et deux pour-
ceaux gras. Le 7 septembre 1626, le fermage était fixé à 4oo livres par
an et 4 douzaines de serviettes de toile de lin. En plus de ces charges,
le preneur devait fournir une fois seulement 4 nappes de pareille toile
de 5 aunes de long ; faire chanter la messe en l'église du prieuré,
aux fêtes de saint Nicolas, delà Pentecôte, de Noël, de la Toussaint;
donner au curé 3 muids de blé et 2 muids de vin^.
En i653, Dom Placide Roussel, prieur, et les religieux de Saint-Ger-
main-des-Prés baillèrent à ferme, pour 9 ans, à Jean le Bigre, la maison
et hostel seigneurial du prieuré de Septeuil, consistant en une grande
salle, deux chambres basses, une cuisine, une autre chambre basse,
les greniers au-dessus, une cave, deux granges, estables, cour et jardin,
i5 arpents de terre, au lieu nommé la Charbonnière, les grosses
dixmes, la moitié des menues dîmes, les droits seigneuriaux, pour le
prix de 900 livres tournois par an, à la charge de payer au vicaire per-
pétuel, pour son gros, 28 septiers de blé, 4 septiers d'avoine, 4 septiers
d'orge, 2 muids de vin et i5 livres, et de payer les décimes ordi-
naires et extraordinaires^.
Le bail du 3i décembre 1767 comprenait :
1" La maison seigneuriale du prieuré de Septeuil.
2° i5 arpents de terres labourables, dans le parc de la Charbon-
nière.
3" 4 arpents de pré en trois pièces.
4° 5 quartiers tant de terre que de pré entourés de hayes et plantés
d'arbres fruitiers, au lieu dit : les Gredeux, proche le moulin de la
Planche.
5" Les grosses dîmes de grains et de vin.
Le tout était affermé iioo livres à Louis Boisgillot. Le preneur était
I. Arch. nat. S. agSG.
a. Id. S. 2g36.
3. Id. LL. 1089, p. 3o'i.
G5 —
tenu de pourvoir aux réparations locatives, de fournir les charrois
pour les grosses réparations, de donner 90 aulnes de toile, moitié
grosse, moitié fine, plus i4 dindons, de recevoir deux fois par an les
religieux allant à Septeuil, de les héberger et nourrir avec leurs domes-
tiques et leurs chevaux'.
Le déclaration de 1790 est ainsi formulée :
La ferme segneuriale du prieuré de Septeuil, membre dépendant et
anciennement réuni à la mense des religieux de Saint-Germain-des-
Prés, avec i5 arpents de terres labourables, clos de haies vives,
4 arpents de prés en 3 pièces, et une autre pièce de 3 quartiers tant
terres que prés. Item, les dîmes de grains à la iS*" gerbe. Les dîmes de
vin, 'à raison de 8 pintes par muid ; la moitié des menues dîmes et
toutes les vertes dîmes. Item, les cens, lods et ventes de la censive
appartenant au dit prieuré. Le tout loué 2000 livres à la veuve de feu
Henry Haranger, par bail du 4 novembre 1785, jouissance en 1788,
plus en passant le dit bail 3ooo livres, faisant par an 333 livres 6 sols
8 deniers. Plus 90 aulnes de toile, moitié grosse, moitié fine, à 20 sols
l'aulne (90 livres); plus i4 dindons, estimés 3o sols chacun (21 liv.).
Plus, payer au curé de Septeuil pour son gros :
28 septiers de blé, à 24^ le sept 672^
Plus 4 septiers d'orge, à i5Ue sept 60'
Plus 4 septiers d'avoine, à i5'le sept 60^
Plus deux muids de vin, à 4o' le muid. . . . . . 80^
Plus i5 livres en argent i5'
~887'
La moitié des grosses dîmes, les menues et vertes dîmes de Bois-
Robert appartenant au susdit prieuré de Septeuil, dans l'étendue du
fief de Bois-Robert et de la Brosse du Breuil, paroisse de Guerville, à
l'exception d'environ 12 arpents, au lieu dit les Barons, dont le curé
de Guerville jouit seul avec l'autre moitié des susdites dîmes, louées
au sieur Hector Gautier, demeurant à Guerville, i5o^ par bail passé
devant Lefebvre, notaire à Paris, le i3 mars 1282, plus en passant le
dit bail 120 livres, faisant par an i3' 6' 8'" '.
I. Arch. nat. S. 2980.
a. Id. S. 2858; Bib. nat. ins.fr, 20848, p. 3g.
— 66
Comme nous l'avons vu, les religieux fournissaient le gros du curé,
qui se montait à 887 livres.
Ils donnaient annuellement au vicaire 35o livres.
Les décimes s'élevaient à 826' 5' 9'.
Le 4 mars «791, la maison du prieuré de Septeuil, avec ses dépen-
dances, 20 arpents i5 perches de terres et de prés, furent vendus, à
Tousteau frères, 22900 livres. Le 11 mars 1791, à Puthod, demeurantà
Paris, rue Neuve des Capucines, pour Tourteau. {Archives départe-
mentales (Seine-et-Oise), district de Montfort-l'Amaury, n" 87.)
Seigneurie temporelle
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés eurent à lutter pour conser-
ver leurs privilèges. Certaines dîmes leur furent disputées. C'est ainsi
que Pierre Monnier et Jean Ollive, soutenus par l'abbé et le convent de
Neauphle-le-Vieil, l'abbesse et la communauté de Saint-Corentin ', leur
contestèrent le droit de dîmer dans une pièce de terre, appelée la Bou-
fardière, et leur dérobèrent 80 gerbes de blé, d'orge et d'avoine. Les
habitants consultés attestèrent et certifièrent que les grosses et menues
dîmes de Pampou et de la Boufardière appartenaient au prieur de
SepteuU. Une sentence du Châtelet, rendue en l'auditoire criminel,
commanda alors aux délinquants de restituer ce qu'ils avaient injus-
tement perçu (7 octobre 1607) ^
L'accord ne fut pas encore parfait, et de nouvelles discussions s'éle-
vèrent à ce sujet. Le 3o octobre 1627, le prévôt de Paris rendit un
arrêt maintenant les Bénédictins de Saint-Germain en la possession de
la dîme sur 3 pièces sises à Septeuil :
1° La cousture de Pampoux, contenant 22 arpents.
2° La Boufardière, contenant 20 arpents.
3° La mare aux Lancets, contenant 17 arpents '.
Le 3o mars 1529, le prévôt de Paris rendit une autre sentence en
faveur des religieux de Saint-Germain-des-Prés. Il les maintint contre
I. Saint-Corcnlin-lès-Mantcs.
3. Arch. nal. LL. 1146, p. GG3.
3. Id. LL. ii4C, p. GG5.
^7
Jean de Guincheux, escuyer, seigneur de Corbeille, en la possession et
saisine de prendre la dixme des blés, avoine, scourgeon, poix, vesse, de
tous grains et fruits croissant et venant dans une pièce de terre,
nommée les trente arpents, au territoire de Septeuil, au triège des gros
des Plains \
Une sentence des requêtes condamna Wandrille et Jean Forger, et
autres héritiers de Denis et Catherine Dupré à présenter aux religieux
de Saint-Germain les lettres et titres, en vertu desquels ils possédaient
un moulin à blé et 8 arpents de terre, nommés le champ du Prieur,
situés au village de Septeuil (9 mai i55i) '\
En i568, on avait grevé le prieuré de Septeuil d'une taxe de 80 livres
et celui de Montchauvet d'une taxe de 4o livres. Comme ils étaient
unis à la mense conventuelle, ils furent déchargés de cet impôt extraor-
dinaire \
Le 26 mars 1578, les commissaires délégués par le pape exemptèrent
de 2 écus et 1/3 de rente les prieurés de Montchauvet et de Septeuil,
comme n'étant pas de la qualité indiquée par la bulle de Sa Sainteté*.
En i588, le prieuré de Septeuil est taxé néant, parce qu'il est uni
et annexé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ^
A la date du 26 novembre 1092, nous trouvons une lettre de cachet
de messieurs les trésoriers de France establis à Senlis, dans laquelle ils
sont d'avis que Sa Majesté remette aux religieux de Saint-Germain-
des-Prés un tiers des décimes, ce à quoi leurs prieurés de Montchauvet
et Septeuil avaient été taxés depuis 4 années, vu que les fermiers des
dits prieurés avaient été ruinés par les gens de guerre \
Seigneurie spirituelle
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient depuis un temps
immémorial le patronage de l'église de Septeuil, lorsque, en 12 10»
I. Arch. iKit. LL. i i/|G, p. 065.
a. Id. LL. I i^fi, p- 670.
3. Id. G«x 120G, pièces 82, 8.'i, 80, 253 ; G«x i3f)i.
k- Id. Cx 120O, pièce 253.
5. Id. G"x i3(j4.
C. Id. LL. ii/iG, p. 675.
— 08 —
Rcnavid, évèqiie de Chartres, voulut le leur contester. Il reconnut
bientôt son erreur et proclama les droits des Bénédictins '.
Goslène de Lèves (ii^q-So) et son successeur, Robert 111 (ii5G-G^),
d'éterminèrent les relations du curé de la paroisse et des religieux.
L'accord passé en cette circonstance a trait au partage des offrandes et
de la dime, l'assistance aux offices et le payement du gros.
Les Bénédictins célébraient avant ou après le curé. Lorsqu'ils chan-
taient la messe avant ce dernier, ils partageaient avec lui les honoraires
ou offrandes. Il n'en était pas de même dans le second cas. Le
partage n'existait plus, et le curé ne recevait rien, excepté aux cinq
fêtes solennelles de l'année, où tout devenait commun pendant la
journée entière. Les religieux se réservaient les offrandes en natvue ou
en argent qui se faisaient à l'occasion de la saint ^Nicolas. Ils avaient
droit aux deux tiers des chandelles offertes dans le cours de l'année.
Cependant ils ne prenaient que la moitié de celles qu'on recueillait en
la fête de saint Barthélemi, et, si elles faisaient défaut, ils partageaient
avec le curé le cierge bénit. Si le curé devait aux Bénédictins la moitié
de ce qu'il recevait à l'occasion des messes qu'il célébrait, il pouvait
conserver poiu' lui tous les droits de baptême et la quête des œufs.
Les religieux avaient en propre la dîme de la Charbonnière (?)
(décima de Cardonnello), et les deux tiers des menues dîmes. Le curé
se contentait de la dîme du pré (décima de Domni ciiria ?) de Dancourt,
du tiers des menues dîmes et de deux septiers de blé, que les Bénédic-
tins lui fournissaient chaque année. Les dimanches et jours de fêtes,
il devait célébrer l'office des matines et la messe matinale pour la
population dans son église de Saint-Xicolas. Ces mêmes jours et la
veille, il se voyait obligé, autant que ses occupations le lui permet-
taient, d'assister à la procession, à la grand'messe et aux vêpres des
roligieiix. Il lui était défendu de sonner ses vêpres avant les vêpres des
moines. Les Bénédictins lui donnaient pour son gros i4 septiers et
demi-mine de blé, 8 septiers et demi-mine d'orge, 8 septiers d'avoine,
à la mesure de Septeuil. Quels privilèges avaient les religieux de Saint-
Cermain-des-Prés relativement aux infirmes ? Nous ne le savons pas
explicitement. Peut-être voulaient-ils avoir seuls la faveur de bénir les
malades ou de leur procurer le sacrement d'extrême-onction, comme
I. Id. LL. iiiC, p. CG3. Hib. nat. ms.fr. ia838, p. i^o.
- Gcj
le fait supposer la phrase suivante : « Presbyter in suis visitationibus
commonefaciet infirmes ut monachos visitent in suis benedictio-
nibus '. » ' c -1
S'il faut en croire Dubreuil, il y avait, en 1 007, deux églises a Septeuii.
Nous citerons ses paroles : « Duœ quidem exstant ecclesiœ Septuliœ,
sed una, quœ parrochialis fuit, nullo liodie est usui. Nova decedenle
circa annum Domini i5o7 (fratre GuiUelmo ïureau, priore de Septulio,
ibidem commorante, ut tune erat consuetudo priorum, ante reforma-
tionem S. Germani), incolœ, sua veteri parrochia derelicta, ad eam quœ
est prioratus, ut loco superiori et amœniori sitam, convolarunt, etnavi
constructa, ibi perpetuam divini obsequii sedem fixerunt. Dedicata est
autem hœc eclesia in honorem sancti Nicolai. » Ceci semble concorder
avec la notice composée par l'instituteur de Septeuil, où il observe que
l'église actuelle se compose du chœur de la chapelle du prieure,
auquel on ajouta une nef \ Les habitants préférèrent l'église des reli-
gieux à leur église paroissiale. Elle occupait un site plus agréable et
plus élevé".
Le 12 juin 1600, ils demandèrent aux Bénédictins d'y faire célébrer
une première messe les dimanches et jours de fêtes et d'y mettre un
prêtre à cet effet. Ils furent sans doute exaucés, car, le id décembre
i656, les rehgieux concédèrent 3 perches de terre pour bâtir un petit
logis au chapelain de Septeuil*.
Les Bénédictins donnaient 100 hvres chaque année au vicaire, et, en
agissant de la sorte, ils croyaient lui faire une gratification. Celui-ci
vint demander de lui constituer une portion congrue de 200 livres. Ils
lui répondirent qu'ils ne se croyaient pas tenus de lui établir une telle
rente. Néanmoins si ses revendications étaient bien fondées, ils promi-
rent de lui accorder ce qu'il désirait. Nous ignorons quel fut le résultat
des négociations, mais la déclaration de 1790 nous montre les religieux
de Saint-Germain-des-Prés payant annuellement 3oo livres au vicaire
de Septeuil (5 mars 1769)'.
Louis-Charles de Bourbon, comte d'Eu, laissa, par testament olo-
I. Arch. tint. LL. loa'i, p. 03.
a. Monoijraphic de Septeuil, K)00.
3. Bill. iKit.. iiis. l. 12838, p. lo'i.
/(. [d. ma. fr. lOBBO.
5. Chapitres conventuels. Bih. luit. ins. fr. iGSSg, p. 329.
70
graphe du 28 septembre 1778, une rente de 222 livres 4 sous 5 deniers
pour un service anniversaire, le i3 juillet de chaque année'.
Pendant la Révolution, l'église de Septeuil fut profanée. Des femmes
exaltées par les idées nouvelles y pénétrèrent et brisèrent plusieurs
statues de saints. L'une d'elles monta sur l'autel et se fît un plaisir de le
souiller.
Prieurs.
1490. Guilleaume Thureau.
1626. Estienne Roger.
Curés.
1557. Jean Renou.
i565. François Balsac.
i685. Auvray, décédé.
1680. Beaufîls, docteur, présenté.
1688. Toussaint.
1701. Corneillet.
1705. Pothon.
17 15. Louis Hervy.
I
45. Louis Leroy, décédé.
1745. Guilhain Lourdel (d'Arras).
1745. Godard, de Bayeux.
1773. Pierre Guille.
1784. Louis F. Neveu.
1790-3. Mathurin Lallier.
Vicaires.
i53o. Pohier.
1707. Mottet.
1765. Gervais Charles.
1773. Tostain.
1. Archives communales.
7ï
CHAUFOUR-LES-BO^NIÈRES^
Nous avons à parler incidemment d'un prieuré que l'abbaye de
Saint-Vandrille, canton de Caudebec, arrondissement d'Yvetot (Seine -
Inférieure), posséda pendant de longs siècles. A partir du XVIP siècle,
il fut détenu ou administré par des religieux de Saint-Germain-dcs-
Prés, sans doute en vertu d'un contrat que nous n'avons pu retrouver.
Si nous en faisons à grands traits l'historique, c'est uniquement pour
en connaître l'importance.
En 1 128, Hugues {Sancti Car avini, filins Hingranni) donna à l'abbaye
normande le tiers de la dîme de Chaufour\ Il est à présumer que les
Bénédictins de ce monastère possédaient déjà le patronage de l'église,
que Rainaud, évêque de Chartres, leur confirma après les papes
Innocent II et Eugène 111, en 1199'.
En 1243 (novembre), Richard et Robert Boisse vendirent à l'abbé de
Saint-Vandrille une tenure qu'ils avaient à Chaufort (Ghaufour),
comprenant une masure et 4 pièces de terres, pour le prix de 16
livres*. Au mois de janvier 1266, Siméon, Robert et Philippe de Valgon-
tard restituèrent au monastère de Saint-Vandrille la portion de champart
qu'ils avaient à Chaufour sur le fief dit de la Moitié. Ils agissaient ainsi
à l'instigation de leur père. Celui-ci leur avait avoué dans sa dernière
maladie qu'il jouissait injustement de ces biens '.
Le pape Clément IV confirma de nouveau aux religieux de Saint-
Vandrille tout ce qu'ils possédaient à Chaufour, comprenant terres,
dîmes, revenus, patronage de l'église locale et autres appartenances
(1267)^
Deux ans plus tard, Guy Mauvoisin passa un accord avec l'abbe de
Saint-Vandrille. Il fut convenu que le premier aurait la haute justice
1. Arrond. de Mantes, canton de Bonnicres.
2. Cartulaire de Saint-Vandrille.
3. M.
tt. Id.
5. Arch. nnt. L. 776. Saint-Vandrille au XVII' siècle, t. III.
6. Cartulaire de Saint-Vandrille.
sur la ville et le territoire de Chaufour et recevrait l'appel des hommes
dépendant des Bénédictins. Le prieur de Chaufour pouvait exercer le
droit de basse justice. Un conflit s'était élevé entre les contractants au
sujet d'abeilles vagabondes. Le seigneur du lieu les réclamait. Fina-
lement elles furent adjugées au prieur des Bénédictins, qui les avait
recueillies (1269, vendredi, fête de sainte Cécile) ^
Les religieux du monastère de Saint-Vandrille avaient aussi quelques
propriétés à Yernon (Eure). Ils y reçurent en don une masure près le
cimetière de Saint-Jacques, en iiG5, et 5 sols de rente sur une maison
près la porte de Bisy, en octobre i2i4'.
Le 25 juillet 1279, Jean de Pormoz confessa avoir reçu en fief de
l'abbé et des religieux de Saint-Vandrille un terrain à Vernon, à
raison de 100 sols par an, qu'il devait payer en deux termes à Noël et
Pâques. Il s'engagea à bâtir une maison en cette place et à herberger à
ses frais les Bénédictins de Saint-Vandrille toutes les fois qu'ils vou-
draient y séjourner..
Le prieuré de Chaufour percevait :
1° 60 sols de rente seigneuriale sur un fief, dit de Saint-Augustin et
de l'Assemblée, rente portant sur 20 arpents de terres et bois situés au
territoire de Gefosse (?).
2" 18 sols parisis sur une maison, où pendait pour enseigne le
Heaulme, en la ville de Vernon-sur-Seine, au bout de la halle aux
blés.
3" i5 sols sur une autre maison appartenant à Louis Yaudichon, en
la ville de Vernon.
4° 9 sols sur une autre maison sise au même lieu appartenant à
Jacques Boudin. Armand Ilangot, l'aîné, demeurant à Géfosse, possé-
dait la plupart de ces rentes seigneuriales, qui avaient été aliénées.
Pour éviter toute contestation future et prévenir les frais d'un procès,
il renonça à tous ses droits pour la somme de 80 hvres, que lui paya
Jean Vivian, rehgieux de Saint-Germain et titulaire du prieuré de
Chaufour (17 juin i65o).
Le 20 mai i65i, il transigea avec Charles Angot pour d'autres
parties du fief de Saint-Augustin, moyennant i5 hvres.
I. Cartulaire de Saint-Vandrille, t. III, p. i633.
a. Arch. nat. S. 2917.
- 73-
Les revenus du prieuré de Chaufour s'élevaient à 3oo livres en
i644'.
Dom Robert Audouarl, religieux profès de Saint-Germain-dcs-Prés,
fut pourvu du prieuré de Chaufour, en iCoi. Trois ans plus tard, il
demanda à être admis parmi les membres de la communauté de Saint-
Yandrille. Le prieur de ce dernier monastère refusa d'accéder à sa
requête, alléguant qu'il n'avait pas de ressources suffisantes pour l'entre-
tien de ce nouveau venu '.
Dom Pierre Cordier de l'abbaye de Fécamp succéda à Dom Âudouart,
en 1G89. 11 choisit Dom Sauvaige, procureur ds Saint-Germain-des-
Prés, pour administrer les biens de son prieuré'.
Le i^-- janvier 170/,, Dom André Olhvier, prêtre, religieux, cellérier
et procureur de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, les donna à bail,
au nom de Dom Cordier, pour le prix annuel de 65o livres \
Le 9 avril 1729, Frère Théodore de Modène, clerc torturé résidant à
Saint-Pierre de Corbie, délégua pour gérer les dépendances du prieuré
de Chaufour, dont il était devenu titulaire, Dom François Sauvaige,
prêtre de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, que lui-même avait jadis
habitée.
Ce dernier se fit un devoir de prendre possession de ce bénéfice, en
sa quahté de procureur. 11 se présenta à Chaufour, accompht les céré-
monies ordinaires, s'assit sur son siège prioral et sonna la cloche \
Le 14 juillet 1770, nous trouvons Dom Gabriel-Martial Baveyt ou
Bavay ^ religieux profès de Saint-Germain-des-Prés, pourvu du prieuré
de Chaufour. Le sieur Delbrouck, prêtre, curé de la paroisse, semble
avoir été chargé de veiller aux intérêts matériels du nouveau prieur \
Déjà, le 12 janvier 17G0, il avait pris à bail les dîmes relevant de ce
bénéfice pour le prix annuel de 35o livres, avec un pot de vin de
i5o livres. Il s'engageait, en outre, à faire des réparations convenables
1. Arch. nat. S. 2917.
2. Id. S. 2Ç)i4.
3. Id. L. 77O.
4. Id. S. 2(ji4-
5. Id. L. 77G. .
6. Nous n'avons pas remarqué ce nom dans les différentes listes des religieux de
Saint-Germain.
7. Arch. nat. S. 3917.
- 7^
au pressoir, réparations qui pouvaient se monter à 120 livres. Il deman-
dait au prieur de supprimer une ruelle, qui séparait ses deux jardins,
promettant de donner du terrain pour élargir celle qui passait au bout
et qui était beaucoup plus commode pour se rendre à l'église *.
Le domaine de Chaufour fut vendu comme bien national (mars 1791)
pour le prix de 28700 livres à Pierre de la Salle, bourgeois demeurant à
Paris, quai de la Mégisserie. Il comprenait une maison prieurale, avec
cour, jardin, circonstances et dépendances, le tout contenant 5o per-
ches. Plus 28 arpents, 10 perches de terres, en 6 pièces, et 5o perches,
en pâtis qui sont situés :
i" 3 arpents au lieu dit les petits Prez.
2° 7 arpents au lieu dit le Reu de Moraine.
3* 9 arpents au lieu dit la marre des Porcs.
4° 8 arpents au lieu dit la prée du Bois.
5° 4o perches au lieu dit la Tasse\
I. Bih. nat. ms. fr. 16859, P- i33.
a. Arrh. départ, de Versailles, domaines nationaux, district de Mantes, n° 45.
7-'
MANTES
Quelles étaient exactement les possessions de Saint-Gerraain-dcs-
Prés à Mantes? Nous ne le savons trop. Pour en avoir quelque idée,
nous produirons les rares documents qui concernent cette localité.
En mai 1 208, une lettre de Renaud, évèque de Chartres, nous apprend
que Manasser Mauvoisin, chevalier, a fondé pour lui et ses parents un
service anniversaire dans l'église de Saint-Germain-des-Prés, moyen-
nant 60 sols de rente annuelle à prendre sur les revenus qu'il avait
à Mantes '. Pierre Mauvoisin approuve et confirme la donation de son
frère aîné '.
La même année, Raoul Licoliers et Isabelle, sa femme, cèdent aux
Bénédictins, pour la somme de i5 livres parisis, une maison et tous les
droits qu'ils pouvaient avoir sur cet immeuble ^
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés possédaient à Alantes deux
maisons en la censive des Bénédictins de Fécamp. Ceux-ci permirent à
leurs confrères de Paris de conserver ces immeubles, à la condition
qu'ils en payeraient double sens (1218)*.
En 1224, Eude, abbé de Saint-Germain-des-Prés, eut un différend
avec Guérin de Montaigu, grand maître des chevaliers hospitaliers de
Jérusalem, à propos de deux maisons et d'une place situées à Mantes
dans la censive de ce dernier. L'affaire fut portée devant le pape Hono-
rius III, qui nomma pour juges : Guillaume Chapelain, doyen de
Chartres, et Jean de Pierrefort, chanoine de la même église. 11 fut
décidé que cette place et les demeurances appartiendraient à perpétuité
à l'abbé et aux religieux de Saint-Germain, à la condition qu'ils servi-
raient une rente annuelle de 20 sols de cens au commandeur de Char-
tres, et que le droit de justice serait réservé au grand maître '\
I. Arch. nat. L. 780.
a. M.
3. Id. L. 780 ; S. 2977.
/i. Id. L. 780 ; S. 3977.
5. Id. L. 780.
- tG
^
Au mois de février 1228, Pierre Guérin, prieur de la Sainte-Maison
de l'hôpital de Jérusalem, donna à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés
une petite maison située à Mantes, à la charge de lui en payer à lui et
à ses successeurs une rente annuelle d'un denier ^
Guillaume, abbé de Fécamp, et son couvent consentirent que les
Bénédictins de Saint-Germain possédassent une petite maison située à
Mantes, que Richard de Dammartin, leur sergent, leur avait donnée,
mais ils devaient payer pour ce fait, chaque année, deux deniers de
cens au prieuré de Saint-Georges de Mantes (janvier laSi)'.
Deux dénombrements de 1426 et de i5i7 viennent compléter la liste
des possessions de Saint-Germain, à Mantes :
Item, en la ville de Mantes, y a une masure assize sur la rue de la
Magdeleine suivant l'aveu de 1017, sur la rue de la porte de Rony,
suivant le dénombrement de 1426, en partie dans la censive des reli-
gieux de Fécamp, à cause du prieuré de Saint-Georges. De ce fief,
appelé l'hôtel des Tournelles, chargé de 3 sols parisis de cens, où
soulail^ avoir anciennement maison et greniers, relèvent les terrouers
delà Picquette, de la Corsinière, et de la Croix-Blanche. Item 20 sols
parisis de cens donné à Saint-Germain-des-Prés par Hugues de Guer-
ville. Go sols parisis de rente donnés par Manasser Mauvoisinen i2o8\
On prélevait sur les revenus de Mantes 20 sols parisis, pour l'anni-
versaire de Garnier de Mantes (?), fixé à la veille des calendes de juillet
ou le 3o juin*.
1. Arch. nat. L. 780.
2. M. L. 780.
3. Id. LL. io03, p. 7 ; S. agSG.
II. Id. LL. 1027.
ARRONDISSEMENT DE CORREIL
PARAY^
Paray, dont nous voulons parler ici, est un village situé à trois lieues,
au sud de Paris. Suivant Lebeuf. cette terre appartenait de temps immé-
morial à l'abbaye de Saint-Germain, mais il ne sait pas nous en dire la
provenance, ni nous expliquer d'une manière certaine l'étymologie de
ce nom. On nous permettra de mentionner les contrats relatifs à cette
localité, à mesure que le temps nous les présentera.
A la prière de Hugues d'Alliis, maître panetier de France, chevalier
et bailli du roi, Eude et le couvent de Saint-Germain baillent à rente
pour la somme de lo sols par an, à Guillaume Maugrin, une masure
située à Paray, à la condition qu'il n'en fera pas une forteresse pour
nuire au voisinage (juin I22/^)^
En 1233, les archives de l'abbaye marquent que Jean, comte de
Mâcon, et Alix, sa femme, seigneurs de Chilly, cédèrent aux religieux
le tensement ou le droit qu'ils avaient de prendre à Paray 44 setiers
d'avoine, 44 pains et 44 deniers parisis. Ils reçurent, en échange, une
maison située à Laas, près Saint-André-des- Vrcs, à Paris ; mais il fut
convenu qu'elle serait chargée de 1 2 deniers parisis de cens envers le
trésorier de Saint-Germain'.
Trois ans plus tard (février i236), Guérin, dit doyen de Yissous,
ot Marguerite, sa sœur, vendirent au monastère de Saint-Germain,
pour la somme de 6 livres i5 sols', une pièce de terre près le cimetière
de Wissous. Au mois de juillet 1239, les Bénédictins achetèrent de Gui
de Soisy, écuyer, et Aveline, sa femme, au prix de i45 livres, 20 setiers
mine de froment de rente, et 4i deniers à percevoir à Paray, près
I. Canton de Lonprjnnu'au (Scine-ct-Oise).
a. Id. L. 781 ; LL. 102:'), p. 209.
3. Id. L. 781.
/,. Id. L. 781 ; LL. loaC.
— 78
Wissous'. Au mois de novembre de la même année, Geoffroy d'Athis,
écuyer, abandonna au monastère de Saint-Germain 8 arpents de terre à
Paray, moyennant 52 livres parisis'. Jean et Pierre d'Orly délaissèrent
à l'abbaye de Saint-Germain un demi-arpent de vigne situé à Paray,
pour la somme de G livres et demie (décembre laoo)'. A la même
époque, Gilles du Four, Regnault et Robert, ses enfants, vendirent
aux religieux un arpent de vigne situé à Paray, moyennant i6 livres
parisis*.
En juin i25i, l'abbaye ayant acheté 6o sols parisis de rente sur des
maisons situées dans la censive de Montaterre% il fut réglé que le
pitancier du monastère jouirait de 6o sols de rente sur le tensement de
Paray, dépendant de l'office claustral de l'infirmier. A celui-ci on
donnait 6o sols de rente sur Montaterre".
Dans un acte daté du mois de septembre i253, Simon d'Ormeson,
chevalier, et Agnès, sa femme, Jean de Marolle, écuyer, et Eveline, son
épouse, reconnaissent avoir vendu à l'abbaye de Saint-Germain-des-
Prés, pour la somme de 8o livres, un muid de froment de rente, à
percevoir sur 12 arpents de terres labourables situés à Paray'.
En 1255, Thomas de Mauléon, abbé de Saint-Germain, décida que
les frais de son obit seraient prélevés sur la terre de Cachant et de
Paray'.
Jean de Livry, écuyer, fils de feu Renaud de Thiais, chevalier,
donna en pure aumône aux Bénédictins, pour compenser l'affecticn
qu'ils avaient eue pour lui et sa famille, la cinquiètne partie de 18 setiers
de froment de revenu annuel, ainsi que des menus cens sur 18 arpents
de terre à Paray, et la cinquième partie de 5 quartiers de vignes sis
à Thiais. 11 leur vendit le reste pour la somme de 200 livres tournois
(février 1257)'.
Le 7 mars i33o, par acte passé devant Jean Milon, garde de la pré-
1. Arch. nat. L. 780 ; LL. 1026.
2. Id. L. 781.
3. Id. L. 781 ; LL. 1026.
4. Id. L. 781; LL. 102G.
5. Montataire, canton de Creil (Oise).
0. D. Poirier, Bib. nat. ms. /r.2o8i6, p. 197.
7. Arch. nat. L. 781.
8. Gallia Chrisliana, VII, col. 45a, p. 277.
(j. Arch. nal. LL. 102G, p. 182. L. 781.
7'J
voté de Paris, les religieux de Saint-Germain baillèrent ù Henri le
Charpentier et Jeanne, son épouse, une masure, deux arpents et trois
quartiers de terre, situés au territoire de Paray. Ils devaient payer,
chaque année, trois mines de froment de rente'.
Nous citons ici textuellement un bail fait par les Bénédictins en
faveur de Jean iNloreau, à la date du 29 janvier 1478. 11 nous donnera
plusieurs noms de lieux qui nous feront mieux connaître le
hameau, objet de cette étude. C'est une énumération de diverses pièces
de terres.
1° 5 arpents de friches, sous les voies de Wuissous.
2" 4 arpents de terres, à la voie des Moullins.
3° !\ arpents de terres en friclw, voie de Louans.
4" 8 arpents de terre, à la grande Mare.
5" i5 arpents, au lieu dit la Gironde.
6" 9 arpents, aux Grandes-Vignes.
7" II arpents, aux Petites-Vignes.
8° 4 arpents 1/2, à la Croix-Blanche,
9" i4 arpents, au-dessus du cimetière.
10° 7 quartiers de terre, près la justice de Paray.
11° i3 arpents, au lieu dit la Longue-Raye.
12° 5 arpents, lieu dit le llaut-Puidismé.
iS" 7 arpents, au val de Paray.
i4° 6 arpents, proche le cimetière.
15° 4 arpents, au lieu dit la Noë.
16° 4 arpents, aux Grandes-Vignes.
17° 2 masures, en la grande rue de Paray ^.
Un dénombrement de 1621 nous fournit d'autres détails. 11 y a à
Paray, dit-il :
1° Grande maison manable, grange, bergerie, étables, jardin et
autres aisances et appartenances, avec auditoire, prisons, contenant le
tout deux arpents et demi. Cette maison ou hostel coûte beaucoup à
entretenir.
2° 3 arpents 1/2 de jardin, derrière la maison.
3° Une place où il y a un puits contenant un arpent et demi. Elle
n'est d'aucune valeur.
1. Arch. nal. L. 781.
2. Id. LL. 11/iG, p. i35.
— 8o —
U° 3oo arpents de terres labourables, valant la muids de grains.
5" 5o arpents de terres labourables, assis au terroir de Paray. Ils ne
sont d'aucun profit, car le curé les a, sa vie durant.
6" 7 arpents de pré, pouvant valoir G cliarretées de foin.
7" 3o livres de cens et rente foncière sur plusieurs maisons, masures,
terres.
8" Haute, moyenne et basse justice, avec officiers pour l'exercer.
Les appels se font devant le bailli de Saint-Germain.
9" Lods, ventes, saisines, amendes arbitraires et autres droits appar-
tenant à haut justicier ^
Les dénombrements de 1371 et de i38/j sont ainsi conçus :
i" Item à Paray, une maison avec toute justice haute, moyenne et
basse et ccvii arpents de terre comme de vigne, valant par an
XII muids de grain.
2° Item, la disme et champart de ladite ville puent valoir, montant et
descendant, environ xvi muys.
3" Item, XXV droictures puent valoir xv livres environ.
4° Item, la disme des agneaux qui peut valoir par an environ c sols
et la justice qui vault lxiiii sols^
La seigneurie et les terres de Paray étaient affermées 4ooo liAres en
1676 ; 38oo livres, en 1G90, et 36oo livres, en i-jxo^.
La déclaration de 1790 nous donne les revenus annuels delà terre de
Paray, qui appartenait à la mense abbatiale.
Paroisse de Fresnes
La seigneurie de Paray ayant haute, moyenne et basse justice; les
bâtiments de la ferme grands et en bon état :
7 arpents plantés en remise, à 24 livres l'arpent .
3 18 arpents de terres labourables
Cens, environ
Rente foncière
Lods et vente, environ
Dixmes de Paray
Total
i68'
8
.000'
3o'
24'
4oo^
I
800'
10
422'
1. Arch. nal. S. 21)76.
a. Id. L. 7G0, n° 2g.
3. Id. L. 2935.
8i
V
L'abbé de Saint-Germain devait au procureur fiscal de Paray
25 livres.
Le fermier devait au curé de Paray 2 muids de froment : 100 livres'.
Les biens que les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient à Para
furent vendus comme nationaux, le 29 mars 1791.
La ferme, avec tous les bâtiments en dépendant, avec 822 arpents de
terres labourables au territoire de Paray, 3 arpents de terre à Mons- et
24 livres de rente foncière dues par le sieur Maugère, fut adjugée
moyennant 349.200 livres à Thomas-Simon Bérard, administrateur de
de la compagnie des Indes, demeurant à Paris, rue Grammont'.
Seigneurie temporelle
Vers II 54, Etienne de Macy intenta un procès aux religieux de
Saint-Germain, à propos de certains droits qu'il prétendait avoir à
Paray. Ce seigneur se rendit à l'audience, accompagné de deux témoins
qui devaient attester le bien fondé de ses réclamations. Le sieur Ingil-
bert d'Antoni s'éleva avec force contre Etienne de Macy et Pinjustice
qu'il commettait. 11 proposa de trancher cette affaire en recourant au
duel. Etienne, n'osant pas accepter le défi, montra qu'il n'avait pas
confiance dans la bonté de sa cause. Les juges le firent saisir et l'en-
voyèrent prisonnier au Châtelet. Ainsi prit fin un litige que rien ne
justifiait*.
C'est peut-être à cette époque que remonte le règlement de laviguerie
de Paray. Les viguiers n'avaient aucun droit dans le village ; ils ne
pouvaient s'y faire héberger. En dehors et dans les environs, ils
devaient payer à prix d'argent l'hospitalité qu'ils recevaient et la nour-
riture qu'ils demandaient. S'ils ne satisfaisaient dans l'espace de huit
jours, ils n'avaient plus de crédit auprès de personne. 11 leur était
défendu de commettre larcin ou rapine. L'abbé de Saint-Germain-
des-Prés avait toute liberté de fixer, de déterminer les limites dans
I. Arch. nat. S. 2808.
a. Mons, commune d'Athis-Mons (Seine-et-Oise).
3. Registre de la vente des biens nationaux, district de Versailles, n" C3 (Versailles)
Archives départementales.
4. BoLiLLART, Histoire de Saint-Germain-des-Prés, pièces justif. LU.
6.
— 82 —
retendue de sa terre ; il n'était obligé d'appeler les viguiers que lors-
qu'il s'agissait de \oies droites. Les habitants de Paray payaient leur
droit de sauvcment à la saint Barthélémy. Ce jour-là, le serviteur du
viguier venait le percevoir et employait la mine de l'endroit. Si un
habitant de la campagne refusait de payer, le viguier en appelait au
maire de Saint-Germain, qui lui faisait rendre justice au plus tôt sur ce
que le débiteur possédait en terres et vignes '.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés étaient soucieux d'étendre
leiu- juridiction. Ils profitaient de toutes les circonstances qui leur
permettaient de le faire. En 1202, Robert, seigneur de Dreux et de
Bril, et Yolande, son épouse, leur vendirent, pour la somme de 120
livres parisis, la voirie de Paray et tous les droits qu'ils avaient sur la
terre de Rungy'"\
L'année 12Ô0, une ère nouvelle commença pour les habitants de
Paray. Sur leurs instantes prières, l'abbé de Saint-Germain consentit
à les aflrancliir. Moyennant la somme de 80 livres, il leur fit remise de
la taille à ])laisir, qu'il levait chaque année et qui était connue sous le
nom d'audiences. Toutefois, il se réserva de l'exiger lorsque le roi impo-
serait des subsides. 11 conserva aussi ses droits de seigneur et de haut
justicier, avec plusieurs servitudes qui furent spécifiées et que nous
allons énumérer :
1° Les habitants qui avaient une mesure contenant un arpent devaient
payer 6 deniers de cens, à la saint Rémi, 3 sols de tensement, à la saint
Barthélemi, et, le lendemain deJNoël, un setier d'avoine, deux chapons,
trois oboles, et un pain dit pain de saint Etienne. 11 y avait exception
pour un sieur nommé Jean Lelong : il était tenu annuellememt à
10 deniers de cens pour toute contribution.
2° Lorsque les religieux le demandaient, ils étaient obligés de con-
duire de Paray à l'abbaye Saint-Germain un muid de blé soit avec des
voitures, soit avec des bêtes de somme. Tout homme qui conduisait
une charrette recevait, dans la grange de Paray, une gerbe de vesce,
et, au monastère de Saint-Germain, un pain blanc et un pain noir avec
im quartier de vin. Cekii qui conduisait une bête de somme recevait du
vin et un pain blanc.
1. Arch. nat. LL. 1026, p. i3i.
2. Id. L. 781.
3. Ilungis, canton de Villejuif, Seine.
— 83
3" Les habitants de Paray qui possédaient une charrue se voyaient
astreints à 4 jours de corvées, c'est-à-dire à 2 journées pour chaque
labour.
4" Soumis à la banalité, ils payaient par niuid de vin 2 seliers de
mère-goutte et le tiers du pressurage.
5" Ils ne pouvaient aliéner de tenure, ni établir de commune, sans le
consentement du prieur de Thiais.
6" Lorsqu'ils en étaient requis, ils devaient repous>^er les attaques
dirigées contre la personne ou les biens de leurs seigneurs.
7° A Paray, on établissait aussi chaque année de bons et fidèles
gardiens pour veiller sur les blés et sur les vignes '.
Une contestation s'éleva entre les religieux de Saint-Germain et
le sieur Pierre Brulart. Celui-ci i)0ssédait une pièce de terre de 4
arpents et 1/2 entre Paray et Wissous. 11 soutenait contre les Béné-
dictins qu'elle ne se trouvait pas dans leur censive et qu'elle était
exempte de tout droit envers eux. Des lettres royaux lui donnèrent
raison (5 avril i524) '•
Un domaine, qui portait le nom de Malabry, se trouvait situé dans la
censive de la mense abbatiale de Saint-Germain-des-Prés. Messire Nicolas
Lejay, premier président du Parlement de Paris, qui avait acquis cette
terre, la fit ériger en fief par monsieur le duc de Verneuil, alors abbé
commendataire du célèbre monastère bénédictin. Elle comprenait une
maison, un jardin et un clos, le tout contenant 100 arpents. 11 avait la
l'acuité de faire bâtir un château avec des fossés et de joindre à sa
propriété deux: cents arpents de terre. Le premier président, Lejay,
et ses successeurs, étaient tenus de rendre foi et hommage aux reli-
gieux de Saint-Germain, mais ils ne devaient payer pour les droits
de mutation que 2 paons ou paonnesses, et de plus ils se voyaient
exemptés de toutes redevances censuelles. Le duc de Verneuil accorda
encore d'au lies privilèges à Nicolas Lejay. 11 Ini concéda moyenne et
basse justice dans son domaine, un droit de chasse dans l'étendue de
Paray, un banc dans l'église, des droits honorifiques après les seigneurs
de l'endroit, comme la préséance à l'offrande et dans les processions,
la présentation du pain bénil, un caveau spécial pour la sépulture.
1. Arrh. nol. T.L. loaT), p. 200.
2. Id. S. 2(j35.
- 84
Enfin, pour décorer le nouveau fief, il l'autorisa à planter des ormes
sur les routes de Paray à Villeneuve-le-Roi et à Mons, à établir des
avenues dans d'autres lieux de son territoire, et à percevoir les fruits
proAenant des arbres. Ces faveurs ne furent point contestées au premier
président du Parlement de Paris. Son héritier, Alexandre-Guillaume
Lejay, abbé commendataire de Cherbourg et seigneur de Saintry près
Corbeil, en jouit aussi longtemps sans être troublé. Enfin, les fermiers
de la seigneurie de Paray prétendirent avoir le droit de cueillir les noix
que les noyers produisaient, de faire émonder les ormes pour profiter
des branches. Messire Alexandre Lejay leur intenta un procès et les fit
condamner, le lo décembre i683, à lui payer la somme de 1200 livres
pour tous les préjudices qu'ils lui avaient causés dans l'espace de 12
années. Les fermiers, Boucher et sa femme, n'approuvèrent point cette
sentence et formulèrent un appel devant une juridiction supérieure.
Le sieur Pellisson intervint et porta l'affaire devant le grand conseil. 11
demandait qu'on annulât les concessions excessives qu'avait faites le
duc de Verneuil. On transigea. Messire Lejay renonça aux privilèges
de moyenne et basse justice, de chasse, et de droits honori-
fiques à l'église. Son fief demeurait déchargé de toutes rede-
vances pour le passé ; mais, à l'avenir, il devait payer les lods
et ventes et les autres coutumes. Le duc de Verneuil ne pouvait,
disait-on, l'aborner à deux oiseaux de nulle valeur, ni démembrer la
justice qui appartenait à l'abbaye. 11 fut reconnu que le prélat des Béné-
dictins de Saint-Germain, comme haut justicier de Paray, possédait
seul les arbres qui se trouvaient sur les routes. Cependant on permit à
Alexandre Lejay d'en couper deux cinquantes pieds ; c'était un dédom-
magement qu'on lui offrait *.
Seigneurie spirituelle
Nous connaissons peu de chose de l'église de Paray. Nous savons
seulement qu'elle était sous l'invocation de saint Vincent, martyr d'Es-
pagne, et que l'évèque de Sebastianople (?) en fit la dédicace, en 16/49.
L'abbé Lebeuf nous en donne une brève description et nous la repré-
I. Arch. nat. S. 3906.
— 85 —
sente comme petite et proportionnée au nombre des habitants. Suivant
le même auteur, l'architecture gothique du chœur semblait indiquer
qu'il avait été construit au XlIP siècle. Dès cette époque, l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés avait le droit de présentation à cette cure.
S'il faut en croire les chroniques des temps anciens, les pasteurs de cette
localité ne vécurent pas toujours en bonne intelligence avec les habi-
tants. L'un d'eux, paraît-il, exigeait des redevances extraordinaires :
il demandait à chaque paroissien deux setiers de froment, deux setiers
d'orge et deux setiers de fèves par an. Yve, abbé de Saint-Denis, fut
délégué parle pape Alexandre III pour examiner cette affaire. Il débouta
le curé de ses prétentions exorbitantes et mit fin à cette querelle.
Ceci se passait au XIP siècle'.
En 1228, Guillaume de Paray, chevalier, donna au curé de l'endroit
7 arpents de terre, qu'il tenait à champart de l'abbaye de Saint-
Germain. Il y mettait pour condition que celui-ci aurait pendant le
carême un chapelain, chargé de célébrer tous les jours la messe à
l'heure de prime"'.
La cure de Paray possédait quelques rentes ; car nous voyons, le
23novembre 1587, le titulaire affermer 36 arpents de terres labourables,
qui lui appartenaient, pour le prix annuel de 26 setiers de blé \
On prélevait sur les revenus de Paray :
1° Pour l'anniversaire de Simon, abbé de Saint-Germain-des-Prés,
fixé au 3i mai ou II des calendes de juin, 20 setiers de froment, 3 sols
et 5 deniers de cens.
2° Pour l'anniversaire de Thomas de Mauléon, abbé du même
monastère, fixé au 4 octobre ou au IV des nones d'octobre, un muid
de froment et deux sols parisis, payables à la saint Martin d'hiver*. »
1. Arch.nat. LL. loai, p. 72; LL. 1026.
2. Id. L. 781.
3. Id. S. 2935.
4. Id. LL. 1027.
86 —
MASSY
Massy, qui semble être désigné dans la charte de 1027 sous le nom
de villa Mulnels et qui par conséquent faisait partie à cette époque du
domaine des religieux de Saint-Germain, avait été dans la suite, soit
par suite d'usurpations, soit par lei"ait d'aliénation, érigé en fief. Nous
avons rapporté dans notre étude sur Antony les démêlés longs et
violents qui existèrent entre les moines et les seigneurs de Massy et
l'accord qui vint y mettre un terme.
Néanmoins Massy relevait toujours jusqu'au XIY* siècle de la
seigneurie de l'abbaye de Saint-Germain. En 1248, les habitants de
Massy et de son écart d'Eau morte (aqiiœ mortase) (Igny) étaient
compris dans l'affranchissement octroyé par l'abbé Thomas de Mauléon
à ceux d'Antony et de Verrières. En i358, nous trouvons un aveu rendu
à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés par Jean, sire de Macy, pour toutes
les possessions de Macy*.
Nous lisons dans le dénombrement de i384 :
1° Messire Pierre de Yilli tient (de l'abbé) un fief à Macy et environs,
cens, rentes, avaines, hostises, qui puet valoir environ xxnu livres.
(L. 760, n° 29, et Saint-Germain auXIV siècle, p. 36.)
Dans la suite, nous retrouvons cette localité relevant pour le spirituel
et pour le temporel de la seigneurie des évêques de Paris. Pourtant une
partie de ce territoire faisait partie de la censive de l'abbaye et notam-
ment le clos de Massy, où la plupart des habitants avaient leurs vignes,
ce qui amena de nombreuses difficultés pour le paiement des droits de
pressurage. En 1782, le religieux transigèrent avec les habitants de
Massy et remplacèrent pour leurs vignes du Clos le droit de pressurage
par une redevance annuelle de i5 sols par arpent-.
I. Arch. nat. L. 75/1, n° ai.
3. Id. L. 77G.
-87
WISSOUS
Cette dépendance d'Antony, que nous voyons figurer dans la charte
de 1029 sous le nom de Villa Oliosi et que des documents postérieurs
désignent sous le nom de Hait Solz, fut érigée en paroisse séparée à
une époque que nous ne pouvons préciser. Les évêques de Paris étaient
seigneurs temporels et spirituels de la ville et de la majeure partie du
territoire ; le reste de ce territoire relevait de la seigneurie des
abbés de Saint-Germain. La juxtaposition de ces autorités voisines
et ordinairement rivales produisit entre elles des contrats, des discus-
sions, des procès et des transactions, qui forment le fond de cette loca-
lité dans les archives de Saint-Germain. Au X1II« siècle, les unions
entre les serfs des deux seigneuries nous permettent d'assister à l'exer-
cice de ce droit de formariage que les religieux aboHrent à cette époque
dans la seigneurie. En 1281, des lettres de l'évêque de Paris notifient
qu'il accordait « à sa femme de corps, iMellisande, fille de Maugrin de
(( Wissous », la permission de se marier u avec Noël Marlin, homme de
« corps de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés «, à condition que la
moitié des enfants à naître de ce mariage appartiendrait à l'Eglise de
Paris, et l'autre moitié, à l'abbaye de Saint-Germain; que si ledit Noël
mourait sans enfants, ses biens meubles et immeubles appartiendraient
à l'église de Saint-Germain ; que si, au contraire, ladite Mellisande mou-
rait sans postérité, ses biens devaient revenir à l'évêque; si enfin,
pendant le mariage, les deux époux venaient à acquérir des domaines
soit dans le territoire de l'abbaye, soit dans celui de l'évêché, l'évêque
ou l'abbé sera tenu de s'en dessaisir au profit de l'autre, un an après la
mort des conjoints*. Nous trouvons plusieurs transactions analogues,
conclues entre les évêques et les abbés pour le même objet.
Mais dans la suite les actes que nous fournissent les archives revêtent
un caractère moins pacifique. Les débats portaient en général sur le
droit de pressurage, auquel les religieux de Saint-Germain voulaient
I. Arcli. nat. L. 8of).
88 —
astreindre leurs vassaux de Wissous, en les obligeant à aller porter leurs
vendanges aux pressoirs banaux d'Antony. Or ceux-ci prétendaient
jouir sous ce rapport des immunités concédées aux habitants du reste
de ce territoire et avoir leurs pressoirs particuliers. Ce fut la source de
longues et parfois violentes discussions, qui se renouvelaient sans cesse
et qui ne se terminèrent qu'à la fin du XYllP siècle. Nous trouvons
dans le Cartulaire d'Antony un acte de i33i, portant convention pour
ajourner, devant la cour du Prévôt des Marchands, Guillaume Baudran
et Pierre Dautène, « marguillier de la paroisse de Huit Solz », qui
avaient employé l'argent de la fabrique de ladite église à armer environ
cinq cents hommes, pour aller, enseignes déployées, empêcher les
religieux de Saint-Germain de prélever le droit de pressurage. Les
meneurs de la révolte furent condamnés à être battus de verges et à la
confiscation de leurs biens au profit du Roi. Le procureur général
ayant appelé a minima de cette sentence, nous ignorons le dénouement
de cette affaire'.
En i53i, une requête fut présentée par le procureur fiscal d'Antony,
« exposant que, malgré les défenses faites par le bailli de Paris et par
« les officiers de la Prévôté d'Antony aux messiers^ du village de
(( Wissous de se transporter sur aucune pièce de vigne du territoire
« d'Antony, portant piques, cornets et autres bastons, pour faire
(( aucune garde des dites vignes, ni aucun exploit », les deux messiers
de la présente année étaient venus avec les insignes de leurs fonctions
sur le territoire d'Antony, où ils avaient été appréhendés au corps par
les gens de la Prévôté. Le juge déclare confisqués, au profit de l'abbé et
des religieux, les piques, cornets, sifïlets des deux délinquants, à qui
défense est faite, sous de graves peines, de recommencer leur entre-
prise\
Dans la suite, les religieux durent aller fréquemment demander aux
tribunaux le maintien de leurs droits contre l'insubordination de leurs
vassaux de Wissous. En i535 une sentence du Châtelet de Paris con-
damna plusieurs habitants de Wissous, qui prétendaient « que, ce
« territoire étant hors de la juridiction de Saint-Germain-des-Prés, ils
1. Enjalvix, I, p. II.
2. Garde des moissons.
3. Enjalvin, I, p. 10.
Sy
« pouvoient avoir et avoient en leurs maisons des pressoirs esquels ils
y amenoient chacun an les fruits et vendanges qu'ils cueilloient en
« leurs vignes'. » Après avoir appelé de cette sentence au Parlement
qui la confirma, les habitants de AVissous durent se soumettre; mais
pour se délivrer d'une servitude qui leur était odieuse, ils entrèrent en
négociation avec les religieux de Saint-Germain, et, par un accord
conclu en i538, ils s'engagèrent à payer une redevance annuelle de
20 sols par arpent pour avoir le droit de pressurer où ils voudraient,
« jusqu'à ce qu'on eût construit un ou plusieurs pressoirs proche le
pont d'Antony^ ».
Mais cet accord, qui avait un caractère transitoire, ne mit pas fin à
cette interminable lutte. A la fm du XVIIP siècle, nous retrouvons les
religieux, qui, par suite sans doute de la construction d'un nouveau
pressoir bannier, étaient rentrés dans la plénitude de leurs droits,
réclamant le paiement des arrérages dus pour les dîmes et le pres-
surage par les habitants de Wissous et ceux-ci s'y refusant. Le procès
était déjà engagé, lorsque les partis recoururent à la voie de la conci-
liation. Par une transaction conclue le 9 octobre 1782, les religieux
consentirent à supporter la moitié des frais du procès et à faire l'abandon
définitif de leur droit de pressurage, moyennant un droit annuel
d'abonnement de l\o sols par arpent que les habitants s'engagèrent à
payer à leurs seigneurs.
D'après les baux à ferme, nous voyons que le domaine que possédait
l'abbaye dans le territoire de Wissous comprenait 11 arpents. En 1790,
les revenus que retirait la mense conventuelle de ses terres de Wissous
se montaient annuellement à 286 livres. Les religieux y possédaient
1 1 arpents 3 quartiers 1/2 de prés loués à Pierre Dupressoir ^.
I. Arch. nat. LL. 10/17, ^o^- 7^-
a. BouiLLART, ouv. cUé, p. 184.
3. Arch. nat. S. 2858: Bibl. nat. ms. fr. 208C8, p. 32.
<)0
ÉPINAY-SUR-ORGE OU LE RREEIL'
A quatre lieues de Paris, dans la chàtellenie royale de Monthléry,
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait une vaste étendue de ter-
ritoire, qui comprenait plusieurs villes, des églises, des châteaux avec
leurs droits seigneuriaux, et qui fournissait des ressources considérables
pour l'entretien des moines. Le centre principal de popiilation était
la ville d'Epinay, située entre les rivières d'Orge et d'Yvette.
A quelle époque et par qui fut faite cette importante donation au
monastère de Saint-Germain? C'est une question que ses riches archives
laissent sans réponse. Ni les chartes royales, conservées ou restituées
avec un soin si vigilant, ni les cartulaires des siècles suivants
ne mentionnent la donation de la ville de Spinogilium et de ses
dépendances. Des documents postérieurs nous apprennent qu'au
commencement du IX*" siècle l'abbaye était en paisible possession
d'Epinay et nous montrent la composition et l'étendue de son territoire.
Cette lacune dans le chartrier de Saint-Germain ne fait que confirmer
nos conclusions sur la disparition ou l'altération de beaucoup des
titres primitifs dans les pillages de l'abbaye par les Normands et sur la
restitution de plusieurs d'entre eux par des moines du XP siècle, qui
s'efforçaient de reproduire sur leurs parchemins ce qu'ils pouvaient
déchiffrer sur les lambeaux de papyrus qui étaient parvenus jusqu'à
eux. En faisant cette œuvre, dont on peut et dont on doit contester le
principe au point de vue de l'érudition, mais qui nous a conservé des
indications précieuses pour l'histoire, les moines obéissaient moins à
la préoccupation d'orner leurs archives de documents glorieux pour le
prestige de l'abbaye, qu'à celle de se procurer des armes pour la
défense de leurs droits quand ils étaient menacés par de puissants com-
pétiteurs. Dans le cas présent, Epinay se trouvait dans le ressort
de la chàtellenie de Monthléry, et les religieux, ne voyant dans les
environs que les olïîciers royaux qui semblaient plus disposés à les
I. M. l'abbc Gcnty, curé d'Epinay, a public en 1898 une étude intitulée Epinay-
sur-Orge du VIII' au XIX' siècle. De ce travail consciencieux, érudit et complet, nous
n'avons eu qu'à faire l'analyse en remerciant l'auteur de nous avoir ainsi singuliè-
remenl facilité la besogne.
— 0^
protéger qu'à les opprimer, ne se crurent pas sans doute obligés de
recourir à leur industrie pour combler une perte, qui ne leur semblait
pas devoir entraîner de fâcheuses conséquences pour eux.
Toujours est-il que le plus ancien document qui nous parle d'Epinay
dans les archives de Saint-Germain est le Polyptyque d'irminon, abbé de
Saint-Germain dans les premières années du LV siècle; ce document,
si important pour l'histoire de l'abbaye et pour la géographie carlo-
vingienne, nous donne les indications les plus précises sur l'étendue des
possessions de Saint-Germain dans cette région, sur le nombre et les
diverses conditions de leurs vassaux et sur les redevances qu'ils
payaient aux religieux. On y voit que l'abbaye possédait à Epinay une
demeure seigneuriale avec ses dépendances et ses droits, à laquelle était
attachée une terre arable de six coutures ou de i5o bonniers, compor-
tant 2 5o muids de semence; 100 arpents de vigne pouvant produire
85o muids de vin ; une forêt d'une lieue et demie de tour où l'on
pouvait nourrir 200 porcs, et enfin un moulin rapportant annuellement
une censé de 60 muids de grains. Au devant du château s'élevait
l'église construite avec soin et pourvue de tous les ornements néces-
saires au culte divin : dont dépendaient 4 bonniers de terre arable,
7 arpents et demi de vignes et 3 de prés, plus 2 maisons avec leurs
terres, leurs vignes et leurs prés. Tout à l'entour s'élevaient les maisons
des habitants d'Epinay; 82 d'entre elles étaient ingénuiles, c'est-à-dire
possédées par des hommes libres de race, colons et vassaux de Saint-
Germain, à qui ils devaient, pour droit de paisson, 3 muids de vin la
première année, un mouton la seconde, 2 sols 3 deniers la troisième,
et ainsi de suite ; pour le droit d'usage dans la forêt, 4 deniers et
100 bardeaux par an; de plus, le labour d'un arpent de vignes et de
2" perches de terres arables, et les autres corvées, manœuvres et char-
rois à la réquisition des seigneurs ; 6 maisons serviles ou tenues par
des serfs, et enfin 9 hospices, c'est-à-dire, maisons, louées à des étrangers
au pays. En résumé, les Sa manses ingénuiles rapportaient à l'abbaye
comme redevances 68 sols, tous les trois ans, 18 moutons ou 1 3 brebis,
10 sols pour les droits d'usage dans la forêt, 68 muids de vin,
3ooo bardeaux, 96 poulets et autant d'œufs; les 1 1 manses serviles
payaient de redevance annuelle pour la paisson 18 muids et demi de
vin, 23 poulets et autant d'œufs ; des neuf hospices l'abbaye retirait
annuellement 4 muids de vin, 17 poulets et autant d'œufs et 3 deniers.
93 -
En faisant la somme des terres, vignes, prés et bois possédés soit par
les tenanciers colons, serfs ou hôtes, soit par ceux de la terre seigneu-
riale et par ceux de l'église, on trouve que l'abbaye de Saint-Germain
possédait au IX" siècle, à Epinay, 443 bonniers et 20 ansanges de terres
labourables, 210 arpents et demi de vignes, 127 arpents de prés et un
bois d'une lieue et demie de tour, soit, d'après nos mesures modernes,
près de mille hectares, étendue de territoire qui, d'après la remarque
très juste de M. l'abbé Genty, est plus du double de celle de la commune
actuelle d'Epinay.
Epinay figure parmi les biens que l'abbaye possédait aux environs de
Paris dans les chartes de confirmation concédées par Louis le Débon-
naire, en 829, et par Charles le Chauve, en 872. L'abbé Hilduin, ayant
voulu assurer l'entretien des moines et les mettre à l'abri des négli-
gences ou des rapacités possibles de ses successeurs, constitua la
mense conventuelle, à laquelle il assigna sur les produits des terres de
l'abbaye des redevances en nature suffisantes pour la nourriture de
120 moines; pour le vestiaire et les autres nécessités de la communauté
et de l'infirmerie, Hilduin affecta à la mense conventuelle un certain
nombre de dépendances de l'abbaye, parmi lesquelles figure Epinay. Ce
furent ces dispositions qu'à la requête de son cher conseiller et ami
Hilduin, Louis le Débonnaire confirma par sa charte de 829.
A part ces quelques documents échappés aux désastres de cette
époque, nous n'avons aucun indice sur les destinées de cette dépen-
dance de Saint-Germain pendant la lamentable période 011, pour se
protéger contre les invasions normandes, l'abbaye s'était placée sous
l'autorité de hauts barons féodaux qui avaient remplacé la crosse par
l'épée et ne songeaient qu'à transformer les liens ecclésiastiques en
sources de revenus pour eux et en héritages pour leurs familles. Quand,
au XIII* siècle, les archives nous fournissent des chartes relatives à
Epinay, nous voyons que la plus grande partie du territoire, dont le
Polyptyque d'Irminon nous donnait l'étendue et les ressources, avait
été inféodée ou aliénée en faveur des familles féodales de la contrée. Le
moulin, qui, en 811, rapportait 60 muids de blé, était passé sous la
suzeraineté de Garin de Guilleville, qui était devenu également seigneur
du Perray et n'était tenu à rendre aux moines qu'un simple hommage.
Thomas de Châtres possédait dans les mêmes conditions le village de
Villiers. Simon de Vaugrigneux et Jean de Frêne avaient à Epinay la
- 0^ -
dîme du vin et du blé, etc., etc. De sorte que les possessions que Saint-
Germain avait conservées à Epinay se réduisaient au château seigneurial,
à l'église, aux prés de la Vallée, à quelques terres avec les droits de
justice et de seigneurie. Après que cette lamentable période fut
terminée, les abbés réguliers, qui succédèrent aux abbés laïques,
se mirent activement à la tâche pour arrêter et réparer le mal, et
reconquérir les biens précédemment aliénés. Une charte intéressante
du milieu du XII" siècle nous permet d'assister à une de ces acquisi-
tions faites dans des conditions tout à fait spéciales. Dans ce document
relatif à la fondation d'un anniversaire pour le moine Reinart, l'abbé
Geoffroy expose les motifs qui l'ont déterminée. Ces motifs étaient
la reconnaissance inspirée à l'égard de ce religieux par les services
rendus à la communauté et l'accroissement de ses biens. Un chevalier
du voisinage, Godefroid de Saulx, avait donné à sa sœur, en
la mariant, le fief qu'il tenait des religieux au Breuil et à Epinay ;
mais, pressée par la modicité de ses ressources personnelles,
cette dernière demanda à son frère l'autorisation de mettre ce fief
en vente. Se conformant aux usages féodaux, le frère et la sœur se
présentèrent devant leur seigneur, qui était alors l'abbé Hugues IV,
pour lui offrir l'acquisition du fief. Arrêté par la pénurie du trésor
abbatial, l'abbé Hugues dut refuser cette proposition, lorsque le frère
Reinart, « craignant de voir passer en des mains étrangères celte
u ancienne possession de l'abbaye, pressé par les instances de l'abbé
« Hugues et de tous les moines », se rendit acquéreur pour lo livres
d'écus parisis de ce fief, qu'il donna, libre de toutes charges, au
monastère de Saint-Germain, en s'en réservant l'usufruit. Le moine
Foulquier, qui avait affermé le domaine du Breuil, se chargea de payer
la redevance de 20 sols due au monastère pour le fief en question.
Après la mort de l'abbé Hugues, son successeur, l'abbé Joffroy, affecta
ces 20 sols de rente à la fondation d'un anniversaire pour le frère
Reinart : on devait célébrer solennellement son service au jour anni-
versaire de sa mort et donner ce jour-là aux religieux une bonne pitance
de poissons. L'abbé Joffroy plaçait sa fondation sous la garantie
d'excommunications, portées par lui et par tous ses frères prêtres contre
les violateurs de ces dispositions ^
I. Arch. liât. L. 7G5, n° 10 1.
-94
Dans la suite, le moine Reinart fut investi de la charge de Prévôt de
Saint-Gormain, et nous le voyons figurer en cette qualité dans des procès,
soutenus devant la juridiction royale contre les usurpations de certains
seigncius delà contrée. Eu 1270, la seigneurie du Breuil devait payer
45 sols parisis de rente annuelle pour la célébration de cet anniversaire,
qui, cent ans auparavant, avait été fixé à 20 sols'.
Dès le commencement du XIll"' siècle, de nombreuses donations
vinrent restituer en partie les biens que l'abbaye avait perdus dans cette
région pendant la période précédente. En 1200, Geoffroy Curial,
chevalier de Senlis, gentilhomme de la Chambre du Roi, donnait à
l'abbaye de Saint-Germain la moitié de la grange du Breuil en pure
aumône et lui vendait le reste au prix de 43 1 livres parisis. Quelques
mois après (3i octobre 1200), le Roi confirma la donation et la vente
que son chambellan venait de faire aux religieux".
En i209, des lettres de Pierre, évoque de Paris, munies de son sceau,
notifient qu'en sa présence le chevalier Tierry de Droison avait donné
à l'église de Saint-Germain la cinquième partie des dîmes d'Epinay, de
Savigny et du Breuil et lui avait vendu le reste pour 27 livres parisis'.
Celle même année, une noble dame Anne dea Brel donna en aumône
aux religieux G mines de blé à prendre sur le fief du Breuil, avec
l'assentiment de Ricard, maire de Morenci, qui possédait ce fief, et
d'Adam Choisel, duquel il relevait*.
En 1211, ^^"ilhelm de Guillerville consent, en qualité de seigneur
féodal, à la donation faite en aumône à l'église de Saint-Germain par
Pierre, fils d'Ansold de Villiers, de la 5*^ partie de la moitié du moulin
du Breuil et de la vente du reste de cette même moitié, au prix de
160 livres parisis. Le seul droit que se réservait le donateur, pour lui,
sa famille et ses vassaux de Villiers, était un tour privilégié, cjuand ils
viendraient pour moudre leurs grains. Cette charte est munie du scel et
du conlrescel du sire de Guillerville'.
En 1222, Renaud, maire du Breuil, et Aalis, son épouse, vendirent
1. Arch. util. LL. 1 102.
2. I<l. LTj. 102G. Cart., abbé Guill., n" i2r). — Bolillart, Delisle, Philippc-
Aiig-uslc, Arles, 11° .ï(jG.
3. /'/. L. 7C.5, n" .'|5.
^1. /(/. L. 7(ir), 11" 'l'i.
5. /(/. L. 70.'), Il" i5.
— ()0 —
au monastère de Saint-Germain les droits qu'ils avaient au Breuil sui
les dîmes du blé et du vin.
Encouragé par les accroissements multiples et importants du
domaine du Breuil, l'abbé Simon résolut d'y transporter le centre de
leur donation dans la contrée ; il fit, en conséquence, bâtir somptueu-
sement une seconde seigneurie dans les environs de la grange du Breuil.
Celte construction est mentionnée dans son épitaphe, parmi les œuvres
qui illustrèrent son abbatial.
A partir de celte époque, les donations diminuèrent et finirent par
cesser complètement, soit que la dévotion des fidèles lût moins vive
que par le passé, soit qu'elle se portât de préférence vers d'autres
établissements religieux plus dépourvus de ressources et répondant
plus spécialement aux besoins de celte période. Les archives ne nous
font assister qu'aux luttes et aux procès qu'eurent à soutenir les
religieux pour le maintien de leurs droits et de leurs prérogatives
contre des prétentions rivales. Parmi les affaires que mentionnent les
registres de la justice du Breuil, nous nous contenterons de signaler la
condamnation, par la cour prévôtale de Sainl-Germain-dcs-Prés, de
deux hommes du pays qui avaient assassiné, en 1278, messire
Berlhaut, le curé d'Epinay. Les meurtriers furent ramenés au Breuil
pour y subir leur peine. Sous les yeux de l'abbé Girard de Mous, qui,
en raison de la gravité du crime, s'était rendu sur les lieux et présidait
à cette exécution, ils furent traînés sur la claie dans les rues du bourg
et pendus derrière l'orme planté entre Epinay et le Petit-Vaux^
Pour donner une idée des diminutions de revenus supportées par
l'abbaye dans ses dépendances d'Epinay, nous donnons ici l'article
du dénombrement de i384 qui s'y rapporte :
« ... Item, en la ville de Bruel, un hostel, un colombier, un polit
estant, un molin, toute justice haulte, moyenne et basse, un pressouer
bannier et un autre en la ville de Savigny bannier; environ \l arpens
de pré, vi arpens de Saulsaies; environ xxxu livres de menus cens
et rentes à plusieurs jours : la granclie de liant et le colombier;
environ vi vingt arpens de terre ; environ xu arpens de vigne, le tout
loué XII vingts francs, qui souloit valoir cccc livres parisis de ferme
chascun an; laquelle est ainsi dyminuée par les guerres'.
I. Arch. nat. LL. 1077.
3. Uom uu lioLRG, Sailli Germain au MV siccle, p. aO. Arrh. net. L. 7G0, n° 39.
- 'J(i -
(( Item, au Bruel, maestre Garnier Guerart tient i fief de viiu arpents
de vignes bonnes, qui puent valoir par an iiu livres. »
La possession de cet orme près duquel furent exécutés les deux
coupables que nous avons vus fut la cause d'un procès intéressant,
moins par l'importance de son objet que par les indications qu'il nous
fournit sur l'exercice de la justice criminelle et civile à cette époque,
entre le roi et l'abbé de Saint-Germain. Nous trouvons ces détails dans
les lettres que donnèrent Jehan de Brétigny et Jehan Blondel, prévosts
de la chàtellenie reyale de Montlhéry, au sujet du « contenz et discorz
« qui fut entre le Roy et l'abbé ^de S'-Germain-des-Prez par reson de
(( l'ourme qui est entre Esplnoilh et Serre ». Parmi les témoignages
produits devant les juges, relevons celui de Raoul de Vitré, âgé de
60 ans, qui rappelle l'exécution dont nous venons de parler. « Il dit
({ par son serment qu'il vist des meurtriers, qui avoient tué le prestre
(( d'Espinoilh, traynés par delez l'ourme, don plait est; parce que
« lombre de la crois qui estoit en l'ourme estoit si grant qu'il couvroit
« tout le chemin ; et qu'il convenoit qu'il vinssent par derrière l'ourme,
« por-ce que l'abbé Gerert, qui ilenc estoit, ne vouloit que l'on eschinât
« par disos l'ombre de la croiz. )> D'où il concluait que l'orme en litige
« estoit en la terre du dit abbé ».
Nous reproduisons ici la conclusion de ce document qui donne
d'intéressants détails sur la composition du tribunal appelé à statuer
sur ces sortes d'affaires.
« Ceci fut fait l'an de grâce mil deux cent quatre vingt-neuf, le lundi
« de la Sainct-Nicholas, en mars. Et lequel enformement et laquele
« enqueste desus dite que nous avons faite, baillasmes à juger aus
(( chevaliers et aus bones gens de la chastelenie de Montlehery en ladite
« ville en jugement et fut regardé par jugement que l'abbé de
(( Saint Germain des Prez fut ressaisi de l'ourme et demeuras! en la
« saisine. Et fut jugié par Monseigneur Jodry de Courcelles, chevalier,
« par Monseigneur Jehan de Vilevant, chevalier, par le Seigneur des
« Forges, par Monseigneur Guillaume Dedde, chevalier, par le chastelain
« de Breu, par Jehan de Ver; par Guillaume Thibout, par Pierre de
(( Pinel, par Philippe Lointier, par Nicholas de Balainvilliers, par
« mestre Pierre Harent clerc'. » Il est intéressant de constater ainsi, à
I. Arch. nat. L. 7G5, n° /ig.
— 97 —
la fin du XIII® siècle, un véritable jury appelé à intervenir dans une
question civile et manifestant son indépendance, en condamnant les
prétentions des oiïiciers royaux. Du reste, c'était aux rois qu'avaient
recours les religieux pour se protéger contre les entreprises de ses repré-
sentants. C'est ainsi que par ses lettres patentes du i®"" mars iSSa,
Charles VI maintenait l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés dans ses
droits de haute justice sur le village du Breuil, contrairement aux
prétentions du prévôt de Montlhéry*. Notons simplement un procès
soutenu devant les tribunaux royaux par les Bénédictins de Saint-
Germain contre ceux du prieuré de Longpont, au sujet des eaux de la
rivière d'Orges, et le jugement qui vint délimiter les droits de chacun
et fut confirmé par lettres patentes de Philippe VI (i4 mai i34o)^.
La période de guerre contre les Anglais fut désastreuse au point de vue
de la prospérité de l'abbaye de Saint-Germain. Pour réparer les consé-
quences des pillages successifs du monastère et de ses dépendances et
fournir aux subsides exigés par les rois pour l'entretien de leurs
troupes, les abbés furent contraints d'aliéner ou d'engager plusieurs
de leurs domaines. La terre du Breuil fut engagée, en iSgo, à un certain
Michelin Double, qui en jouit comme seigneur viager jusqu'à sa mort,
arrivée dans les premières années du XV "^ siècle. La seconde période de
la guerre de Cent ans fut, par suite de l'occupation du donjon
de Montlhery par les ennemis, particulièrement lamentable pour
ces contrées, qui furent pillées, rançonnées et finalement désertées
par les habitants. Quand la paix permit aux religieux de venir reprendre
possession de leurs domaines, ils trouvèrent le pays tout entier en
friches et couvert de ces broussailles, qui lui avaient donné jadis son
nom d'Epinay : après avoir rendu habitable leur château du Breuil,
Is se mirent à l'œuvre et parvinrent, en distribuant les terres moyen-
nant de très faibles redevances, à repeupler et à fertiliser le pays.
En i522, l'abbé de Saint-Germain, Guillaume Briçonnet, présenta au
Roi un aveu ou dénombrement de tous les biens que l'abbaye possédait
dans le royaume. Nous y relevons les indications précieuses sur l'éten-
due et l'importance de la dépendance, que nous étudions : « La
seigneurie du Breuil comprenant Epinay qui est la paroisse, le Petit
1. Arch. nat. K. 53, n" ii. Orig.
a. Id. LL. 1027.
7'
-98-
et le Grand-Vaux, Charintru, Balisy, Savigny, partie de Juvisy, le Breuil,
qui est le principal village, dont du présent la terre et seigneurie
s'appelle, laquelle est chatellenie, distante environ de six lieues de
Paris. » Au Breuil, les Bénédictins possédèrent « un grand manoir,
comprenant corps d'hôtel, maison, chapelle, grange, étables, cour et
jardin, pressoir bannier, prisons, auditoire pour la justice, les dits
lieux traversés par la rivière d'Orge, entourés de murs ». Auprès de la
maison seigneuriale du Breuil, sur la rivière d'Orge, était le moulin à
blé avec cour et jardin. Dans la plaine entre Epinay et Balainvilliers,
la ferme de la Grange avec tous les bâtiments d'exploitation agricole
clos de murs ; un peu plus loin, aux Graviers, un quartier de vignes
appelé le Clos de la Seigneurie. En outre, l'abbaye possédait i34 arpents
de terre, affermés pour la redevance annuelle de 5 muids de blé méteil ;
3 arpents de saussaie, produisant 3oo bottes d'osiers ; 6 arpents de
prairies artificielles ou naturelles, donnant de ferme 26 charretées
de foin, le droit de pêche en la rivière d'Orge, 400 livres parisis de
censive à percevoir sur le Breuil, Epinay et autres hameaux, les droits
de chatellenie de haute, moyenne et basse justice avec prévôt, lieute-
nant, greffier, procureur, sergents et autres officiers, dont les sentences
ressortissent en appel du bailly de Saint-Germain-des-Prés, les droits
de lods, ventes, les amendes, rouages, confiscations, forfactures dans
toute l'étendue de la seigneurie'.
Cette nécessité de reconstitution et de réparation fut la cause de
l'érection, au moins temporaire, de cette dépendance en prieuré, car
ce ne fut que dans cette période où nous trouvons la mention de
prieuré du Breuil. Après que cette seigneurie eut été relevée de ses
ruines, le prieuré fut supprimé et le Breuil réuni à la Pitancerie de
Saint-Germain.
Après une période de calme, où nous ne trouvons rien à signaler
pour l'histoire du prieuré du Breuil, s'ouvrit l'ère lamentable des
guerres religieuses. En 1662, les calvinistes, sous la conduite du prince
de Condé, ravagèrent tout le pays entre Orléans et Paris, brûlèrent les
monastères de Marcoussis et de Longpont, détruisirent les fermes,
maisons, pressoirs que Saint-Germain-des-Prés possédait dans la
contrée, la chapelle et la grange du Breuil.
t. Arch. nat. S. iS36.
— 99
Dans le trésor de l'abbaye, appauvri par tous ces désastres, le cardinal
de Bourbon, abbé de Saint-Germain, ne put trouver les 5oo livres,
auxquelles avait été fixée sa part dans le subside que le Pape avait
permis au Roi de prélever sur les biens ecclésiastiques ; il dut se les
procurer, en les empruntant à un nommé Nicolle Jacquart, à qui il
donna hypothèque de pareille somme sur la terre du Breuil. 11 déclara,
en même temps, que cet emprunt, dont il demandait la ratification au
chapitre de Saint-Germain ne pourrait préjudicier aux concordats passés
avec les religieux pour le l'ait de la mense conventuelle (1668)'. Les
guerres religieuses se prolongeant avec un véritable acharnement,
Henri 111 demanda et obtint du Saint-Siège une nouvelle autorisation
de prélever un subside sur les biens ecclésiastiques; pour payer sa
quote-part, qui fut fixée à 63 18 livres, le cardinal de Bourbon se décida à
aliéner la seigneurie du Breuil. Le 21 mai 1577, ce domaine fut vendu
aux enchères publiques et adjugé, pour la somme de 684o livres
tournois, à maître Barnabe Brisson, alors avocat général au Parlement,
qui devait jouer un grand rôle dans la suite et mouinr victime des
violences de la Ligue. L'abbaye, qui n'avait pu sauver de son ancien
domaine que les grosses dîmes sur le territoire d'Epinay et les censives
de la grange du Breuil, avait toujovns cçnservé le désir de récupérer
cette importante et ancienne portion de son patrimoine. Ce ne fut
qu'en 1676 que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés put racheter, au
prix de 35.3oo livres, la grange du Breuil, qui, après avoir passé dans
les possessions de plusieurs familles illustres de la contrée, avait dû
être mise, après saisie, aux enchères publiques ^ Un siècle plus tard,
en 1770, les Bénédictins inféodèrent la grange du Breuil à M" Augus-
tin-Henri Cochin, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle de
70 setiers de blé payables en argent « au prix du premier marché de
Montlhéry^ ».
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient les dîmes d'Epinay-
sur-Orge. Le marquis de Vins, commandant de la deuxième compa-
gnie des mousquetaires, percevait la dixme sur 200 arpents dans cette
même paroisse. 11 prétendait que ses ancêtres avaient acquis depuis
I. Arch. nat. L. 756.
a. Id. S. 3918.
3. Arch. de Seine-et-Oise, sér. H.
— lOO —
80 ans le fief de Saint-Merry. Enfin, pour mettre un terme à cette
contestation, il consentit à limiter son droit à 4o arpents environ. Cet
accord fut accepté'.
Comme nous l'avons vu dans le Polyptyque de l'abbé Irminon, au
commencement du IX^ siècle, l'abbaye de Saint-Germain possédait à
Epinay l'église paroissiale, qu'elle avait confiée à titre de bénéfice à un
prêtre nommé Ricbert. Comme pour tous les biens qu'elle possédait
dans ce territoire, ses archives ne nous fournissent pas d'indications
sur l'origine de la seigneurie spirituelle d'Epinay, et ne permettent pas
de savoir si l'autel d'Epinay avait été donné à l'abbaye par un évêque
de Paris ou bien si les religieux avaient eux-mêmes fondé cette église
pour les besoins spirituels de leurs vassaux et serfs d'Epinay. Nous
serions assez disposés à nous ranger à la seconde hypothèse, que soute-
naient les Bénédictins au XVIP siècle dans leurs démêlés avec l'autorité
épiscopale au sujet de leurs droits sur la paroisse d'Epinay ; nous
appuyons cette manière de voir sur l'absence de la charte de donation,
qui ne figure ni dans les archives, ni dans les divers cartulaires, tandis
que nous les y retrouvons pour toutes les autres églises voisines de la
dépendance de l'abbaye; sur le vocable de saint Germain imposé à
cette église ; sur les privilèges et droits de gros décimateurs qui appar-
tenaient aux moines et qui impliquaient en général la qualité de fonda-
teurs. Mais pendant les désastres des X^ et XP siècles, les abbés
laïques de Saint-Germain laissèrent perdre une partie de leurs droits
spirituels, en même temps que beaucoup de leurs biens temporels.
Au sortir de cette période, les moines n'avaient plus, non seulement
la collation dont nous venons de les voir investis au IX^ siècle, mais
encore le droit de présentation ; car l'église d'Epinay ne figure pas
parmi celles dont la bulle d'Alexandre 111 confirma la juridiction aux
religieux de Saint-Germain. Pourtant cette juridiction fut l'objet de
compétitions rivales et de litiges prolongés entre les évêques de Paris
et les abbés.
Si les pouillés parisiens des XV^ et XVP siècles marquent la cure
d'Epinay-lès-Saint-Denis comme étant à la pleine collation de l'évêque,
le Pelletier, dans son Pouillé de 1693, l'indique comme étant à la
nomination de fabbé". Dans le cours du XVIP siècle, les Bénédictins
1. Bibl. nal. tns.fr. 16867, p. âag.
2. Lebeuf, t. I, p. 694.
lOI
de Saint-Maur tentèrent de faire consacrer ce qu'ils considéraient comme
leurs droits. Dans un acte de 17^9, Dom Placide Roussel, prieur, et les
religieux de Saint-Germain-des-Prcs qui ont soin d'énumérer leurs
qualités de patrons, fondateurs, présentateurs, cure's primitifs, décima-
teurs universels de l'église d'Epinay-sur-Orge, baillent à ferme pour
9 années à messire François Collemard, prêtre, vicaire perpétuel de
cette paroisse, toutes les dîmes grosses et menues S pour le prix de
280 livres par année, avec la condition que, pendant la durée du bail,
les religieux seraient dispensés de payer la portion congrue audit
vicaire*.
Mais cette revendication, que tout nous porte à croire fondée, n'eut
pas raison de la résistance opposée par les curés d'Epinay qui, se
fondant sur les pouillés diocésains, forcèrent les Bénédictins à capituler
et à renoncer à leurs prétentions sur le patronage de cette église, qui
releva définitivement de l'archevêque de Paris.
Pour compléter ce que nous avons dit déjà de l'importance immobi-
lière de cette circonscription et des revenus qu'en retirait l'abbaye,
nous allons transcrire les indications suivantes, extraites des déclara-
tions de revenus faites en 1790 par les religieux :
« Les dixmes d'Epinay-sur-Orge et dépendances, à la réserve de
33 arpens et demi, appartenant au seigneur d'Epinay, les dites dixmes,
à raison de /j gerbes par arpent de terre labourable et de 12 pintes de
vin par arpent de vigne, sont louées au sieur Girardeaupar bail au prix
annuel de 6oolivres, et 3oo livres en passant le bail, ce qui fait 33 livres
6 sols 8 deniers. Le fermier devait payer le gros du curé, qui était
estimé à 828 livres et qui se composait de 3 muids de froment,
I muid 1/2 de blé méteil, 2 muids de vin et 80 livres en argenté
Au commencement du XVP siècle, la paroisse que nous avons
trouvée jusqu'alors désignée sous le titre de Saint-Germain-d'Epinay,
est placée sous le patronage de saint Leu et de saint Gilles. D'après une
note fournie, en 1790, par M'' Angoullian, curé d'Epinay, au vicaire
général de l'archevêque, ce changement aurait eu lieu à l'occasion du
1. « ... le droit dedixme se perçoit à raison, pour les grains, de 4 gerbes par arpent,
et pour le vin, de 4 pinctes, mesure d'Epinay qui est la mesme que colle de Saint-
Denis de France... »
3. Arch. nat. LL. 107g, p. 72.
3. Dom Poirier. Bib. nat. ms. fr. 20848, p. 55.
— 102 —
don que firent à l'église d'Epinay les religieux de Saint-Germain
d'une relique de saint Leu, qu'ils avaient reçue du monastère de Sainte-
Colombe de Sens et qui devint l'objet d'une très grande dévotion dans
toute la contrée.
L'église, dont le Polyptyque nous mentionne avec complaisance la
construction et l'ornementation, disparut dans l'époque troublée du
haut Moyen Age ou du moins fut remplacée au XIII*" siècle par une
nouvelle construction, établie sur le même emplacement que la
première et comprenant un chœur, une nef, un bas-côté, un porche et
le clocher. A^ers le milieu du XV^ siècle, on ouvrit sur le côté de
l'église, à gauche du sanctuaire, une chapelle dédiée à saint Roch et à
saint Sébastien, et remarquable par son architecture et par une verrière
du XVI* siècle. Dans la seconde partie du XYlIl^ siècle, on recons-
truisit cette église, qui menaçait ruines et qui fut bénite le 2 août 1778.
Des restaurations récentes sont venues modifier ce que l'œuvre des
architectes du XVllI'' siècle avait de peu artistique et ressusciter les
souvenirs des constructions précédentes.
En terminant, disons un mot des fiefs dépendant d'Epinay et du
Breuil :
1° Savigny. Nous trouvons dans Lebœuf ' la mention d'une donation
de 3 arpents de vigne qui aurait été faite vers le X<= siècle par un certain
Bertrand au monastère de Saint-Germain ; voici en effet les bouts-rimés
qui furent inscrits sur le nécrologe de ce dernier, à la date du 8^ jour
des calendes de juin :
Bertranni commémora tio
Ob vineas quas almo
Porrexit Germano
In villa Saviniaco
Arpentorum trium
Cum censo
Solidorum trium.
Cette donation fut l'origine d'un petit fief qui s'étendait sur les terri-
toires voisins de Savigny et de Juvisy.
2" A Viiy, deux petits fiefs relevaient de la seigneurie du Breuil :
celui de la Masserie et celui à! Ardouville* .
I. Ed. Fechoz, t. IV, p. 375.
a. Arch. nat. LL. 1037. Voir Dom du Bourg, Saint-Germain au XIV* siècle, p. 87.
— io3 —
Item, en la ville de Viry, la femme feu sire Pierre d'Esnoy et ses
enfants, tient j fief de xxxu arpents de terre, la moitié du grand four
de la ville, environ vnj livres de menus cens, u arpents de prés, qui
puent valoir par an environ xxnu livres.
Item, en la dite ville, Robert Dadouville, escuier, xxmj arpens de
terre, xvu arpens de bois, qui puent valoir environ viu livres.
3° Un chantier du territoire de Villiers nommé les Bas Graviers, était
chargé envers la seigneurie du Breuil d'une rente féodale de i4 sols
9 deniers'.
4° Un chantier du territoire de la ville du Bois, appelé le bois Tailleau,
relevait de la terre d'Epinay, qui percevait un cens annuel de 3 sols
2 deniers*.
5° Le fief du Petit-Balysi, comprenant une maison avec chapelle,
cour, jardin, un parc de loo arpents, une ferme nommée les Carneaux
avec I20 arpents de terre, i3 du prés\
Prieurs du Breuil
Frère Guy Valdin i475-i482.
Frère Thomas de Brie 1482.
1. Arch- nat. LL. 1037.
j. Id., p. 869, cote LXXXII.
3. Archives de Seine-et-Oise, sér. H.
lO/i
BALLAINYILLIERS
C'est une bourgade du canton de Longjumeau, arrondissement de
Gorbeil (Seine-et-Oise). Ce nom s'est écrit de diverses manières
aux XII^ et XIIP siècles. On trouve dans les documents de cette
époque : Berlenviller , Bellenvlller, Bulanviler, Ballenviler, Ballein-
viller. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait quelques
biens dans cette localité. Nous voyons, en effet, en 1207, Millon, fils de
Thibaud Cocherel, chevalier, lui donner en aumône la cinquième
partie de 12 sols, 3 deniers de cens, trois hostises avec leur justice et
un droit de champart sur deux arpents de terre. 11 lui vend le reste
pour le prix de 4o livres parisis'. Une charte d'Eude, évêque de Paris,
confirme cette convention et ce bienfait ^
Au mois de janvier 122/i, Guillaume de Vaugrigneuse, chevalier,
son épouse et Pierre, son fils aîné, cédèrent aux Bénédictins de Saint-
Germain 25 sols de rente, qu'ils percevaient sur les cens à Sceaux. Ils
recurent en échange ce que Guy, religieux et cuisinier du monastère,
avait acheté de Pierre Boguenel etd'Ysabelle, sa femme, au Plessis Saint-
Pierre, écart de Ballainvilliers, Le document qui mentionne cet accord
se trouve aux archives nationales (L. 806). Sur l'enveloppe qui le ren-
ferme nous avons remarqué un point d'interrogation. Par ce signe
on a voulu, sans doute, indiquer une indécision topographique. Nous
pouvons faire erreur, mais néanmoins nous ne craignons pas d'affir-
mer que le lieu désigné plus haut doit mettre fin à toute incertitude.
En examinant la contrée, nous voyons que Saint-Germain-des-Prés y
avait de nombreuses possessions et que le Plessis-Saint-Pierre, cité
dans un accord avec ce monastère, ne saurait être autre que le village
de la commune de Ballainvilliers portant ce nom.
Depuis le XIII'' jusqu'au XVIP siècle, un silence complet règne sur
l'administration des biens de Saint-Germain-des-Prés à Ballainvilliers.
1. Arch. nat. L. 766.
a. Id. L. 765, 37 bis ; LL. io25, p. i83.
— io5 —
Enfin nous apprenons que, le ao mai 1689, Jean Guibourg et sa femme
se dessaisirent en faveur de la mense abbatiale dune maison et d'un
clos contenant 3 arpents situés à Ballainvilliers, relevant de la sei-
gneurie de la grange du Breuil. Ces immeubles leur avaient été cédés
par Pierre Rigault et son épouse, moyennant 80 livres ^
Le 20 juin 1720, Jules de la Planche de Mortières et Marie de
Solage, sa femme, acquirent de Jean-Baptiste Aubry et Catherine
Potel, son épouse, et autres, une maison, un jardin et clos conte-
nant 2 arpents ou environ, situés à Ballainvilliers, moyennant
35oo livres, payées aux vendeurs, et une rente de 65 livres aux reli-
gieux de Saint-Germain ^
La déclaration de 1790 ne parle point des revenus que l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés avait à Ballainvilliers. Peut-être sont-ils
compris dans ceux qu'elle attribue à Epinay-sur-Orge.
ï.Arch. nat. S. 3918.
3. Id., S. 3919.
— io6
AVRAINVILLE'
Ce village est situé à huit ou neuf lieues de Paris, dans la plaine
qu'on trouve au delà de Châtres ou Arpajon. Son nom s'écrit de diverses
manières en latin. Les documents anciens appellent cette localité :
Evrini villa, Aurenvilla, Evranvilla. On rencontre aussi quelques
divergences dans la graphie française de ce mot, qu'on a indifTérem-
ment orthographié ainsi qu'il suit : Evranville, Avreinville, Avrin-
ville, et Avrainville. Cette dernière façon de l'écrire semble avoir
prévalu. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés ont-ils possédé cette
terre avant le XP siècle ? Le Polyptyque d'irminon, qui la mentionne,
nous porte à le croire. 11 ne dit pas quelle était alors son importance \
Les Bénédictins n'avaient aucun droit sur l'église, car nous voyons
que Geoffroy, évêque de Paris, leur en concéda le patronage en 1070'.
Les habitants d'Avrainville avaient beaucoup à souffrir de la part
des officiers royaux, qui exigeaient avec trop de rigueur certaines
redevances. Ils ne trouvaient de remède à leurs maux qu'en allant
demander asile à un hameau plus hospitalier. Ces désertions émurent
Pierre de Loiselèves, ancien chancelier de France, qui venait d'être
élevé sur le siège abbatial de Saint-Germain-des-Prés. Il s'adressa au
roi Philippe I"", qui se hâta de refréner la rapacité vexatoire de ses
gens, en renonçant à ses droits sur Avrainville. Quels étaient-ils ? Nous
ne le savons trop. Nous ne pensons pas que l'expression vicaria,
consignée dans la charte royale, désigne le droit de voirie. Comment
pourrait-on expliquer autrement l'abandon que Geoffroy Poouz en
fit aux religieux de Saint-Germain, en l'an 1202, moyennant 80
livres parisis ? Les Bénédictins l'auraient-ils obtenu du monarque pour
l'aliéner ensuite ? Aucun titre ne nous manifeste l'existence d'un tel
contrat (1078)*.
I . Canton d'Arpajon (Seine-et-Oise).
a. Polyptyque d'irminon, éd. Longkon, 1. 1, p. aulx et a3o.
i.Arch. nat. LL. ii5a, p. 67.
4c Id. LL. ioa5, p. !»•}.
— 107 —
Le terme vicaria peut, sans doute, se traduire par vicairie et désigne
le droit de tenir, dans un ressort assez limité, les plaids de justice, de
faire exécuter les décisions rendues, de toucher l'amende sur ceux qui
contrevenaient aux règlements de police. La vicairie était un bénéfice
héréditaire que les rois conféraient parfois à des abbayes et à des
monastères, nous dit Pfîster dans ses études sur le règne du roi Robert
le Pieux'. La charte de 1073"^ emploie le mot vicaria, et celle de 1202 \
l'expression: viaria. Ces termes différents doivent signaler deux choses
distinctes : vicairie et voirie.
Dans la suite, les religieux de Saint-Germain-des-Prés furent assez
heureux pour augmenter notablement leur domaine. En ii3o, le frère
Renaud acheta la moitié d'un pressoir à Avrainville pour la somme de
12 livres. Il rapportait annuellement 20 sols. Il abandonna cette
rente au pitancier, avec la réserve qu'il devait l'assigner pour la fondation
de son anniversaire, après samorf*. L'année i2o5, Guy Charmaygre
vendit aux Bénédictins tout ce qu'il pouvait avoir à Avrainville, pour
le prix de 200 livres *.
Dix ans plus tard, 12 16, Jean, abbé de Saint-Germain, et les religieux
de ce monastère passèrent une transaction avec les habitants d' Avrain-
ville. Comme ils possédaient d'assez vastes bois, ils proposèrent à ces
derniers de les défricher pour y planter de la vigne. Les conditions
étaient avantageuses. Ceux qui acceptaient de transformer ces terrains,
de les améliorer en devenaient les propriétaires définitifs, en payant
8 deniers de cens par arpent, en donnant un setier de vin par muid
pour la dîme et un setier pour le pressurage. Le reste de toute la
récolte devait se partager entre le prieur et le détenteur de ces
immeubles \
En 1289, Hescelin de Leudeville vendit aux Bénédictins de Saint-
Germain-des-Prés, moyennant 35 livres parisis, tous ses droits sur
Avrainville consistant en champarts, hôtes taillables, cens, coutumes.
Guy IV de Chevreuse confirma ce contrat'. Cette même année fut
1. Édité Paris, i885, in-8% p. 116.
a. Arch. nat. LL. loaô, p. i5.
3. Id. LL. ioa6, p. 47.
4. Id. LL. io44 ; LL. io55.
5. Id. LL. io55.
6. Id. L. 765; LL. io55, p. i.
7. Id. LL. io55, p. 3 ; LL. io56, p. i ; L. 765.
— io8 —
signalée par d'autres acquisitions. Adam Bâton et Marie, sa femme,
abandonnèrent à l'abbé de Saint-Germain, pour la somme de 20 livres,
toutes les redevances qu'ils percevaient à Avrainville '. Frère Guillaume,
maître du Déluge, administrateur général des biens de l'hôpital de Saint-
Jean-de-Jérusalem, dans le royaume de France, lui céda aussi, pour
le prix de 28 livres parisis, la rente de 3o sols qui lui était due par
les hôtes d'Hescelin de Leudeville\ Emme, comtesse d'Alençon et
dame de Vauguyon, donna au même prélat une rente de 100 sols
pour la fondation de son anniversaire (1249)'. En 1260, les Béné-
dictins achetèrent de Thibault, dit le Gros, bourgeois de la Ferté-
Aleps *, et d'Asceline, sa femme, pour la somme de 5o livres, une
maison et un jardin situés à Avreynville'.
Les mêmes religieux avaient souci d'améliorer leurs terres. C'est
ainsi qu'ils concédèrent à Guillaume, dit le Bougre, et à Eustache le
Coconnier les friches de Montevrain avec l'obligation de les planter
en vignes. Ces fermiers devaient payer chaque année au prieur
d'Avrainville 8 deniers parisis par arpent et 4 setiers de vin pour la
dîme (i 260) \
En 1264 (décembre), Nicolas de Solignac, écuyer, et demoiselle
Jeanne, son épouse, leur vendirent, au prix de 20 livres tournois,
3 arpents de terres labourables qu'ils possédaient à Avrainville '. Le
monastère de Saint-Germain-des-Prés acquit de Jean de Thies,
écuyer et de demoiselle Héloïse, sa femme, 3 droitures, des rentes et
autres droits à Avrainville, pour la somme de 26 livres parisis
(décembre 1269) *. 11 devint encore propriétaire d'un fief à Avrainville,
que lui vendit Geoffroy Coquatrix, échansondu roi, moyennant 80 livres
(1297)'. En i3i4, Jean de Thyais, écuyer, céda à Guillaume de Saint-
Veran, moine de Saint-Germain-des-Prés, une rente de 3o sols sur une
I. Arch. nat. L. 766.
a. Id. LL. io44, p. 4 ; L. 766.
3. Id. L. 765, n° 3.
k. La Ferté-Alais, arr. d'Etampes (Seine-et-Oise).
5. Arch. nat. L. 766.
6. Id. L. 781; LL. io45, p. i.
7. Id. L. 765 ; LL. io45, p. 5.
8. Id. L. 765.
9. Id. 765, n° 19.
— log —
maison et une vigne à Avrainville pour la somme de i6 petits tournois'.
La plus considérable acquisition que firent les religieux de Saint-
Germain date du mois de septembre i3i7. Guillaume de Thiais,
écuyer, et Péronnelle, son épouse, leur délaissèrent, pour le prix
de 437 livres 10 sols :
1° Une maison et un arpent de vigne attenant ;
2° 6 livres parisis de menus cens sur plusieurs héritages ;
3° 8 droitures sur plusieurs hostises situées à Avrainville ;
4° 16 arpents de terres labourables ;
5° Le champart d'un arpent de terre arable, de 12 gerbes l'une ;
6° 3 iîefs relevant de la seigneurie d'AvrainviUe, dont l'un est le
fief d'Egli ;
7° 17 hostises environ à Avrainville et à Chétainville^
En i320 (septembre), Jean de ïhyais et Marguerite, sa femme,
donnèrent aux Bénédictins 4 livres de rente en échange d'une maison et
d'un arpent de vigne ^. Le i3 mars 1370, on voit de nouveau un sieur
Jean de Thyais leur abandonner pour la somme de 8 hvres un petit
fief qu'il avait acheté *.
En i466 (16 octobre i466), Jehan Balu renonça aune maison,
sise rue des Voûtes, et à une pièce de terre en faveur de frère Jean
Closier, prévôt d'AvrainviUe '. Les reUgieux de Saint-Germain-des-Prés
cédèrent au roi 3 quartiers 1/2 de pré en la prairie d'Ollainville, sur
la rivière d'Orge, pour augmenter le parc de son château. Le prince
leur donna comme dédommagement 87 livres 10 sols (26 février
i58o)*.
Plusieurs terres en friche, appelées les terres de la butte de Monte-
vrain, furent abandonnées aux religieux qui se les incorporèrent. Elles
s'étendaient du chemin d'AvrainviUe à Torfou jusqu'aux chemins
de Châtres à Lardy, de Boissy à la Ferté-Aleps (août 1668)'.
Mathurin Degast, prévôt de la prévôté et châtellenie d'AvrainviUe,
1. Arch. nat. L. 765.
a. Id. L. 7C5; LL. io44, p. ".
3. Id. L. 765.
4. Id LL. io44, p< i3.
5. Id. LL. io44, p. 20.
6. W. LL. 11 46, p. Ba3,
7. Id. LL. ii44, p. a6.
— IIO —
bailli de Guibeville et secrétaire de monsieur de Genou, donna aux
Bénédictins 8 arpents de terres friches pour l'utilité publique des
pâtures (ii janvier 1679)'.
Avant de pousser plus loin cette étude, il importe de jeter un regard
sur divers aveux et dénombrements capables de nous signaler l'étendue
de la seigneurie d'Avrainville.
En 1371, elle comprenait une maison, 160 arpents de terres labou-
rables, 8 arpents de prés et de vignes, 20 arpents de bois, avec dîmes,
champarts, toute justice, cens, rentes et autres droits qui valaient
cent livres tournois par an *.
Un aveu du 21 juin 1622 vient compléter ce bref aperçu. Suivant
ce dernier, la seigneurie d'Avrainville consiste en :
1° Un grand manoir, grange, étable et pressoir à roue, grande tour
et lieu de colombier avec auditoire et prisons pour exercer la justice,
tout clos de murs, avec autres aisances et appartenances, contenant
3 arpents, appelé l'hôtel seigneurial d'Avrainville.
2° 3 arpents de terres labourables assis auprès du manoir, le
chemin entre eux.
3" 170 arpents de terres labourables.
4" 100 arpents de landes et friches, situés en partie au-dessous de la
montagne de Montevrain. Ces terrains sont de nulle valeur et ne
rapportent que des procès avec les voisins.
b° Censives sur des héritages, maisons terres et bois.
6" Haute, moyenne et basse justice avec prévôt, lieutenant, greffier,
procureur, sergent, geôliers et autres officiers pour l'exercer.
7° Droits de voirie, rouage, confiscation, forfaitures.
L'étendue et circuit de cette seigneurie et châtellenie d'Avrainville
se poursuit et s'étend tout à l'entour, tenant et joignant les autres
terres et seigneuries, comme de Chétainville,des Gras (?), des Noyers,
de Lardy, des dames de Montmartre, des hoirs de feu monsieur de Gra-
ville et des dames du Lys.
8° Au village et terroir de Lardy, près Avrainville, il y a un petit fief
comprenant plusieurs maisons, manoirs, masures, jardins, terres,
vignes, prés, et autres héritages, qui sont tenus et mouvants de
I. Areh. naL LL. loW. p. ag.
a. Id. 753.
III
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et sur lesquels les religieux ont
droit de prendre 20 sols ; lequel fief fut laissé en 1473 a Charles de
Brye, écuyer, seigneur de Lardy, pour 99 années.
9° A Chastres-sous-Monthléry, un petit fief et seigneurie avec une
maison manable, où pend l'enseigne du Singe verd, avec tous droits de
cens, lods et ventes, saisines et amendes, rouage, justice haute,
moyenne et basse. De ce fief dépend un chantier de vignes, appelé le
chantier de la fontaine de Hérisson, assis au vignoble de Chastres,
contenant 6 arpents et un quartier, appartenant à plusieurs personnes,
et sur lesquels les religieux ont l\ sols 6 deniers parisis de cens et de
rente. A côté de l'hôtel du Singe vert, il y avait deux autres bâtiments
connus sous les noms d'hôtellerie de Saint-Jacques ou des Quatre-
Vents et du Petit-Duc d'Orléans. Ils payaient chacun deux sols de
rente annuelle. Ils se trouvent situés au coin de la grande rue et de
la rue Saint-Germain.
10° Le iief Baudet, assis tant à Avrain ville qu'à Eglis, qui doit 3
mines d'avoine par an.
11° Des cens et rentes sur plusieurs terres et maisons assises à
Chétainville, appartenant à monsieur de Vaudetar, sieur de Condé,
conseiller aux requettes du Palais.
12" Plusieurs censives sur des héritages à Eglise*.
La déclaration de 1790 atteste que la seigneurie d'Avrainville se
composait de 180 arpents de terres labourables et de 42 arpents de
bois taillis \
En consultant divers baux, qui nous indiqueront le produit annuel
de la terre et seigneurie d'Avrainville, nous pourrons nous former une
idée exacte de l'importance de ce domaine.
Le 12 avril i328, Guillaume le Breton, le jeune, dit des Maîtres,
bourgeois de Paris, accense des religieux de Saint-Germain-des-Prés
24 arpents de terre à Avrainville, et s'engage à payer 6 deniers de
cens et 4 gerbes de blé par arpent pour la dîme'. En 1478, la ferme
de la seigneurie d'Avrainville avec les grosses et menues dîmes
rapportait 9 muids et demi de grain de moisson *.
I. Àrch. nat. LL. io44, p. i37-i38.
a. Bib. nat. ms. fr. ao848. Arch. nat. S. a858.
3. Arch. nat. L. 765.
4. Id. S. 3900.
— I 12
Le 7 mai 1612, les religieux de Saint-Germain-des-Prés baillèrent à
Régnier 100 arpents de terres en friche à Montevrain, à raison
de 2 sols de cens par arpent. Le preneur devait les défricher et les
mettre en nature de labour'. Nous trouvons, à la date du 17 janvier
i63o, un bail sur lequel se modèleront ceux qui seront passés à
l'avenir. 11 n'y aura guère à varier que le prix du fermage, alors fixé
à 700 livres. 11 implique dans sa teneur :
1° L'hôtel seigneurial avec grange, étable, bergerie, pressoir banal,
geôle, auditoire, prison, jardin, le tout comprenant 3 arpents.
2° Huit vingt douze arpents de terres labourables.
3" Les dîmes, cens, greffe et tabellionage, les amendes jusqu'à
60 sols, la moitié des lods et ventes.
Les preneurs sont tenus de planter des ormeaux à l'entour des
bâtiments, à telle distance qu'il ne puissent gaster les couvertures,
de payer au vicaire perpétuel son gros, de faire dire chacun an quatre
messes basses : à Noël, Pâques, la Pentecôte et l'Assomption ; de fournir
au prévôt du dit lieu la somme de 10 livres, par chacun an, ou de le
nourrir quand il ira au dit lieu exercer la justice, au choix des
preneurs ; de nourrir les religieux jusqu'au nombre de trois a^ec
leurs serviteurs et leurs chevaux, 3 jours chacune fois, lorsqu'ils iront
à Avrainville ; de faire tous les 3 ans un papier de recettes des cens,
rentes et droits tant seigneuriaux qu'autres, de le faire signer par le
tabellion et de le fournir au bailleur ; de faire les vidanges des fossés
à l'entour des terres "^
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient planté sur la route
d'Orléans à Paris, sur la voie d'Arpajon à la Ferté-Aleps, dans toute
l'étendue de la terre et seigneurie d'Avrainville, 807 pieds d'ormes,
pour orner le chemin et procurer quelque ombrage aux voyageurs.
Une sentence du bureau des finances déclara que ces arbres leur
appartenaient (i4 novembre 1741)'- Un bail de 1767 mentionne
l'élagage de ces ormes, mais défend de les étôter. Il arrête le prix du
fermage à i5oo livres, avec 6 setiers de pois, 3 seliers de haricots et
I setier de lentilles*.
I. Arch. nat. LL. io45, p. i5g;LL. io58, p. 3i.
a. Id. LL. io44, p< i55.
3. Id. L. 765.
4. Id. S. 3901.
r
— ii3 —
Plusieurs fiefs relevaient de la seigneurie d'Avrainville. Les aveux
qui en sont donnés nous les font connaître.
1073. Le vicomte de Châtres fit hommage à Pierre, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, pour la terre que le seigneur de Villemalson (?) '
tenait de lui : u Vicecomes de Castris fecit homagium domno Petro,
abbati Sancti Germani de Pratis, de terra quam dominus de Villemal-
son -. » Au mois de novembre i336, Rose de Chastres, dame de Voisiel,
déclara qu'elle tenait un fief relevant de l'abbé de Saint-Germain,
situé entre Egli et Avrainville, comprenant 24 arpents de terre sur le
grand chemin d'Orléans, et [\ livres 12 sols de cens perçus à Egli, à
la Saint-Remi^
ïaupin des Mignères fournit un aveu au même prélat pour un fief
sis à Avrainville. U se composait d'un hôtel et manoir avec ses appar-
tenances et dépendances, d'un arpent de vigne et de i3 arpents de
terres arables (5 février i3/i5)\
Jehan le Thyais, l'aîné, escuyer, demeurant à Chastres, avoua tenir
en fief de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés :
1° Un hébargement avec jardin.
2° Un arpent de vigne.
3" 28 apents de terres labourables.
4° 2 sols de menus cens, le tout situé à Avrainville (21 avril i357)'.
Nous voyons plusieurs autres déclarations du même genre se
produire.
Le 5 février 1349, Jeannette, fille de feu Geoffroy, baille un dénom-
brement pour son fief de Malionne(?). 11 comporte 21 sols parisis de
menus cens, 5 sols de taille sur la terre des Noes, le champart sur la
dite terre, à raison de 12 gerbes l'une, deux droictures et demie avec le
droit de rouage".
Le 17 juillet 1470, Jean le Thiais fournit un aveu pour le fief, qu'il
tient de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés. 11 comprend :
1° Une maison.
I. Villemoisson, canton de Longjumeau (Seine-et-Oise).
a. Arch. nat. LL. 102/i, p. io3.
3. Id. LL. 1045, p. 7.
4. Id. io45, p. 7.
5. /(/. LL. io45, p. 7.
G. Id. LL. iiMJ, p. SaC.
— ii4 —
2° 3 arpents de terre et jardins.
3" 5 arpents de terre à Thion.
4" 5 arpents de vignes.
5* 2 arpents de saulsayes à Halloche.
6" 5 livres i6 sols de cens, 1 1 setiers d'avoine de tensement'.
En 1390, Baudet de Lestré, escuyer, avoue tenir en fief à foi et
hommage envers le même prélat un hôtel à Âvrainville et 24 arpents
de terre, assises sur le grand chemin d'Etampes et sur la voie Creuse.
Plus tard, les religieux de Saint-Germain-des-Prés réunirent ce fief à
leur seigneurie. En 1629, ils percevaient, de ce chef, à Egli 3 sols
6 deniers parisis, 2 muids et un minot d'avoine de cens et de rente sur
une maison, 5 arpents et 8 perches de terres et de vignes. Huit arpents
de terres au même territoire leur rapportaient annuellement 5 sols
4 deniers parisis. Ils avaient encore sur ces mêmes possessions les lods
et ventes, saisines et amendes, le cas échéant".
Mademoiselle de Villefontaine avait acheté en 1733 à Avrainville,
dans la censivede Saint-Germain-des-Prés, une ferme de ]5o arpents,
à la charge de payer à l'abbaye 6 minots de grain par an et 7 livres
10 sols de cens. Cette redevance était inexacte et inférieure au chiffre
porté sur le terrier de 1529, qui la fixait à 16 minots de grains et 8 livres
10 sols de cens. On ne remarqua l'erreur qu'en 1760. L'usage contraire
semblait avoir prévalu. Cependant on consentit à transiger pour 10
minots. Dom Charles GiUiot, censivier de Saint-Germain-des-Prés, fut
désigné pour traiter cette affaire ^.
Le 1 4 mars 1789, les Bénédictins érigèrent en fief, sous le nom de
fief de Boiscamp, 84 arpents 49 perches de terre, sur lesquels étaient
construits les bâtiments de la ferme des Boisblancs, en faveur de
monsieur Augustin-Marie-Andrieu, chevalier, seigneur de Chetain-
ville, Fraimbault et autres lieux, conseiller du roi en sa cour des mon-
naies, demeurant à Paris, place Royale, paroisse Saint-Paul.
Cette propriété était bornée par les seigneuries de Lardy, Torfou,
Avrainville et Chétainville. Le sieur Andrieu devait fournir aveu et
dénombrement, payer les droits de rehef et de quint, et observer les
1. Arch. nat. LL. ii'iC, p. Soi.
2. Id. S. 2901.
3. Chap. conv. Bib. nat. ms.fr. 16859, ?• '^S*
ii5
autres attributions féodales. Les religieux de Saint-Germain concé-
daient à leur nouveau vassal la moyenne et basse justice sur ses terres,
mais ils se réservaient la haute justice sur ces mêmes héritages'.
Le 27 avril 1789, Marie de Visigny, dame de Varastre, delà Motte, de
Boissy, d'Echanvilliers et autres lieux, veuve de messire Augustin-
Pierre-Dionis Descarrières, lieutenant du roi en la province de Guyenne,
chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et ancien commis-
saire des gardes du corps, demeurant à Paris, en son hôtel, rue Bar-
bette, déclara que le fief d'Echairivilliers contenant 269 arpents 61 per-
ches de terre, relevait de l'abbaye de Saint-Germain et qu'elle payait de
ce fait aux religieux une rente annuelle de A livres 17 sols 10 deniers,
au jour de saint Remy. Ce domaine, qui comprenait la ferme de la
Motte, comportant une superficie de 207 arpents 3 quartiers et demi,
était borné par le chemin des Meuniers, de Boissy à Avrainville, le
chemin des Postes, de Dourdan à la Ferté-Aleps, par l'ancien grand
chemin de Paris à Orléans ^
Les seigneurs d'Echainvilliers eurent, de i6i3à 1789.de nombreuses
contestations avec les Bénédictins. Les deux principaux seigneurs que
nous voyons cités à cette occasion sont : Regnault Lambert et Antoine
Lambert, son fils (i54o)\
Le monastère de Saint-Germain-des-Prés avait aussi des propriétés
et des redevances dans le voisinage d' Avrainville. A Chétainville nous
trouvons plusieurs baux passés au nom de cette communauté.
Le 6 juin 1461, ils afferment une maison masure et un jardin, rue
de l'Orme, avec 3 arpents 1/2 de terre. Le 6. mars de la même année,
ils avaient baillé une masure et 5 arpents de terre au prix de i4 sols.
Le 29 août suivant, ils donnèrent à ferme deux masures et jardin,
rue de Neufville, pour la somme de 9 sols.
En 1 147 (novembre et décembre), des contrats de fermage régulière-
ment payés nous montrent que les religieux de Saint-Germain-des-Prés
avaient à Chétainville 3 masures et plus de 100 arpents de terres, qui
rapportaient 5 ou 6 sols l'arpent *.
La communauté de Saint-Germain-des-Prés possédait, près de la
I. Arch. nat. S, 2901.
2. Id. S. 2f)0I.
3. Histoire de Norville, par l'abbé Genty.
V Arch. nat. S. 2990 ; LL, ii4C, p. 5o2 et 5o5.
— ii6 —
chapelle de Guibeville, une masure et un jardin, dont le revenu annuel
s'élevait à 6 sols (12 février i338) ',
Les religieuses de l'abbaye de Notre-Dame du Lys près Melun avaient
un domaine à Guibeville et des terres à Avrainville. Elles furent condam-
nées, par un arrêt du 7 juillet 1882, à payer pour les dîmes aux Béné-
dictins de Saint-Germain, seigneurs du lieu, 8 setiers de grain, 2/3 en
blé et 1/3 en avoine, à la saint Martin d'hiver, et au plus tard, à la saint
André '.
Elles payèrent cette redevance jusqu'en 1Z193. A ce moment, elles la
contestèrent comme non fondée, puisqu'elles étaient dames de Guibe-
ville. Elles furent déboutées de leurs prétentions, et un arrêté du Par-
lement confirma les obligations qu'elles avaient envers les Religieux de
Saint-Germain-des-Prés (5 juin xoooj'.
Le 16 janvier 1572, les Bénédictins cédèrent à Jehanne Carnazet,
dame de Lardy, veuve de feu Nicolas de Champgiraut, en son vivant
seigneur de Germonville, tous leurs droits en la seigneurie de Lardy.
Celle-ci leur donna en contre-échange 1 3 "livres de rente annuelle à
prendre sur des héritages à Avrainville, savoir :
i** Une maison contenant chambre basse et haute avec grenier dessus,
élables, le tout couvert de tuiles, deux espaces de grange, deux espaces
de maison et cellier, le tout couvert de chaume, cours et jardins clos
de murs, 2 aipents et plus de bois taillis, sur le chemin d' Avrainville à
Chastres, appelé la rue du Bois.
2" 2 arpents et 1/2 de terre devant la maison.
3" 5 arpents de terre situés près de la maison'*.
Les Religieuses de Saint-Eutrope de Chastres avaient eu un procès
contre les Bénédictins de Saint-Germain qu'elles gagnèrent. Des diffi-
cultés surgissaient de nouveau. Pour couper court à ces chicanes, il
fut décidé qu'on leur vendrait les censives qu'on prétendait avoir dans
cette localité. On devait employer l'argent provenant de cette cession
à acheter quelques biens ailleurs pour l'avantage de la communauté
(29 novembre 1657) \
1. Arch. nat. S. agoo.
■2. Id. LL. loil, p. Ii2.
3. Id. LL. lo/ii, p. /42 à 62.
/i. Jd. LL. 10^4, p. 82.
5. Chap. conv. Bib. nat. ms.fr. i6856.
»
— 117 —
S'agissait-il de censives sur six arpents et un quartier de terrain
situés aux chantiers du Hérisson délaissés pour une rente annuelle de
60 sols, comme le mentionne une transaction du 9 mai 1G59? Nous
avons lieu de le croire*.
Les Religieux de Saint-Germain possédaient d'autres biens à Cliastres
qui donnèrent naissance à quelques contestations. Trois immeubles y
relevaient de leur seigneurie. On les connaissait sous le nom de l'hôtel
du Singe Verd, et plus tard, des Trois-Rois, l'hôtel des Petits-Singes ou
du Petit-Ecu de France et la maison des Quatre-Yents.
Dame Anne-Charlotte le Bas, veuve de sieur Louis marquis
d'Arpajon. affirmait qu'elle avait le droit d'exiger de tout censitaire des
Bénédictins le rouage et le forage. Elle consentit à transiger et à faire
exception pour celui qui habitait l'hôtel des Trois-Rois.
Pour ne point trop grever les autres, elle leur accordait remise entière
pour tout le vin qu'ils avaient vendu avant la Saint-Martin de 1738
(18 avril 1740) '^
La propriété d'Avrainville appartenait à la mense des religieux de
Saint-Germain. Suivant la déclaration de 1790, elle comprenait :
1° Justice haute, moyenne et basse, etc., patronage.
2° Cens et rentes, lods et ventes, année commune, 3oo livres.
30 La ferme consistant en granges, étables, etc., auditoire, geôle,
plus environ 180 arpents de terre labourable en plusieurs pièces, plus
42 arpents de bois taillis en 2 pièces, plus les élagages de 856 ormes
plantés sur le chemin d'Orléans et sur celui d'Arpajon à la Ferté-Aleps,
et de tous ceux des rues et carrefours du territoire, ainsi que la tonture
des saules, le tout loué au sieur ^lachelard par bail du 28 septembre
1782, moyennant 2700 livres, plus en passant le dit bail 1200 livres,
faisant par an i33 livres f) sols 8 deniers.
4" Les dîmes de la paroisse et territoire d'Avrainville à raison de
4 gerbes en botte par arpent de grain, sainfoin, etc., d'une poignée de
filasse sur onze, de 3 pintes de vin, mesure de Saint-Denis, par 1/2
queue d'Orléans, plus la redevance de 8 septiers de grains d'indemnités
de dîmes et autres indemnités, le tout affermé au sieur Machelard
600 livres par bail devant Péant de Saint-Gilles, le 4 mars de 1789, qui
font, par an, 22 livres 4 sols 5 deniers, première récolte en 1789.
I. Ghap. conv. Bih. nat. ms. fr. i6856.
a. Aroh, nat, S. 2901,
— ii8 —
Plus, en dessus du prix ci-dessus énoncé, il devait payer en l'acquit
des dits religieux, le gros da curé d'Avrainville, savoir : 2 muids de
blé méteil, mesure d'Arpajon (estimé à 20 livres le septier), 480 livres.
Un muid d'avoine, même mesure (à i5 livres le septier), 180 livres.
3 muids de vin du crû d'Arpajon (à 5o livres le muid), i5o livres.
Plus, faire dire et célébrer 4 messes basses, les fêtes de Noël, Pâques,
la Pentecôte, l'Assomption, et fournir ce qui est nécessaire, estimé
12 livres.
Plus, payer à la fabrique pour l'huile de la lampe de l'église : 1 1 livres.
De la seigneurie d'Avrainville relève le fief de Bois-Camp, inféodé au
sieur Andrieux, comme nous l'avons déjà vu*.
Le 9 janvier 1887, frère Pierre Brisset, religieux de Saint-Germain-
des-Prés, se disait en possession de la prévôté d'Avrainville qui lui avait
été concédée par notre Saint-Père le Pape. 11 ne put consommer son
usurpation, car elle était révocable à la volonté de l'abbé, d'après une
bulle de Clément Vil. Cette prévôté n'était pas impétrable ; frère Pierre
Brisset le reconnut le 28 janvier suivant \
Le cartulaire de la Pitancerie (LL. 1027, p. 82) mentionne que la terre
d'Avrainville payait 70 livres parisis à l'abbaye de Saint-Germain-des-
Prés, en quatre termes, c'est-à-dire, à Pâques, à la saint Jean-Baptiste,
à la Toussaint, à la Chandeleur, et à chaque terme, 17 livres 1/2.
Cette somme était destinée à procurer une pitance aux religieux de
Saint-Germain-des-Prés les jours : de la Circoncision; de l'Epiphanie;
de saint Vincent, martyr, XI des calendes de février, ou 22 janvier;
de la Purificntion de la sainte Vierge ; de la Septuagésime (dominica
qua cantatur : Ciroamdederunt me); de l'anniversaire d'Elinand,
prêtre, 8 des calendes de mars, 22 février ; de l'anniversaire de Julienne
Britonnisse, 4 des calendes de mars, ou 29 février ; du premier di-
manche de carême, ou des Brandons {Invocavit me) ; de l'anniversaire
de Robert du Pont, 6 des nones de mars, ou 2 mars ; de l'anniversaire
de Herbert de Verrières, le 8 des ides de mars, 8 mars ; du 4^ dimanche
de carême, Lœtare ; Annonciation de la sainte Vierge, 8 des calendes
d'avril, 20 mars ; du dimanche des Rameaux ; du Jeudi saint (Cena
Domini, die Jovis absolati); de la dédicace de l'église (abbatiale), 9 des
1. Bih. nat. ms.fr. 20848, p. 55.
a. Arch. nat. LL. io4i, p. ih.
— "9 —
calendes de mai, aS avril ; de l'anniversaire de Lucienne, mère de
Renaud, ancien prieur d'Avrainville, 5 des nones de mai, 3 mai; de
l'anniversaire de Sibile de Ros, qui avait donné aux religieux 3o livres,
pour acheter la voirie de l'endroit, 3 des nones de mai, 5 mai ; de
l'Ascension de Notre-Seigneur ; de la fête de saint Germain, 5 des ca-
lendes de juin, 28 mai ; de l'octave de la Pentecôte ; de l'anniversaire
de Geoffroy Broutin, 7 des calendes de juillet, aS juin; de saint Jean-
Baptiste, 8 des calendes de juillet, 2Z1 juin; de saint Pierre et saint Paul,
3 des calendes de juillet, 29 juin ; de l'anniversaire de Simon de Ver,
7 des ides de juillet, 9 juillet; de la translation des reliques de saint
Benoît, 5 des ides de juillet, 11 juillet; de la fête de saint Thuriave,
3 des ides de juillet, i3 juillet; de la translation des reliques de saint
Germain, 8 des calendes d'août, 20 juillet ; de l'anniversaire de Renaud
d'Avrainville, 8 des ides d'août, 6 août; de la fête de saint Laurent,
4 des ides d'août, 10 août ; de l'Assomption de la sainte Vierge ; de la
fête de saint Georges, Aurèle et Nathalie ; de la Nativité de la sainte
Vierge ; de l'Exaltation de la sainte Croix, 18 des calendes d'octobre,
i4 septembre ; de la fête saint Denis, 7 des ides d'octobre, 9 octobre;
de l'anniversaire de Jehan de Chétainville, t\ des nones de novembre,
2 novembre ; de l'anniversaire d'Evrard de Villepreux, 6 des ides de
novembre, 8 novembre ; de la fête de saint Martin, 3 des ides de no-
vembre, II novembre; de l'anniversaire de Richard, 18 des calendes
de décembre, i4 novembre ; du premiers dimanche de l'Avent, Aspi-
ciens alonge; de la mémoire de bienheureuse Marie, in mcmoria beatse
Mariée, 6 des ides de décembre, 8 décembre ; de Noël ; de la fête des
saints Innocents, le 5 des calendes de janvier, 28 décembre ; de l'anni-
versaire de Jehan Romain*.
Les 3 février 1791, la ferme d'Avrainville avec les bâtiments pour
l'exploitation, cour et jardin, plus de 180 arpents de terres labourables
et 36 arpents de bois taillis, fut vendue 104.000 livres, à Guyot, ancien
commissaire au Châtelet, rue des Quatre-Vents-.
Juridiction temporelle.
En 1270, les religieux de Saint-Maur-des-Fossés et de Saint-Germain-
I. Anniversaires mensuels, Anh. nnt. LL. 1027, p. 83.
3. N* !i, district de Corbeii, registre de la vente des biens nationaux (Versailles).
— 120 —
des-Prés avaient un litige relatif à certains droits de justice et de voirie
à Avrainville. Pour terminer ce différend, ils choisirent des arbitres et
promirent de s'en tenir à la décision qu'ils prendraient ^ Ces juges
prononcèrent-ils une sentence ? S'ils le firent, ils ne réussirent nulle-
ment à éteindre l'animosité qui existait entre les deux partis. En 1288,
les passions s'échaulTèrent et la lutte devint bientôt ardente. On se
laissa aller à de sauvages agressions. Le prieur d' Avrainville avait fait
creuser im gué où les habitants menaient leurs chevaux et les autres
animaux boire et se baigner. Cette entreprise déplut au prieur de Saint-
Clément de Chastres, membre de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés.
La veille de l'Ascension, il convoqua plusieurs de ses gens et se trans-
porta au dit abreuvoir. Par ses ordres, il fut comblé en quelques
instants. Tous ces hommes ne s'arrêtèrent pas en si beau chemin : ils
avaient soif de vengeance. Sans respect pour la justice, ils envahirent
le territoire du prieur d'Avrainville, et blessèrent mortellement à la
tête un serviteur qu'ils rencontrèrent sur leur chemin. Cela ne sufTisait
par encore. Le samedi suivant, des personnes armées se portèrent en
pleine nuit à la demeure du prieur d'Avrainville, essayant d'en forcer
l'entrée ; car ils voulaient se saisir de sa personne ou de l'un de ses
serviteurs pour le maltraiter. Ne pouvant réussir dans leur dessein,
les bandits ne se retirèrent pas avant d'avoir mis le comble à l'injure.
Le latin habitué à braver l'honnêteté est seid capable d'exprimer les
méfaits qui se commirent alors. 11 le fait en ces termes : « Quando
viderunt se non posse intrare, removerunt femoralia sua et per poste-
riora sua fœdaverunt postem prioris usque ad clausuram. » Tout s'é-
tait accompli avec l'agrément du prieur de Chastres, son écuyer figu-
rait même parmi les assaillants. Cet événement causa une scandaleuse
rumeur. Les abbés de Saint-Maur-des-Fossés et de Saint-Germain-des-
Prés s'entendirent pour châtier les coupables. Le prieur de Saint-
Clément de Chastres dut se présenter devant les religieux de Saint-
Germain assemblés au chapitre, formuler des excuses et affirmer sous
la foi du serment qu'il n'avait point provoqué les injures dont le prieur
d'Avrainville se plaignait à bon droit. Ce dernier comparut aussi devant
l'abbé de Saint-Maur et protesta qu'il n'avait donné aucun ordre pour
arracher les bornes qui séparaient les deux prieurés et couper des
I. Arch. nat. L. 766, n° 17.
121
saules sur le territoire de Saint-Clément de Chastres, comme on l'en
avait accusé injustement. Le prieur de Saint-Eloi, le trésorier de
Saint-Germain-des-Prés et Geoffroy de Saint-Lovens furent choisis
comme arbitres par les complaignants (3 mars 1288)'. Ils devaient se
prononcer sur la cause des bruyants conflits que nous venons de
raconter : il s'agissait de droits juridictionnels depuis longtemps
contestés. Au mois d'avril 1290, ces juges déclarèrent qu'ils mainte-
naient aux religieux de Saint-Germain-des-Prés la justice et la voirie
sur les terres de l'abbé et du couvent de Saint-Maur-des-Fossés, à
AYrainville^
Quoique les Bénédictins n'eussent pas de château en ce lieu, mais
seulement une ferme, ils y exerçaient la justice sur tout le territoire.
Cette justice s'étendait même sur une maison située à Châtres (Arpajon),
près l'église Saint-Clément, hôtellerie dont nous avons déjà parlé et
qui était connue sous l'enseigne du Singe Yerd. De temps immémorial,
les religieux de Saint-Germain y tenaient une assise, au jour de la
Saint-Martin d'hiver, avec leurs prévôts et leurs officiers. Dans cette
assemblée, les justiciables de la justice d'Avrainville étaient appelés
nominativement et obligés de comparaître en personne ou de faire
valoir une excuse. Chaque chef de famille y était représenté. Ceux qui
ne pouvaient produire une excuse légitime étaient condamnés par le
prévôt à une amende de trois Hvres. On lisait, dans cette tenue des
assises, les ordonnances de police d'Henry II, les règlements concer-
nant les bestiaux et les droits limitant les pâturages. Après l'audience,
le propriétaire de l'hôtellerie du Singe Verd était tenu de donner un
dîner maigre aux officiers de la justice d'Avrainville, et de payer, en
outre, dix sols de redevance à la seigneurie du même nom \ Lu docu-
ment du 3 octobre lôay montre que la justice d'Avrainville ne ressor-
tissait point de Monllhéry, mais du bailli de l'abbaye de Saint-Germain,
ou du Châtelet de Paris, suivant qu'on appelait en première ou en
seconde instance*.
Plusieurs sentences de mort furent prononcées à Avrainvillc ou
contre des habitants de cet endroit. Guillaume Cordier, varlct boucher,
1. Arch. nal. L. 766, n° 18 ; LL. lo-'i^, p. 90.
2. Id. LL. 1 1^6, p. /I9G.
3. Antiquités de Paris, par du BaEUL.
4. Arch. nat. LL. io44, p. i33.
IQ3
avait mauvaisement tué et meurtri un marchand de bétail, Jehan
Dumas, de Bourges, qui se rendait à Paris. Saisi à Avrainville, il fut
jugé et exécuté dans la capitale. Les religieux de Saint-Germain-des-
Prés protestèrent. Le prévôt daigna leur déclarer que cet acte ne porte-
rait point préjudice à leurs droits pour l'avenir (27 septembre 1367)'.
Louis de la Fosse, retenu dans la prison d'Avrainville, fut condamné
à être étranglé à une potence, sur le chemin allant de Châtres aux bois
deTorfou. Il devait ainsi expier ses multiples larcins, espiements de
chemin et meurtres. Ses biens furent confisqués au profit des Bénédic-
tins ( 28 septembre i5ii)\
Le sieur Jean Gautier avait perpétré un homicide. Sachant le triste
sort qui lui était réservé, il se hâta de prendre la fuite. Cette prompte
disparition n'arrêta point l'œuvre de finexorable justice. Elle com-
manda que le coupable serait suspendu à une potence, au carrefour
d'Avrainville, en personne, s'il avait la bonté de se laisser appréhender,
sinon, en effigie, pendant vingt-quatre heures. Ses biens furent adju-
gés par moitié à ses cohéritiers et à l'abbé de Saint-Germain, le cardinal
de Tournon (29 septembre i553) '.
Il était défendu de proférer des blasphèmes. Pour avoir commis ce
crime, le sieur Cheval fut condamné à trois Uvres d'amende (28 février
i548)\
Les profits de la justice d'Avrainville, greffe, tabellionage et geôlage
du dit lieu, la moitié des aubaines, confiscations et voiries furent
donnés à bail pour la somme annuelle de 20 livres (août i536)'. Jean
Feuilleret, qui en était le fermier, refusait de payer une année échue. Il
se vit saisir, d'après des lettres obtenues parle cardinal de Tournon,
i5o livres d'étain, tant pots, plats, brocs, cuillères, assiettes, trois
chaudrons tenant chacun deux seaux, une poêle ronde d'airain,
tenant trois seaux, deux lits et traversins garnis de plume. Le tout
fut vendu au dernier enchérisseur (3o avril i543)\
La police se faisait aussi avec une grande régularité à Avrainville.
I. Arch. nat. LL. 10/12, p.
a. Id. LL. io44, p. 90.
3. Id. LL. loii, p. 10/t.
4. Id. LL. io44, p. io4.
5. Id. LL. 11/46, p. /ig6.
6. Id. LL. io44, p. 94.
123 —
Elle veillait à maintenir Tordre et à défendre les intérêt des religieux de
Saint-Germain. Comme ceux-ci avaient droit de banalité, personne ne
pouvait, sans leur permission, venir prendre du blé sur leur territoire
et l'emporter moudre à son moulin. Le sieur Hubert Smsart, qui
demeurait à Villouvette S allait, en dépit de ce règlement, à la cbasse
des grains, même les fêtes et dimanches. Le prévôt condamna le délin-
quant à 6 livres d'amende et donna l'ordre de confisquer, de vendre sa
quevalle ou monture, s'il ne voulait pas payer (3o juillet 162 1) \
On avait trouvé exposé sur une voie publique d'Avrainville un enfant
du sexe masculin, âgé d'environ un mois. 11 était enveloppé de
méchants drapeaux. La pohce locale le fit recueilbr et confia a une
honnête femme le soin de l'élever. Avant tout, elle ordonna de le porter a
l'église pour qu'il reçût le baptême des mains du curé (12 avril 1670)'.
Les Bénédictins avaient le droit de dîmes sur tout le territoire
d'Avrainville. La grange au Prieur, qui relevait du convent de Saint-
Clément de Chastres, était soumise à ce dîmage*.
Suivant un arrêt du Parlement (28 mai i343), les habitants d'Avrain-
ville qui cultivaient des vignes à moitié devaient payer aux rehgieux
un denier pour chaque muid de vin, sous peine de 5 sous pansis
d'amende".
Le 19 may 1664, Mathurin Dugas demanda à établir une volière au-
dessus de la porte de sa maison pour y mettre autant de pigeons que
l'usage ordinaire le permettait".
Le même fit observer aux religieux que devant sa demeure se trou-
vait une mare profonde de 8 ou 10 pieds, à laquelle aboutissaient deux
grands chemins. Des accidents pouvaient arriver. Il était à craindre
que les voyageurs n'y tombassent la nuit, et en outre, c'était un danger
permanent pour les enfants. Les Bénédictins, après avoir examiné les
choses, lui permirent de l'enclore dans sa propriété, de reculer les voies
publiques, en rendant autant de terrain qu'il en prendrait (26 février
1670)'.
1. Villelouvette, commune d'Egly (Seine-et-Oisc).
2. Arch. nat. L. 766.
3. Id. LL. io4i, p. lyo.
li.Id. LL. io46, p. 5ai. , r , a • 1;
5. Monuments historiques n° 12GG, par Taudh", Arch. nnt. K. 4>i, n a».
6. Arch. mit., L. 766.
7. Bib. nat. ms.fr. 16857, p. 9.
— 124 — '
Clément Buchère, conseiller et secrétaire du roi, adressa une requête
analogue aux religieux de Saint-Germain, le 12 octobre 1666. Il possé-
dait à Avrainville la ferme de Beauvaisies. A cet endroit, le chemin
formant une courbe était très étroit et fort incommode : deux harnois
n'y pouvaient passer de front. Il proposait de donner du terrain pour
le redresser, si on voulait bien lui accorder d'enclore l'ancienne voie
dans sa propriété. Dom Arsène Moriceau et Jean Barre, cellérier, dési-
gnés pour examiner l'état des lieux, jugèrent à propos qu'on fît droit
à la demande (8 mai 1O67) '.
Le 8 août i7oZ|,on fixa les limites entre Avrainville et les seigneuries
de Chétainville et de Guibeville. 11 fut convenu que le chemin de la
Chastrcs à Lardy servirait comme ligne de démarcation. Tout ce qui
était à droite faisait partie de la seigneurie d'Avrainville; et tout ce qui
se trouvait à gauche appartenait aux seigneuries de Guibeville et de
Chétainville \
L'abbé Genoux, conseiller en la grande chambre du Parlement de
Paris, sollicita des religieux de Saint-Germain la permission de chasser
sur leurs terres, comme ils l'avaient accordé au marquis de Maulé-
vrier. La communauté pourrait y envoyer chasser lorsqu'elle le juge-
rait à propos. L'abbé Genoux promettait de prendre à sa charge et de
faire recevoir à la table de marbre un garde chargé de veiller spécia-
lement sur le territoire d'Avrainville (3o décembre 1725)'.
Le sieiu- Veydeau de Grand mont, seigneur de Chétainville, neveu
de l'abbé Genoux, demanda et obtint le même privilège. 11 donnait
pour motif que la tour d'Avrainville était insuffisamment gardée. Les
braconniers y pullulaient et envahissaient même son domaine. Etant
capitaine des chasses à Avrainville, il saurait remédier à cet abus. 11
s'engageait à donner 10 pistoles au garde des religieux et à lui laisser
tirer du gibier pour les malades (26 novembre 1736) ''.
Les chasses d'Avrainville furent données, le 5 mai 1742, au pré-
sident de Lamoignon, seigneur de Boissy. 11 fut stipulé que le
gardCj qu'il nommerait devait porter une bandolière aux armes de
1. Chap. conv. Bib. nal. ms. Jr. iG856, p. a66.
3. Id. 16857, P- 38.
3. Id. i6858, p. 4o.
'4. Id. i6858, p. ai5.
25
Saint-Germain-des-Prés, et, en cas de délit, faire rapport devant les
otficiers de l'abbaye*.
Le comte de Clermont, prince de sang, abbé de Saint-Germain,
obtint ces mêmes chasses, le 29 septembre 1764 '.
Seigneurie spirituelle.
Possesseurs de la terre d'Avrainville, les religieux de Saint-Germain-
des-Prés souhaitèrent aussi d'avoir la jouissance et le patronage de
l'église, dédiée à la sainte Vierge. Ce désir se réalisa. A la demande de
l'abbé Robert, qui vivait au commencement du règne de Philippe P",
Geoffroy, évèque de Paris, leur donna les églises de Suresne et d'Avrain-
ville en échange de la moitié de la terre de la Guerche (Garche), avec
un moulin sur la petite rivière de Sèvres. Toutefois, il se réserva les
droits de synode et de visite (1070) \
L'église d'Avrainville était connue sous le vocable de Notre-Dame.
Elle date en partie du XP siècle et appartient au style roman. La nef est
lambrissée depuis 1728. La voûte du chœur remonte au XVP siècle.
Le clocher est aussi de l'époque romane. 11 est surmonté d'une flèche,
couverte en ardoise. Il contenait 3 cloches, à l'époque de la Révolu-
tion.
Avrainville était exempt de toutes redevances envers les légats du
pape. Eude, évèque de Tusculum, représentant du Saint-Siège en
France, le reconnut, le 18 décembre 1246, et sur les réclamations
d'Hugues d'Issy, il restitua aux Bénédictins les sommes qu'il avait
injustement perçues*.
Une complète harmonie ne régna pas toujours entre les religieux de
Saint-Germain et les curés d'Avrainville et des environs. De nom-
breuses contestations s'élevèrent entre eux et eurent pour cause la
défense d'intérêts matériels ou la revendication d'honneurs légitimes,
comme nous le verrons.
Frère Jehan Drouet, prévôt d'Avrainville, et Jehan Morin, maistre
1. Chap. Conv. Bib. nat. ms. fr. 1C868, p. aBg.
a. Id. 16859, p. 167.
3. Arch. nat. LL. ii53, p. 53.
ti. BoNNiN, Possessions de Saint-Germain en Seine-et-Oise, p. 270.
126 —
es arts, licencié en décret, curé de Chétainville (ou Cheptainvillc), avaient
un procès touchant les dîmes de Guibeville. Ils s'entendirent enfin et
passèrent une transation qui leur permettait de les partager toutes,
grosses et menues (7 juillet i38i)^
Le curé d'Avrainville se croyait sans doute fondé à formuler des
plaintes et à prendre des mesures pour parfaire ses moyens de subsis-
tance. Une sentence en cour d'église lui défendit de lever aucune dime
ni cens pour compléter son gros (12 mai i5o7)-.
Le i" septembre 1G46, une sentence du Parlement maintint les
Bénédictins comme curés primitifs d'Avrainville et leur attribua la
jouissance des grosses, menues et vertes dîmes, mais elle leur enjoi-
gnait de faire l'aumône aux pauvres jusqu'à concurrence des constitu-
tions canoniques, de faire réparer l'église pour qu'elle fut décente, de
fournir au curé pour son gros 3 muids de grain et de vin.
Guillaume Roussel, vicaire perpétuel, jouissait d'une pièce de terre
appartenant à la cure. 11 était accusé d'avoir empiété sur les droits des
relio-ieux de Saint-Germain en étendant les limites de cet immeuble.
Celui-ci, au contraire, soutenait qu'il était victime d'un larcin et qu'on
lui avait ravi un quartier de terrain. Pour mettre un terme à ce litige,
les Bénédictins consentirent à transiger. Ils s'engagèrent à payer au
curé une rente perpétuelle de 6 livres, s'il leur abandonnait l'arpent de
terre, objet de la contestation. Cet accord trouva bon accueil (3o octo-
bre 1607)'.
Le sieur Roger, vicaire perpétuel d'Avrainville, se plaignait qu'on
mélangeait toutes sortes de grains avec les deux muids de blé mesteil
qu'on devait lui donner. Il obtint des religieux qu'ils lui fourniraient
ce blé mesteil sans mélange (G juin iG64)^ Le même affirmait que des
terres en friches sur la butte de Montevrain avaient été nouvellement
labourées. 11 en réclamait les dîmes novales, suivant l'arrêt de i656^
On lui démontra que ces terres avaient été jadis cultivées : on y voyait
encore des sillons et on trouvait des racines de vignes. 11 fut donc
débouté de ses prétentions (3 janvier 1670) \
I. Arch. nai. LL. loU, p- ho.
a. Id. LL. ioi/!|.
3. Arch. nat. LL. io/i4, p- G2. Ghap. conv. Bib. nat. ms. fr. iG856.
tt. Arch. nat. LL. lolik, p. 6G.
5. Id. LL. lohli, p- G2.
G. Id. LL. io44, p. 74-
— 127 —
A Avrainville comme dans plusieurs localités, la question des droits
honorifuiues devint une source de graves difficultés et de regrettables
incidents. En i856, Antoine Grégoire, premier marguillier, déclare que
maître Guillaume Roussel, vicaire perpétuel, s'est emparé des orne-
ments, calices, linges et même des livres de l'église pour empêcher le
maître d'école d'apprendre aux enfants de la paroisse à chanter. Quelle
était la cause de ce conflit? Le curé voulait-il se venger des religieux et
entraver l'exercice des droits qu'ils avaient comme seigneurs patrons?
Tout porte à le croire. En effet, le 28 août de la même année, le prévôt
commanda au sieur Guillaume Roussel de restituer les objets qu'il
avait pris. Un mois plus tard, le i3 octobre iG56, une sentence du
Parlement confirma les Bénédictins, comme curés primitifs, en la pos-
session de leurs droits de préséance. Elle leur reconnaissait le privilège
d'avoir un banc dans le chœur pour eux et leurs officiers, et de célébrer
l'office divin, aux quatre principales fêtes de l'année. Le vicaire perpé-
tuel était obhgé de les assister pendant toute la cérémonie ^
Un procès-verbal, daté du i^'' juin 1G64, nous fournit des détails à
ce sujet. Le R. P. Serge Bourgoin et Dom François Thomas, religieux
de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, se présentèrent à Avrainville,
la veille du jour de la Pentecôte, vers l'heure de midy. Sur les deux
heures, ils firent sonner les vespres et tinter en la manière accoutu-
mée. Etant entrés en la dite église, ils trouvèrent le sieur Pierre Roger,
leur vicaire perpétuel, qui les accompagna à la sacristie. Il présenta au
R. P. Bourgoin, désigné pour officier en la présente solennité, des
ornements convenables, savoir : un amict, une aube, une étole et une
chappe. Lui-même, revêtu d'une chappe, conduisit au grand autel,
puis devant le pupitre, au lieu curial, le célébrant, qui entonna les
vespres. Les assistants les continuèrent. Là se trouvait Pierre Bedeau,
directeur des petites écoles et chantre ordinaire, avec plusieurs de ses
écoliers. Pendant l'office, le sieur François Roger annonça les antiennes
et présenta l'encensoir pour l'encensement pendant le Magnificat. Le
lendemain, le R. P. Bourgoin fit sonner les matines à cinq heures du
matin. Nous voyons qu'il donna la bénédiction au vicaire perpétuel,
qui chanta l'homélie et la première leçon. A neuf heures, les cloches
appelèrent les fidèles à la grand'messe paroissiale. Le même religieux
I. Arch. nat. LL. naS, p. /Igi ; LL. io44, p. 62.
— 128 —
la célébra. 11 fit l'eau bénite, présida la procession, bénit le pain pré-
senté à l'offertoire, reçut les offrandes, annonça le prône, distribua la
communion aux paroissiens et remplit toutes les autres fonctions
curiales. Le sieur Roger l'assistait comme diacre. Les choses se passè-
rent de la même manière aux secondes vespres. Avant son départ, le
R. P. Bourgoin remit à Guillaume Piffret, principal marguillier, l'argent
qu'il avait recueilli, pour qu'il fût employé au profit de l'église'.
Le vicaire perpétuel ne montra pas toujours la même soumission et
la même déférence envers les moines de Saint-Germain. 11 demandait
qu'on enlevât leur banc du chœur et qu'on mît à la place une chaire
pour le célébrant. Les Bénédictins ne pourraient s'y asseoir qu'aux
quatre fêtes solennelles de l'année. La chose fut portée devant le Grand
Conseil, qui statua contrairement aux désirs du sieur Roger. 11 lui
défendit de troubler les religieux dans la possession de leur banc.
Lorsque les religieux seront absents, dit la sentence, la place d'hon-
neur n'appartiendra point au sieur Roger ; il se placera à gauche dans
le chœur. Il aura soin de recommander les religieux aux prières du
prône, après le roi, la famille royale, et l'archevêque de Paris, sous
peine d'être privé de son temporel. Le jugement accordait encore aux
religieux et à leurs officiers les honneurs et préséances de l'eau
bénite, de la paix et de l'encens, et interdisait au vicaire perpétuel de
prendre à l'avenir le titre de curé (26 juin 1669) ^.
Les choses en étaient là, lorsque survint un nouvel incident. Nous
trouvons le fait exposé tout au long et nous en donnons le récit tel
qu'il existe. Le procès-vei'bal que nous citons est ainsi conçu : « Ce
jourd'hui, 2 mars 1G70, sur les 3 à l\ heures après midi, pendant les
vêpres, un prestre revêtu de la soutane, d'un surplis et bonnet quarré,
lequel, après avoir fait sa prière devant le crucifix de l'église, a
monté au pied du ballustre du grand autel, où étant à deux genoux.
Jacquet Herlan, premier marguillier en charge, est venu avertir le
père Joseph Anne, religieux et procureur de l'abbaye de Saint-Ger-
main-des-Prés qui était dans la première et principale place du chœur,
en entrant, à main droite, qui est la place ordinaire de messieurs les
vénérables religieux du couvent de Saint-Germain, pour venir donner
la bénédiction au susdit prêtre, en qualité de curé primitif, avant de
I. Arch. nat. LL. io44> p. 66.
a. Id. LL. 1044, p. 7a.
129
monter en chaire et annoncer la parole de Dieu aux peuple et habi-
tants qui étaient dans l'église. Le dit procureur, étant sorti de sa
place, est allé au grand autel. Après avoir adoré le très saint Sacre-
ment, il s'est levé sur le marchepied d'icelui-cy, et ayant reçu l'étole de
la main du marguillier ci-dessus nommé, s'est tourné vers le dit prêtre
qui était à genoux au pied du dit grand autel, et le père Procureur
s'étant mis l'étole a donné la bénédiction au dit prêtre pour aller
prêcher, ce que voyant maître Pierre Roger, prêtre et vicaire perpé-
tuel de la dite église d'Avrainville, qui chantait à sa place l'oraison
des vêpres, a interrompu et quitté, à moitié de l'oraison, sa place
pour venir quereller et insulter le dit père Procureur, avec passion et
paroles qui témoignaient beaucoup de chaleur et émotion d'esprit du
dit Roger, auquel le dit Procureur a doucement dit : « Monsieur, vous
« deviez achever l'oraison des vêpres et ne pas troubler la dévotion
« du peuple. » Ce à quoi le dit Roger a répondu avec beaucoup de
chaleur et d'un ton fort courroucé : u Vous n'avez que faire ici, je ne
« vous connais point hors les fêtes principales. » En s'en retournant à
sa place, sans achever les vêpres, il a dit plusieurs paroles peu
décentes et respectueuses pour le saint lieu, où il était. Le R. P.
Procureur requit le sieur Mathurin Degast, conseiller du roi, contrôleur
des barrages et pavés de la ville, prévôté et vicomte de Paris, prévôt
de la prévôté et châtellenie d'Avrainville, qui assistait aux vêpres,
et le pria de dresser un procès-verbal de cette scène scandaleuse ^
Le 3o mars 1670, le sieur Roger intenta un procès aux Bénédictins
devant la cour du Parlement. 11 demandait que les religieux ne le
troublassent point dans son droit de donner la bénédiction les jours
qu'il y avait sermon à l'église. 11 leur défendait de prendre les obla-
tions et les offrandes de la confrérie du baston de la Vierge, érigée en
la dite église d'Avrainville, et il leur réclamait celles qu'ils avaient
indûment perçues. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés décla-
raient qu'ils laisseraient toute liberté au vicaire perpétuel pour exercer
ses fonctions curiales, hormis aux quatre solennités qu'ils s'étaient
réservées. On ne voit pas qu'il fut qiiestion dans les débats de la béné-
diction à donner aux prédicateurs et des offrandes à prélever. Que fut-il
réglé sur ce point? Nous l'ignorons ^
i. Arch. nat. LL. ioi4, p. 76.
2. /</. LL. loii, p. 7G.
9*
— i3o —
Les Bénédictins ne se transportèrent pas toujours à Avrainville pour
célébrer l'office divin aux jours désignés. Nous voyons, en effet, dans
les conditions du bail, que le fermier était chargé de payer l'honoraire
d'une messe basse à Noël, Pâques, la Pentecôte et l'Assomption.
Le 28 mai 1682, les marguilliers notèrent que les religieux de Saint-
Germain-des-Prés avaient donné à l'église trois gros livres tout neufs
servant au lutrin : deux, appelés Antiphonarium, et un autre, nommé
Graduale, de la nouvelle impression et reliés de veau ^
Certains particuliers se montrèrent aussi jaloux des signes de dis-
tinction que les seigneurs du lieu.
Le 23 janvier 1G76, Regnault Lambert, sieur de la Mothe-Roche-
mont et d'Echainvilliers, revendiqua les droits honorifiques à cause de
ce dernier fief. Il somma le curé, les marguilliers et le bedeau de les
lui déférer, immédiatement après le prévôt principal des religieux*.
Le 7 août de la même année. Clément Buclière, conseiller du roi en
son grand conseil, demanda en cette qualité, pour lui et son épouse, le
droit à l'eau bénite, au pain bénit et aux autres honneurs de préséance,
dans l'église d'Avrainville, immédiatement après les seigneurs hauts
justiciers et avant leurs officiers. Les religieux s'y opposèrent et lui
interdirent de prendre le titre de la Beauvoisie. Le Parlement lui
accorda ce qu'il souhaitait, le pain bénit, après les seigneurs, et le
premier rang après eux à l'offrande, et dans les processions \
Le sieur Degast, prévôt d'Avrainville, devait à l'église i5 livres de
rente sur un demi-arpent de terre et sur une grange de deux espaces,
le tout situé dans la bourgade. Avec le consentement du curé et des
marguilliers, il transporta cette rente sur une grange et une maison,
rue des Pipets (29 janvier 1679) \
La ferme des Bois-Blancs se trouvait chargée d'une rente de 6 livres
envers l'église d'Avrainville. Les marguilliers s'entremirent pour que,
lors de la vente de cette ferme, l'adjudicataire fût rendu responsable
de cette redevance (3 décembre i697)\
Le \l\ juin 1680, les marguilliers et les paroissiens d'Avrainville,
1. Arch. nal. LL. io/ii, p. 82.
2. Id. LL. io4'i, p. 81.
3. Id. LL. 104/4, p. 78.
li. Id. LL. loW, p. 82.
5. Id. LL. io/i4, p, 83.
— i3i -
voulant bâtir une sacristie pour la commodité et décence de leur
église, demandèrent à prendre 8 ou 9 pieds carres de terrain sur la
cour de la maison seigneuriale'.
On accorda au sieur Buchère d'avoir dans le chœur un banc clos
long de 7 pieds sur 3 et demi de large, avec ses armes en bois, et, à
côté svir la muraille, une épitaphe. Ses descendants devaient donner
par écrit une reconnaissance de cette concession (3o mai 1G61)-.
Pierre Cartier, bourgeois de Paris, qui habitait Avrainville, demanda
à avoir dans l'église un banc fermé, long de 7 pieds sur [\ pieds de
large, vis-à-vis de la grande vitre qui est sous les cloches. Ce banc ne
pouvait être attaché. Il s'engagea à payer une rente de k livres par an
rachetable pour la somme de 60 livres. Ces conditions furent acceptées
(16 mai 1666)^.
Mathurin Degast, contrôleur des barrages et pavés des ville, pré-
vôté, vicomte de Paris, secrétaire du sieur de Genoux, seigneur de
Guiberville, demanda à placer un banc fermé dans la nef, du côté
droit, auprès du chœur. Il devait faire le pendant d'un autre banc
situé à gauche et servir d'ornement. Il s'engagea à témoigner sa recon-
naissance à la fabrique de l'église (1680)*.
Prieurs
12 16. Raynaud.
i3i4. Guillaume de Saint-Yeran.
i466. Jean Closier (prévôt).
1^90. Jean Drouet (id.).
Curés
ir)i3. Certain.
1641. Guillaume Roussel.
i633. François Salut.
1662. Andrieu.
i66/i. Roger François.
1. 7?(6. nat. ms.fr. Cliap. conv. FF. 1G857, p. i45.
2. ht. i()855, p. 1(11 ; Arch. nat. LL. lo/i'i, p. 05.
3. Arch. nat. LL. io^/i, p. 69.
Ix. Id. LL. lo't-'i, p. 85.
— iSa —
YILLENEUVE-SAINT-GEORGES
La bourgade ainsi désignée, distante de quatre lieues de Paris, se
trouve assise sur la rive droite de la Seine, à l'endroit où la rivière de
Yerres se perd dans ce fleuve. Elle compte parmi les communes du
canton de Boissy-Saint-Léger, arrondissement de Corbeil, et appartient
actuellement au diocèse de Versailles, après avoir été détachée de celui
de Paris. S'il faut en croire l'abbé Martin ', elle est très ancienne et doit
son existence à une colonie de Celtes. Le nom qu'elle porte n'est point
son nom primitif. Autrefois, on l'appelait simplement : Villeneuve.
Mais bientôt apparut sur la rive opposée de la Seine un village avec
une dénomination analogue. Pour la distinguer de cette localité, on
ajouta à son nom celui de son patron. Le premier document authen-
tique qui nous parle de Villeneuve-Saint-Georges date du 27 mars 779.
C'est une charte de Charlemagne. Comme Pépin, son glorieux père, il
exempte à toujours les religieux de Saint-Germain de tout péage pour
les objets destinés à leur entretien. 11 leur accorde en plus des droits de
tonlieue (?) qu'un comte Gérard levait à Villeneuve-Saint-Georges'.
D'où provenait ce domaine ? Le monastère de Saint-Germain-des-Prés
le devait-il aux libéralités de Childebert I'^' ou de Clovis II, ou l'avait-il
reçu en donation, vers l'an 720, en même temps que Valenton, comme
le soutient l'abbé Lebœuf (v-29) ? Faute de preuves, il est impos-
sible de se prononcer sur ce point. Irminon écrit, dans son Polyptyque,
que cette propriété comprenait : un manoir seigneurial, 172 bonniers
de terres labourables, 166 arpents de prés, 91 arpents de vignes et une
iorèt mesurant 4 lieues de tour, dans laquelle on pouvait nourrir
5oo porcs. Le village comptait alors 60 maisons affranchies et i4 mai-
sons de serfs.
C'est de Villeneuve-Saint-Georges que l'abbaye de Saint-Germain
tirait le vin dont elle usait journellement. Ce fait est constaté par une
1. Canton de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise).
2. Eglise de Villeneuve-Saint- Georges.
3. Tardif, Monuments historiques, p. 6a; Arch. nat. K. 7, n° a.
— i33 —
charte de l'an 872, confirmée par Charles le Chauve. On y lit ce
passage : « Vinum autem in potum cotidianiim refectionis ex Teodaxio
et Villanova, tam de vineis dominicis quam pascionibus dari censui-
mus. ))(2o avril 872) ^
Vers la même époque, il y avait deux religieux à Villeneuve : « Duo
monachi in villanova Sancti Georgii esse debent, non quieti, sed labori
vacantes \ «
Dans le cours des âges s'effectuèrent de nombreuses transactions au
profit de Villeneuve-Saint-Georges. C'est d'abord au XIP siècle Robert
de Fulfuri qui donne à Simon, abbé de Saint-Germain, Bernard d'Ory,
son homme de corps, avec toutes les terres et possessions que celui-ci
avait au delà de la rivière du Morain et, de plus, une maison à Ville-
neuve-Saint-Georges. En retour, les Bénédictins lui donnent 90 livres
de Provins. Robert fait cette donation pour le plus grand bien de son
âme et celle de ses parents \
Comme Frère Simon avait fait à Villeneuve-Saint-Georges des acqui-
sitions avantageuses pour l'abbaye, on tint à le récompenser de sa
dihgence en instituant à perpétuité la célébration d'un service anni-
versaire solennel pour le repos de son âme *.
En 12 [5, Rodert de Braye et Aanor, son épouse, donnent en pure
aumône à Saint-Germain-des-Prés tout ce qu'ils peuvent prétendre sur
i4 muids de vin blanc et 60 muids de vin rouge qu'ils percevaient sur
les terres des religieux à Villeneuve-Saint-Georges et Valenton ^ Ils
vendent le reste de leurs revenus au prix de 5oo livres. Les Bénédictins
leur promettent une part dans leurs prières ^.
Deux ans auparavant, Eustache, abbesse de Notre-Dame-Sainte-Marie
d'Yerres, affermait la sixième partie du port de Villeneuve, qui lui
apparteriait, pour la somme de 1 1 sols 4 deniers. Elle prélevait 8 sols et
abandonnait le reste à Saint-Germain-des-Prés '.
Une lettre de Guillaume, évê(iue de Paris (novembre i23o), porte
qu'Adam Rigaud a vendu à Odon, abbé de Saint-Germain, pour
I. Tardif, p. i33. Arch. nat. K. l^, n° 10.
a. Bib. nat. ms. lai. i2838, p. 82.
3. Arch. nat. LL. 1087, p. 8.
4. Id. LL. 1090, p. 43.
5. Id. L. 809; LL. 1087, p. i5.
6. Id. LL. 1087, p. i5.
7. Id. LL. 1087, p. i5.
— i34 —
loo livres parisis, tout ce qu'il avait à Villeneuve-Saint-Georges,
comme terres, hôtes, dîmes, censive, justice, taille, etc. '.
Quelques années plus tard (octobre i233), Jean Malelerrc et son
épouse, Alide, donnent aux Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés le
cinquième de ce qu'ils possèdent à ^ illeneuve-Saint-Georges. Ils lui
vendent le reste pour la somme de 228 livres'.
En 1289 (mars), l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés acquiert 3 quar-
tiers et demi de vignes à Villeneuve-Saint-Georges, au lieu appelé
Marmerel, pour la somme de 20 livres ^
Presqu'à la même époque (août 1239), Guillaume de Villeneuve-
Saint-Georges donne à Saint-Germain tous ses biens présents et
futurs. 11 ne s'en réserve que l'usufruit'. C'est sans doute le même qui,
en 1262, gratifia la pitancerie de Saint-Germain-des-Prés d'une maison
sise à Villencuve-Saint-Georges^.
La môme année (avril 1262), Thyon de Villeneuve-Saint-Georges, dit
Ribaud, et sa femme, cèdent en pure aumône à l'abbaye de Saint-
Germain, pour l'œuvre des pitances, une maison sise à Villeneuve. Ils
s'en réservent l'usufruit \
Ce bienfaiteur s'engagea (septembre i253) à payer à l'abbaye pen-
dant sa vie et celle de sa femme une rente de 3o sols pour l'anniver-
saire de feue Alaine, sa première épouse, lis donnent une maison au
monastère de Saint-Germain pour que l'on continue de célébrer après
leur mort le dit anniversaire^.
Jean d'Issy avait bien mérité pour sa fructueuse administration pen-
dant qu'il était prévôt de Villeneuve-Saint-Georges. L'abbé et le couvent
de Saint-Germain-des-Prés le récompensèrent en lui accordant la jouis-
sance de plusieurs domaines (octobre i25Zi)\
L'année suivante, Geoffroy et Jean Chalandre avec leurs épouses
prirent à rente annuelle des religieux de Saint-Germain une pièce de
1. Arch. nat. L. 809; LL. 1087, p. 20.
2. Id. LL. 1087, p. 20.
3. Id. LL. 1087, p. 22-23.
ti. Id. LL. 1087, P- ^^•
5. Id. LL, 1087, p. 25.
6. Id. L. 809.
7. Id. L. 809.
8. Id. LL. 1087, p. 29-30.
— i35 —
terre sise à Villeneuve-Saint-Georges, dite la terre des Préaux, pour la
prix de Zjo sols (août i255)^
Un acte passé devant l'offîcial de Paris (juillet 1257) nous fait con-
naître que Sédilie, troisième femme de Thyon Ribaud, donna à l'abbaye
de Saint-Germain une vigne située à Villeneuve-Saint-Georges. Elle
voulait ainsi exprimer sa gratitude envers les religieux qui lui avaient
laissé, sa vie durant, la jouissance de cette maison que ledit Thyon
avait cédée pour la fondation d'un anniversaire pour sa première
femme". . a' t
A cette longue liste d'acquisitions nous devons en ajouter d autres.
Elles s'échelonnent à travers les siècles.
Au mois de juin 1268, Nicolas de Préaux et Jean Bonnart, son beau-
frère, vendirent à Pabbaye de Saint-Germain une rente de 16 sols, au
prix de 10 livres =^.
Gérard, abbé de Saint-Germain-des-Prés et chapelain du pape, fonda
un anniversaire en faveur de Frère Pierre Pichot, prévôt de ^ iUeneuve-
Saint-Georges, sur les biens que ce dernier avait acquis en cet endroit
(28 ianvier i265)\ .
Quelques mois plus tard (décembre i265), Simon lourmer, et
Héloïse, son épouse, vendirent au prieur de Villeneuve-Saint-Georges,
pour la somme de 20 hvres, une rente de 3o sols assise sur une maison
et un four situés au même Ueu'.
En novembre 1267, le prieur de Villeneuve-Saint-Georges acheta au
prix de 9 livres une pièce de vigne, qui se trouvait au territoire
des Glaises et appartenait à Michel Agouin et Marguerite,^ sa enmie .
Par acte devant Gilles de Cômpiègne, garde de la prevote de Pans,
Jean de la Ruelle, écuyer de Noisy-le-Grand, et Jeanne, sa femme,
vendirent à Frère Eude, prieur de Villeneuve-Saint-Georges, plusieurs
héritages, pour la somme de 48 livres parisis (juillet 1 28Z,) • ^
Pierre de Cogny, clerc du roi de France, avait cédé au monastère de
1. Arch. liai. L. 809.
2. M. L. 809.
3. Id. L. 809.
l^. Id. L. 809.
5. Id. L. 809.
6. Id. L. 809.
7. Id. L. 808.
— i36 —
Saint-Germain des biens patrimoniaux, sis à Villeneuve-Saint-Georges
et à Yalenton. L'abbé promit de payer, au nom de celui-ci, à l'abbesse
d'Yerres une rente annuelle et perpétuelle de 12 livres, somme qui
serait prise sur les revenus du pitancier à Yilleneuve-Saint-Georges
(octobre i285)^
Par acte passé devant Guillaume de Hangest, garde de la prévôté de
Paris, Simon Hostelier et ïhiefaine, son épouse, prirent à rente du
pitancier de Saint-Germain un arpent de vigne à Yilleneuve-Saint-
Georges, pour la somme de 21 sols (janvier 12^2)°'.
Le 7 janvier i336, les religieux de Saint-Germain-des-Prés affer-
mèrent à Robin Leroy et Alipe, son épouse, plusieurs pièces de terre à
Villeneuve-Saint-Georges pour une rente annuelle de 8 livres^.
Le pitancier de Saint-Germain-des-Prés avait droit à quatre livres de
rente sur une maison sise à Yilleneuve-Saint-Georges, en la grand'rue.
Comme elle se trouvait en mauvais état, il ne pouvait en retirer cette
somme ni l'affermer. Il obtint du prévôt de Paris une sentence obli-
geant le propriétaire à la réparer (1878)*.
Le 3o juin 1396, Jean Pampelune prit à rente perpétuelle des reli-
gieux de Saint-Germain-des-Prés deux morceaux de vignes en friche à
Villeneuve-Saint-Georges. Il s'engagea à leur payer, chacun an, un
setier de vin, par queue, et 6 sols G deniers parisis, de rente'.
En i523, l'abbé et les religieux de Saint-Germain-des-Prés achetèrent
le rivage de l'IIe-aux-Vaches, pour le prix de 100 livres tournois et une
rente de 16 sols à l'église de Villeneuve-Saint-Georges".
Le cardinal François de Tournon, abbé de Saint-Germain, s'était
approprié la terre de Yilleneuve-Saint-Georges. Les religieux étaient
pauvres et avaient beaucoup de peine à vivre. Avant qu'il ne se rendît
à Rome, où il était envoyé comme ambassadeur, ces derniers le sup-
plièrent avec tant d'instance de venir à leur aide, qj^i'il leur accorda
une rente de 700 livres. Plus tard, il leur céda les bois de Verrières'.
Le domaine de Villeneuve-Saint-Georges devait changer plusieurs
1. Arch. mit. LL. 1090, p. 37.
2. Id. LL. 1090.
3. M. L. 809.
h. Id. LL. 1090, p. a8.
5. Id. L. 809.
6. Id. LL. 1087, p. \l\.
7. BONNIN.
- i37-
fois de possesseur. La guerre avait ruiné les religieux de Saint-
Germain-des-Prés : ils avaient fourni 6i38 livres, en 1577. Charles X de
Bourbon ne voulait rien faire pour eux. Le Parlement leur permit alors
de prendre 900 livres sur la mense abbatiale, et, plus tard, le Conseil
d'État leur donna la jouissance des terres de Dammartin, \ illeneuvc-
Saint-Georges, d'Emant et Cachant, jusqu'à la somme de six mille
livres (1690)*.
Il nous reste à parler de plusieurs échanges qui nous fournissent la
désignation de plusieurs localités.
Le 3o octobre 1640, Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain,
acquit de Simon Coisnard, marchand à Paris, i3 arpents de terre, au
lieu dit le Pré, à Villeneuve-Saint-Georges. Il donna, en contre-échange,
1 1 arpents de terre à Valenton, sis au Champ-Julien ^
Le même, l'année suivante (3o octobre i64i), se fit adjuger 10 arpents
de terre, au Pré-Cornu. Le 22 juin i654, le sieur Colbert de Vandières
lui abandonna par échange 9 arpents et demi de terre au champ
Marié, près Pierrefrilte, au territoire de Villeneuve-Saint-Georges ^.
Le 23 avril 1700, le chevalier Briget céda à l'abbé de Saint-Germain-
des-Prés 16 arpents de terres labourables et lui en demanda 8 en
contre-échange*.
Nous allons transcrire, avant de clore cet article, plusieurs dénom-
brements capables de nous donner une connaissance approximative
des propriétés que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait à
Villeneuve-Saint-Georges. Le premier que nous rencontrons remonte à
l'année i384 et est conçu en ces termes :
Item à Villeneuve-Saint-Georges, a un bon liostel ainsi comme il se
comporte avec 4 arpents de vignes appartenant au dit hostel.
Item, toute justice haute, moyennne et basse, laquelle couste plus
qu'elle ne vaut.
Item, environ 200 arpents de terre arable ([ui vaut bien de moisson,
par an, montant et avalant, 10 muys. Item, environ 43 arpents de prés,
qui peuvent valoir par an, montant et avalant, 4o livres.
I. BONNIN.
3. Arch. nat. S. 2942.
3. Id. 29/12.
l^. Bib. nat. ms.fr. 16867, p. SSg.
— i38 —
Item, au dit hostel est un pressoir bannier pour les vignes serves, et
peut valoir 20 queues de vin par an, qui valent bien 80 livres, montant
et avalant, et anciennement valaient bien ycelles vignes 100 queues de
vin, mais elles sont en friche.
Item, la rivière d'Yerre vault par an, montant et avalant, bien
60 livres.
Item, le port de la rivière de Seine vault par an iZj livres, et sur
ce, il faut soustenir les charriers qui coustent plus qu'ils ne valent à
présent.
Item, un moulin bannier en la rivière d'Yerre, qui peut valoir, mon-
tant et avalant, environ 16 livres.
Item, les dismes des terres labourées tant d'icelle ville, Valenton et
une partie de Crone valent bien, montant et avalant, 5 muys.
Item, rentes d'avoine à la Saint-Martin, 20 setiers*.
Ce dénombrement montre que les cultures étaient négligées et se
ressentaient des maux de la guerre.
Un autre daté de iblx~ nous fournit de plus amples détails" :
i" Grand manoir et pourpris, etc., appelés la maison et hôtel seigneu-
rial, 200 perches.
2° 3oo perches de terres et 900 perches de vigne joignant les dits
lieux.
3° Maison des deux fours banniers, audience pour la justice, grande
rue de Villeneuve.
4° Place et carrefour où est le carcan.
5" Droit de passage sur la rivière de Seine.
6" Maison et moulin banniers, petite Saulsaye sur la rivière d'Yerre,
contenant 100 perches.
7° Droit de pêche sur la rivière d'Yerre.
8° En une pièce près du village 38 arp. 17 p.
9° Au fossé aux Moines 5o arp.
10° Au petit pré 1/2 arp.
11° A la renuge des S aulx Ba arp. 3 q. i4 p.
12° Pré au-dessus de Valenton 12 arp. i5 p.
i3° Sur la prairie de l'hôpital 9 arp. 20 p.
I. DoM DU Bourg, Saint-Germain au XIV' siècle, p. 28; Arch. nal. L. 760, n. 29,
p. 37.
a. Id. S. ag4a.
— i39 —
1 4° Aux hautes Parcelles, terres i5 arp. 44 P-
i5° id. i5 arp.
i6° id. 2 arp. 4o p.
17° id. 17 arp- ^^ P-
18" Au lieu dit Ormeteau, terre i4 arp.
19" Au lieu dit Boisguyon 4o arp.
20° Au petit Pré 3 arp. 1 1 p.
21" Au lieu dit Pré de Ras pré 3 arp. 3 q. 10 p.
22° Au lieu dit la Saulsaye à la Pydoue, pré . 4 arp. 82 p.
23° id. id. id. 1/2 arp. i5 p.
24" Prairie de l'hospital 2 arp.
25" id. pré 2 arp.
26° id. id 5 q-
27° id. id 3 q.
28° Au pré Cornu 2 arp. 3 q.
29° Au lieu dit Blandin (pré) 3 q.
So" id. id I arp. 17 p.
31" id. id 1/2 arp,
32° En la prairie de l'hospital 11 arp.
33" A l'ile aux Prévôts 12 arp.
34" Prairie d'Yerre i arp.
Cette énumération se complète par quelques échanges et acquêts.
Le 28 avril 1641, l'abbé de Saint-Germain céda au sieur Colbert des
Vandières 2 arpents de terrain et une petite ruelle.
Le 3o octobre suivant, l'abbaye acquit 19 arpents de terre au Pré-
Cornu.
Le 22 juin i654, le sieur Colbert des Vandières abandonna cà l'abbé
de Saint-Germain, à la suite d'un échange, 9 arp. 1/2 de terre, au
champ Marie, près Pierre-Fritte.
Le 24 avril 1660, survient un autre échange. Saint-Germain-des-Prés
reçoit du sieur Colbert 3 arpents de terres labourables et lui donne en
contre-échange 74 perches de vignes*.
La déclaration de 1790 porte que le domaine de Villeneuve-Saint-
Georges faisait partie de la mense abbatiale et comprenait i52 arpents
en terres labourables, 12 arpents en terres friches, 20 arp. 1/2 en prés
1. Àrch. nat. S. 39^2.
— i4o —
avec des bâtiments en bon état. Elle ne donne pas la somme des
revenus annuels : elle se contente de signaler les charges. On donnait
600 livres au curé pour son gros, 260 livres au juge et 5o livres au pro-
cureur fiscal.
Ln bail de 1676 nous dit que la seigneurie était affermée 225o livres
à François Mouton'. La dime se percevait sur environ i5oo arpents de
terre.
Deux fiefs dépendaient de Villeneuve-Saint-Georges. Le premier,
le domaine de Belle-Place, était situé au-delà du pont. Le cardinal
Charles de Bourbon, abbé de Saint-Germain et primat de INormandie,
(pii prétendit à la couronne après la mort d'Henri 111, l'érigea en
terre noble, le 21 mars 1587, en faveur de Louis de Haullquet. En
i6o3, il contenait 82 arpents de terre environ et était chargé d'une
redevance annuelle de ^7 sols i denier parisis envers l'abbaye.
Le second, connu sous le nom de maison de la Grille, s'étendait
entre la rivière d'Yerres et Belleplace. Il se composait, en i58o,
d'environ i3o arpents de terres, prés, bois taillis et vignes.
Ces deux propriétés longtemps distinctes furent réunies le G mars
i752\
On voit encore à Villeneuve le château de Beauregard, ancienne
résidence favorite du cardinal de Furstemberg. Cet éminent prélat s'y
faisait donner des concerts dans un salon voûté et sonore qu'on ne
retrouve plus aujovud'hui. Saint-Germain-des-Prés l'aliéna bientôt,
et Anne Péreau en devint la propriétaire et le possédait en iC48^.
Prévôts
octobre 1264 Jean d'Issy.
janvier 1266 Petrus de Sequeto (dictus Pichardus).
1283 Odon, prior prioratus de Villanova.
janvier i33o/i Nicolas de la Dit.
3 mai i358 Baudoin de Chalons.
avril 1374 Jean de Chanceau.
1. Arch. nat. S. agit,
a. Jd. S. agis.
3. Pinard.
— i4i —
7 juin i388 Thibault d'Echenvillier.
5 janvier iSSa/S Jean de Ghancean.
octobre i/jag Adam de Lorge.
1448 Etienne des Vignes.
3 avril i456 Guillaume Richard.
1474 Guillaume de Trove '.
Vente du domaine
District de Corbeil. — N" 33. — Le 10 février 1791, la ferme de la
Recette, sise à Villeneuve-Saint-Georges, comprenant : bâtiments pour
l'exploitation, 277 arpents 66 perches de terre, au terroir de Villeneuve,
3 arpents de terre, au terroir de Thiais, et 6 arpents 33 perches de prés
artificiels en trois pièces, au terroir de Noizy-sur-Seine, fut vendue au
sieur Petit, bourgeois de Paris, y demeurant, rue des Vieilles-Etuves-
Saint-Honoré, pour le prix de 120.000 livres.
N« 55. — Le 24 février 1791, une maison servant de logement au
passeur, située sur le pont de Villeneuve-Saint-Georges, et contenant
10 toises en superficie, fut vendue au chef passeur du bac de Ville-
neuve-Saint-Georges, pour le prix de 2 25o livres.
N" 56. — Le 2', février 1791, 4 arpents 23 perches de prés, au terroir
de Villeneuve-Saint-Georges, furent vendus au sieur David, demeurant
à Yerres-en-Brie, pour le prix de 3 100 livres.
N" 57. — Le même jour, le moulin cy-devant banal de Villeneuve-
Saint-Georges, avec les bâtiments pour l'exploitation, situé sur la
rivière d'Yerres, avec 2 arpents de prés en dépendant, fut vendu au
sieur Bossu, meunier à Villeneuve-Saint-Georges, pour la somme de
3oooo livres.
N" 61. — Le 24 février 1791, 6 arpents de terre, terroir de Villeneuve-
Saint-Georges, lieu dit le chemin de Valenton à la Croix-Brisset,
furent vendus au sieur Bossu, meunier à MUeneuve-Sainl-Georges,
pour le prix de 3 100 livres.
N° 419. — Le ao mars 1792, une maison appelée le four banal, bâti-
a. Dom Poirier, Bib. nat. ins. fr. 30847, P- 33.
— i4a —
ment, cour et puits commun en dépendant, sis à Yilleneuve-Saint-
Georges, fut vendue au sieur Legros, boucher à Yilleneuve-Saint-
Georges, pour la somme de 7076 livres'.
Seigneurie temporelle.
Etienne de Garlande et Amaury, comte d'Evreux, opprimaient les
habitants de Villeneuve-Saint-Georges et de Yalenton. Ce n'étaient plus
des protecteurs, mais de véritables tyrans. L'abbé Ilugue se hâta de
remédier à une situation aussi pénible. 11 traita avec les avoués et con-
sentit à leur payer cent sols parisis et soixante muids de vin par an en
compensation des droits qu'ils abandonnaient (i i38)°.
Ces mêmes gens n'avaient pas moins à souffrir d'un gentilhomme
de Corbeil, nommé Eudes Briahrt, qui exigeait des redevances consi-
dérables en vin, pâturages et argent. L'abbé de Saint-Germain-des-Prés
les racheta pour i5 muids de vin et 35 sols de rente annuelle qu'il
s'engagea à payer régulièrement au dit chevalier ou à ses successeurs
(ii38)\
La plus grande faveur que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés
accorda aux habitants de Yilleneuve-Saint-Georges, Crone et Yalenton,
fut l'affranchissement. Elle les exempta des droits de mainmorte, for-
mariage et de la taille à plaisir moyennant i4oo livres, mais elle for-
mula plusieurs restrictions. 11 était défendu d'établir une commune,
de vendre des tenures à des égUses, monastères, personnes ecclésias-
tiques, à des chevaliers, à des particuliers fixés dans l'endroit ou
étrangers, sans l'assentiment du prélat des Bénédictins. Les habitants
reconnurent ce dernier comme leur seigneur, lui jurèrent de le
défendre avec une courageuse lidélité, quand il les appellerait à son
secours. Après avoir consenti à fournir annuellement une rente de
75 muids de vin, ils s'engagent à faire, en saison, le labourage des
terres, la récolte, l'engrangement des blés, le charroi des vendanges
des religieux. Un contrat détermine que tout homme ayant des ani-
maux capables de tirer la charrue sera tenu à cinq jours de travail pour
1. Arch. départ, de Seine-et~Oise.
2. Arch. nat. K. 28, n" 3'; LL. 1090; LL. iiltG.
3. Id. LL. 1024, p. 89 ; LL. 1087, p. 24.
i43
cultiver le domaine seigneurial. Les quatre premiers, il recevra du
prieur de Villeneuve deux pains de deux deniers, et une quarte de vin ;
le cinquième jour, il aura droit à trois deniers. Les hôtes de Saint-
Maur-des-Fossés et les féodaux ne subissent point la loi commune dans
son entier : ils doivent seulement quatre journées de travail, une à
chaque époque du labour. On ne pouvait faire moudre le blé et cuire le
pain ailleurs qu'au moulin et four banniers, sous peine de confiscation.
Toutefois les jours de marché, on avait la permission de vendre du
pain de toute provenance. Quant à la vendange, les manants étaient
obligés d'user des pressoirs des rehgieux. Ils payaient pour la dîme
deux setiers de mère-goutte, par muid, et la troisième partie des pressu-
rages. Les hôtes qui occupaient, à Yilleneuve-Saint-Georges, les terres
de feu Adam Rigault se trouvaient exemptés de ces droits de fournage,
pressurage et mouturage, mais ils étaient tenus de payer 24 sols de rente
pour leurs masures, et le cens capital ou chevage, en la fête de saint
Denis. Les successeurs de défunt Pierre Damont et Hubert Lcpicard, à
Valenton, jouissaient du môme privilège. Ils payaient chaque année
12 sols et 10 deniers pour leurs masures, avec chevage, en la fête saint
Remy. Personne ne devait vendanger sans en avoir obtenu la permis-
soin du prieur de Villeneuve-Saint-Georges, et ce travail s'interrompait
pendant tout le temps que la vendange se faisait dans le clos abbatial.
En outre, les ha])itants de Villeneuve se voyaient obligés de fournir à
l'abbé de Saint-Germain séjournant au milieu d'eux et à ses compa-
gnons des draps et autres choses nécessaires pour leur permettre de
pernocter à l'aise dans ce heu. Durant un mois entier, à partir de
Pâques, les religieux avaient seuls la faculté de vendre du vin sur le
territoire de Villeneuve et de Valenton, par eux-mêmes ou leurs ser-
gents. Les habitants étaient taxés de prendre au moins un setier de vin
de 8 deniers, par chaque masure. S'ils étaient libérés des tailles arbi-
traires, les gens de Villeneuve-Saint-Georges n'avaient pas le même
avantage pour les subsides imposés par le roi. 11 y avait obligation poiu-
eux de les payer. Pour répartir et lever cet impôt, on choisissait douze
hommes qui devaient apporter leur collecte dans les deux mois sui-
vants. Avant d'entrer dans l'exercice de leurs fonctions, ils promettaient
par serment de ne point grever injustement quelqu'un des leurs. Si on
ne voulait pas fournir ce qui était demandé, les rehgieux saisissaient
les biens de leurs sujets récalcitrants et les vendaient au bout de
- Ikk —
huit jours jusqu'à concurrence de la somme exigée (février 12Z19) ^
Des contestations s'élevèrent à diverses reprises entre l'abbé de Saint-
Germain et les gens de Villeneuve à propos de ce sujet fort délicat. On
eut recours au Parlement. Ce fut d'abord en 1277, à l'occasion du
charroi de l'armée de Navarre. Une sentence condamna les habitants de
Villeneuve-Saint-Georges à contribuer pour fournir la somme que le
Roi demandait, à aider l'abbé dans cette circonstance (1277)^.
Le prélat ne fut pas aussi heureux en 1299. Il ne put forcer ses justi-
ciables de payer ce qu'il avait dépensé pour le Roi à la guerre avec le
comte de Flandre*.
Le roi, en guerre avec le comte de Flandre, demanda à lever des
subsides sur les vassaux d j Saint-Germain-des-Prés. Ceux de Ville-
neuve-Saint-Georges ne payèrent que forcés par un arrêt du Parle-
ment (i32o)*.
Le Roi, la Reine et autres seigneurs et Dames de son sang, allant à
l'esbattement de la chasse, avaient accoutumé de loger à Mlleneuve-
Saint-Georges, et les manants devaient contribuer aux frais de ce gîte,
comme le montre un arrêt de Hugues de Crusy, prévôt de Paris'.
Là ne se bornaient point les charges qui leur incombaient. Ils étaient
tenus à donner à chaque roi de France un dîner pour son joyeux avè-
nement, ce qui leur causait de grandes dépenses. Ils s'en plaignirent à
Charles VI, qui leur fit complète remise de ces redevances (septembre
I/^07)^
Une quittance en date de 1847 nous apprend que l'abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés avait été condamné à payer 49 livres à ses hôtes de Ville-
neuve-Saint-Georges. Quel était le motif de ce jugement? Nous ne
sauiions le dire, car nous manquons de document explicatif.
Procurations
Les religieux de Saint-Germain n'apportaient pas une médiocre
I. M. L. 809. LL. 1025, p. 233; 1087, p. 68-G9; 1090, p. ôC-ôy ; 102O. p. i58.
a. BouTARic, les Olim, l. I, p. 3^5, 11° 209G.
3. BoL'TARic, t. Il, p. 3o5C.
U. Dom BOUILLART, p. 149; BONNIN.
5. Arch. nat. LL. 1086.
6. Lebeuf, V, 39.
7. Arch. nat. LL. 1087, p. 63.
— i45 -
attention pour protéger leur terre de Villeneuve-Saint-Geoges contre le
droit de gîte ou tout autre droit onéreux que la coutume ou la mau-
vaise foi auraient pu imposer. Le roi saint Louis, passant à Yilleneuve-
Saint-Georges, voulut manger dans les appartements des Bénédictins.
Bien plus, il osa inviter à sa table Gaultier, archevêque de Sens. Le pré-
vôt, ne songeant qu'à défendre les intérêts de son monastère, ne craint
pas d'aborder le pieux monarque. 11 le supplie de ne point introduire cet
hôte malencontreux qui pourra se prévaloir de ce fait pour réclamer
dans la suite certains droits préjudiciables à la communauté. Le saint
roi sait tout concilier. Il se garde bien de manquer au respect qu'il
doit à l'archevêque, en le congédiant avec brusquerie, mais il lui
demande à la fin du repas .un acte de non-préjudice, en vertu duquel il
reconnaît que cette invitation ne lui donne aucun droit sur l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés et le prieuré de Yilleveuve-Saint-Georges'.
Dans une charte de 1264, Albert, notaire du pape et légat du Saint-
Siège, déclare qu'il s'est arrêté à Villeneuve-Saint-Georges, le premier
dimanche de Carême, mais qu'il n'a pas été hébergé aux frais des
religieux*'. En 1262, le légat du pape, Guillaume III, évêque d'Agen,
affirme qu'il a indûment perçu les droits de procuration sur les pro-
priétés de Saint-Germain-des-Prés à Villeneuve-Saint-Georges'.
Bertrand, commissaire collecteur des fruits bénéfîciers dans la pro-
vince de Sens et de Rouen, frappe d'excommunication le gardien de
la prévôté de Villeneuve-Saint-Georges qui refuse de payer les subsides
du pape (janvier I344)^ L'abbé de Saint-Germain-des-Prés fait lever
ces censures et démontre que Villeneuve-Saint-Georges ne doit rien
payer, puisque la dite prévôté dépend de la mense abbatiale. On levait
alors les subsides du pape sur les prieurés et les bénéfices simples
(novembre i344)-
Justice
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient à Villeneuve-Saint-
I. Arch. nat.. LL. 1087, p. 18.
a. Id. LL. 1024.
3. Id. LL, 1087, p. 33.
li. Id. LL. 1087, p. 61.
l
— i46 —
Georges haute, moyenne et basse justice. La haute justice leur fut
contestée en 1267, comme le prouve un arrêt du Parlement S mais
elle leur fut sans doute reconnue par la suite, car elle est expressément
mentionnée dans toutes ses déclarations du lemporeJ. L'auditoire et les
prisons étaient dans la grande rue du village. Les fourches patibulaires
étaient dressées sur la colline.
Les religieux avaient à Yilleneuve-Saint-Georges un prévôt, juge
ordinaire de la seigneurie, un lieutenant qui le suppléait et procédait
aux enquêtes ou aux autres actes de justice, un clerc ou greiïier, qui
remplissait aussi les fonctions de tabellion, un procureur fiscal qui
représentait le seigneur et intentait les actions et poursuites en son
nom, et enfin plusieurs sergents qui donnaient les ajournements et
procédaient aux actes d'exécutions. Les jugements des prévôts étaient
déférés à l'assise, qui était la cour de justice tenue périodiquement
par le Ijailli de l'abbaye et ses conseillers pour le jugement des affaires
criminelles graves, de certaines affaires réservées. L'assise se réunis-
sait le plus souvent à Paris, dans l'enclos de l'abbaye, et exceptionnel-
lement hors Paris dans quelques seigneuries voisines. Les audiences
du prévôt de A illeneuve se tenaient à jour fixe, les dimanches et
mardi de chaque semaine, et à intervalles irréguliers, le jeudi ^
Le i3 février i542, Mathieu Henry prenait à bailles amendes de la
prévôté de Villeneuve et Valenton jusqu'à 60 sols et au-dessous
moyennant la somme de 20 livres par an\
Les deux sentences que nous allons rapporter ici concernent les
droit de justice que les religieux exert^aient à Villeneuve-Saint-Georges.
Ils furent parfois mis en doute.
La première fut rendue (octobre 1227) par Thomas de Vignoil et
Jean A olengi, chevaliers, entre l'abbaye et Jean Malaterre. Elle avait
pour objet la mouvance d'une maison et d'une grange à ^ illeneuve-
Saint-Georges. 11 fut réglé que cette grange et cette maison faisaient
partie de la manse de Jean de Malaterre et que l'abbaye y avait toute
justice. Les ventes, les investitures et le rouage devaient appartenir à
Jean de Malaterre \ Cette grange et cette maison étaient exemptes de
1. BouTARic, Olim, t. 1, p. 19.
2. Tanon.
3. Arch. nat. LL. 11/16, p. 71/i.
A. Id. L. 809.
— i47 —
la taille, mais on ne pouvait y recevoir ni hospitaliser les personnes
soumises à cet impôt envers Saint-Germain-des-Prés.
Comme l'observe Félibien dans son Histoire de Paris, le roi semblait
prétendre à la justice de Yilleneuve-Saint-Georges, comme le prouve
le fait suivant. Au mois de mai 1267, deux faux monnayeurs furent
pris à Villeneuve et pendus aux fourches de l'abbaye de Saint-Ger-
main-des-Prés, au dit lieu. Les prévôts de Paris réclamèrent; Louis IX
fit pendre les corps des suppliciés à des fourches situées dans une terre
commune au roi et à l'abbaye. Le Parlement s'émut de ces deux pen-
daisons. Après avoir chargé Philipe de Cahors et messire Jean Cheva-
lier d'examiner cette affaire, il donna gain de cause à l'abbé dans
une réunion tenue en septembre à Melun. Les cadavres furent
dépendus et pendus de nouveau aux fourches de Saint-Germain ^
On nous permettra de citer plusieurs autres arrêts intéressants au
point de vue des mœurs de l'époque.
A la date du 18 novembre iS-ji, nous lisons : « Ce soir furent
amenés en prison Jehan Froger et Philippe Biau Yallet par Pierre
Rousseau, qui les trouva en fait présent que ils s'entrebatayent au
soir de nuiz, en lostel de Perrin Poulain, et firent sang l'un à l'autre,
et depuis qui furent en prison, le dit Froger s'en fouy sens congé.
Jehan Froger avait frappé Philippot Biau Yallet d'un baston. 11 lui
fit sang à la tête. Le coupable paya les dépens et le montant des
chômages occasionnés par la maladie. »
Le i5 juin l'S-j-j, la femme Robin Guermont, Heloys, avait bouté
hors de sa maison, injurieusement, Jaquet Charpentier, juré, sur le
fait de boulangerye. Celui-ci trouvait les pains de Guermont trop
petits et jugeait à propos d'en faire la remarque. Heloys fut condam-
née le 29 juin à 100 sols tournois, ou à un mois de de prison au
pain et l'eau \
Le 26 mai 1879, ^^ Chàtelet de Paris confirma une sentence portée
par l'abbé de Saint-Germain-des-Prés aux assises de Yiileneuve-Saint-
Georges à l'appui du religieux prévôt qui avait condamné Henri
1. BouTARic, Olim, t. I, n* i3a.
2. Tanon.
3. BooTARic, t. I, n" i3a.
4. Tanon.
— i48 —
Liboire à payer une maille de coutume pour un bœuf par lui vendu et
à une amende de 60 sols^
Le prévôt de Villeneuve- Saint-Georges condamna à l'amende Thi-
bault Despineil pour avoir joué aux dés contrairement aux ordonnances
du roi (20 novembre 1407) \
Une sentence des Requestes, 18 avril 1623, obligea Jacques Séville,
soy disant notaire et tabellion du fief de la lour de Mesly, à bailler aux
mains des religieux de Saint-Cermain-des-Prés les notes, protocoles et
contrats par lui reçus et passés dans les fins et limites de la terre et
seigneurie de Villeneuve, Valenton et maison de la Tour. Défense lui
fut faite de se nommer tabellion et de passer ses actes sous peine de
100 livres d'amende'.
A partir du XVII* siècle, la justice se rendait, au nom de l'abbé de
Saint-Germain, dans une maison, dite maison de la Seigneurie. Le plus
ancien jugement qui y fut prononcé et dont on retrouve la trace
remonte à 1664. Le prévôt condamne un sieur Louis, receveur, à payer
24 livres, pour avoir négligé, pendant quatre ans, de fournir les
5o bottes de paille qu'on avait coutume de mettre dans l'église, la
veille de Noël. Ceci nous prouve qu'il n'y avait pas encore de sièges
à l'usage des fidèles. Comme ils se tenaient la plupart du temps à
genoux, on voulait les protéger contre la froide humidité du sol*.
Jean Rideau s'était porté à des voies de fait sur Denis Hislon et
René Bonnin. Une sentence du Chàtelet le condamna (i3 février i542)
à faire amende honorable en l'auditoire de Villeneuve-Saint-Georges,
au jour des plaidoiries, à être fouetté au principal carrefour du village,
et banni du royaume à perpétuité; ce qui fut exécuté ^
Vers 1765, plusieurs jeunes gens de Villeneuve-Saint-Georges, après
boire, s'imaginèrent de jouer une mauvaise plaisanterie à une matrone
ou sage-femme du pays, nommée Marie-Jeanne Thibault. Un des
acteurs remplissait le rôle de femme en mal d'enfant. 11 furent condam-
nés pour ce fait à deux ans de prison ^.
Le 1" juin 1782, à la requête du prévôt fiscal de Villeneuve-
1. Arch. nat. L. 809.
2. Id. LL, I i/iC p. 712.
3. Id. LL. 11Z16, p. 713.
4. Archives paroissiales. Abbé Martin.
5. Arch. nat. LL. ii4(J, p. 71/1.
6. Abbé Martin.
— i49 —
Saint-Georges, Michaux, fermier de la ferme de Beaiiregard, Matar,
fermier de la ferme de Saint-Sulpice, Picard, fermier de la ferme
de Belleplace, furent condamnés à démolir les fours qui étaient dans
leurs maisons, et à payer l'amende qu'il plairait ordonner'. Butet
jardinier du château de Beauregard, Maurice, jardinier du château de
Belleplace, Lerond, jardinier du sieur Begon, Girard, c rganiste,
reçurent défense de faire cuire leur pain ailleurs qu'au four banal, et se
virent condamnés à telle amende qu'il plairait à la justice d'ordonner.
La maison de la Seigneurie était située rues du Four et des Halles,
actuellement Solferino.
Redevances et dîmes
La terre de Villeneuve-Saint-Georges était grevée de plusieurs rede-
vances. Les religieux de Saint-Maur-des-Fossés prétendaient avoir
quelques droits sur le port de Villeneuve-Saint-Georges. Ils finirent
par les céder aux moines de Saint-Germain-des-Prés (janvier 1 147)'.
Au XV sièile, nous trouvons une sentence qui condamne ces
derniers à payer à l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés une rente
annuelle de 35 sols sur les héritages de Villeneuve-Saint-Georges et
Valenton \
Les Hospitaliers de Jérusalem, établis sur le mont de Sainte-Gene-
viève, percevaient annuellement un demi-muid d'avoine dant la
grange de Villeneuve-Saint-Georges. Ils renoncèrent à ce tribut, lors-
que Hugues, abbé de Saint-Germain, leur donna le fief de Lourcine,
au-dessus de Saint-Marcel (i 182) ^
Le 3 mars i35/(, il fut convenu que les Chartreux payeraient à
l'abbaye de Saint-Germain, pour les biens qu'ils avaient à Villeneuve-
le-Uoi, sur les bords de la Seine, 33 setiers de blé, 22 de méteil, 11
d'avoine, le lendemain de la Purification de Notre-Dame, 3i sols
9 deniers pour dîmes et champarts, et 5 sols de renie pour la haute,
moyenne et basse justice, le jour de Saint-Remi '.
I. Abbé Martin.
a. Arch. nat. LL. 1087, p. i3.
3. Id. LL. 1090, p. 45.
4. Id. LL. 1087, p. i4.
5. Arch. nal. L. 809; LL. 1087.
— i5o — •
Pour se décharger des droits de corvée qu'un nommé Gazon de
MonUeuil pouvait exiger de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, la
communauté lui donna le droit de prendre à Villeneuve-Saint-Georges,
chaque année, un muid de grain, moitié blé, moitié avoine (1170).
Un de ses descendants, Mathieu de Montreuil, abandonna cette rede-
vance et plusieurs autres servitudes, auxquelles il avait droit, en faveur
de l'église de Villeneuve-Saint-Georges'.
Les Grandmontins, autrement dits les Bonhommes du bois de
Vincennes, avaient droit de prendre annuellement un demi-muid de
grain dans la grange de Villeneuve-Saint-Georges, comme on le voit
par une quittance de i44i °-
Jean Leboucher soutenait avoir sur le moulin de Villeneuve-
Sain l-Georges des droits qui lui venaient de Renaud Pontonier, le père
de Santyme, sa femme. Pour mettre fin à cette discussion, les reli-
gieux lui payèrent une somme de 20 livres pour qu'il renonçât à ses
prétentions (i25i., juin) '.
En 1240, Jacques de Palestrine, légat du Saint-Siège, visitant
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, trouva l'inifirmerie dénuée de
revenus. Il lui assigna, entre autres choses, 12 livres de rente sur
Villeneuve-Saint-Georges *.
Nous trouvons, dans un dénombrement du 28 octobre i643, que
le chapitre de Saint-Thomas du Louvre à Paris percevait une rente de
TOC sols sur la prévôté de Villeneuve-Saint-Georges ^.
Le religieux de Saint-Germain avaient les dimes à Villeneuve-Saint-
Georges, comme à Crosne et ^'alenton ; mais elles leur furent assez
souvent contestées (14 10).
Le 9 avril :Aio, une sentence fixa les dîmes de vin, à raison du
dixième pot ui. Quant au pressurage, on percevait un pot sur trois'.
Les religieux avaient ban de vin depuis Pâques, un mois durant.
Un sieur Collin viola ce privilège et fut condamné à 60 sols d'amende
pour avoir vendu du vin pendant ce temps (3o avril i456) '.
I. Arch. nat. LL. 1087, p. ii3.
3. M. LL. 1C87, p. 85.
3. Id. LL. ic 90.
Ix. DÔm BOLII.LART.
5. Arch. nat. S. 2941.
6. Jd. LL. 1 146, p. 780.
7. Id. LL. 11/16, p. 718.
— i5i —
En i433, lecuré de Villeneuve-Saint-Georges prétendait Atre supé-
rieur au prévôt des religieux et revendiquait toutes les dîmes '.
Le 22 avril i528, les religieux de Saint-Gerniaindes-Prés furent obli-
gés de défendre leurs droits de diniages qu'on voulait usurper. Us
démontrèrent qu'ils en jouissaient paisiblement de temps immémorial
Les vicaires perpétuels de Valenton et de Villeneuve-Saint-Georges le
savaient, et il ne leur répugnait pas de recevoir leur gros des mams
des Bénédictins '.
Jean, abbé de Saint-Germain-des-Prés, donna la dime de Villeneuve-
Saint-Georges à Girard, le charron, mais avec la clause qu'il assisterait
à la perception des cens et diverses redevances que cette localité
payait annuellement au monastère.
Pendant qu'il surveillait les vendanges, on lui donnait chaque
jour un seller de vin et on lui fournissait la nourriture.
Le lendemain de la fête de ^oël, il recueillait les couteaux (cutellos)
de la Saint-Etienne et en recevait un, comme récompense, avec son
entretien.
Le jour où il assistait à la perception des cens, on lui payait 5 sols
et on lui donnait des vivres pour sa subsistance.
Il était aussi hébergé lorsqu'il recueillait la dîme des oies et des
agneaux et il prenait pour lui une oie et un agneau.
Le jour de la Purification, il présidait à la collecte des cierges et en
gardait un pour lui, comme indemnité.
Pour surveiller les corvées et le fauchage des prés de Villeneuve et
de Crone, on lui cédait une charretée de foin. Le serviteur employé
sous ses ordres à cet effet avait droit à la nourriture de chaque jour.
Ce même Girard devait s'enquérir des objets de litterie, des nappes
et manuterges chaque fois que l'abbé couchait et mangeait à ^ ille-
neuve-Saint-Georges. Il avait aussi l'obligation de procurer une couette
et des draps au grangier, lorsqu'il séjomnait au dit lieu (lo juillet
i353)\
Malgré les réclamations du prévôt des marchands et des eschcvins de
Paris, les religieux furent maintenus à faire venir leur vin de
i. Arch. nal. LF.. 1090.
a. Jd. LL. ro85.
3. Id. LL. 1087, p. 63-64.
l52
Yilleneuve-Saint-Georges, sans paver le droit de 4 sols par queue
(6 septembre i522)'.
Banalité et voirie.
Une sentence du 7 septembre 1671 émanant des Requestes affirma
que les Bénédictins avaient seuls le droit de posséder des pressoirs à
Villeneuve-Saint-Georges et Valenton\
Les religieux de Saint-Germain avaient pressoirs, four et moulin
banniers à Yilleneuve-Saint-Georges. En 1700, le four rapportait i5o
livres, et en l'jbb, 200 livres. Dans le bail, il était dit que les preneurs,
Nicolas Legrain, et Madelaine Cuignet, sa femme, pouvaient demander
aux habitants pour la cuisson de leur pain les droits réglementaires,
sans les dépasser. Ils devaient avoir du pain de police du prix et de la
blanclieur ordinaires pour le service du public, portant la marque de
la banalité ^.
Le moulin donnait un revenu plus considérable. Nous le trouvons
affermé en i6o4, pour la somme de 600 livres. En 1700, le prix du
fermage s'élevait jusqu'à 700 livres*.
Les habitants de Villeneuve-Saint-Georges payaient pour le droit de
mouture un boisseau comble pour cinq minots sur toutes sortes de
grains. Comme ils trouvaient cette charge trop lourde, ils cessèrent
de l'acquitter. Le i(3 octobre i6G5, après un long procès, ils passèrent
un accord à l'amiable. Ils convinrent de donner 12 sols pour 5 minots.
La communauté accepta cet arrangement ^
L'abbaye jouissait aussi de droits de passage et de pêche. En i653,
elle baillait à ferme pour 4 ans aux frères Lemur la pêche en la rivière
de Seine depuis la ruelle du Four à Villeneuve-Saint-Georges jusqu'au
port Langlois, ainsi que le port et passage de la Seine au village de
Choisy, en l'étendue du territoire de Thyais, à la charge d'avoir des
I. Lebeuf, V, p. 39. Arch. nat. LL. ii3i, p. 437.
a. Voir droits de pressurage, )4io.
3. Arch. nat. S. 3942.
4. Chap. conv. Bib. nat. ms.fr. i6855.
5. M. i6856.
— i53 —
flcttes ou un bac, de venir quérir les religieux, par chascune des dites
l\ années, la veille de saint Leu et saint Gilles, en la ville de Paris,
pour les conduire en un bon bateau jusqu'au dit Choisy, de les recon-
duire jusqu'à Paris, et le lendemain de veiller aux espaves et de donner
avis au procureur fiscal de Thyais.
Le 6 décembre 1678 elle baillait la pêche en la rivière de Seine depuis
la ruelle du Four, à Yilleneuve-Saint-Georges, jusqu'au port Langlois,
pour la somme de 5o écus '. Le prix du fermage, du passage et de la
pêche s'élevait, en 1700, à 35o livres. Le preneur était tenu d'avoir des
bateaux et nacelles suffisants pour passer et repasser les habitants,
sans les faire attendre, et de fournir annuellement aux religueux six
plats de poisson ". Les gens de l'abbaye de Saint-Germain avaient droit
au passage gratuit, et le monastère d'Yerre réclamait le même privilège
pour ses employés, comme nous le voyons dans une plainte formulée
vers i2i3 \
Les religieux de Saint-Germain avaient aussi le droit de pêche dans
la rivière de Terres depuis le pont de Yilleneuve-Saint-Georges jus-
qu'au moulin que ceux-ci possédaient sur la même rivière. Jacque-
line d'Ermenonville et de Crosnes leur avait accordé ce privilège, en
leur concédant toute l'eau qu'elle avait avec eux en mitoyenneté.
Elle leur permettait aussi d'avoir une nef sur ce cours d'eau, afin qu'ils
pussent passer les ouvriers dans les îles et en retirer le foin qui
s'y trouvait. Le soir ils devaient l'attacher solidement, dans la crainte
que quelqu'un ne s'en servît pour ravager les terres de la dite dame
(1327)*. En 1471, Robert de Lespinasse, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, affermait pour la somme de 28 livres tournois la pêche de la
rivière de Yerres ^.
\}n bail de 1755 fait remarquer que le preneur ne pourra jeter
l'épervier autour du moulin de Crosnes et depuis là jusqu'à la
seigneurie du lieu, car la pêche est réservée au meunier \
Comme on devait réparer le pont de Yilleneuve-Saint-Georges, le roi
1. Chap. conv. Bib. nal. ms.fr. 16867.
2. Arch. nat. LL. io3g.
3. Id. LL. 1087, p. 16.
!i. Id, LL. 1090.
5. Id. LL. 1087, p. 99.
6. Id. S. 294a.
- i54 —
ordonna, sans doute, pour prévenir les accidents, d'établir un barrage,
qui subsista pendant trois ans. Voulant sauvegarder les droits de
l'abbaye, le monarque déclara qu'ils demeuraient sains et saufs tels
qu'ils étaient auparavant (1266) *.
D'autres faits confirment le droit de voirie que Saint-Germain-des-
Prés avait à Villeneuve-Saint-Georges.
Le 3 décembre 1668, le sieur de la Gouesle, avocat au Parlement,
demanda aux religieux à faire une tranchée sur le chemin de Villeneuve
à Valenton pour y prendre des sources et les conduire en une pièce de
terre où il voulait faire un vivier. On le lui permit, à condition qu'il
remît les choses en l'état ".
En 1G93, le cardinal de Fnrstenberg, touché de compassion pour les
habitants de Villeneuve-Saint-Georges, qui manquaient d'eau potable
pendant les hivers rigoureux et les grandes crues de la Seine, fit établir
la fontaine dite des Bretons'.
L'année suivante, le 2 juillet 1698, le même cardinal, en qualité
d'abbé de Saint-Germain-des-Prés, renonça au droit de justice et de
censive sur Chalandray, en faveur du seigneur de Montgeron. Ce
dernier, par contre, abandonnait le droit de censive qu'il possédait
sur le lieu dit le Blandin jusqu'à la voie tendant du grand chemin de
Paris au moulin de Senlis. Celte route et le moulin devaient rester
dans la censive du seigneur de Montgeron ■*.
Le pape avait accordé au roi de France d'imposer les biens ecclésias-
tiques. Pour payer cette subvention extraordinaire, l'abbaye de Saint-
Germain vendit le droit de pêche et tout autre droit sur la rivière
d'Yerres depuis la Seine jusqu'à Crosnes, le droit de pêche et de passage
sur la Seine, le four, le moulin et le pressoir banniers, au profit de
Pierre Brulart, seigneur de Crosnes (25 juin 1687) ^
Plus tard, le 28 mai i6Zi3, les religieux de Saint-Germain rentrèrent
en possession de ces droits, moyennant 66Z|8 livres 17 sols 6 deniers*.
Ils les cédèrent bientôt à la mense abbatiale par l'intermédiaire de
1. Arch. nat. LL. loaS, p. aSi.
2. Bib. nat. ms. fr. i6856, p. 802.
3. BONNII*.
4. Arch. nat. S. 2942.
5. Id. S. 2Ç)lt3.
G. Id. LL. 1 127, p. 218.
— i55 —
Pelisson, qui en était l'administrateur, avec les droits seigneuriaux
qui leur appartenaient dans le faubourg, le tout au denier 23 du revenu
(i I avril 1679)^
Le 23 septembre 1602, le sieur Mercier rendit hommage avec ses
deux fils aux prieurs et sénieurs de Saint-Germain pour un fief qu'ils
possédaient à YiUeneuve-le-Roi, fief qu'il avait acheté 14000 écus\
Seigneurie spirituelle.
L'abbé Lebeuf semble croire qu'il y eut une église à Villeneuve dès
l'époque de sa fondation. Irminon la signale dans son Polyptyque. En
octobre to45, l'abbé Adraud, abbé de Saint-Germain-des-Prés, l'obtint
pour suppléer à la nourriture de ses religieux. Imbert, évêque de
Paris, qui la lui donna, s'y réservait le droit de visite et de synode;
mais il déclara que cette libéralité se faisait du consentement des
archididiacres et que par suite ses successeurs ne pourraient rien
exiger pour le rachat, lors de la présentation d'un nouveau curé '.
Le rachat d'un église (altaris redemptio) était une prestation en argent
fournie aux évêques lors de la nomination d'un nouveau curé.
Henry 1" confirma cette donation (io58)\
Quand l'égUse de Villeneuve a-t-elle pris le vocable de Saint-Georges?
On ne saurait trop le dire, mais d'assez nombreux documents prouvent
que cette dénomination était encore rare au XIP siècle et ne devint
générale qu'au XllP. Quel en était le vénérable patron? M. l'abbé
Martin prétend que saint Georges, diacre d'Espagne, vit son homo-
nyme d'Orient le supplanter et lui ravir son titre. Quoi qu'il en soit,
les habitants n'avaient pas toujours une pieuse déférence pour leur
bienheureux protecteur. Malheur à lui s'il permettait aux gelées
d'endommager les vignes. Pour le punir, ils prenaient sa statue et
la plongeaient dans la Seine \ Chaque année on célébrait le souvenir
1. Chap. conv. Bib. nat. ms.fr. 16857, p. laO.
2. Id. iG8'i9, p. 5.
3. Arch. nat.K. 19, n° a«. Lasteyrie, Carlulaire de Paris, p. n8. T.vrdif.^/ohiîhî. hisL,
p. 118. Brequigny, t. II, p. 3fi. Mabillon, Ann. Bén., t. IV, p. 3C7. Dubois, Hist. de
Paris, t. I, p. 655. Dom Bouillart, p. 27.
!t. Arch. nat. LL. 1026, p. i5.
5. Pinard.
[56 —
de la dédicace de cette église, le premier dimanche d'août. Guy de
Montmirail, évêque in parlibus de Mégare, l'avait bénite le 3 du
même mois, i533. Cette cérémonie s'accomplit de nouveau en 1589.
Souillée par une effusion criminelle de sang, Etienne de Lusignan,
évêque de Lesmos, dut la réconcilier.
L'église actuelle de Villeneuve-Saint-Georges date du milieu du \II^
siècle. Le chœur et ses bas-côtés, le sanctuaire ainsi que les deux
chapelles latérales s'élevèrent d'un seul jet. Ces parties seules compo-
saient l'église de ce temps. Il ne reste plus de cette première construc-
tion que les massifs piliers du chœur. Sur le portail, qui remonte à
la même époque, se voyaient deux écussons, représentant, l'un, l'écu de
France, et l'autre, les armes du seigneur abbé. La tour ou le clocher
paraît être la partie la plus ancienne du monument. Suivant l'abbé
Martin, il serait antérieur au XF siècle. A l'intérieur de l'église on
comptait plusieurs chapelles. Celle de la sainte Vierge était, moyennant
redevance, la propriété temporaire du château de Beauregard. La cha-
pelle de Sainte-Geneviève appartenait au même titre au fief de Belle-
Place.
En vendant cette propriété à Philippe Morand, conseiller du roi,
Dame Catherine d'Aguesseau, veuve du comte de Tavanne, lui céda
aussi un banc dans l'église, pour entendre le service divin, à la
condition qu'il payerait annuellement une redevance de 75 livres
(26 décembre 1719)^
C'est dans la chapelle Saint-Jean, détruite au commencement du
siècle, que fut inhumé auprès de son épouse, Geneviève Marcadet,
Jean Bachelier, écuyer, juge et conseil en la ville de Paris, 011 il était
décédé en 1688. 11 avait fondé à Villeneuve-Saint-Georges une messe
quotidienne pour le repos de son âme et celle de sa compagne, ainsi
qu'un maître pour instruire les garçons de la paroisse, et deux Sœurs
de Charité pour soigner les malades. Ces fondations ont disparu à la
Révolution.
La quatrième chapelle était celle de Saint-Roch, qu'on appelait la
chapelle de monsieur le curé, parce qu'il y faisait le catéchisme
et y avait établi son confessionnal.
I. Arch. nat. S. agAa.
i57
Parmi les personnages illustres qui vinrent s'agenouiller dans
l'église de Mlleneuve-Saint-Georges, nous voyons au premier rang le
roi saint Louis, en septembre 1244, puis Philippe le Bel, 1 4 janvier
i3o2, Philipi)ede Valois, 5 février i336, Louis XIIl, 19 octobre 1609.
Des quatre cloches qui carillonnaient aux jours de fêtes, une seule
fut épargnée par les révolutionnaires ; les autres furent fondues pour
faire des canons'.
En 1220, l'archidiacre commanda au curé de Villeneuve de laisser
toute liberté au prévôt d'entrer à l'église par la porte qui donne accès
sur le jardin de ce dernier. 11 est formel et menace de la peine d'ex-
communication, en cas de refus : « Volumus, dit-il, quod prepositus de
Villanova S. Georgii per unum hostium in ecclesia situm, ut dicitur,
ab antiquo, ex parte sui orti aperiens, tempore quo divina in vestra
celebrantur ecclesia, tocies quoscies et horis singulis propter devo-
tionem liberum ingressum habeat eregressum, non obstantibus qui-
buscumque litteris a matriculariis... in contrarium impetratis"'. 0
Il y avait un hôpital à Villeneuve-Saint-Georges. Simon Bourrelier
l'avait fondé, le 25 juillet i458, pour y recevoir les voyageurs et les
pauvres. Guillaume VI, évêque de Paris, décida que l'abbé de Saint-
Germain pourrait choisir et présenter le prêtre pour desservir le sanc-
tuaire qui y était annexé, mais, lui, se réservait de l'agréer^. M. Martin
nous apprend que l'ecclésiastique nommé à ce poste devait, en plus de
son office, faire l'école des garçons. La chapelle de l'hospice de
Villeneuve ne jouissait pas sans doute de revenus considérables, car
elle fut rayée du nombre des bénéfices par lettres patentes, enregis-
trée, le 3o décembre 1670. Elle était dédiée à saint Simon et à saint
Jude, et ne fut entièrement démolie qu'en i845. Des oratoires particu-
liers furent accordés à plusieurs personnes pieuses et ornèrent de
nobles demeures telles que Grandmange et le fief de Belleplace.
En terminant, faisons remarquer qu'Adrien Bourdoise établit à
Villeneuve-Saint-Georges, vers i65o, un séminaire de prêtres de Saint-
Nicolas. Le bâtiment qui subsiste encore aujourd'hui et conserve son
nom devint la propriété de l'abbaye après la mort du fondateur.
I. Martin et Pinard, VUleneuve-Saint-Georges.
3. Arch. nat. LL. 102G, p. i5i.
3. Bibliothèque de l'École des Chartes, G. L. (i8(J8), p. ^99. Arch. nat. LL. io»jo
p. aC.
— i58 —
Curés de Villeneuve-Saint-Georges
1607.
Naclier dit le Bossu.
1607-50.
Jean Jallevy.
i65i-63.
Christophe Lemercier
1663-97.
Luzi.
1697.
Cappelain.
1697-1739.
de Franquereux.
1729-59.
Lemaire.
1759-99-
Froissard.
On prélevait sur les revenus de Villeneuve-Saint-Georges :
1° Le YIll des ides de février ou le 6 de ce mois, 3o sols (xxx sols)
pour l'anniversaire d'Eude Percenat (?).
2" Le jour de Pâques, vi livres employées en partie pour l'anniver-
saire de Jehan d'Issy.
3° Aux ides de juin ou le i3 de ce mois, xxx sols pour l'anniver-
saire d'Alaine (Alane) de Villeneuve.
4° Le Vil des calendes d'août ou le 26 juillet, ix livres parisis
employées en partie pour l'anniversaire de frère Symon.
5° Le 111 des calendes de novembre ou le 3o octobre, rm sols parisis
pour l'anniversaire de Hugues de Crespy, abbé.
6" Le 11 des calendes de novembre ou le 3i octobre, x sols pour
l'anniversaire de Raoul de Guerreville.
7° Le Xlll des calendes de décembre ou le 19 novembre, xxxvi
sols parisis pour l'anniversaire de Pierre Forestier et de son épouse.
8° Le Vlll des ides de décembre, ou le 6 de ce mois, xl sols
tournois, pour l'anniversaire de Mathieu, chevalier, d'Emeline, son
épouse, et de Symon, leur fils.
ID9
HAUT-GAGNY
Irminon nous dit dans son Polyptyque' que Saint-Germain-des-Prés
avait jadis dans ce lieu d'importantes richesses. Il y possédait
48 bonniers ou 480 arpents de terres labourables, où l'on pouvait
semer 192 muids de blé, 66 arpents de vigne, où l'on récoltait
4oo muids de vin, une foret de deux lieues de tour où l'on pouvait
nourrir i5o porcs, i4 arpents de pré qui produisaient chaque année
3o charretées de foin. Que devinrent ces biens? Nous ne saurions le
dire. 11 faut croire qu'à la suite d'événements calamiteux, ils se trou-
vèrent très diminués.
En effet, un document du 28 janvier i63o nous parle du fief de
Gagn\, au territoire de Santeny et Boissy-Saint-Léger, proche de
Valenton et Mlleneuve-Saint-Georges. Il comprenait 100 arpents de
terre ou environ situés aux lieux dits : le dessus de Gagny, le chemin
du Tartre, la Bonde, la Fontaine, la Foy aux peureux, le clos Dauzan.
Comme il dépendait de la mense conventuelle, les religieux de Saint-
Germain le cédèrent à Louis Guibert, sieur de Bussy-Saint-Georges,
maître de ses comptes, moyennant la rente annuelle de 12 livres et à
la charge de rendre foi, hommage et autres devoirs féodaux".
Le 24 septembre 17 10, ce fief passa aux mains de Mcolas Hau-
debert du^Buisson, seigneur de Brévannes et de la Tour Mesly, conseil-
ler d'Etat. Celui-ci le transmit à sa mort (9 février 17 18) à monseigneur
Henry-Augustin Lepilleur, évêque de Saintes, qu'il avait constitué son
légataire '.
La déclaration de 1790 est ainsi conçue : « Douze livres de rente féo-
dale sur le fief du haut de Gagny, mouvant de la dite abbaye de
Saint-Germains-des-Prés et possédé par M. le Pilleur de Brévanne, foi
et hommage du 26 avril 1730. Nota. Ce fief s'étend sur environ 5o et
quelques .arpents et n'a point produit de mutations depuis plus de
60 ans \ »
1. LoNGNON, Polypiique, p. 4i.
2. Arch. nat. S. ag'ia. Bib. nat. ms.fr. iG853 ; Arch. nat. S. 2978 et 2979 ; LL. io58,
p. 3o3.
3. Arch. nat. S. a9'i2. Lebeuf-Fechoz, II, p. 546.
4. Bib. nat. ms. fr. ao848, p. 24.
— i6o — -
CROSNES*
Ce village est situé sur la rivière d'Yerres, non loin de son confluent
avec la Seine. C'était à l'origine une dépendance de Villeneuve-Saint-
Georges. On y voyait une chapelle dès la fin du XII* siècle.
Elle relevait de Saint-Germain-des-Prés, car elle figure dans la bulle
où le pape Alexandre 111 confirme les biens attribués à ce monastère
(1177). Des personnes généreuses la dotèrent. En 1226, Egilo de
Quisiaco (Gillet de Cuissy?) approuva une acquisition de 20 livres faite
dans son propre fief en faveur de ce sanctuaire '. Ferrie d'Anet et la
comtesse Chrétienne, sa mère, ajoutèrent à cette donation'. On prévoyait
que Crosnes se séparerait de Yilleneuve-Saint-Georges. Pour compenser
la perte que devait faire cette église, Baudouin de Corbeil et Ferrie du
Pâte consentirent qu'elle possédât un des biens fonds qui se trouvaient
dans leurs fiefs, acheté au prix 3o livres (i232)*.
Comme la chapelle de Crosnes jouissait d'assez importants revenus,
Guillaume, évèque de Paris, l'érigea en église paroissiale (juillet i234)^
L'abbé de Saint-Germain conservait le droit de présenter à la cure,
de percevoir les pains ofl'erts le jour de Saint-Etienne et les deux tiers
des cierges donnés à la Chandeleur". 11 était déchargé de pourvoir, à
l'avenir, à l'entretien du vicaire perpétuel et d'augmenter le gros qui
lui était départi. Raoul, curé de ^ illeneuve-Saint-Georges, approuva
cette érection, qui fut confirmée par Jean, archidiacre de Paris. La
déUmitation de la nouvelle paroisse ne comprit pas les villages assez
rapprochés de Chalandray ou Chalandré, Toncy et Aresles ; ils conti-
nuèrent à dépendre de Villeneuve-Saint-Georges'. Le curé de cette
dernière localité dut renoncer en faveur de son ancienne succursale
aux revenus et aux vignes qu'il possédait au territoire de Crosnes. On
fit exception pour la vigne de Montcrevé*.
1. Canton de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise).
2. Arch. nat. LL. loaS.
3. Id. LL. 1087. Dom Bouillart, p. 123.
II. Id. LL. 1087.
5. Id. LL. 102G, p. i5i-i5/i.
6. Id. L. 776 et 777 ; LL. loaS, p. 226.
7. Id. LL. I025, p. 226.
8. Id. LL. 1087, p. 22.
— iGi -
Un acte du 8 novembre i543 nous apprend que le curé de Crosnes
aflermait les revenus de son église à Jean Dubusc. Ce prêtre devait
desservir la paroisse, célébrer le service divin et payer au titulaire
80 livres par an et un muid et demi de vin'. L'église de Crosnes est
un édifice du XIII' siècle. Cependant sa dédicace n'a été faite qu'en
1009. On y écrivit alors sur l'un des piliers cette inscription qui a été
détruite à la Révolution : « Bonnes gens, plaise vous sçavoirque l'église
de Notre-Dame de Crosne fut dédiée le premier dimanche do juillet iSog,
par Révérend Père en Dieu, Frère Jehan Nervet, Evesque de Magarence,
prieur de Sainte-Catherine du Vau des Ecoliers. •) Ce prélat, originaire
de Villeneuve-le-Roi, voulut être inhumé dans ce modeste sanctuaire',
II n'est pas nécessaire de rappeler ici que les habitants de Crosnes
furent affranchis en 1248 et que Jacqueline, dame d'Ermenonville et de
Crosnes, accorda aux religieux de Saint-Germain-des-Prés tout droit sur
l'Yerres depuis Villeneuve-Saint-Georges jusqu'au mouhn qu'ils possé-
daient sur cette rivière. C'est Florimond Brulard, seigneur de Crosnes,
qui consentit à rendre aux religieux les biens qu'ils avaient ahénés
(23 mai 1643)'. Un de ses prédécesseurs, Gilles Brulart, obtint de faire
célébrer la messe dans son château. C'est sans doute chez lui que
s'arrêta Louis XIII, que nous voyons à Crosnes les 3o avril i633,
1 5 juin et 2 décembre i636\ On raconte qu'un membre de cette hono-
rable famille, procureur au Parlement, brûlait d'un véritable zèle pour
les intérêts de la religion. 11 vivait à la fm du XVI^ siècle et portait
aussi le titre de seigneur de Crosnes. Lorsqu'il rencontrait dans les rues
de la capitale des évêques en carrosse, il les faisait arrêter pour leur
demander quelles affaires les y retenaient. Si c'était un procès, il leiu'
répondait : « Retournez dans votre diocèse, je le ferai terminer. » Bui-
leau était originaire de Crosnes et dut visiter assez fréquemment
l'église du village".
Si la déclaration de 170)0 ne mentionne pas les droits des religieux
de Saint-Germain-des-Prés à Crosnes, c'est qu'ils ont été compris sans
doute dans le dénombrement qu'ils donnèrent pour les localités
voisines : Valenton, Yilleneuve-Saint-Georges, etc..
i. Arch. nat. LL. 11Z16, p. 709.
2. Lebeuf, Pinard.
3. Arch. nat. LL. ii/iO, p. 781.
/i. PiN.vnD. V. Itinéraire des rois de France,
5. PiN.VRD.
II.
— t62 —
YALENTON
Nul doute que ce lieu ne soit très ancien, comme le prouve son nom
d'origine romaine. On peut croire que le fondateur et le premier
propriétaire de ce village s'appelait Valens. Quand et comment cette
terre, qui se trouve à trois lieues et demie de Paris, sur la rive droite
de la Seine, est-elle venue au pouvoir de l'abbaye de Saint-Germain-
des-Prés ? L'auteur de la vie de saint Babolein, qui vivait au XP siècle,
prétend qu'elle lui fut donnée par Clovis 11. Suivant Lebeuf, un de
nos rois de la première race aurait, vers l'an 720, accordé cette propriété
au célèbre monastère parisien. Louis le Débonnaire, en 829, et Charles
le Chauve, en 872, confirmèrent cette donation ^. Le même auteur
opine que Villeneuve-Saint-Georges s'éleva sur le territoire de
Yalenton. L'abbé Ililduin assigna pour l'entretien de sa commu-
nauté tout ce que l'abbaye possédait en ce lieu (829). A la suite des
guerres civiles qui ensanglantèrent la France, les religieux de Saint-
Germain furent forcés d'aliéner quelques parties de cette seigneurie.
Plusieurs fiefs furent formés et l'un prit le nom de Plaisir, un autre
est connu sous le nom des Placines\ Ce domaine monastique s'accrut
par des acquisitions successives et donna lieu à de nombreuses tran-
sactions.
Par acte devant l'ofTicial de Paris, Ferri de Valenton, chevalier,
vendit à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés tout ce qu'il pouvait pré-
tendre dans les biens tant féodaux que censuels situés à Valenton,
provenant de la succession de Jean de Tyois, moyennant la somme de
55 livres parisis (mai 1286) \ Les religieux de Saint-Germain revendi-
quaient la succession entière du dit Tyois, comme leur homme de
corps, décédé sans enfants. Au contraire, le dit Ferri soutenait qu'elle
devait lui revenir, ainsi qu'aux autres collatéraux. 11 devait certai-
nement invoquer la qualité de chevalier départie au défunt. Ce titre ne
s'accorde pas en effet avec la servitude pas plus que la possession des
1. Canton de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise).
2. Arch. nat. LL. io/|3.
3. BONNO.
4. Arch. nat. L. 808 ; LL. 1087.
— i(]3 —
biens. Le doute qu'on avait sur la condition serve ou libre de Jean de
Tyois poussa, selon toute apparence, les parties à transiger'.
Au mois de mars 1289, Hubert Picard et Jeanne, sa femme, cédè-
rent aux religieux de Saint-Germain, pour le prix de 7 livres parisis,
la part qu'ils avaient en certaines terres, masures, rentes, tailles et
autres droits qui se payaient dans la maison du dit Hubert à Yalenton ".
Guillaume, doyen de Valenton, et Thomas, son frère, vendirent au
prieur de Yilleneuve-Saint-Georges 3 quartiers de pré, au territoire
de Blandin, avec d'autres héritages et rentes, moyennant 20 livres
parisis (décembre I2G5)^
En novembre 1271, Henri de Creteil, écuyer, et Isabelle, sa femme,
vendirent aux religieux de Saint-Germain, pour la somme de 18 livres,
leur part de rentes sur des terres, vignes et hostises à Valenton '.
Par acte devant Gilles de Compiègne, garde de la prévôté de Paris,
Jean de la Ruelle, écuyer de Noisy-le-Grand, et Jeanne, sa femme,
abandonnèrent à Eude, prieur de Mlleneuve-Saint-Georges, plusieurs
articles d'héritages, au prix de 48 livres parisis (juillet 1284)'.
Quelques années auparavant (1268), ils avaient cédé aux religieux
de Saint-Germain plusieurs rentes en grain et deniers, pour la somme
de 20 livres tournois ".
En mars 1280, Guillaume de Yalenton, écuyer, fils de feu Henry de
Creil, et de demoiselle Isabelle, sa femme, vendirent à l'abbaye de
Saint-Germain, au profit de la pitancerie, plusieurs héritages situés
à Valenton, moyennant 3o livres parisis'.
La même année, au mois d'octobre, Pierre de Concigni, chanoine
d'Aire et aumônier du roi, céda aux religieux bénédictins un fief (lu'il
possédait à Valenton, à condition qu'ils donneraient tous les ans à
l'abbaye d'Yerres une rente de 12 livres parisis \
Par acte devant Guillaume, officiai et archidiacre de Paris, Jean
Lezai de Valenton vendit à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, pour
1. Arch. nal. L. 808.
2. Id. L. 808.
3. Id. L. 808.
l\- BONNIN.
5. Arch. nal. L. 808.
G. BONNIN.
7. Arcji. nat. L. 808.
8. Id. LL. 10S7, p. ',9; S. 29/40.
— iG4 —
l'office de la Pitancerie, une maison sise près le four banal, moyen-
nant la somme de 3o livres (mai 1291)^
Le livre du frère Joseph, pitancier, marque, en 1292, que l'abbaye
touchait trois sous six deniers de cens pour une pièce de vigne assise
au clos de Valenton\
Par acte passé devant Jean Ployebauch, garde de la prévôté de Paris,
Jacques Franquillon et Jeanne, sa femme, abandonnèrent aux reli-
gieux de Saint-Germain un fief consistant en 3 sols G deniers de cens
et le tiers de 2 arpents de pré, le tout pour la somme de 8 livres parisis
(décembre i3i5)^. Les mêmes cédèrent encore au monastère bénédic-
tin une pièce de vigne, pour 32 livres (mars i3i9), et une maison,
moyennant 10 livres (juin 1 323).
Jacque de Baillenval, pour se libérer d'une rente de 08 sols envers
le pitancier de Saint-Germain, lui céda un fief à Valenton (septembre
i32 2). Il vendit aussi aux religieux de cette abbaye un mur de clôture
pour 7 livres parisis (i3 août i33o)*.
Les marguilliers et la paroisse de Valenton avaient acquis près de
l'église une masure et autres lieux pour en faire une place publique.
Les religieux accordent l'amortissement de ces biens, mais à la condi-
tion que les acheteurs payeront annuellement au pitancier de Saint-
Germain 12 deniers de rente. Défense leur est faite de planter des
croix, arbres, d'établir un cimetière en cet endroit, sans la i^ermission
de l'abbé (3 mai iSa/i) '".
A la suite de ces contrats avantageux pour le grand monastère béné-
dictin de Paris, nous trouvons une série de plusieurs baux.
Thibault Fabre et Odeline, sa femme, prennent à rente de Benoît,
pitancier de Saint-Germain, une maison et un demi-arpent de vigne à
Valenton, à raison de 18 livres parisis, chaque année (mai 1280)°.
Henri Ferri afferme des religieux de Saint-Germain, pour payer
chaque année un setier de vin et 8 sols parisis, deux pièces de vigne en
friche sises à Valenton.
Les mêmes baillent à Jean Lemaître deux pièces de vigne situées à
1. Arcli. nul. L. 808.
2. BoJiNIIS.
3. Arch. nat. L. 808.
ti. Id. L. 808.
0. Id. L. 808.
6. BONMN.
i65
Valenlori, à raison de 7 sols de rente, et un demi-quartier à Marion de
la Boissarde, dame de Soy, pour 12 deniers par an (3o juin i3y5) '.
Les Bénédictins afferment un hôtel avec plusieurs appartenances à
Valenton, pour le prix de i5 livres (i48o)'.
Le dénombrement des biens de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés
fait en i384 donne quelques détails sur Valenton : « Item, en la ville de
Valenton, un hostel et jardin, deux arpents de vignes et à la Saiiil-
Remy xi livres de cens. Item un pressoir bannier pour les vignes, m;:is
elles sont demeurés en friche pendant les guerres. Item, de rentes d'a-
voine, chacun an, environ xvu sestiers... Et, sur ce, l'endoit le jour de
Pasques, à ceux qui reçoyvent Nostre-Seigneur Jesus-Christ, tant à
Villeneuve, Crone et Valenton, pour le pain benoist, uu sestiers et
demi-queue de vin ; item, le cierge benoist à Villeneuve le vandredy
aoré (adoré) pesant vu livres de cire'. »
Le 12 juillet iSGg, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés dut aliéner sa
terre de Valenton pour payer les subsides extraordinaires qui lui étaient
demandés comme à tout le clergé de France. Elle était imposée pour
76^2 livres tournois. Elle fut vendue à François Audrant, abljé coni-
mendataire de Saint-Fuscien-les-Amiens, au prix de (36oo livres. \ a-
lenton, qui ressortissait de Villeneuve-Saint-Georges jusqu'à celle
époque, en fut alors distrait. Il eut sa justice spéciale et ses fourches
patibulaires ^.
Ce domaine comprenait à ce moment un logis, ime grange, une ber-
gerie, des étables, 70 arpents de terres labourables, xix arpents de pré,
5 pressoirs bannaux, huit vingt arpents de vignes sujettes aux pressoirs,
payant par arpent 5 sols de cens". Une délibération du 18 novembic
1661 nous apprend que l'abbé permit aux religieux de racheter celle
terre qui appartenait antérieurement à sa mense". Un arrêt du grand
conseil en date du 28 février 1664 les autorisa à en prendre possession
après avoir acquitté le prix et les frais d'aliénation'. La déclaration i\o
1790 attribue à la mense conventuelle la ferme seigneuriale de ^ alen-
1. Arch. nat. L. 808.
2. Id. LL. 1090 (ou 1096).
3. Id. L. 753, n" VA). Sainl-("ieiniainiU'S-Pr('!i au XIV sicrli', p. ai).
4. Id. S. 29'u ; LL. io.'i3.
5. /,/. I,L. lo'i.S; G" i2o3, piiTO i5.
G. Cliap. conv. Hih. nal. ins.fr. iCSSO, p. i(h|.
y. Arch. nat. S. 2f)'n .
I
5oo'
600 1
900 •
100^
2
.5oo^
5
.000^
3oi
lO
.6S0'
— 166 —
ton avec ses bàliments, jardin, clos, pressoirs bannaux et 84 arpents de
terres labourables et de prés, le tout baillé au sieur Mignot pour
i3oo livres. Les religieux percevaient encore 1000 livres par an pour
lods et vente ^
L'abbé avait aussi divers revenus à Valenton :
Le moulin banal produisait
Le four
Le passage d'eau et la pêche de la rivière d'Yerre .
Les cens, environ
Lods et ventes (année commune)
La dixme sur 800 arpents, affermée
Deux rentes foncières
L'abbé devait annuellement 700 livres au curé de Valenton pour sa
portion congrue. Le fermier général donnait pour les miches, aux mar-
gnilliers de Valenton qui étaient en charge, le jour de la mi-carême, un
setier de méteil (les 2/3 de froment et i/3 de seigle), pris à la grange
dîmeresse de Villeneuve-Saint-Georges. S'il ne fournissait pas cette
mesure de grain, il en payait la valeur en argent qu'il prenait sur le prix
des mercuriales (1790) '\
Ce dénombrement nous prouve qu'on avait aliéné en 1069 les posses-
sions territoriales seules, peut-être avec certains droits de lods et
ventes.
Dans les registres des chapitres conventuels nous lisons à la date du
17 février 1666 que la ferme de Valenton fut réunie à celle de Saint-
Placide\ Rien ne nous explique ce qu'on entendait par là. Nous parle-
rons de cette dernière dans un article spécial et nous donnerons sa
valeur approximative.
Le 18 mai 1710, Louis-Alexandre Vigneron demanda à bail la mai-
son et le jardin appelé les vieux pressoirs. 11 devait planter le jardin
e:i vigne et payer chaque année deux demi-queues de vin. Si ces demi-
queues valaient un prix inférieur à 5o livres, il s'engageait à payer le
1. Dom Poirier, Bib. nat. ins.fr. 20848, p. 34.
2. Lereuf-Cocheris, III, p. 67, 70, 72,
3. Ghap. conv. Bib. nat. nis. fr. iGSoG, p. 247.
_ 16--
snrplus'. Plus tard, le i" juin 1725, les religieux de Saint-Germain
cédèrent ces immeubles à M. de Verneuil, introducteur des ambassa-
deurs, et reçurent en échange i3 arpents de terre\
Le sieur Bigres avait à Valenton un petit fief appelé le Clos-Gaillard ;
les Bénédictins lui accordèrent de changer ce nom en celui de fief de
Chevilly (5 mai 17 19)'.
Moulin banal
Four banal.
Déclaration de il 90
I . 5oo '
600'
Le passage d'eau et la pêche dans la rivière d'ières . 900 1
Cens, environ par année ^°°
Lods et vente, année commune. ....••• 2.5oo
Une rente foncière due par Coeffier, vigneron au dit
Valenton
Une autre de 12' 1 5^ et un boisseau d'orge due par
la veuve Matarder, le sieur Noren, du même lieu. . 12^ lo'
La dixme au dit lieu, sur 800 arpent, le tout loué. . 5- 0^0'
Total ^o-6^°' '^^
Ce revenu appartenait à la mense abbatiale, cependant la mense
,, M •. . 2.3oo^\
conventuelle prélevait
Charges
Curé de Valenton, pour la portion congrue 700'
Le fermier général devait aux marguilliers en charge de Valenton, le
jour de la mi-carême de chaque année un septier méteil, les deux tiers
froment et un tiers seigle, pris à la grange dixmeresse de V.Ueneuve-
Saint-Georges, pour les miches".
1. Chap. conv. Bib. mt. ms. fr. 16857, p.
455.
a. Arch. nnl. S. ati'io.
3. Cliap. conv. Hih. nul. ms.fr. i(i8[)7, p. ôaS.
4. Arch. nal. S. aSaS, cl Leiœuf-Cocheris, t. III. p. <'7 ^ v'»-
5. W. S. 2858; CociiERis, t. 111, p. 7" et 72-
i68
La ferme de Valenton, bàlhiienls, cour, jardin et clos, le tout conte-
nant 4 arpents, plus 3 pressoirs banaux et 83 arpents de terre et prés,
en 2o pièces, le tout situé commune de Valenton et terroir de Valen-
lon et A illeneuve-Saint-Georges, furent vendus, le 24 février 1791,
5o.ooo livres, à Le Pileur de Brévannes, cy-devant conseiller au Parle-
ment de Paris, y demeurant, rue d'Orléans*.
Seigneurie temporelle.
Comme nous l'avons déjà dit, Hugues, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, intervint pour protéger les habitants de Yilleneuve-Saint-Georges
et de Valenton. C'est lui qui mit un terme aux barbares exigences des
avoués, Etienne de Garlande et Amaury, comte d'Evreux. Il commua
leurs droits en une rente de 60 muids de vin, selon la mesure des
lieux. 11 négocia aussi avec Eudes Briart, gentilhomme de Corbeil, qui
maltraitait des gens qu'il aurait dû défendre. Celui-ci abandonna ses
prétentions, mais il demanda en retour i5 muids de vin et 35 sols par
an (ii38)\ C'est grâce à la salutaire influence qu'exerçait l'abbaye de
Saint-Germain que Robert, seigneur de Brie, et Aanor, sa femme,
renoncèrent aux 60 muids de vin rouge payables chaque année par les
indigènes de Valenton (i2i5)'.
En 1249, ce même monastère se montra généreux à l'endroit des
Valentonnais ; il les affranchit de la taille à plaisir et du droit de
formariage*. Les habitants de Villeneuve étaient soumis à certaines
servitudes. Ayant refusé de porter leurs vendanges aux pressoirs de
l'abbaye, ils furent condamnés par le Parlement (7 septembre 1068)'.
Ils payaient six pintes par muid, pour la dîme, et le cinquième setier
pour le pressurage (19 janvier 1572)'. Souvent les gens de Valenton
firent cause commune avec les manants de Villeneuve-Saint-Georges
1. Archives départementales de Seine-et-Oise, Vente des biens nationaux, district de
Corbeil, n° 58.
2. BOUILLART, p. 87. LeBEUF.
3. BOUILLAHT, p. 11^.
'4. Id., p. 123.
5. /(/., p. 195. BONNIN.
6. Arch. nat. L. 808,
— 169 —
dont ils partageaient les charges et la condition. Comme eux ils
devaient faire moudre leur blé au moulin, et cuire leur pain au four
des religieux. En 1478, le four bannier de Valenton était afTermé 3o sols
qui revenaient au pitancier de Saint-Germain-des-Prés'. En 1790, il
rapportait annuellement 600 livres, et le moulin i5oo.
Voirie. — Plusieurs documents attestent que les religieux de Saint-
Germain avaient droit de voirie à Valenton.
D'abord, le i4 janvier i665, monsieur Chamois, ingénieur et
conseiller du roi, demande la permission de conduire à sa maison une
source d'eau qui se trouve dans la coiu' d'un nommé Etienne Maillas-
son. Il se charge de la confection et de l'entretien des conduits sur tout
leur parcours. On fait droit à sa demande'.
L'intendant de monsieur le duc de Vendôme sollicite qu'on lui
permette de conduire à la maison que le duc a achetée à Valenton les
eaux qui viennent des bois appelés les Aulnettes et du clos de la vigne
appelé les Chapelles. Il voudrait également faire sortir les dites eaux
de son jardin par le chemin de la procession de Villeneuve, afin
d'arroser ses terres et prairies. Il promet de réparer la voie pour que
personne ne soit incommodé (17 mai 1688) \ Monsieur de Verneuil,
conseiller et secrétaire de Sa Majesté, s'adresse aux religieux de Saint-
Germain pour qu'ils lui permettent de faire une entrée à la maison
qu'il construit à Valenton, et d'élargir la grande rue du village. Il se
charge de tous les frais (19 mars 1725)*.
Le sieur Artaud obtient de conduire à sa maison et de là dans ses
propriétés, par tranchées ou tuyaux, le trop-plein de la fontaine publi-
que, située au haut de la rue Royale. Ces eaux se répandaient sur le
chemin et le dégradaient (/» juin 1705) °.
Monsieur de Belmont, conseiller du roi en ses conseils, grand audien-
cier de France honoraire, avait acquis de madame de Verneuil, entre
autres biens et héritages sis à Valenton, deux jardins séparés par un
fossé revêtu de pierres de taille. L'abbaye de Saint-Germain lui periucl
1. Arch. nat. LL. 1090, p. 87.
2. Chap. conv., Bib. nat. ms.fr, i0850, p. 223.
3. Arch. nat. 1G857, p. 24i.
II. Id. iG858, p. ao.
5. Id. i685c), p. 100,
— 170 —
de supprimer ce passage peu fréquenté. La commune approuve cette
décision et reçoit comme domniiage-intérèt une rente annuelle de
/|Oo livres (20 mars 1708)^
Justice. — Il y avait à Valenton des marais contenant environ
go arpents. Les habitants en jouissaient et le roi lui-même leur confirma
es droit (août 1608) \ La chambre des vacations, faisant droit à leur
requête, déclara que ces pâturages étaient séparés de la seigneurie de
Valenton (16 12).
Les gens des communes voisines n'avaient pas la liberté d'y mener
leurs troupeaux. En dépit de cette défense, un sieur Brotin de Mesly y
conduisit ses moutons. Les hommes de Valenton coupèrent la tête à
deux et les confisquèrent comme de coutume. Le sieur Oudart fit la
même chose, et ses moutons eurent le même destin. Mais le berger
avait un bâton ferré des deux bouts, il frappa fort. Un grave procès se
déroula devant le juge de Valenton et alla en appel devant le Parlement.
Le sieur Oudart et les habitants de Mesly furent condamnés (28 août
Les religieux de Saint-Germain soutenaient avoir seuls le droit de
pêcher dans les marais de Valenton. Ils considéraient le poisson comme
une épave ; il devait leur appartenir. La commune ne semble pas avoir
partagé cet avis, car les Bénédictins durent payer 3oo livres pour le
poisson provenant des marais (1714) ^
Audiences. — Les plaids et audiences de justice furent fixés au
mardi (8 août i66l\) \
Le grefTe et tabellionage étaient loués 3o livres, en 1664, et 25 livres,
en 1673".
Dîmes. — Le sieur Bazanier, cui'é de Valenton, voulut s'emparer des
dîmes en i52o. Il fut prouvé qu'elles avaient toujours appartenu aux
religieux de Saint-Germain. Ne fournissaient-ils pas le gros aux vicaires
perpétuels de l'endroit, ainsi qu'à ceux de Crosne et de Villeneuve?
De nombreuses quittances attestaient ce fait, et principalement de 1420
1. Arch. nat. iGSSg, p. 2G6.
2. Id. S. 394 1.
3. Id. S. 2941.
4. Id. S. 2941.
5. Id. LL. io43, p. i3i.
0. Id. LL. io43, p. i3i,
— 171 —
à iZ,37'. Gabriel Uatouillet, piètre vicaire, ne fut pas plus heureux
lorsqu'il réclama en i5o6 les dîmes de chanvre et de lin et employa la
violence contre ceux qui refusaient de les lui accorder ^ On reconnais-
sait que les dîmes appartenaient à l'abbaye de Saint-Gcrmain-des-Pres.
puisque les tribunaux se prononcèrent maintes fois en ce sens. Le
19 janvier 1572, l'abbé de Saint-Germain obtint une commission pour
obliger les manants de Valenton de lui payer six pintes par muid pour
la dîme et le cinquième setier pour le pressurage'.
Un document du 9 mai i533 nous montre qu'on payait environ le
dixième pour la dîme des animaux; pour 45 agneaux on en donnait
quatre*.
Seigneurie spirituelle.
L'église de Valenton est dédiée à la sainte Vierge. Elle célèbre sa
fête patronale le i5 août. La partie la plus ancienne de ce petit
édifice est la nef : elle annonce la fin du XI V« siècle. Deux collatéraux
fort étroits l'accompagnent. Le chœur, ouvrage des derniers siècles, a
été bâti par les économats en 1787. C'est un carré parfait surmonte
d'un grand dôme que couronne un clocher assez élevé. Cette eghse est
pauvrement meublée. Vingt stalles forment son plus grand luxe. Elles
furent données par l'abbaye de Saint-Germain et datent du Xl\« siècle.
Elles ont souffert pendant la Révolution. Il y avait trois cloches, mais
deux ont été fondues comme tant d'autres, au temps de la fameuse
tourmente de 1790. Celle qui reste est peut-être la plus ancienne des
environs de Paris. Elle porte une inscription qui pourrait bien être du
XVP siècle ^ ,
La cure était à la présentation de l'abbé de Saint-Germain-des-Pres,
car nous savons qu'Alexandre 111 confirma ce droit en 1 177.
Le 6 avril 1704, monsieur Lenoir, conseiller du loi en son grand
1. Arch. nat. LL. io43; LL. io85; LL. 1086.
2. Id. LL. 1043.
3. Id. LL. Il 40, p. 709.
4. Id. LL. n43, p. 133.
5. PjNARD,
172
conseil, et monsieur Bigres, conseiller du roi, receveur et payeur des
gages de messieurs les officiers du grand conseil, demandèrent à la
communauté de leur permettre à chacun de placer un banc dans le
chœur, dans un lieu près du clocher où cela ne devait causer aucune
incommodité. Ils promettaient de donner loo livres l'un et l'autre*.
Deux ans plus tard (3o août 1706), madame Tranché deTrememont,
fdle de feu monsieur de Machault, conseiller au Parlement, demanda
qu'on lui permît d'occuper le banc que son père avait jadis placé en
l'église. En retour, elle s'engageait à donner 100 livres'.
Les religieux de Saint-Germain-des-prés accordèrent à Gilles-Edouard
le Bouillier, curé de Yalcnton, acceptant pour l'œuvre et fabrique de la
paroisse, un terrain sis dans cette commune. 11 contenait deux perches
et demie de superficie et tenait d'une part à la cour de la ferme
seigneuriale, de l'autre au jardin du presbytère et à la nouvelle
sacristie. Cette cession était faite moyennant un sol de cens et 2 sols de
rente. La fabrique s'engageait à construire entre ce terrain et la cour
seigneuriale un mur long de 8 à 9 toises'.
Il convient de relater ici un incident qui marqua la prise de posses-
sion de l'église par les religieux de Saint-Germain qui avaient la terre
de Valenton, antérieurement aliénée par l'abbaye. Le 32 mars i6G3,
Dom Lucien Godard, procureur, et Jean Barré, cellérier du monastère,
accompagnés du prévôt et des autres officiers, entrèrent dans le temple
saint, prièrent devant l'autel, s'assirent au banc seigneurial, en présence
du sieur de Machault, conseiller du roi, et 3o ou 4o personnes. Personne
ne protesta. Il n'en fut pas de même lorsque le i5 mai suivant, jour de
la Pentecôte, l'huissier du roi voulut installer les officiers de Saint-
Germain-des-Prés. 11 trouva au banc seigneurial Jean Martin, procu-
reur fiscal, et le sieur Ghallat, domestique de monsieur de Beauvais
et de Marie Nourrisson, les anciens propriétaires. Le dernier avait des
armes et portait une épée au côté. 11 saisit au col l'huissier et tenta de
l'empêcher de publier les arrêts et ordonnances, ce qui causa tumulte
et scandale. Ces circonstances témoignent que ceux qui détenaient les
1. Arch. nat. LL. iol,3, p. 187. Chap. conv., Bib. nal., ms.fr. 1C857, p. 378.
a. Id., ms.fr. 16867, P- 4oa.
3. Id. S. 2g4o.
- ,73 -
biens monastiques ne les voyaient pas sans peine leur échapper et
passer en des mains étrangères '.
On prélevait sur les revenus de Yalenton :
1° Le V des ides de janvier ou le 9 de ce mois, lx sols pour l'anniver-
saire de Barthélemi de Roya.
2" Le V des ides de mai ou le 1 1 de ce mois, xxx sols pour l'anniser-
saire de Gilette (Gile), épouse de Garnier le petit.
3° Le Yll des ides de juillet ou le 9 de ce mois, xl sols pour l'anniver-
saire de Pierre Picard.
4" Le IX des calendes d'août ou le 24 juillet, xxx sols pour l'anniver-
saire de Thibault, abbé.
5" Le Yll des ides de septembre ou le 7 septembre, 100 sols pour
l'anniversaire de Richard, anglais, évêque d'Avranche.
6° A la fête saint Amand, calendes d'octobre, xx sols.
7'^ Le 11 des calendes de novembre, ou le 3i octobre, xu sols pour
l'anniversaire de Raoul de Gueneville.
8'^ Les nones de novembre ou le 5 de mois, x sols pour l'anniversaire
de Mathieu (de Civiliaco).
9" Les calendes de décembre ou le i^"" de ce mois, iv Uvres pour
l'anniversaire de Pabbé Hugues de Flacourt.
10° Le IV des ides de décembre, ouïe 10 de mois,* xxx sols pour
l'anniversaire de Melon (de Trociaco).
1 1° Le XII des calendes de janvier ou le 21 décembre, xxii hvres (?)
pour l'anniversaire de maître Pierre de Concigny ".
A deux kilomètres de Yalenton, dans la plaine et sur le territoire de
cette commune, se trouve une ferme, appelée l'Hôpital, qui apparlint
jadis aux Templiers et, dans la suite, à l'Ordre de Malte. Il y avait là
une chapelle bâtie au XIII" siècle, connue sous le vocable de Saint-Jean.
Elle possédait des fonts baptismaux. Chaque dimanche on y célébrait
la grand'messe, à laquelle était offert le pain bénit. L'évêque de Paris
fut maintenu dans le droit d'y administrer seul tous les sacrements
(1496). Cette maison était destinée au logement des pèlerins et croisés
qui se rendaient en Terre-Sainte \
1. Arch. nul. LL. io43.
2. /(/. LL. 1027.
3. Voir Pinard.
17A
Curés
i43o. Robert le Moucheux.
i5o6. Gabriel Ratouillet.
i52o. Bazannier.
1598. Michel Collet.
1784. Edouard le Bouillier.
BRUYERES (proche Limeil)
Un document nous fournit l'occasion de citer Limeil qui se trouve
dans le voisinage de Valenton. On y voit que Eudes le Roux, bourgeois
de Paris, et Agnès, sa femme, donnèrent à l'abbé de Saint-Germain-
des-Prés leur grange ou ferme de Bruyères, près Limeil-en-Brie, avec
2/|0 arpents de terre qui en dépendaient et relevaient de la censive des
religieux bénédictins, et de plus, une pièce de bois de 3o arpents, dans
les environs. Bouillart et l'abbé Lebeuf auraient-il commis une erreur?
ils ne mentionnent que ii4 arpents de terres labourables. D'oîi vient
cette divergence ? Touchée de reconnaissance pour ce bienfait, la com-
munauté de Saint-Germain promit de payer à Eudes 60 livres de rente,
et à Agnès, 3o, leur vie durant. Elle s'engagea aussi à faire célébrer
solennellement un service anniversaire après leur mort'. Le dénombre-
ment de i384 mentionne ce domaine :
Item I hostel appelé les Bruyères, lequel est tout désert et inhabi-
table avec G (100) arpents de terre, et xxxvi arpents de petits bois^
A partir de cette éjjoque, on ne trouve plus trace de ces héritages. Ils
furent sans doute aliénés ou distraits.
1. Arch. nat. L. 780. LL. 1087.
2. L. 753.
ARRONDISSEMENT de PONTOISE
LONGUESSE
Longuesse, en latin Longues s iiim, Longiiessa, Longuaxia, est un vil-
lage du canton de Marines, arrondissement de Pontoise, département
de Seine-et-Oise. 11 doit sans doute son nom à la forme qu'il a. Une
seule rue principale, très longue, constitue la commune.
Robert II, frère du roi Eude, avait été nommé abbé de Saint-
Germain-des-Prés. En dépit des saints canons, il jouissait des richesses
de ce monastère, bien qu'il fût simple laïque et marié. C'était la
première fois qu'on voyait pareil scandale dans cette communauté. Ce
prélat d'un nouveau genre montra un véritable zèle pour doter l'abl^aye
qu'il était censé gouverner. En 918, il obtint de Charles le Simple une
charte par laquelle il donnait à Saint-Germain de Paris des biens assez
considérables, entre autres la chapelle de Longuesse avec ses dimcs et
divers revenus ^
Des acquisitions et donations vinrent augmenter ce domaine.
Vers 960, messire Pierre de Longuesse et son épouse, Hildeburge,
avec le consentement de leurs enfants, donnèrent, en aumône, à l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés, les terres qu'ils avaient au territoire quali-
fié de leur nom. Pour récompenser cet acte généreux, les Bénédictins
accordèrent xxi livres x sols à Pierre de Longuesse et un anneau d'or
à Hildeburge. Les autres membres de la famille eurent leur part dans
cette reconnaissance. La donation que nous venons de mentionner fut
soleiuiellement déposée sur l'autel de Saint-Vincent'.
En mars 1268, le monastère de Saint-Germain acquit à Longuesse
une maison, un jardin derrière et une vigne, avec d'autres biens
1. BouiLLART, p. ()/,. Pièces justificatives (XXV).
■2. Arch. mil. LL. 1024, p. 82.
- 176 -
à Bouafle et Les Mureaux, pour la somme de 60 livres parisis*.
Eustache d'Orsignies, chevalier, fit donation à l'abbé et au convent
de Saint-Germain-des-Prés de ko sols parisis de rentes, sur les censives
de Fresnes (Ecquevilly) (i27o)\
Au mois d'octobre i332 eut lieu un échange entre l'abbé et les reli-
gieux de Saint-Germain. Ceux-ci délaissèrent à leur supérieur
123 livres i5 sols de rente à Issy et Vaugirard pour la maison de Lon-
gucsse et ses appartenances qu'il leur abandonnait \
Ils effectuèrent cet accord, disaient-ils, après grande et longue déli-
bération (i332), pour la paix, concorde et unité, qui doit estre nourrye
et gardée spécialement entre personnes de religion, pour eschiver
descors, matière de scandale, au temps à venir. Les biens de l'abbé et
du convent étaient mélangés de telle sorte qu'il pouvait en résulter de
fâcheux procès *.
Le 1 1 mars i343, Jean et Pierre le Viel cédèrent aux Bénédictins un
jardin situé à Longuesse. Ils reçurent en échange un arpent de terre sis
au même lieu, redevable envers les religieux de deux sols de cens et de
la dîme ^.
On lit dans le dénombrement de i384 : Item le pitancier du convent
a une maison en l'archevesché de Roen, appelé Longuise, en grant
ruine. Item, environ xlii arpents de terre. Item, environ liui sols de
menus cens\ Item, les dîmes de grains d'icelle paroisse et champarts,
tout loué à présent, montant et avalant, xxmi livres, qui soloit valoir,
avant les guerres, c livres parisis, et doit décime au pape, qui monte
VI livres.
Le 7 avril i46i, demoiselle Ferrenelle de Claincourt, veuve de Pierre
de Gamaches, renonça au profit de messieurs le religieux, abbé et con-
vent de Saint-Germain, à cause du pitancier, à tous les droits qu'elle
avait sur un hôtel, nommé Graveois, et ses appartenances, comme
moulin, coulombier, masure, terres, jardins, vignes, prés, aulnayes.
Cette propriété était située entre Fresnes et Bures. La dite demoiselle
1. Arch. mit. L. 765 ; LL. loia, p. 5.
3. Id. LL. ii46, p. 707.
3. Id. L. 780 ; LL. 10/12, p. b.
4. Id. L. 780.
5. Id. S. 3986.
0. Voir Saint-Germain aa XIV' siècle, p. 35. Anh. nul. L. 7.")3, n° 29.
//
fut déchargée de 4o sols parisis de rente qu'elle devait aux Bénédictins,
à raison de ces immeubles '.
Dom Charles BuUet acquit pour sa communauté de Toussaint
Lemaitre, au prix de 77 livres i5 sols de rente rachetables i4oo livres,
un corps de logement et 62 perches de terre sis à Longuesse (19 no-
vembre 1647). ^^ ^^^ pl^^ tard, le 18 mars 1G48, les religieux de Saint-
Germain-des-Prés empruntèrent 2000 livres, pour 100 livres de renie
annuelle, atin de solder l'achat qu'ils avaient fait à Longuesse. Le sup-
plément de 600 livres était destiné à payer les répai'alions qui s'impo-
saient. Le 24 mars de la même année, dom Charles Bullet remboursa à
la veuve Dubray 03 livres de rentes'.
On avait donné à dom Charles Bullet, pour sa pension viagère, la
jouissance de Longuesse, et à dom Nicolas Duval les revenus de Sep-
teuil. Comme cette terre était notablement plus importante, dom Nico-
las Duval rendait 5oo livres à son confrère. Ils partageaient tous les
deux le rendement de la propriété de Montchauvet^.
Ces deux religieux pouvaient faire restaurer la maison de Longuesse
s'ils le trouvaient bon, mais à leurs frais et dépens.
Ils devaient payer la portion congrue des curés et faire arpenter les
domaines, tous les cinq ans.
Il leur était interdit de prendre le titre de prieurs dans leurs actes ;
mais on leur permettait de se considérer comme procureurs de Béné-
dictins de Saint-Germain.
Les revenus qu'on leur abandonnait valaient à cette époque mille
livres. S'ils augmentaient, la mense conventuelle n'avait rien à pei'cc-
voir; s'ils diminuaient, elle n'avait rien à fournir. La communauté
trouvait plus simple de céder aux anciens la jouissance de quelques
fermes pour acquitter leur pension. Elle n'avait pas à s'inquiéter du
payement, qui entraînait parfois des procès (4 décembre iGSa)*.
Le 5 novembre 1G59, les Bénédictins de Saint-Germain achetèrent de
Nicolas et Marthe Malet 3i perches de terre à Longuesse, pour la
somme de 3io livres. Cet acquisition servit d'emploi à l'argent donné
par M. d'Amblainvilliers pour la fondation d'une messe'.
1. Arcli. nat. LL. iiAO.
2. Id. S. 2q38; LL. 1062; LL. 1062, p. 1 1 .
3. Id. LL. I laC, p. 3Go.
k. Id. LL. ii2(;, p. 88.
5. Id. S. 2(j38; LL. lo/ia.
178-
Quelle était l'étendue du domaine de Longuesse ? En i38A, comme
nous l'avons vu, il se composait de 42 arpents. Plus tard, nous le trou-
vons diminué, sans pouvoir découvrir la cause de cet amoindrisse-
ment.
Un bail du 20 avril lôiy nous donne la superficie des possessions
de Longuesse et nous indique la situation des immeubles qui les com-
posent. Elles comprennent une maison, grange, estable, cour et jardin
et 27 arpents de terres arables situées en divers lieux :
r 9 arpents, au lieu dit le Grand-Chemin.
3" 2 arpents 1/2 et 20 perches, au lieu dit le long de l'Estang, tenant
à la terre de la cure.
3" I arpent 3 perches, joignant à la chaussée qui mène de Vigny à
Meullent (Meulan).
4° 3 arpents 6 perches, au lieu dit Sous-la-Carrière.
5" 2 arpents 1/2, au lieu dit Lestre ('?).
G" 2 arpents 1/3 et 10 perches, au lieu dit Sous-la-Hallotière.
7" 2 arpents 1/2 et i5 perches, au lieu dit le Fond-des-^Ierçais.
8° 4 arpents i quartier 1/2, au lieu dit le Buisson-Saint-Germain ^
L'arpentage des terres de Longuesse, le i4 juin 1640, donne
33 arpents 83 perches". Dans celui du i^"" juin 1674, on trouve une dif-
férence de 3 perches, en moins. Nous remarquons que le prix des baux
s'est élevé graduellement, comme le montre la liste suivante :
' i526 70^
* 1593 46 escus 2/3
'1627 . 45o^
1657 i.5oo^
1765 2.400^
Le dîmage de Longuesse était borné par le ruisseau Sirefontaine et la
vallée du même nom, les chemins de Meulan à Vigny, de Condécourt
à Frémenville, de Longuesse à Ruel, de Huanville au Bourdeau de
Vigny, de Longuesse à Théméricourt, la forêt de Folimouchet, les
rochers Bandes, la mm-aille du parc de Vigny, les chemins du
1. Arch. nat. LL. iiiG, p. 701.
2. Id. LL. io4a, p. 79-80.
3. Id. LL. iiiô, p. 700.
!,. Id. LL. 1089, P- 88.
5. Id. LL. 11/16, p. 693.
i
— 179 —
Bourdeaii de Vigny à Poissy, de Paris à Rouen, de Longuesse à
Sagy'.
La déclaration de 1790 est ainsi conçue :
Longuesse a une ferme seigneuriale consistant en plusieurs bâti-
ments, granges, jardin et clos contenant environ 3 arpents.
Plus 28 arpents un quartier environ de terres labourables, les cens,
rentes, lods et ventes, les grosses et menues dîmes de la paroisse, loués
au sieur Petit 3. 000'.
et en passant le bail. 3. 000'.
ce qui fait par an 333' 6^ 8'.
Le fermier devait payer le gros du curé qui se composait, depuis
1789, de 2 muids 1/2 de blé, à i5' le septier 720'.
et I muid d'avoine, à i5'le septier 180'.
Cette redevance s'élevait à 90c)'.
Seigneurie temporelle.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés eurent à défendre lem-
domaine de Longuesse contre d'injustes prétentions. D'abord le prévôt
royal d'Anet s'obstinait à réclamer à leurs vassaux deux muids d'avoine
de rente annuelle, pour droits de tensement. Ils s'en ])laignirent à
Philippe-Auguste, qiii mit fin à cet abus (1209)'-.
Hugues de Laieville, chevalier, après avoir soutenu que les habitants
de Longuesse lui avaient certaines obligations, renonça à faire valoir
ses droits, comme l'atteste, dans une charte de i23i, Guy, seigneur de
la Roche \
Jean de Monte Caprino afTirmait qu'il possédait à Longuesse un
moulin banal pour toute la contrée. Pom- justifier ses allégations, il
confia à son père qui vivait encore le soin de faiie une enquête à ce
sujet. Celui-ci, après avoir examiné les choses avec conscience, recon-
nut et proclama les droits de son fils, qui en fit aussitôt l'abandon à
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (1220)'.
1. Arch. nat. N' 11° ^29.
2. Id. LL. 102G, p. 83.
3. Id. L. 780; LL. 1036, p. 96.
4. Id. LL. 102G, p. 96.
i8o
Au XIII'' siècle, Gilbert avait à Longuesse une terre qu'il tenait en foi
et hommage de Herbert, seigneur d'une partie de Meullent (Meudan).
Il la transmit à Giloa, qui avait épousé sa fdle Malhilde. Troublé par
les jugements de Dieu et désireux d'expier les fautes qu'il avait com-
mises, il résolut d'embrasser la vie religieuse. Ayant oblenu d'entrer à
Saint-Gerinain-des-Prés, il donna tous ses biens à ce monastère. II avait
antérieurement remis entre les mains d'Herbert, son seigneur, le fief
(jui relevait de lui et qu'il avait administré. Ce suzerain se montra géné-
reux. De concert avec sa mère Emeline et son épouse, Sézile, il
aumôna ce fief aux Bénédictins de Saint-Germain. L'abbaye en laissa
la jouissance à l'ancien tenancier, moyennant 12 deniers de cens*.
Thomas de Brie, religieux de Saint-Germain-des-Prés, au nom de son
abljaye, et dom Nicolle Rousselin, prieur de Théméricourt, revendi-
quaient le dixmage sur 26 arpents de terre sis au territoire de Huan-
ville. Le i5 avril 1/488, le prévôt de Paris rendit une sentence favorable
au premier et lui accorda ce qu'il réclamait'.
Le procureur du roi à Meulan prétendait que la terre de Longuesse
était un domaine royal et la fit saisir en cette qualité (i5o2). Combien
de temps dura cet état de choses? Nous ne le savons pas'.
Les sieurs Toussaint et Philippe Lemaître, bouchers, avaient prati-
qué des ouvertures et des soupiraux sur les propiétés des religieux. Un
arrêt de 31 octobre iGZi5 leur ordonna de les supprimer \
Les habitants de Longuesse avaient coutume de mettre les animaux
domestiques à paître ensemble. Une ordonnance du 12 décembre 1712
diîsigna les pâturages et régla que chacun ne pourrait envoyer au trou-
peau commun cpi'un nombre de moutons relatif à ses propriétés^.
(hiant à la dîme, on percevait 8 gerbes sur too".
Seioiieurie spirituelle.
Comme nous l'avons déjà dit, Charles le Simple accorda, en g 18, à
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, la chapelle de Longuesse avec ses
1. Arch. mit. L. 780.
2. Jd. LL. 11/16, p. 692.
3. Id. LL. n4G, p. 700. -
/i. Id. LL. 10^2, p. 85.
■5. Id. LL. ioi!|2, p. 87.
0. kl. LL. 10/12, p. 27.
i8i
revenus. Dans la charte de donation il demandait des prières et services
religieux pour lui et sa famille'.
Cette possession fut-elle distraite du domaine des Bénédictins? Lu
document de 960 paraît l'insinuer. 11 porte que Hugues 11, archevêque
de Rouen, leur rendit l'église de Longuesse. 11 se réserva seulement les
droits de synode et de procuration ^
Deux siècles plus tard, on trouva sans doute ce temple trop modeste
ou trop insuffisant pour contenir la population qui assistait aux offices.
On en construisit un plus en rapport avec les besoins de l'époque.
Un autre archevêque de Rouen, nommé Hugue d'Amiens, fit encore
don de cette nouvelle église aux religieux de Saint-Germain-des-Prés.
Il voulait ainsi récompenser l'affectueux dévouement de leiu- abbé à sa
personne. 11 leur laissa aussi l'ancien sanctuaire avec la faculté d'en
faire un oratoire de dévotion. Les droits de synode et de visite furent
maintenus \
En 1175, Rotrou, son successeur, confirma ce qui avait été accordé'.
Les Bénédictins présentaient à la cure de Saint-Gildard de Longuesse.
Ils jouissaient de ce privilège, mais ils avaient aussi la charge de four-
nir au titulaire les moyens de subsister.
Le curé recevait pour son gros deux muids de méteil et un muid
d'avoine. 11 se croyait en outre le droit de percevoir la tierce partie des
menues dîmes et des dîmes du vin. S'il payait la censive des i4 arpents
de terre appartenant à la cure, il en percevait aussi le revenu qui se
montait d'ordinaire à un septier de blé par an'.
Le relations des curés de Longuesse avec les religieux de Saiiil-
Germain-des-Prés ne furent pas toujours empreintes d'une parfaite
cordialité.
Le /». novembre 160 1, l'un d'eux, André Damcville, se fit décharger
d'une pension de 12 escus qu'il devait payer à la mense des novices de
l'abbaye, en renonçant, pour lui et ses successeurs, aux novalcs dans
les limites et fins de la paroisse de Longuesse ".
I. Boi iLLAiiT, Picces jusliJîrnl.,Wy.
3. Arrh. mit. LL. loa'i, p. G... Bih. mil. ms. l. i.^S.iS, p. ./i . — norii.i.vur. Pirrr.t
justificat., WVI.
3. /'/. LL. loaf), p. 2o'i ; LL. 103G, p. 07' Hoiu.i.utr. Pièces juslificat., LIV.
II. /(/. IAj. Klili, p. ()1.
f), liib. liât. ms. l. 13838, p. 3o8.
6. Arch. nat. LL. n46, p. Oya.
— l83 —
Un autre, Louis Abelly, soutenait que sa portion canonique était
insuffisante. En plus des deux muids de blé et du muid d'avoine que
recevaient ses prédécesseurs, il obtint 6 septiers de blé, et l'exemption
de la dîme pour les terres curiales, qui comprenaient à cette époque
iG arpents 80 perches. 11 renonça alors à ses prétentions de percevoir
les dîmes sur le vin (i4 janvier i636)^
Hippolyte Feret, vicaire général et ofTicial de Pontoise et du Yexin
français pour IMonseigneur le Révérendissime archevêque de Rouen,
primat de Normandie, fit savoir qu'après avoir veu, leu, et meurement
considéré cet accord passé enlre Claude Cotton, jorocureur général et
receveur des religieux de Saint-Germain, et Louis Abelly, curé de
Longuesse, il l'avait ratifié (27 mars i636)\
Cinq ou six arpents de terre situés près la croix des Vignes, sur la
route de Rouen, donnèrent lieu à un bruyant litige. Dom Charles Bul-
Ict, usufruitier de Longuesse, et le sieur François Molard, curé de la
V'illeneuve-Saint-Martin, en revendiquaient les dîmes. Un jour, ce der-
nier se rendit sur les lieux et rencontra son compétiteur. Oublieux du
respect cpi'il lui devait, il l'invcctiva avec beaucoup de violence, en
l'appelant : bougre et apostat. Il avait un couteau nu à la main, avec
lequel il menaçait de le tuer. Mais apercevant les ouvriers de dom Bul-
Ict, qui, sans se laisser déconcerter par son manque d'aménité et son
langage farouche, se hâtaient de prélever les dîmes contestées, il pensa
que son arme pouvait entraver la besogne des dîmeurs. Se précipitant
sur les gerbes, il en coupa les liens.
La lutte était trop ardente; il fallait que la justice intervînt pour ter-
miner ce déplorable désaccord.
Une sentence de requêtes procéda à un partage. Elle accorda
2 arpents au curé de la A'illcneuve-Saint-Martin et 2 arpents 1/2 à
dom Charles Bullet (4 octobre 1639) \
Le26 juillet 1666, un arrêt condamna les religieux de SainL-Germain-
des-Prés à payer à Antoine Château, curé de Longuesse, 12 septiers
d'avoine et 10 septiers de froment. Depuis deux ans il n'avait rien
reçu*.
1. Arch. mit. LL. 1042, p. a.'i.
2. Id. LL. 112G, p. 298.
3. Id. LL. loV^, p. 27.
/i. M. LL. io'|3, p. 3o.
— i83 —
La délivrance du gros au curé de Longuesse ne fut pas exempte de
graves difTicultcs. Le 7 décembre 1667, il fut convenu qu'il serait désor-
mais fourni en argent, à terme du mois d'octobre de chacpie année. Il
était fixé à 470 livres *.
En 1789, on changea d'avis, et on s'engagea à le payer en nature. II
se composait de 2 muids 1/2 de blé et d'un muid d'avoine ^
Curés de Longuesse
601. André Dameville.
61 G. Pierre llodiart, du diocèse de Rouen.
623. Jean Jacquinot, du diocèse de Langres.
63G. Louis Abelly.
. . Jacques Harel, du diocèse de Rouen.
691. Roussel, curé, décédé.
691. Antoine Ouin, nommé.
6GG. Antoine Château, curé.
G96. Bonaventure Vallicr.
700. Jean de France.
728. Jean Ancemot.
740. Duval, prêtre du diocèse de Rennes.
780. 3o avril. Hébert, changé, le sieur Desmures refuse.
780. 12 juin. Bonvarlet.
781. 2 septembre. Massieu.
782. 9 octobre. Maillard.
789. 23 mai. Grenai.
Curés
1 65 1-56. Le Carpentier de la Noue.
1606-57. Phretelle.
I. Arck. liai. LL. 10/12, p. 30.
2 /(/. S. 2858.
— i84 —
1G57-61
1661-62
1662-64
1664-64
1664-68
1668-71
1671-72
1672-83
1683-87.
1587-88.
1688-91.
1691-96.
1696-97.
1G97-1700.
1 700-1700.
1701-28.
1728-28.
1729-40.
1740-40.
1740-49.
1749-51.
1751-57.
1757-07.
1757-80.
1780-81.
1781-82.
1782-89.
1789.
. Bonzelle.
Henri delà Vallée.
P. Bonnin.
J. Binnot.
Antoine Gastrand.
Nicolas Denis.
Boulanger.
Claude Roussel.
De Ramecourt.
L. Defrancasleî.
Claude Roussel.
Antoine Ouin.
Robert Monard,
Bonaventure ^ allier.
De Goupil,
Jean de Villerval.
Christophe Teinturier.
Jean Ancemot.
Claude Lasseray, desservant.
René Duval, curé.
ïhouroude, desservant.
Galibert.
P. Martin, cordelier.
Anquetil, curé.
J. Blassipel, desservant.
Massieu, curé.
Maillard, curé.
Guérard Dumontier.
L'église consacrée à saint Gildard semble avoir été construite en trois
parties à des époques différentes. Le chœur paraît dater du XIP siècle.
L'ensemble en est harmonieux et assez élégant. Les fenêtres sont du
style ogival primitif. La nef est du XI V^ siècle. Le style est le même que
celui du chœur; cependant on y remarque une plus grande perfection.
Les bas-côtés sont relativement très récents; ils doivent dater de
3 ou 4 siècles, au plus.
— i8o —
La cloche actuelle, de moyenne grosseur, remonte à l'année 1733.
Elle porte l'inscription suivante :
« L'an de 7 g. lySS, elle fut fondue par M. Charles Morel, bénite par
M*"^ Jean Ancemot, tenue par le R. P. Dom Sauvaige, célérier de l'ab-
baye de Saint-Germain-des-Prés, les sieurs Jean Foulon et Gorbin,
marguilliers. »
Le porche situé sur le côté gauche de l'église s'ouvre sur une ruelle
qui conduisait anciennement dans la ferme de l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés, et actuellement de madame CafRn. Sous ce portique,
se trouve fixée au mur une grande plaque de marbre avec cette ins-
cription :
« Â la gloire de Dieu et à la mémoire de iNP Jean d'Ampville,
natif de Longuesse, juré chargeur de bois, lequel a donné à cesle
église la somme de i5oo', par acte fait entre ses héritiers et Denis Las-
seray, officier du roi et juré chargeur de bois de la ville et banlieue de
Paris, et Denis Guillou, marguillier, qui en ont déposé laoo', à consti-
tution chez les jurés chargeurs de bois en rente, au denier 22, et les
3oo' restantes pour payer l'amortissement et le marbre et la gra-
vure de cette inscription pour marque de l'obligation où sont tenus les
dits marguilliers de faire dire à perpétuité tous les vendredis de l'année
une messe basse et une haute messe, le jour du décès du dit d'Amp-
ville, arrivée le 9 may 1709, ainsi qu'il est porté plus au long par ledit
acte, par devant Berteault, notaire royal à Sagy, le 8 octobre 1713. Priez
Dieu pour son àme^ »
Monographies des InsliUiteurs (Scinc-et-Oise).
ARRONDISSEMENT D'ËTAMPES
ÉTAMPES'
Une charte accordée par le roi Philippe, la xiiii^ (i4'') année de son
règne (1074 ou 1075), nous apprend que Pierre, abbé de Sainl-Germain-
des-Prés, élail allé trouver ce monarque et lui avait demandé, pour son
monastère, une viguerie qui s'exerçait sur un petit village situé dans le
voisinage d'Étampes et jadis la propriété des Bénédictins. Molestés
par les tracasseries des officiers royaux remplissant le rôle de viguiers,
les liabitants avaient abandonné ce hameau qui se trouvait alors désert.
Le souverain écouta favorablement la prière du vertueux prélat et lui
accorda ce qu'il désirait, en recommandant à ses sujets de respecter
la donation qu'il venait de faire".
Lhi siècle plus tard, lorsque Hugues, dit de Montceaux, gouvernait
l'abbaye de Saint-Germain, frère Raynaud acheta pour cette commu-
nauté, au prix de 12 livres, la moitié d'un pressoir, près Étampes.
L'abbé voulut témoigner sa reconnaissance à ce religieux dévoué. 11 régla
qu'il jouirait pendant sa vie des revenus que le monastère avait dans
le pays d'Étampes, moyennant la redevance annuelle de 20 sols. Après
sa mort, celle somme devait être consacrée à procurer une pitance à la
communauté, au jour de Saint-Remy, pour que chacun priât avec plus
de ferveur pour le défunt ( 1 162-1 182)'.
A la date de 1 17G, nous trouvons la déclaration suivante d'un fief de
Saint-(Jermain-des-Prés : u Siguinus Canbitor de Stampis quicquid habet
apud Bonum villare* et Roveroi^ » '. Un siècle avant, Hugues de
Saint- Von' faisait hommage à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés
de tout ce qu'il possédait à BonviUiers : apud Bonum villare (1073)'.
1. Seiiie-et-Oisc.
2. Arch. nul. LL. io2'i, p. '^^ ; LL. 1026, p. 128.
3. Id. LL. 1020, p. i85.
h. B(jiivilliers, commune de Morigny (Seine-et-Oise).
5. llouvres, commune de Malesherbes ou de Pithiviers (Loiret). Longson, Inirodiic-
liuii, p. 195 et ai 3.
(). Arch. nat. LL. 1024, Lgagkon, p. 229, n" 68.
7. Canton de Dourdan (Seine-el-Oise).
8. Arch. nat. LL. 1024, p. io3.
ARRONDISSEMENT DE RAMBOUILLET
BEY^ES'
Dubieuil, dans sa Chronique, nous dit qu'il y avait dans le diocèse de
Cliaitrcs un cas tram nommé Beynes pour lequel les comtes de Mont-
fort-l'Amaury faisaient jadis hommage à l'abbé de Saint-Germain-des-
Prés. 11 ajoute qu'un document du chartrier de l'abbaye constate qu'ils
se soumirent à ce devoir pendant deux cents ans, de 1078 à 1274. Cet
acte porte que le comte de Montfort tenait de l'église de Saint-Gcrmain-
des-Prés, grâce à une donation faite par le célèbre roi Robert, un ais-
trum nommé Beynes, le domaine, le fief et la dîme du Chesnay, tout
ce que Robert Chastiau, Reynaud Champagne de MontreuiF possé-
daient à Grignon\ En l'an 1078, Amaury de Montfort rendit hommage
pour ces biens, à Pierre, abbé de Saint-Germain, en présence du roi
Philippe P'", dont le prélat était chancelier, et de Hugues le Grand,
frère du monarque. De 1278 à iSijG, le même écrivain affirme
qu'il n'a trouvé aucun titre attestant la prestation de ce même devoir.
11 pense que l'incorporation du comté de Montfort au domaine royal
a privé les Bénédictins de cet hommage auquel le souverain ne pou-
vait être soumis'.
Longnon, dans son introduction au Polyptyque d'Irminon, p. 228,
fait remarquer que le mot comte (au lieu de seigneur) est une
expression abusive, s'expliquant par le fait que le seigneur de Montfort
était comte d'Évreux.
SIKEFOMAl^^E^
En 918, Charle le Simple donna aux Bénédictins de Saint-Gcrmain-
des-Prés le village de Sirefontaine, situé dans le \ cxin 0 illa qujc
vocatur Sireafontana) ".
1. Canton de Monltorl-l'Ainaury, arrondissemonl de Rambouillet (Seine-et-Oisc).
2. Commune de Versailles (Seine-et-Oise).
3. Grignon, commune de ThiVerval (Seinc-et-Oise).
4. Bib. nal. ms. lat. ià838, p. 98. Arch. nat. LL. .o:!'i, p. io3.
û. Vallée près de Longuesse, arrondissement de Ponloisc (Scinc-el-Oise).
G. Arch. nal. LL. 102^, p. 28.
ARROISDISSEMEM DE VERSAILLES
CIIATEAIFORT'
Au mois de décembre i253, par acte devant rofficial de Paris, Jehan
Anger et Pétronille, sa femme, Roger de Soisy, cuisinier du roi, et
Clarice (?), son épouse, cédèrent aux religieux de Saint-Germain-des-
Prés le 1/4, puis les 3/i6 des portions qu'ils avaient dans la gruerie des
bois de Cliàteaufort, moyennant une rente anuelle de 12 livres i5 sols
parisis. Toutefois, ils se réservaient le revenu du charbon provenant de
cette gruerie".
Plus tard, au mois de janvier 1264, des lettres de sœur Amicie,
a))besse du monastère cistercien de Port-Royal, nous apprennent qu'elle
abandonna les droits de gruerie qu'elle avait dans les bois de la châtel-
lenie de Montfort et qu'elle avait acquis de Guillaume, à l'abbé de Saint-
Germain-des-Prés, pour 2 muids 1/2 de vin, tant de dîme que de pres-
surage, qu'elle lui payait chaque année pour 7 quartiers de vigne et
2 sols de rente qu'elle possédait à Meudon '.
Un acte passé devant l'ofïîcial de Paris, en février 1 269, constate que
Amauri de Meudon, chevalier, céda aux Bénédictins de Saint-Germain
la part qui lui appartenait dans la gruerie des bois de Châteaufort,
moyennant une rente de 3o sols*.
La même année, au mois de mars, par acte devant l'oiïîcial de Paris,
Hugues de Sarclé, chevalier, et Jeanne, sa femme, abandonnèrent aux
reHgieux de Saint-Germain-des-Prés la portion qu'ils avaient dans la
gruerie des bois de Châteaufort, et ceux-ci donnèrent et cédèrent en
échange les droits de dîme et autres droits qu'ils avaient sur les vignes
de Hugues, à Meudon".
I. Canton de Palaiseau, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).
a. Arrh. ml. L, 780.
3. M. L. 780.
'1. Id. L. 780.
5. Id. L. 780.
— 189 —
Au mois d'août 1276, Philippe le Hardi donna à Saint-Germain-des-
Prés la quatrième partie du gruage dans les forêts de la chàlellcnic de
Chàteaufort, avec toute justice et domaine, et confirma à ral)bé Gérard
la possession des trois autres parties. 11 déchargea les Bénédictins d'un
dîner qu'ils étaient tenus de donner au prévôt de Chàteaufort, à cause
de la seigneurie de Montechn. 11 dispensa aussi les habitants de cette loca-
lité de prêter main-forte au prévôt pour conduire les criminels à Paris.
11 permit au religieux d'ériger des piloris et fourches patibulaires par-
tout où ils jouissaient en paix de la haute et basse justice. La justice
de l'abbaye de Saint-Germain à Cliâteaufort s'exerçait au lieu dit : Yil-
vert. Les sergents du roi n'y pouvaient ajourner que pour des cas réser-
vés au souverain'.
MAULE
Maule était le chef-lieu d'un fisc important, comme nous l'indique le
Po/y/)/y^U(? d'irminon. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés y avait des
possessions considérables ainsi que dans plusieurs localités environ-
nantes. Dans l'étendue de Maule même elle comptait 87 manses ingé-
nuiles et i4 manses serviles comprenant A24 bonniers de terres labou-
rables, 42 arpents de vignes et 4o arpents de prés. A ces biens venaient
encore s'ajouter une propriété de 16 bonniers, i hospice contenant
I journal, et i manse seigneurial composé d'une chapelle, maison d'habi-
tation et dépendances, de 2';o bonniers de terres labourables, de
100 bonniers de bois et de 20 arpents de pré. Les trois- moulins qui
relevaient de ce dernier fief produisaient annuellement 3oo muids de
mouturage. Si nous convertissons ces anciennes mesures en hectares,
nous rappelant que le bonnicr vaut 128 ares 82, l'arpent 12 ares 42,
nous trouvons que les religieux Bénédictins possédaient, à Maule, envi-
1. Dlbreul, Chronique, ins. lai. i2838, p. 187; Bouillart, p. 137; Ledeuf, t. III.
p. 3o/|.
2. Canton de Meulan, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).
190 —
ron 980 hectares de terres labourables, 128 hectares de bois, 7 hectares
de prés, 5 hectares de vignes et 3 moulins '.
Au XP siècle, suivant M. Longnon ^ Maule avait des seigneurs
laïques, qui tiraient leur origine d'un chevalier parisien, contemporain
du roi Robert et nommé Ansoud le Riche. 11 est à présumer qu'ils
tenaient, à l'origine, leur fief de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
Ce qui nous porte à le croire, c'est que l'un d'eux, Pierre de Maule,
figurait vers 1 180 au nombre des vassaux de ce monastère pour 5 sous
qu'il recevait à la Saint-Germain et 5 autres qu'il touchait à la
Saint-Remy '.
A cette époque, un pouillé du diocèse de Chartres, rédigé au
XIIP siècle, nous atteste que Maule avait trois églises, dont deux por-
taient les noms de saint Germain et de saint Vincent. C'est une preuve
que des liens intimes unissaient jadis ce village et le célèbre monastère
parisien ^
En 1233, Hugues Bouvenel et son fils, Guillaume, accordèrent, l'un,
10 sols, l'autre, 2 solsparisis de rente à l'abbaye de Saint-Germain-des-
Prés, pour le bien de leur âme. Cette redevance devait être payée tous
les ans sur les cens qu'ils percevaient à Maule. Leur suzerain,
Pierre de Maule, confirma cette donation ^.
Nous lisons dans le cartulaire de la pitancerie, rédigé en 1370, ce qui
suit : (( \ Kalendas aprilis (28 mars), anniversarium Hugonis dicti Bou-
venel de XII solidis parisiis, quos percipimus apud Mauliam, in festo
cathedre sancti Pétri, in censu domini Guillelmi Bouvenel, milifis'^. »
En 1872, Jacques du Buat, chanoine de Saint-Paul et de Saint-Denis
en France, donna sa maison du Buat' au prieuré de Maule. Une rue
de cette localité porte encore le nom de ce généreux bienfaiteur \
1. Polyptyque, p. 279.
2. Bulletin de la Sociélé de iliisloire de Paris, 1879, p. i32-i4^-
3. Ai'ch. nat. LL. 1024, p. 9^-
/i. Arch. nat. LL. 1027, p. 53.
5. Carlul. de l'abbaye de Saint-Père-de-Cliartrcs, introduct., p. cccxxvii.
0. Arch. nat. L. 780.
7. Buat, lieu dit de Jouy-le-Moutiers, canton de Pontoise. — Voir Lebeuf, t. II,
p. 102-106 (??).
8. BONNIN.
— iQf —
MEULAN'
La vingt-unième année de son règne, 918, Charles le Simple donna à
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés cinq manses situées sur le terri-
toire deMculan'.
Hugues V, dit de Montceau, qui fut abbé de 1162 à 1182, nous dit
que Gislebert de Longuesse, son épouse Eremburge et son fds Pierre,
moine de Saint-Germain, avaient donné à ce dernier monastère, pour
le plus grand bien de leurs âmes et celles de leurs ancêtres, une maison
située à Meulan.
Comme elle se trouvait au territoire de Pierre, seigneur de l'endroit,
Guillaume, son fds et son successeur, approuva tout ce qui s'était fait
d'un commun accord avec dame Philippe, sa mère, et Raoul, seigneur
de Bellefontaine, son beau-père. Il investit de cette possession Hugues
de Septeuil, religieux de Saint-Germain, et décida que l'abbaye pari-
sienne payerait chaque année, le jour de Pâques ou le lendemain, à lui
et à ses héritiers, une redevance de 3 sols de cens '.
En 1208, une contestation s'éleva entre les Bénédictins et les lépreux
de Meulan. Ceux-ci réclamaient un droit de minage sur les blés que
les premiers récoltaient dans l'étendue de celte localité. Un accord mit
fin à ce litige. Herbert, prieur de la maladrerie, en son nom et au
nom de ses frères, exempta de ce tribut le monastère de Saint-Germain-
des-Prés, moyennant la somme de dix livres une fois payée, mais il
fut réglé que les Bénédictins n'useraient de leurs mesures que pour le
blé de leur crû ''.
Le livre du pitancier note que cet officier percevait xxvi sous de
rente annuelle sur des maisons à Meulan, en 1270''.
1. Arrontlissemeni do Versailles.
2. Arch. nat. LL. loa/j, p. 28.
3. Id. LL, ioa/i, p. 85.
li. Id. L. 780; LL. 1025, p. 5C v°.
5. Id. LL. 1027.
192
POISSY
En 12 15, Âmeline de Montjoie fit don à l'abbaye de Saint-Germain-
des-Prés d'une place située à Poissy avec les maisons qu'elle y avait
construites. Les religieux devaient payer annuellement 12 deniers de
cens cà Simon et Jehan de iNIontjoie, ses deux fds, et célébrer un service
anniversaire à perpétuité pour elle et Hugue, un troisième fds qui
s'était voné au service de Dieu dans le célèbre monastère parisien '.
Cet anniversaire avait lieu le xi des kalendes de décembre, c'est-à-
dire, le 21 novembre'.
MELDON*
Ce village, situé à deux lieues à l'ouest de Paris, n'a pas l'antiquité
que plusieurs écrivains ont voulu lui attribuer. On ne peut le confondre
avec Metiosedum dont parle César et où Labienus vainquit Camu-
logène".
Ce n'est pas non plus Magedon qu'lrminon mentionne dans son Poly-
ptyque, et qu'on s'accorde à reconnaître dans Médan, non loin de
Poissy*^.
Ce nom s'est orthographié de diverses manières à travers les âges.
On a écrit : Moldum, Modunum, Moldonium, Mcodum, Mcudunum,
Meldunum, Meudon. Les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés étaient
seigneurs en partie de Meudon. A quelle époque commencèrent-ils à
posséder en ce heu? On ne saurait le dire. Cependant on ne peut croire
que la terre d'Issy donnée à l'abbaye par Childebert ne s'étendit
jusque-là.
1. Arrondissement de Versailles.
2. Arch. nat. LL. 1027, p. ll^l^.
3. Id. LL. 1027, p. 73.
i. Arrondissement de Versailles.
5. Société de l'Histoire de Paris, 1881, t. VIII, p. iG3.
G. Lebeuf.
igS
Le monastère de Saint-Germain avait certainement des droits sci-
o-ncuriaux à Meudon avant le XIII'^ siècle. On constate vn elTcl quo, dî's
l'an 120G, il \ pf•rce^ait des dîmes de blé et de vin '. Il anj^inenla son
domaine dans la suite en faisant d'utiles acquisitions. En 1288, il
acheta, au prix de 80 livres, de Guy de Chevreuse et de sa femme, Iléli-
scnde, trois arpents de vigne sis au lieu dit Orrée. Une note marginale
mise à la table du registre ou cartulaire" désigne ce clos sous le nom
de r u Oremus propter excellentiam vini, uiagis sacrilicid missa3 con-
gruentis ». Au mois de mars 1289, Guillaume de Garlande et Alésie, sa
femme, vendirent à l'abbaye de Saint-Germain une pièce de vigne
contenant 7 quartiers, située au lieu dit Nivart\ Quelques années plus
tard, Jean Bertrand et Marie, sa femme, cédèrent à cette communauté
pour la somme de 16 livres une place, à Meudon, où l'abbé avait un
pressoir*. A la même époque, ce dernier prélat voulut se montrer géné-
reux envers ses moines; il retrancha de sa mense les vignes qu'il avait
achetées sur ce territoire (1228) et les leur abandonna^.
En 1248, Jean d'Issy donna à Saint-Germain-des-Prés, pour fonder
son anniversaire, la dime du vin qu'on percevait au pressoir des
Voues".
L'année suivante (mai 1249), Sédilie, veuve de feu Girard Maréchal,
vendit aux Bénédictins, au prix de 26 livres parisis, 7 quartiers de vigne
à Meudon, au lieu dit Chijuin ou Chievin '.
Raoul Balési, écuyer, et Erembourge, son épouse prenaient tous
les ans, dans la grange de ces religieux à Meudon, 4 setiers et une mine de
blé, 4 setiers et une mine d'avoine. Ils leur donnèrent en pure aumône
le cinquième de cette rente et vendirent le reste poiu- la somme de
5o livres parisis*.
En 1261 (septembre), Etienne de Quinquempois et Marguerite, sa
fenmie, cédèrent à l'abbaye de Saint-Germain, au prix de 200 livres, le
tiers d'un pressoir qui se trouvait au-dessous de Meudt)n. Geneviève de
I. Lerelf.
a. Arch. nat. LL. loaô.
3. Arch. nat. L. 780.
4. Jd. LL. 1078, p. A.
5. Leheui'.
(j. Arch. nat, LL. 1078, p. 6.
7. /</. L. 780.
8. Id. L. 780.
i3'
— 19^ —
Clamart, veuve de Pierre Rousselle, possédait aussi le sixième d'un
pressoir situé au-dessous de Meudon. Elle donna le cinquième de son
droit au monastère bénédictin de Paris et lui céda le reste, moyennant
5o livres (avril 1262)'.
Pierre Legrand laissa, en mourant, à Saint-Germain-des-Prés plu-
sieurs pièces de vignes, au territoire de Meudon, mais il demandait en
retour qu'on célébrât deux anniversaires pour le repos de son àme
(I282)\
En i333, Robert Ponsin lui vendit 4o sols de rente perpétuelle à
prendre sur 4 arpents 1/2 de terre ^
Deux ans plus tard, les religieux bénédictins achetèrent en faveur du
trésorier 10 sols de rente à percevoir sur une pièce d'aubraie en la
vallée de Cottigny (i335)\
En 1420, Thomas Lucques abandonna, moyennant la somme de
20 livres, à frère Robert Cbauveau, aumônier de Saint-Germain-des-
Prés, une rente perpétuelle de 60 sols parisis à prendre sur plusieurs
héritages situés à Meudon '.
Pierre JNicolas, abbé de?Seaufle-le-Yieir et prévôt de Saint-Germain
et de Meudon, acheta, en janvier i483, un quartier de vigne sis au clos
Moireau pour le prix de 3 écus d'or.
Le mois d'avril suivant, il acquit un autre quartier de vigne au même
endroit pour la somme de 6 livres '.
A la mort de cet officier, on dut procéder à un partage. Le i4 no-
vembre 1009, l'abbé de ^eaufle, en son nom et au nom de ses collègues
de Coulombs " et de Bourgueil ", céda à l'abbé de Saint-Germain tous
les héritages, revenus et censives que le défunt possédait à Dammartin,
ïhyais, Issy et Meudon, avec les 0 arpents de prés qu'il détenait en ce
territoire. L'abbé de Saint-Germain abandonna à l'abbé de ^eaufle tous
les biens que Pierre JNicolas pouvait avoir ailleurs'".
1. Arch. mit. S. 291 1 ; LL. 102G, p. G5.
2. /(/. LL. II 15, p. 4i8,
3. /(/. LL. 1078, p. 1 1.
'1. /(/. LL. 1078, p. ïi.
u. Ici. LL. iilib, p. /118.
6. Canton de Monlforl-rAmaury (Seine-ct-Oise\
7. Arch. nal. LL. 1078, p. 03.
8. Coulombs, canton de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir).
9. BourgueiL arrondissement de Cliinon (Indre-et-Loire).
10. Arch. nat. LL, ii/|5, p. Zii'i.
— 19^ —
Si nous consultons les divers baux auxquels les piopiiélés de Saint-
Germain, à Meudon, ont donné lieu, nous trouvons d'assez précieux
renseignements pour la topographie.
Le monastère de Saint-Germain possédait des immeubles au Val de
Meudon, à Fleury, Cottigny, A illebon, aux Larrons, à la Pucelle, à la
Poincte, à la Ghesnée, au Fourneau, aux Neftliers, à Pcrdriel, au
Bruslé, au Barraige de Meudon, à la Croix-du-Val, aux Basses-For-
rières, au Clos-Moireau, au Trou ou Creux-Saint-Martin, au Fourré,
au Tartre, à Betellon, à la Tonnelle, à Meudon, rue des Courlis,
Grande-Rue, rue du Four, rue de la Masure, rue de la Dehors.
Le dénombrement de 1371 apprécie ainsi la propriété de Meudon :
1° Item à Meudon, un hostel, une grange et environ la moitié de la
ville en leur justice ;
2" Item, la disme du grain qui vault par an 5 muys, et 18 arpents de
vignes qui peuvent valoir par an x livres et iG sols parisis, et xxx livres
de cens ;
3" Item, lui pressoirs et les dismes qui valent par an Oo livres et
10 qvieues de cens'.
Celui de i384 doime ])lus de détails :
(( Item, à Medon, un hostel et une grandie et environ la moitié de la
ville en nostre justice liaulte, moyenne et basse; item, la disme des
grains de la paroisse dudit Medon puet valoir par an, montant et ava-
lant, environ v muis, et, sur ce, elle est chargée, tant au curé, pour
son gros, comme ailleurs, en xxxu sestiers de grains; item, environ
xvHj arpens de vignes, lesquels nous faisons faire en nostre main
pour le vivre de l'église, puent valoir, montant et avalant, l'arpent
xij solz valent la somme de x livres xvj solz parisis; item, cens et
rentes paies par an à plusieurs jours, environ xxx livres; item, quatre
pressoirs, puent valoir les prainctes et les dismes environ i.x livres
parisis, et sur ce, fault soustenir la maison et les pressouers; item,
environ x queues de vin de censés que plusieurs vignes doyvent un
chascunan, et, sur ce, l'église en doibt à plusieurs personnes d'église
chascun an xxvu muys". »
Une déclaration de 1621 vient compléter les précédentes et nous dit
qu'il y avait à Meudon :
I. Arch. liai. p. 128.
a. Voir Saint-Germain au A7P siècle, p. a5 ; Arch. iiat. L. 7G0, n. aij.
— 196 —
i" Un manoir, granges, étables, auditoires et, prisons pour exercer la
justice, cours, puits, jardins, tout clos de murs et contenant trois
arpents ;
5° Une place de terre devant la maison, en lacpielle il y a deux pres-
soirs banniers;
3" Une autre maison à deux travées en laquelle il y a deux pressoirs
Lanniers ;
4" Une autre maison et place assises au bout du village de Fleury
contenant un demi-arpent en fonds de terre et un pressoir à roue
bannier valant 20 livres annuellement ;
5'' i3 arpents de vigne ;
G" 26 arpents de terres labourables pouvant valoir 12 setiers de
grain ;
7° 12 arpents 1/2 de pré et aulnaies valant 6 cliarretées de foin et 4
ou 5 charretées de bois ;
8° Les cens consistaient en 4o livres, 2 setiers d'avoine et 16 setiers de
vin, appelés rentes d'avoinage et de vinaige{?) ;
9° Il y avait 5o arpents de friches et bruyères'.
Le cardinal Charles de Lorraine, duc de Chevreuse, était seigneur en
partie de Meudon. Il fit aux religieux de Saint-Germain des offres
avantageuses. Ceux-ci n'hésitèrent pas et lui cédèrent pour 4oo livres
de rente perpétuelle établie sur l'hôtel de ville, la haute, moyenne et
basse justice, les cens, rentes, dîmes, champarts et autres droits qu'ils
avaient sur plusieurs personnes, manoirs, maisons, terres, jardins,
vignes, prés, bois, saulsayes et divers héritages assis aux villages de
Meudon, Fleury, le Val de Meudon et les environs. Ils se réservaient
une maison, deux pressoirs avec cours et jardins, plusieurs édifices,
clos à murs, des terres, des prés et des vignes.
La maison et le clos, qui contenait 4 arpents, ainsi que la pièce de
terre appelée le Fossé, étaient exemptés de tous cens et de toutes
redevances. La justice de ces lieux devait appartenir aux religieux
avec celle de leurs personnes dans toute l'étendue du territoire de
Meudon.
Le domaine que Saint-Germain-des-Prés conservait, comprenait :
i" 4 arpents 1/2 de terre, aux Buttes ;
I. Arrh. liât. S, aç^jù.
I
— 197 —
2° lo arpents et quartier, aux Cluivivincs ;
3" I arpent, an Grougnet ;
4° () arpenls et i quartier sur le chemin de Fleury à Clialais ;
5° i/2 arpent de pré, aux Crimettes?
6° 3 arpents et i quartier en vigne blanche, devant la maison ;
70 5 quartiers, au Fossé ;
8" 7 quartiers, aux vignes de la Prévôté ;
9" 7 quartiers, à la Saulsaye ;
10° 7 quartiers, aux Basses-Forrières ;
1 1" 9 quartiers, au lieu dit la Puceile ;
12° h arpents, sur le ruisseau du moulin ;
i3^ 3 arpenls, sur le chemin de Villebon ;
ïli" I arpent de pré aboutissant aux terres de la Mairie ;
i5° 4 arpents de bois appelés bois de la Manie ;
i6« 4 arpenls r/2 de terre, au lieu dit de Chantereine.
Le cardinal de Lorraine devait payer chaque année :
1° X riiutel de Dieu de Paris, 3 livres i5 sols];
2° Aux rehgieuses de Saint-Cyr, i3 muids de vin ;
30 Au curé de Meudon, 12 setiers de blé méteil, 5 setiers et n.ine
d'avoine et i muid 1/2 de vin pour son gros'.
En 16 18, les religieux de Saint-Germain d<.nnèrent 5 aipents
28 perches en échange de 7 arpents quartier et demi déterres labou-
rables sis au lieu dit anciennement le gros Buisson et plus tard le poi-
rier d'Estranguillon. Le duc de Guyse avait droit de dîmes sur ces terres.
H en déchargea les Bénédictins, moNcnnant une rente perpétuelle
de 3 livres 10 sols".
Les religieux de Saint-Germain affermèrent à M. de Macbaud, com-
seiller en ki grand'chambre, 5 quartiers 1/2 de terres labourables >ilnrs
à Chantereine, pour la somme de 4 deniers de cens et 20 livres de rente
(7 août i64o)'. ,
Je 2G avril 1657, l'abbave de Sainl-Germain-des-Pres vendit a mcs-
sire Abel Servien, marquis de Sablé, surintendant des linances, les
biens qu'elle avait conservés à Meudon, pour la somme de Sb.ooo hvres
L'acquéreur promettait de payer les frais d'amortissement i.our les
1. Arck. nul. I.I.. ii4'), V- 4^0.
2. Id. LL. 11').'), p- 'il',)-
:\. Bih. iKil. //(S. //■. iCi8:i2. p. 3'.!i.
- 198 -
terres qui seraient achetées avec cet argent. Meudon devint la propriété
de Louvois et enfin de Louis XIV, qui la donna au grand dauphin. Le
puissant monarque s'y rendait plusieurs fois l'an.
Napoléon P'" aimait aussi à se reposer au château de Meudon. Ce
palais, qui avait été rebâti en entier au XVIP siècle, a été détruit pen-
dant le siège de Paris (1870).
Seigneurie temporelle.
Le monastère de Saint-Germain-des-Prés exerçait son droit de sei-
gneurie dès le XI P siècle. Nous voyons en effet que Jean, abbé de
Saint-Victor, avait des vignes dans la censive des Bénédictins. Pour
en jouir à perpétuité, il consentit à payer chaque année deux muids
et demi de vin au lieu de deux muids qu'il donnait jusqu'alors
(1206)'.
Les religieux de Saint-Germain ne tardèrent pas à aliéner la dîme du
vin et du blé qu'ils percevaient. Amaury d'issy en devint le propriétaire,
mais il céda bientôt la jouissance de son privilège à Etienne de Meudon.
Le tout fut rendu à la communauté bénédictine moyennant 100 livres
parisis que l'abbé Eudes accorda au premier (laSi), et 070 livres que
l'abbé Simon fournit au second (laSg). Etienne de jMeudon délaissait
en môme temps aux religieux 5 setiers de blé, moitié méteil, moitié
avoine, qu'il pouvait prendre sur la grange de Villebon, ainsi que le
pressoir des \ oiies et le droit de pressurer "'.
En 1235, Guillaume, curé de Saint-Martial, acheta une pièce de
vigne à Fleury, près Meudon. Il promit qu'il la tiendrait en vile-
nage'.
En 1236, Elinand, curé de Thiais, fonda un cierge ardent qui devait
brûler jour et nuit dans l'église de Saint-Germain-des-Prés devant
le maître-autel. Pour l'entretenir, il légua au monastère six arpenls de
vigne, à Meudon et Châtillon, et 100 livres parisis. Après avoir donné
aux religieux, en pure aumône, 7 quartiers de vigne, à Chiévin, il leur
vendit le reste de ses propriétés au prix de 200 livres. 11 n'oublia pas
I. Lebeuf. Arch. nat. 1078, p. !i.
a. Ardu nat. L. 780; LL. 1078, p. 2; LL. 1026, p. 90.
3. Lebeuf.
— 190 —
les pauvres. 11 affecta à leur soulagement les revenus de quelques mai-
sons '.
Jean de Meudon, clerc, possédait deux pièces de vignes, l'une située
au lieu dit la Honte, et l'autre, auprès du pressoir des Voues. Ces
immeubles étaient destinés à l'entretien d'un chapelain dans l'église de
Saint-Marcel.
Comme on voulait l'obliger à en vider ses mains, il obtint qu'il joui-
rait de l'une d'elles, sa vie durant, payerait annuellement 9 deniers de
cens, à la Saint-Kemi, et 4 setiers de vin au temps de la vendange. Il
fut stipulé que sou successeur ne pourrait prétendre au même privilège,
si le couvent de Saint-Germain n'y consentait {i2S())\
C'est en 1244 que s'établit la curieuse coutume du reportage. Si les
habitants de Clamart cultivaient des terres à Meudon, le prieur de
Saint-Martin-des-Cliamps, gros décimateur de Clamart, percevait la
moitié des dîmes sur ces terres. Si, au contraire, les hal)itants de
Meudon faisaient quelque labourage à Clamart, l'abbé de Sainl-Cer-
main-des-Prés, gros décimateur de Meudon, avait le droit de réclamer
à ses hôtes la moitié des dîmes à l'époque delà récolte^.
Le monastère des Hautes-Bruyères, au diocèse de Chartres, percevait
chaque année un muid de froment sur les dîmes de Meudon. Serait-ce
Amauri d'issy qui aurait constitué cette rente, en permettant à ses deux
filles de prendre l'habit religieux dans ce monastère et d'y servir Dieu
et la Vierge tous les jours de leur vie ' ?
Le 21 mai 1496, Guillaume Fusée, seigneiu' de Villebon, autorisa le
prévôt de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à prélever annuellement
à perpétuité, sur son fief, 5 setiers de grain, mesure de Paris. S'il y
avait un jour des vignes sur son territoire, il lui accordait d'en perce-
voir la dîme'.
En i5io, Denis des Moulins déclare qu'il est détenteur du moulin de
llettelon et de quelques autres héritages. Pour cette propriété, il paye,
comme redevance, au pitancier de Saint-Germain i3 deniers de cens
et 8 sols de rente".
I . Arrli. nal. I,. 781).
■j. Arch. nat. l.L. 1078.
S. Id. LL. 1078, p.
/i. Id. LL. 1078, [). 10.
5. Jd. LL. 1 1/(5, y. '40G.
6. Id. LL. 1078, p. 08.
— 200 —
L'aimée lôôa amena une transaction entre l'Hôtel-Dieu de Paris et
les Bénédictins. L'ilôtcl-Dieu céda aux religieux de Saint-Germain
109 sols et 9 deniers de cens sur des maisons et terrains avec im
droit de pressurage, à ^Nleudon. Ceux-ci lui donnèrent en échange
56 sols, 8 deniers parisis, un demi-minot de froment, une mine
d'avoine et un chapon de cens, sur 6 ou 7 maisons, et 28 arpents de
terres, vignes, prés, stitués à Clamart, avec le droit de moyenne et basse
justice sur les botes qui habitaient ou exploitaient ces immeubles. Ils
déchargèrent en outre de tout cens les biens que l'Hôtel-Dieu possédait
à Fontenay-sous-Bagneux, Bourg-Ia-Reine, Yillemilan, dans la sei-
gneurie d'Antoni ^
Les Chartreux avaient acquis, au Val-de-Meudon, près les Mouli-
neaux, 5 arpents de terre et de vignes. Le 21 décembre i554, ils
remirent 70 escus aux religieux de Saint-Germain pour les droits
d'amorlissemcnt et s'engagèrent à leur payer les cens et la dîme^
Justice.
Pierre, seigneur de Meudon, et Marie, sa femme, firent donation
aux religieux de Saint-Germain, par acte du mardi après la Toussaint
1272, de la justice du lieu, du ban de la vente du vin qu'ils avaient
pendant six semaines consécutives et à l'époque qu'ils voulaient dans
tout le village. 11 était défendu à toute personne de tenir taverne ou de
vendre du vin durant ce temps ^.
Trois malfaiteurs arrêtés à Meudon avaient été jugés et exécutés à
Paris ; mais leurs biens furent confisqués au profit des religieux (18 oc-
tobre i3(jô)*. Les Bénédictins se trouvèrent souvent en butte au mau-
vais vouloir d'Antoine Sanguin, seigneur de Meudon, relativement à
l'exercice de la justice. Il cherchait toutes les occasions favoraljles pour
contester leur privilège. En 1/1C2, il se plaignit que les religieux
avaient fait saisir et emprisonner deux hommes, Jean Desmalleville et
Pierre Thomas, qui étaient ses hôtes et ses justiciables". Dix ans plus
1. Àrch. mit. LL. 291 1.
2. /(/. LL. 1 1/|5, p. iia.
3. /(/. LL. n/i5 ; S. 2911.
4. /(/. S. agi I.
5. /(/. LL. iiiS, p. 4o8.
201 —
tard, il\']5, les Bénédictins recourent au I^arlement et formulent des
griefs contre Antoine Sanguin et Jean Sanguin, son fils, à propos d'une
vieille femme qui a mis fin à ses jours. iSovis citerons textuellement la
complainte : (( Denise, vesve de feu Jehan Gauldry, s'était naguères pré-
cipitée et pendue. Au jour qu'elle s'était précipitée, elle était deniou-
rant, couchant, levant en un hostel assis au dit Meudon, en la rue
neufve, en la haulte justice, moyenne et basse des dits complaignanls,
mesmement en la ville et terre de Meudon. Laquelle Denise mal con-
duite et deceue de l'ennemy, au mois de mars, s'en alla aux champs
en un buisson, dessous Meudon, au lieu appelé Saultebeuf, et là en un
chesne se pendit d'une corde. Laquelle ainsi pendue et précipitée,
Anthoine Sanguin, accompagné d'un nommé Jehan Guereinelle, procu-
reur au Chàtelet de Paris, et autres, et aussi de Henry, exécuteur,
lequel Sanguin et ceux de sa compagnie, sans enquérir s'il avait
fourches patibulaires au dit lieu de Meudon, faist traîner la dite Denise
par le dit Henry jusques à une fosse où elle fut ensevelie ou enfouye,
sur laquelle fosse, feist mettre une branche de chesne en manière de
fourches patibulaires, dont et desquels exploits et autres torts et
griefs se sont complaints les dits religieux'. »
En i488, l'abbé de Saint-Germain avait fait démolir un pressoir à
Meudon. Antoine Sanguin profita de celte circonstance pour lui susci-
ter un procès. Nous voyons que le prélat fut condamné à payer 71 livres
II sols à son adversaire, mais nous ne savons si ce fut pour ce
motif.
Antoine Sanguin contesta encore aux religieux de Saint-Germain la
jouissance des dîmes de Villebon, mais une sentence des Requêtes vint
déconcerter ses prétentions (i495)"".
Jean Sanguin marcha sur les traces de son père et sembla partager
son ariimosité contre les Bénédictins. En dépit de leur défense, il vou-
lait faire édifier un pressoir dans sa maison située à Meudon (i5i2).
Le 22 mai iSa-, une sentence du prévôt de Paris obligea Jean de
Beaucourt à (jaitter et délaisser aux religieux de Saint-Germain la pos-
session et jouissance de 10 arpents de terre situés aux environs du vil-
lage de Fleur Y ^.
1. Arch. nat. LL. 1078, p. By.
2. Id. LL. 1078, p. G4.
3. Id. LL. ii/i5, p. liili.
202
Le curé de Meudon soutenait avoir les dîmes de charnage sur la
ferme des religieux. Une sentence du Parlement condamna Henri de
Lorraine à faire cesser ces poursuites (i655). Il avait vendu la seigneu-
rie de Meudon à Abel de Servien, en i654. Le nouvel acquéreur fut
autorisé à prendre, avant tous les créanciers, 12.000 livres pour consti-
tuer la rente de 4oo livres qui était due aux Bénédictins (i656) '.
11 y avait un office de maire à Meudon. Nous voyons en eff"et Ber-
trand Larcher renoncer à cet emploi en 1285. Il affirme qu'il l'avait
reçu de l'abbé de Saint-Germaine Le 8 mai 1488, cette fonction est con-
fiée à Gilbert Perriault'.
Dîmes et banalités
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient droit de dimage à
Meudon. Une sentence du Châteletde Paris, en l'an i4oi, nous montre
qu'ils pouvaient percevoir 6 setiers 1/2 de vin sur 2 queues, à cause de
leurs pressoirs.
Pbilippot Maynaud avait 3 quartiers de vigne au lieu dit : la Croix-
du-Val. On le surprit portant sa vendange ailleurs qu'au pressoir ban-
nier du Yal-de-Meudon. Il dut payer l'amende de 60 sols, 5 setieis par
ciiaque tonnel (i/io5).
En i4o5, ou payait 2 setiers par queue. Une sentence, qui date de la
même époque, fixe la dîme à 5 setiers par tonnel et le tiers-pot pour
pressurage*.
Le 3o janvier i556, les dîmes de vin, les pressurages, cens, rentes,
vinages et avinages étaient affermés 71 livres 5 sols".
Robin Besamure avait acquis deux maisons avec jardin, le tout situé
à Meudon. Le 28 mars 1421, le prévôt de Paris le condamna à payer
aux religieux de Saint-Germain les lods et ventes pour ces immeubles,
les arrérages de 5 sols parisis de cens, 3 boisseaux d'avoine estimés à
un minot de rente par an, et aussi la taille nommée taille de plaisir,
montant à 3 sols parisis de 3 ans en 3 ans^
1. Arrh. nnl. LL. ii^B, p. 407.
a. /(/. LL. 1078, p. y-io; LL. ii45, p. 4o8.
3. Id. LL. 1078, p. G8.
!t. Id. LL. 1078, p. a8.
5. Id. LL. ii45.
0. Id. LL. 1145, p. iio.
— 203 —
Uobert de Meuclon vendit, le mercredi avant la Saint-Luc, 1807, la
maison du four banal, moyennant 3oo livres parisis à (Jeoirroy
Cocalrix, échanson du roi, lequel la donna à l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés ^
En 1406, le prévôt des marchands lit saisir les mesures à grain
ayant la marque de Saint-Germain, chez Adam Tobie, à Meudon. 11 y
eut une transaction en faveur des religieux Bénédictins, car le sieur
Guillaume Gauteron fut condamné l'année suivante à prendre ces
mesures".
Droits de griierle
Par acte devant l'offîcial de Paris, Jean Anger et Pétronille, sa
femme, Roger de Soisy, cuisinier du roi, et son épouse cédèrent
aux religieux de Saint-Germain tout ce qu'ils possédaient dans la
gruerie des bois de Châteaufort, pour la somme de 12 livres i5 sols
parisis de rente annuelle. Ils se réservaient cependant les revenus du
charbon (f'" décembre i253)^
Au mois de janvier 1264, sœur Amicie, abbesse de Port-Royal,
et les religieuses de ce monastère abandonnèrent aux Bénédictins
de Saint-Germain les droits de gruerie qu'elles avaient dans les
bois de Châteaufort. Ceux-ci, en échange, leur permirent de posséder
en main-morte trois setiers d'orge, trois setiers de méteil et « ununi
duplarium vini » qu'elles percevaient depuis longtemps sur une
masure à Meudon *.
A la date du 4 octobre 1264, l'ofQcial de Paris constate par des lettres
authentiques que Geneviève, veuve de Pierre Roussel, Etienne de Meu-
don et Jeanne, son épouse, ont donné à l'abbaye de Saint-Germain-des-
Prés, en échange de quelques terres, leurs droits de gruerie sur les bois
de Châteaufort et de Paris '.
Par acte devant l'ollicial de Paris, Aniauri de Meudon, chevalier,
abandonna aux religieux de Saint-Germain, moyennant une rente
1. Arrh. nul. LL. 1078.
a. Id. LL. 1078, p. 37.
3. Id. L. 780.
.'t. Id. L. 780.
5. Id. K. 34, n° 7' ; Takdif, Monuments historiques, n° 845.
204 —
annuelle de 3o sols, la portion, la part qu'il avait dans la gruerie des
bois de Chàteaufort (février 1268;^
Au mois de mars 1268, Hugues de Sardé, chevalier, et Jeanne, son
épouse, cédèrent aux Bénédictins leurs droits de gruerie dans les bois
de Chàteaufort. Ces derniers leur délaissèrent en échange des droits de
dîme et autres qu'ils avaient sur leurs vignes àMeudon'.
En i5i8, l'abbaye obtint du roi l'étabhssement à Meudon d'un mar-
ché, le lundi, et de trois foires : le jour Saint-Leu et le lendemain; le
2 février et le lendemain; le mercredi de la Pentecôte et le lendemain'.
La cure de Meudon était à la pleine collation de l'évêque de
Paris. Les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés ne sont donc point
coupables d'avoir nommé à ce poste le peu édifiant Rabelais.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés prélevait sur les i^ropriétés
de Meudon :
Le 27 septembre ou le V des calendes d'octobre, pour l'anniver-
saire de Guillaume Poupée, 3o sols à percevoir sur la vigne du
Néflier, au temps des vendanges ; le 16 novembre ou le XYI des
calendes de décembre, 16 sols parisis, pour l'anniversaire de Jehan
d'Issy, chevalier, à percevoir sur la vigne des Yoïies ; le 28 février ou
le Vil des calendes de mars, 26 sols pour l'anniversaire de Guillaume
Petit; le i4 mars ou le II des ides du même mois, pour l'anniver-
saire de Robert, abbé, [\o sols à percevoir sur le moulin situé entre
Meudon et Fleury et payable à la mi-carême ; le 28 mars ou le V des
calendes d'avril, pour l'anniversaire de Jean Bonderan, abbé^; le 25
mai ou le VIII des calendes de juin, pour l'anniversaire de Gilette,
épouse de Pierre de Meudon, 3o sols à percevoir sur 3 arpents et demi
de vignes; le 20 juin ou le XII des calendes de juillet, 3o sols pour
l'anniversaire de Pierre, ancien maire de Meudon'.
1. Ardi. liai. L. 780.
2. Id. L. 780.
3. Lebeuf, III, p. 281.
4. C'était un religieux do Saint-Gerinain-dcs-Prcs qui avait été alAé dans un
autre monastère.
5. Arch. nal. LL. loa 7.
205 —
BOUAFLE
Bouafle, nommé jadis Boaffe, Boaffre, Bouaiîre, et en latin, Boalfiim
et Boafra, est une bourgade du canton de Meudon, arrondissement
de Versailles. D'aucuns prétendent que ce nom vient de Bosceus (bois)
et Alfa, mot germain signifiant domaine.
Une charte du i3 mars 918 confirme que le roi Charles le Simple
donna aux religieux de Saint-Germain-des-Prés des biens situés
dans cette localité. Du Breul nous raconte dans sa Chronique que
l'original de ce privilège a été perdu. Voici comme il s'exprime à ce
sujet : « Hujus privilegii jacturam non ante multos annos (teste pâtre
Quintino de Conde, in privilegiorum indice, qui ad calcem libri nigri
habetur) fecimus in processu Boalflœ, alias Bodoalfœ contra dominum
Fraxini : creditur a domino Berruyer, palatii procuratore, retentum.
Exemplar tamen ejus est in libro Guillelmi 3, abbatis. ' »
Les Bénédictins y bâtirent un manoir et une chapelle en l'honneur
de saint Rémi. La maison fut édifiée à l'endroit où se trouve aujour-
d'hui la ferme rouge, nommée aussi ferme de saint Rémi. L'oratoire,
détruit au XVP siècle, occupait un emplacement connu encore sous le
nom delà chapelle Saint-Remi et avait un ancien fief, nommé Carcas-
sonne, inconnu aujourd'hui.
A la faveur des guerres civiles, la terre de Boualle passa sous le pro-
tectorat d'un chef militaire, nommé Albert de Gallardon, qui lui-même
reconnaissait pour seigneur Hugues P'', comte de Meulan. Le nouveau
seigneur assit la marque de son fief au lieu dit la Vallée-de-Bouafle. A
la prière de son frère Anno, abbé de Jumièges, il donna une partie
de son domaine à cette abbaye, qui, sur la terre concédée, fonda un
prieuré et bâtit une chapelle sous le vocable de Saint-Martin".
L'abbé de Saint-Germain devait une rente annuelle de l\o livres au
pitancier de la communauté pour différents anniversaires. Afin d'être
I. Bib. nat. ins. lut. i2838, p. 90.
■2. Monographie de Boualle.
— 2o6
déchargé de cette redevance, il abandonna à celui-ci tous les revenus
de Bouafle (novembre 1278)'.
Au mois d'octobre 1286, le convent de Saint-Germain-des-Prés régla
que l'infirmier fournirait au pitancier 4 livres qu'il prendrait sur les
cens de Fresnes % près de Bouafle.
Henri de Ventime, dit l'Allemand, demeurant à Beaulieu de Bréval,
donna aux Bénédictins un petit fief, appelé Bouville, situé sur le chemin
de Montchauvet. Comme cet immeuble dépendait de la seigneurie de
Dammartin, il payait une rente annuelle de 10 sols au monastère de
de Saint-Germain-des-Prés (1387) '.
Le dénombrement de i384 nons fait connaître l'importance des pos-
sessions de Saint-Germain, à Bouafle :
u Item en la ville de Bouafle, une maison toute chcvée, jardin bel, un
viel pressoir, ni arpents de vigne en friche et environ x livres de
menus cens, portans ventes et lods, vault à présent xii livres,
qui en soloit valoir xxxii livres, tout au profit du convent et basse
justice jusqu'à lx sols*. »
Le 24 mars 1420, frère Regnault Denis, pitancier de Saint-Germain-
des-Prés afferma tout ce qui lui appartenait à Bouafle et Crespières
pour le prix de 100 sols^.
Les religieux de Saint-Germain durent soutenir un dispendieux pro-
cès contre Etienne Do, protonotaire apostolique. Le litige avait pour
objet 120 arpents de bois situés à Bouafle.
Un arrêt les condamna à payer les frais occasionnés par les débats,
qui s'élevèrent à 2268 livres, 11 sols, 4 deniers. Quelles étaient les pré-
tentions des Bénédictins en cette circonstance ? Nous l'ignorons et rien
ne l'indique (7 septembre i52i)'.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait à Boualle une maison,
vulgairement appelée la Mairie, avec cour et jardin. Elle l'afferma à
1. Arch. nat. LL, 10/12, p. 17; LL. ii40, p. 700.
a. Fresnes ou Ecquevilly, canton de Meulan (Seine-ct-Oise).
3. Arch. nat. loia, p. 5.
4. Id. L. 760.
5. Id. ii46, p. 692.
6. Id, lo/ia, p. 70-80.
— 207 —
MargneriLe, veuve de Pierre Duval, pour la somme de 8 livres de rente
annuelle (18 juin 1649)^
Dix ans plus tard, /| janvier iG58, elle la vendait à la même personne
au prix de 3oo livres. Les droits de censive fixés à 12 deniers tournois
y furent maintenus ".
Le 18 décembre iGi3, le sieur Nicaise de Molle, curé de la paroisse
de Saint-Martin-de-Bouafle, prit à ferme les censives et la moitié des
lods et ventes des fiefs de Boualle et Crespières, moyennant 16 livres,
chaque année'.
Le 2 août 1G27, Jacques Fustel, religieux et procureur de l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés, bailla à ferme toutes les censives de Bouafle
et de Crespières avec les lods et ventes, pour une rente annuelle de
27 livres*.
Cent trente-cinq déclarations faites aux Bénédictins de Saint-Germain,
en 1626, pour des biens qui se trouvaient dans leur censive de Bouafle
et Crespières, nous permettent de relever les noms des lieux suivants :
Chernelle, la Renardière, la Grande-Fontaine, Launay-Flinquet, le clos
Rouget, la Petite-Vallée, les Grouettes,la Croix-Bouissée, la Chapelle, la
Fosse-aux-ïourneux, le Gros-Chesne, Launay-Guirard, le Four-à-Chaux,
La Mairerie, le Grand-Bouafle, Saint-Martin-sous-les-fortes-Terres, les
Grez, la Vallée-Martinet, l'Ormeteau-Michel, la Pointe, les Prés, la
Fosse-Maulet, la Meille-Rue, Blainville, Sous-le-Clos, le Bois-Vihier, la
Foret-Barré, la Petite- Vallée, les Espineltes, les Augeretz, la rue des
Anges, la Fontaine-Boande, les Terres-Merdeuzes, la Vallée-Castel,
Macheau, le Bois-aux-Bodins, le chemin de Paris, le Poirier-Pigeon, le
chemin du Roussay^.
Les Bénédictins de Saint-Denis avait un prieuré à Boualle, sous le
vocable de Saint-Martin. Les biens qu'ils possédaient en cet endroit
étaient souvent mélangés avec les héritages et censives de Saint-Germain.
Cette proximité pouvait donner lieu à de scandaleux procès. Pour y
obvier, on eut recours à une transaction.
1. Arch. nat. LL. ii4(J, p. 698.
2. Bih. nat. ins, fr. ïG850.
3. Arch. nat. LL. ii^G, p. 697.
4. Id. 1042, li. 7G.
5. /(/. LL. ii4C, p. 697.
— 208 —
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, par l'intermédiaire de dom
Placide Roussel, leur prieur, et dom Romain Rodover, leur procureur,
cédèrent à dom Mathieu Vion de Béclieville, prieur de Saint-Martin, et
à ses successeurs tous leurs droits sur Bouafle, Crépières et lieux cir-
convoisins. Ils exceptaient de ce contrat les 8 livres tournois de rente
que devait payer chaque année Marguerite Flinquet pour la location
d'une maison, mentionnée antérieurement. Les charges pour dom
Mathieu Yion et successeurs consistaient :
1° A fournir annuellement une somme de 36 livres ;
2° A tenir le fief de Saint-Germain à titre de foi et hommage;
3^ A payer à chaque mutation 36 hvres de relief (i8 juin 16/49)^
La déclaration de 1790 est ainsi liLellée : « Boatle : 36 livres de rente
féodale sur le prieuré de Saint-Martin de Bouatle, près Meulan, dont le
titulaire doit foi et hommage, et 36 livres de relief à chaque mutation, à
cause d'un domain^e seigneurial de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés,
cédé au dit prieuré". »
Bouafle faisait partie de la mense conventuelle et dépendait du dio-
cèse de Chartres. Les abbés de Saint-Magloirc et de Jumièges présen-
taient alternativement à la cure".
Seigneurie temporelle.
Les bois qui couronnent le coteau de Bouafle appartiennent à l'an-
cienne forêt domaniale des Alleux-le-Roy ou desAlluets,qui, aujourd'hui
morcelée et en partie défrichée, couvrait tout l'espace entre la Mauldre
et la Seine. Un aveu rendu par les hommes du lieu au roi Philippe-
Auguste, lors de la réunion du comté de Meulan, définit certains droits
dont jouissaient de temps immémorial les habitants de Bouafle en la
forêt des Alleux :
« Les hommes de Bouafle devaient payer chaque année 100 sols pour
la jouissance communale de la forêt. Ils avaient alors droit au bois
mort, aux branches sèches, qu'ils pouvaient atteindre de leurs cha-
1. Archioes mit. LL. 1128, p. 7; LL. 10/12, p. /17 ; S. ^gOo. Arch. de Seine-el-Oise,
Série G, p. 296.
2. Arch. mit. S. 2858.
3. Poaillé de Versailles, abbé Gauthier.
— 2Ô9 —
rlots, — et an merrain nécessaire à tous leurs instruments aratoires
qu'ils recevaient de la main du forestier. Ils pouvaient également
prendre de l'herbe pour leurs animaux de trait en donnant, par année,
deux journées de charroi par attelage. »
En outre, chaque maison, en donnant 6 gerbes par an, recevait un
chartir tous les trois ans. En payant un setier de vin par arpent de
vigne, on pouvait exiger tous les pieux et échalas qui étaient néces-
saires.
Pour chaque vache envoyée au pâturage dans la forêt communale, on
devait fournir un denier. Non loin du village se trouve un emplacement
qui a conservé le nom de Trichoit.
Tricher, dans le langage du pays, signifie trier. Là, chaque soir, se
faisait le triage des bestiaux à leur retour des pâturages communaux.
Pour les fruits de la rase forêt, chacun donnait une poule ou deux
deniers, à moins qu'il ne fut prouvé que le fruit avait manqué. Pour la
ramée du bois, chaque maison payait trois œufs, à Pâques. Chaque
pécheur avait droit tous les ans à une fourche d'arbre pour laquelle,
aux Rogations, il fournissait en échange six écus (nummalas) de pois-
sons (?) \
CRESPIÈRES
Nous l'avons déjà vu, les revenus de Crespières sont toujours afTer-
més avec ceux de Bouafle. Nous avons peu de renseignements sur cette
localité.
Une légende, transmise par la tradition, fait connaître l'origine du
nom de Crespières. Lors de la peste noire qui ravagea la France, en
i3Zi8, le village perdit la moitié de ses habitants, tandis que les com-
munes environnantes étaient presque épargnées par le fléau. Les
hommes valides, mus par un mouvement de charité, pour empê-
cher la terrible maladie contagieuse de se propager au loin, eurent
I. Chartel (longue charrette).
3. Monographie communale. Collection Février.
— ÙÎO —
l'heureuse idée de planter, à de faibles distances les uns des autres,
dans le périmètre de leur territoire, des crêpes en signe de deuil, afin
d'éloigner les voyageurs du foyer de la contagion. De là, dit-on, vient
le nom de Crespières, par corruption des mots : crêpes noires '.
L'église date du Xll'= siècle. Le prieur de Saint-Martin-des-Champs
présentait à la cure ".
On prélevait sur les revenus de Bouafle :
1° X sols pour l'anniversaire (Karoli imperatoris) , probablement de
Charlemagne, fixé au V des calendes de février ou le 28 janvier ;
2° XL sols pour l'anniversaire d'Emeline, mairesse de Cachant, fixé
au Xlll des calendes d'avril ou le 20 mars ;
3° XL sols, pour l'anniversaire de Louis (de Gasteneto), fixé au
IX des calendes d'avril ou le 24 mars;
4° XXX sols pour l'anniversaire de Gilon de Nou, fixé au XI 1 des
calendes de mai ou le 20 avril;
5" XXX sols pour l'octave de l'abbé Simon, fixée au Vil des ides de
juin, ou le 7 du même mois;
6° XL sols pour l'anniversaire du roi Philippe, fixé au II des ides de
juillet, ou le 1 4 de ce mois ;
7° XX sols pour l'anniversaire de Philippe et Victor, fixé au IV des
nones d'août ou au 2 de ce mois ;
8° XXX sols parisis pour l'anniversaire de Pierre de Thiais, fixé au III
des ides de septembre ou le 11 du même mois ;
9° X sols parisis pour l'anniversaire de maître Albert, fixé au VIII des
ides de novembre ou le 6 du même mois ;
10° XL sols pour l'anniversaire de Mathieu de Thesennes, fixé au II
des ides de novembre ou le 1 2 du même mois ;
1 1° XL sols parisis pour l'anniversaire de Henri de Crone, fixé au VI
des calendes de décembre ou le 26 novembre ;
12° XXX sols parisis pour l'anniversaire de Robert de Moret, fixé au II
des ides de décembre ou le 12 de ce mois ;
i3° XX sols pour la pitance du monastère, le XVII des calendes
de janvier ou le 16 décembre, jour où l'on chante l'antienne : 0 Sapien-
tia '.
1. Monographie de Seine-et-Oise.
2. Potiillé de Versailles, Gauthier.
3. Arch. nat. LL. 1037.
;.âi
— 2It —
SAINT-MICHEL-DE-CHEYAUDOS '
Dans le Polyptyque d'Irminon, publié par les soins de M. Auguste
Longnon, nous lisons à la page 353 : « llabet in Creva, de Silva totum
in giro, sicut œstimatuni est, leucas ii, in qua possunt saginari porci
CL. Habet ibi lucos ii parvulos, ad nutriendum purcellos. Habet ibi
ecclesias ii, unam in Mansionibus, et alteram in Camborciaco. »
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait donc deux lieues de bois
dans la foret de Cruye, et, en plus, deux bosquets. Des deux églises
qu'elle possédait dans cette forêt, l'une était située à Chambourcy, et
l'autre dans un lieu appelé Liaison-Rouge, voisin de la chapelle de
Saint-Michel-de-Chevaudos. Suivant Lebeuf, c'est là que se trouvait
l'église dont parle Irminon. Elle a été sans doute remplacée par la cha-
pelle de Saint-Michel. Le petit monastère établi à côté de cet humble
sanctuaire figure dans les actes et documents antiques sous le nom de :
« domus de Chevaldos, prioratus de Chevaudens, prioratus de S. Mi-
chaelis de Equidorso », de Saint-Michel-de Chevaudos ou Chevaudeau.
Plusieurs chartes signalent celte dépendance de Saint-Germain-des-
Prés.
En 1218, Evrard de Yillepreux fit donation à l'abbaye de Saint-
Germain d'un muid de froment à prendre tous les ans sur le moulin
de Yillepreux. L'abbé Hugues VI, dit de Flacourt, acceptant ce legs, le
destina à la subsistance du prêtre qui desservait la chapelle de Saint-
Michel-de-Chevaudos dépendant de son monastère. Cette chapelle élait
située dans la forêt de Cruye. Bouchard, sire de Marly, voulut imiter la
générosité d'Edouard de L illepreux. Pour le bien de son âme et celle
de ses parents, il donna à l'abbaye de Saint-Germain une parcelle de la
forêt de Cruye, deux septiers de blé méteil et une rente de dix sols'. En
même temps, Pierre de Marly faisait une fondation pour entretenir
une lampe dans la chapelle de Chevaudos. Trois autres fondations
furent faites plus tard en faveur de cette chapelle.
I. Paroisse de l'Etanff-la- Ville.
a. Arch. nat. LL. 1027, p. i^S; S. ag65.
212 — -_
En 1256, Bouchard ajouta à sa première donation dix sols chartrains
de rente sur son revenu de Cliartres.
En 1284, Pierre, seigneur de Marly, déclara qu'il donnait à cette cha-
pelle un septier d'huile pour l'entretien annuel de la lampe.
En 1286, Thibaud de Marly laissait par testament cinquante sols
pour la chapelle de Chevaudos'.
En 1490, frère Mesmin Lyon était prieur de Saint-Michel-de-
Ghevaudos. Les terres du monastère se trouvaient en friche et de peu
de valeur. Aussi en passa-t-il bail pour 99 ans et au prix annuel fort
modique de 48 sols parisis^
Dans la suite, des difficultés survinrent à propos de la nomination
du prieur de Saint-Michel. On avait désigné pour ce poste frère Ilde-
fonse de Sainte-Marie, religieux profès de la congrégation de Saint-
Maur (1682). Il succédait au dernier commendataire.
Le 29 septembre i633, dom Romain Rodoyer, procureur des reli-
gieux de Saint-Germain-des-Prés, s'était transporté à l'église de Ghevau-
dos pour céléber le service divin, à la décharge de frère lldefonse de
Sainte-Marie, pourvu canoniquement de ce prieuré, qui avait été uni à
la mense conventuelle.
Les habitants de l'Étang étaient venus en procession à la chapelle de
Saint-Michel, et le curé de 'la paroisse chanta la messe. Après lui, se
présenta, pour célébrer les divins mystères, M^ Guillaume Auvray,
prêtre. 11 agissait au nom et à la décharge de René Legrand, fds du
procureur du roi de Saint-Germain-en-Laye, qui se disait pourvu de ce
prieuré. Dom Rodoyer protesta et défendit la cause d'ildefonse de
Sainte-Marie et de la mense conventuelle'.
Quelle fut l'issue de ce procès? Nous n'en savons rien. En i652,
nous voyons Philippe Viot, prêtre religieux de Saint-Benoît, succéder à
Michel Legrand, comme prieur de Chevaudos. Il devait sa nomina-
tion à l'abbaye de Saint-Germain*.
Un bail du 2(3 octobre i656 nous fait connaître le revenu annuel de
de ce monastère. Vingt-cinq ou 3o arpents de bois sont affermés
moyennant 3oo livres par an ^
1. Gallia Chrisliana, VII, p. A68.
2. Arch. nat. hL. io3i, p. 112.
3. Arch. nat. LL. 112O, p. i4i,
li. Id. LL. 1138, p. 100.
5. Bibl. nat. ms.fr. i6856.
2l3 —
Quelques années plus tard, i()63, nous constatons que celte rente a
diminué. Denis Fouassier afTermait 26 arpents (h perches de bois
situés à Saint-Michel-dc-Clievaudos pour 9 ans au prix de 1800 livres
une fois payées.
Le revenu annuel ne dépassait donc pas 200 livres. Le preneur devait
faire les coupes aux saisons accoutumées, laisser des baliveaux, con-
server les anciens, faire célébrer à ses dépens les messes et autres
oirices accoutumés dans la chapelle de Chevaudos, et se charger des
réparations du sanctuaire. On y disait 2 fois la messe par an.
Après l'échange du 12 juillet 1690, les religieux conservèrent la col-
lation de la dite chapelle. C'est en effet à cette époque que le roi voulut
joindre à son château de Marly la forêt de Cruye, dépendant de la foret
de la maîtrise de Saint-Germain-en-Laye. Comme une partie apparte-
nait à des ecclésiastiques, il leur donna d'autres bois en échange. H fut
estimé que les 26 arpents, 80 perches de Saint-Michel-de-Chevaudos
valaient 8.898 livres 8 sols. Les religieux de Saint-Germain reçurent à
la place un pièce de bois de 87 arpents 96 perches sise en la forêt des
Alluets, appartenant à Sa Majesté. Ce quartier de bois, estimé
8.893 livres i3 sols, tenait par divers côtés à la route de Ronsay, aux
bois de Fresne, et au triage du Chesne ferré'.
Nous lisons, dans la déclaration des biens de la mense conventuelle
de 1790, ce qui suit^ :
38 arpents moins ^ perches de bois dans la forêt des Alluets-le-Roi,
au triage du Chesne-Ferré, provenant de l'échange avec le Roi de
20 arpents dans les bois de Marly, par contrat passé devant Mouflle,
notaire à Paris, le 12 juillet 1690. Ces bois ne se coupent que de 10 ans
en 10 ans. La dernière coupe est de l'hiver 1781 à 1782. Elle a été ven-
due l\boo à 4600 livres.
Les religieux donnent chaque année 24 livres au garde du bois des
Alluets'.
1. Arch. nat. S. 2966.
2. Dom Poirier, nis. fr. 208^8, p, 38.
3. Id., p. fil).
— 2l4 —
LE CHESNAY
La paroisse de la Celle-Saint-Cloud était, il \ a 900 ans, plus étendue
qu'elle n'est aujourd'hui. Sa partie méridionale était garnie de chênes,
d'où lui vient le nom de Chesnaye ou Chesnay,
En 8/48, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait Le Chesnay,
mais après les invasions des Normands, elle donna cette terre à de
puissants seigneurs pour obtenir leur protection. Les archives de Saint-
Germain-des-Prés relatent que, vers 1078, les comtes de Montfort
étaient obligés de rendre foi et hommage à l'abbé de ce monastère
pour le château de Beyne et le fief du Chesnay. Ces droits cessèrent en
1274, pour les comtes de Montfort.
Au XIV siècle, les habitants du Chesnay n'avaient pas d'église dans
leur village; qu'était devenue celle dédiée à saint Germain que men-
tionne Irminon? Avait-elle croulé sous le poids de la vétusté, ou les
Normands qui rôdèrent souvent dans ces parages l'avaient-ils réduite
en cendres? On allait entendre le service dans la chapelle de Saint-
Antoine-du-Buisson, assez éloignée, et bâtie sur une terre appartenant
aux chanoines de Saint-Benoît de Paris. Comme cette distance les incom-
modait, le curé et les paroissiens de l'endroit demandèrent à'Foulques,
abbé de Saint-Germain, la permission de construire une église dans le
village même. Non seulement Foulques accorda cette autorisation, mais
il donna même une place pour édifier ce temple. 11 mit pour condition
qu'on ne reculerait pas les murs à volonté et qu'on ne bénirait
pas de cimetière. En outre, ne voulant point faire tort aux cha-
noines de Saint-Benoît, Foulques leur accorda, dans cette église du
Chesnay, les mêmes droits qu'ils avaient dans celle de Saint-Antoine-
du-Buisson. Nous pouvons citer la charte qui fut octroyée à cette
occasion (i 182) :
« Nos igitur piis eorum precibus permoti, neminem tamen laedere
vel cujuslibet alterius jus diminuere volentes, cum veterem ecclesiam
ad jus et dominium canonicorum Sti Benedicti Parisiensis pertinere et
in fundo ipsorum edificatam esse liquide cognosceremus, nec sine
eorum voluntate fîeri posse ut, relicta priore ecclesia, parrochiani ad
2 10
novam transirent, maxime, in alieno fundo, propter predicti popnli
necessitatem, de terra nostra propria qiiœ infra viilam erat, ejusdeni
ecclesia3 Sti Benedicti, assensu totius capituli nostri libère et cpiiele pos-
sidendum, tantum concessimus, quantum ad novae ecclesiœ, quam popu-
lus poscebat, constructionem necessarium fore videbatur. Cum autem
justvnu et rationabile, quia, sicnt canonici Sti Benedicti nullamper nos
sui juris senciunt diminutionem, ita nec nos per ipsos vel per alios
damnum aliquod incurramus, donationem istam hoc tenore factam
esse volumus, ut nec canonici, nec presbyter, nec parrochiani sine
assensu nostro, extra parietes ecclesiae terminos suos dilatare, nec ter-
ram occupare, nec cimeterium benedicere vel aliquod taie agere pos-
sunt, sed terra circumquaque nostra erit propria sicut antea*. »
L'église de Saint-Germain-du-Chesnay, rebâtie par les habitants sur
la fin du XIP siècle, subsista jusqvi'au XVI* ou X^ II* siècle. Alors sa
caducité fît recourir une seconde fois à la chapelle de Saint-Antoine-
du-Buisson, qui avait porté pendant longtemps le nom de Saint-
Sulpice. M. de Bernier, conseiller d'État, s'employa à la reconstruire à
ses frais, et obtint de l'abbaye de Saint-Germain, le 20 août 1657, un
petit ossement du saint patron, qu'on y conserve. Le Chesnay n'est
qu'à vme demi-lieue de Versailles, sur la route de Saint-Germain-en-
Laye. Le Po(«7/e parisien du XIIF siècle marque que la nomination à la
cure appartenait au chapitre de Saint-Benoît. Tous les PouUlés impri-
més depuis cette époque ne disent pas autre chose. Les religieux de
Saint-Germain devaient pourvoir à la subsistance du curé. Nous
voyons qu'en iGô-, ils lui payaient 89 septiers et mine de blé pour son
gros (1657). Us donnaient à la place du blé une somme de 38o livres.
Une sentence de iSSq (18 juillet) avait fixé ce traitement à 27 sep-
tiers 1/2, plus une mesure de grain.
Nicolas Neveu, curé du Chesnay, ayant réclamé au sujet de son
gros, l'abbaye Saint-Germain lui abandonna les dîmes du lieu, la
grange dîmeresse et une rente de 188 livres i5 sols dues annuellement
par le roi sur son parc de Versailles, au jour Saint-Remy (2 mars 1707).
Cet accord existait encore l'année 1790, comme nous le lisons dans la
déclaration des biens que Saint-Germain-des-Prés possédait au Ches-
nay. Ce monastère comprenait Saint-Antoine-du-Buisson dans le ressort
I, Arch. liai. LL. 1027, p. i4a.
2l6
de sa justice, comme le montre un acte de i6i i. En io85 (i6 avril), il
permit au curé et habitants du Chesnay d'établir à Saint-Antoine-du-
Buisson une confrérie de Saint-Sébastien et de Saint-Roch contre la
peste. Le 26 août 1664, le prieur et les sénieurs de l'abbaye de Saint-
Germain, châtelains et voyers de la terre et seigneurie de la Celle, du
Chesnay, de Saint-Antoine-du-Buisson, accordèrent à Noël Emery,
curé du Chesnay et de la chapelle de Saint-Antoine-du-Buisson, l'auto-
risation de joindre, à son presbytère de Saint-Antoine-du-Buisson, un
reste du chemin que le roi avait fait enclore dans son parc de Ver-
sailles, chemin qui conduisait de Saint-Antoine-du-Buisson au village
de Trianon. Cette quantité de terrain consistait en 29 toises de long sur
16 pieds de large'.
Notons en passant que Pierre le Pelletier, auditeur des comptes,
fonda, en i65i, un prêtre au Chesnay, pour y enseigner les enfants.
1871. Dénombrement : à Chaynoy, un four bannier, grandie, dismes
et champarts qui soloient valoir i4 muids de grain.
i384. En la ville du Chaynoy, un four bannier, grandie pour dîmes
et champarts qui solaient valoir i4 muids de grains. Tout a été détruit
par les ennemis et ne vaut à présent que viii muids \
Quant au temporel du Chesnay, voici les quelques actes que nous
trouvons signalés. En 1207, Robert de IMeulan céda à l'abbaye la moi-
tié de l'avouerie du Chesnay pour une somme de 80 livres. Le roi
Philippe-Auguste ratifia cette vente par lettres patentes. En 1209,
Pétronille de Glatigny, dame de qualité, donna au religieux de Saint-
Germain la troisième partie des biens qu'elle possédait au territoire du
Chesnay. Elle leur avait vendu les autres tiers pour le prix de
45 livres. En 121 2, Jean, abbé de Saint-Germain, à la prière de Bou-
chard, seigneur de Marly, ordonna à son maire du Chesnay de
recevoir, pour ce seigneur, des voituriers passant le Chesnay, le droit
de coutume qui lui appartenait, et de le conserver pour le rendre à lui,
Bouchard, ou à son sergent. En 121G, Gérard de Neauphle' renonça en
faveur de l'abbaye à son droit de voirie et de gruerie qu'il avait dans
les bois du Chesnet (Chesnay).
1. Arch. nat. LL. lo/ji et S. 2913.
2. Id. L. 753 ; L. 760.
3. On trouve aussi Gervais de Neauphle. Arch. nat. S. 2913.
— 217 —
Un bail à ferme du 22 février 1628 nous montre que les dîmes du
Chesnay avec un pré de 3 arpents rapportaient 700 livres. En i6g3,
elles étaient affermées pour la somme de 200 livres ^
Louis XIV acheta des Bénédictins de Saint-Germain, par contrat du
20 avril i683, la terre du Chesnay. Comme Sa Majesté avait encore
besoin d'un canton de terre au même lieu, ses commissaires acquirent
pour elle, en 1721, i5 arpents qui y étaient assis proche Trianon et
80 perches de terres qui furent enfermées dans sa pépinière. Le roi, en
échange, céda à Saint-Germain-des-Prés la haute Justice d'Orchost (?)
et autres renfermées dans les baillages de Blois et de Vendôme (?).
Comme l'indique la déclaration de 1 790, le revenu du Chesnay se com-
posait des dîmes et d'une rente d'indemnité de dîmes montant à
188 livres i5 sols sur le parc. Tout était abandonné au curé.
LA MARCHE
La Marche faisait originairement partie de l'ancienne seigneurie de
la Celle et du Chesnay. On comprend, par là même, les droits étendus
qu'y avait Saint-Germain-des-Prés. Pour faciliter à leurs vassaux les
moyens de servir Dieu, les religieux de ce royal monastère bâtissaient
des églises. C'est ainsi que leur abbé, Jean de Vernon, fonda, vers
1299, l'église de la Marche. Elle fut dédiée à saint Leu et saint Gilles.
11 donna, pour l'entretien du curé, deux muids de froment, un muid
de seigle et un muid d'orge, mesure de Saint-Cloud, à prendre dans la
grange du Chesnay. Un nommé Renaud vint ajouter à cette dotation.
11 donna au curé un arpent de vigne et six arpents de terre situés à la
Marclie, mais celui-ci devait payer à l'abbaye six deniers de cens
avec les dîmes. L'évêque de Paris, Pierre de INemours, fit dresser un
acte par lequel il déclara que l'abbé de Saint-Germain aiu-ait le patro-
nage de cette église. 11 fut convenu qu'il ne payerait que la moitié du
droit de synode. On ne sait pas combien cette paroisse avait alors de
I. Arch. nat. LL. lo/n, p. i3ï, i30.
— 2l8 —
feux, mais, plus tard, les habitants décimés, dit-on, par les fièvres
qu'engendraient les exhalaisons des marais voisins, abandonnèrent la
Marche les uns après les autres. Malgré le petit nombre de ceux qui
restaient, l'église, qui menaçait ruine, fut rebâtie aux frais de M. Cor-
nuel, président des comptes, et bénite le 12 mai i636.
Par un accord du 28 août i653', les religieux de Saint-Germain aban-
donnèrent leur droit de dîme au curé de la Marche. Celui-ci demanda,
le 16 septembre 1677, que sa paroisse fût convertie en une simple cha-
pelle. Il n'y avait pas de presbytère et les revenus ne s'élevaient pas à
80 livres. 11 n'existait i^lus qu'une maison à la Marche \ La dame du
château promit de fournir 3oo livres pour la pension du curé, payables
tous les trois mois. De plus, elle devait lui procurer logement et
mobilier. En 1702, la paroisse de la Marche fut unie à celle de Vau-
cresson. Pour sauvegarder les droits de l'abbé de Saint-Germain, il fut
accordé qu'il nommerait à cette cure une fois sur trois.
Justice
Une sentence, rendue le 1 1 octobre 1657, maintint la police, la voirie
et la justice delà seigneurie de la Marche au profit de Saint-Germain-
des-Prés ^
Le 9 janvier 1607, les religieux de Saint-Germain-des-Prés permirent
au sieur de Machault de fortifier sa maison de la Marche avec des
tours et des fossés*.
1. Arch. nat. LL. io4i, P- 116.
2. Id. LL. io4i, p. 120.
3. Id. LL. io4i, p. 218.
I\. Id. LL. io4i, p. 175.
219
GARCHES'
Garches, en latin Garziacus, est une des plus anciennes localités des
environs de Paris. L'église, qui remonte au XllP siècle, a ceci de parti-
culier que c'est la première en France qui ait été dédiée à saint Louis.
Robert de la Marche, clerc de ce saint roi, en posa la première pierre en
1297, quelques mois avant la canonisation du pieux monarque qui eut
lieu en 1298. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait un petit bien à
Garches. Geoffroy, évêque de Paris, avait donné à Robert, abbé de
Saint-Germain, les autels de Surêne et d'Avranville. Le Bénédictin céda
en contre-échange au prélat la moitié d'une petite possession à Garches
et un moulin sur la rivière de Sèvres. Que devint le bien que s'était
réservé le monastère de Saint-Germain? Nous ne saurions le dire, car
aucun document ne nous en parle. Cette donation mutuelle eut lieu en
i663, suivant Mabillon\
BOUGIVAL
Suivant Lebeuf, le nom de Bougival viendrait de bog, signifiant
concavité. Comme on avait extrait beaucoup de pierres de la colline
voisine, il était resté des excavations qui firent nommer cette vallée la
vallée des Boges.
Un acte de février 1261 nous prouve que les religieux de Saint-
Germain-des-Prés eurent quelques possessions à Bougival. Ils avaient
en effet acheté à Robert de Ruel, et à sa femme Sedilie, une pièce de
vigne à Bougival, 1/2 muid de blé sur le moulin des vignes, 72 sols de
cens annuel à percevoir sur des maisons et hostises, pour le prix de
i4o livres'.
I . Canton de Marly-lc-l\oy, arr. de Versailles.
a. Lebeuf-Fechoz, t. III, p. 4o; Ann. Bén., t. IV, p. 643 ; Bhequigny, t. 11, p. iiy;
BOUILLART, p. 79.
3. A''çh. nat. LL. ioa4, p. ç) et LL. 1027.
220 —
Bougival se trouve à trois lieues à l'ouest de Paris, et à une lieue de
Saint-Germain-en-Lave '.
On prélevait lxxii sols sur les revenus de Bougival pour l'anniver-
saire de Hugues d'issy, fixé aux nones de décembre ou le 5 décembre*.
CHARLEYAN^E
Charles Martel avait fait construire une pêcherie dans la rivière de
Seine, sur le territoire de Rueil. Louis le Débonnaire l'accorda plus
tard aux religieux de Saint-Germain-des-Prés, tout en réservant aux
religieux de Sainte-Geneviève d'y pêcher pendant une nuit (29 août 816)'.
Si le nom de l'endroit Charlevanne (Karolivennaj n'est pas explici-
tement exprimé dans la charte du pieux souverain, on l'y retrouve
implicitement contenu, puisque les termes piscatoria et venna sont
synonymes. En 1278, Philippe III donna à l'abbaye de Saint-Denis jus-
tice haute et basse sur toutes les voiries, maisons du village et terroir de
Charlevanne, à la réserve de la justice que Pierre de Poissy, écuyer,
possédait au dit lieu. L'abbé de Saint-Germain-des-Prés avait la con-
naissance des soufflets baillés et légières injures, du trefFond de meubles
et catieux. L'abbé de Saint-Denis y avait la connaissance des atroces
mêlées sans homicide et des larcins*. Le roi avait la justice de l'homi-
cide. Des difficultés s'élevèrent entre les abbayes de Saint-Denis et de
Saint-Germain-des-Prés. En i336, une sentence arbitrale régla ces dif-
férends. Elle fut rendue par Jean de Villeparisis et Grégoire de Velly,
entre Guy, abbé de Saint-Denis, et Philippe, abbé de Saint-Germain-
des-Prés, relativement aux justices des villages de la Celle, Boisbéran-
ger et Charlevanne. Il fut convenu que les religieux de Saint-Germain
I. Arch. nat. LL. ioa4, p. 9; LL. io4i, p. 9; LL. 1061, p. i ; Lebelf-Fecuoz, t. IJI,
p. loi ; Maquet.
a. Id. LL. 1027.
3. Id. LL. loii, p. 9; LL. loia, p. 98-90; S. agiS. Lebelf-Fechoz, t. lU, p. 109.
M.VQLET.
4. BouTARic, Actes du Parlement, I (an 1270).
221
auraient la basse et foncière juridiction seulement sur leurs hôtes et
meubles d'iceux, et que les religieux de Saint-Denis amaient la
moyenne justice sur les hôtes et hostises de Saint-Germain, tant au
temps de la moissine que hors le temps d'icelle, en la ville de Char-
levanne, sans que les religieux de Saint-Germain puissent rien récla-
mer en la dite justice. Quant aux; plaids généraux tenus par les
religieux de Saint-Denis annuellement à Rueil, les hôtes des religieux
de Saint-Germain-des-Prés de la ville de Charlevanne ne seront pas
tenus d'y aller, sans ajournement suffisamment fait par les hôtes des
religieux de Saint-Denis, ni répondre par devant eux au dit plaid, s'ils
sont revendiqués par les religieux de Saint-Germain, si ce n'est en cas
de haute et moyenne justice. Les partis en étaient venus à une telle
extrémité que les fiefs de ces abbayes à la Celle et à Charlevanne
avaient été saisis et mis en la main du roi. Cette saisie fut levée après
l'accord ratifié entre les partis. Charlevanne porte aujourd'hui le nom
de la Chaussée, hameau de Bougival.
Deux faits constatent des possessions territoriales de Saint-Germain-
des-Prés à Charlevanne. D'abord un religieux de cette abbaye, nommé
Beauduin, avait, au temps où il gouvernait et administrait la Celle,
défriché et fertilisé par son travail un clos de vigne. En reconnaissance,
Hugues, abbé, accorda annuellement à sa communauté 5 muids de vin,
pris sur ce clos, le jour anniversaire de ce religieux '.
Gérard, abbé de Saint-Germain, soutenait contre Mathieu de Ven-
dôme, abbé de Saint-Denis, avoir justement bâti un moulin en pierre
à Charlevanne, puisque son abbaye y avait antérieurement un moulin
en bois. Robert, abbé de Saint-Victor de Paris, pris comme arbitre,
trancha la question en faveur de Saint-Germain-des-Prés".
1. Arch. nat. S. 291 3.
2. Id. S. 2913; LL. 10 (2, p. ç)3.
— 222
MARLY-LE-ROI
Le 25 avril 697, un personnnage nommé Aldaric échangea avec
A\'aldiomar, abbé de Saint-Germain, 9 bonniers ou iG arpents de terres
environ sises à Marly, dans le pays de Poissy, contre un domaine au
même lieu. L'acte, daté de Bougival, a été successivement publié par
Alexandre Teulet {Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. 11, p. 670), par
Guérard {Prolégomènes, p. 941), dans le recueil des Diplomata de Par-
dessus (t. 11, p. 348), et par Tardif (Carton des rois, p. 83). Pour
M. Longnon (Introduction au Polyptyque, p. 199), Marrilacus désigne
incontestablement Marly-le-Roi et, d'après lui, Tardif est dans l'erreur
quand il traduit ce mot par Marly-la-Ville (Seine-et-Oise, arrondisse-
ment de Pontoise).
En février 1 198, une dame, nommée Philippe, donna à Saint-Germain-
des-Prés la cinquième partie de ce qu'elle possédait à iMarly. Elle
demandait en retour la faveur de participer aux suffrages du monas-
tère'.
Parmi les fiefs que possédait Saint-Germain-des-Prés, en 1176, on
trouve, sous le n° 55, la mention suivante : « Radulfus (le Granz) de
Marli (tenet) feodum unum apud Marli\ »
Marly-le-Roi se trouve à quatre petites lieues de Paris, entre Ver-
sailles et Saint-Germain-en-Laye. On le trouve désigné, dans les anciens
documents, par : Mairilacus, Marletum, Marleiuni, Marliacum Mallia-
cum. S'il faut en croire Lebeuf, ce nom viendrait de maria, signifiant
terre grasse, d'après Pline, ce qui convient fort bien à tout le bas de
Marly \
1. Arch. nat. S. 2918.
2. Longnon, Introduction au Polyptyque, p. 228.
3. Lebeuf-Fechoz, t. III, p. 11 G.
— 223
LA CELLE-SAINT-CLOIJD
La Celle-Saint-Cloud est une bourgade située à l'ouest et à trois
lieues de Paris, sur la rive gauche de la Seine, dont une colline la
sépare. Son nom comme son orthographe a varié selon les époques.
Elle s'est appelée d'abord la Celle-sur-Seine, puis Cella Villarls, Cella
fratrum, la Celle-près-Charlevanne, plus tard, la Celle-en-France, près
Bougival, la Celle-lez-Saint-Cloud, et enfin la Celle-Saint-Cloud "^ Les
religieux de Saint-Germain-des-Prés y avaient d'importantes posses-
sions dès le IX*" siècle. Nous lisons, en effet, dans le nécrologe de l'ab-
baye la phrase suivante : « X Kal. Mai, depositio Wandremari abbatis,
qui dédit Cellam super Sequanam Sancto Germano. » Ce prélat avait été
élu vers 697. D'où provenait ce domaine? C'était sans doute un don
royal; mais nous ne trouvons aucun document qui nous permette de
l'attribuer à Childebert '.
Le Polyptyque d'irminon nous dit qu'il y avait deux églises à la
Celle et un grand nombre d'habitants. Le manse seigneurial se
composait de dix coutures fcu//«ra?)* de terres labourables, où l'on
pouvait semer six cents muids de blé, de 53 arpents de vieilles
vignes et de 9 arpents de jeunes vignes, qui toutes ensemble pouvaient
produire 4oo muids de vin, de 5o arpents de pré, où l'on pouvait récol-
ter 4o voitures de foin '% et d'un bois de 2 lieues 1/2 de tour. Celait
peut-être l'ancienne forêt de Rouvray. A cette époque on comptait à la
Celle-Saint-Cloud 5o maisons d'affranchis et 5 maisons de serfs et d'es-
claves. En 846, les Normands, après avoir brûlé Bougival, attaquèrent
la Celle, qui était fortifiée et close de murs. L'église seule resta debout.
Les barbares, n'ayant pu l'incendier, s'en vengèrent en brûlant une
1. Canton de Marly, arr. de Versailles.
a. On a écrit le mot Celle de diverses façons : Selle, Celle, Scelle.
3. BONNIN. A. M/IQUET.
4. La couture valait de 64 à 65 bonniers, et le bonnier contenait laS ares. V. LoN-
GNON.
5. Une charretée {carrada) faisait looo llSres. V. Longnon.
"— 224 —
ferme des religieux et les arbres du voisinage. Charles le Chauve mit
les ennemis en fuite. Les moines de Saint-Germain établirent en
ce lieu un asile pour les religieux convalescents qui avaient besoin d'un
air pur.
Pour installer cet hospice, ils se servirent des restes de bâtiment, et
choisirent dans la ferme incendiée un pavillon de plusieurs étages
auquel ils joignirent un enclos formé des terrains antérieurement occu-
pés par les anciennes maisons du bourg détruit'.
En 1 198, une noble femme, du nom de Philippe, donna la cinquième
partie de ses biens à la Celle, mais elle demanda en retour de partici-
per aux bonnes œuvres des religieux"'.
Un dénombrement de 1371 nous donne les terres de la Celle et cer-
tains revenus ^ :
Une maison avec 89 arpents de terre, 70 arpents de bois et 9 arpents
de vigne, avec les dîmes de grains et de vins, cens et rentes qui
peuvent valoir par an, i4 livres.
Celui de i384 est ainsi conçu : « A la Celle, il y a une maison appar-
tenant à la prévôté, qui a été détruite par les ennemis du royaume ;
justice haute, moyenne et basse, environ 90 arpents déterre, 70 arpents
de bois de pauvre revenu, 9 arpents de vigne en friche, la dîme des
vins et grains de la ville, les cens et rente qui peuvent valoir, par an,
i4 livres*. »
Un dénombrement du 21 juin 1022 nous dit qu'il y avait 100 arpents
de bruyère et six vingts arpents de bois taillis à la Celle-Saint-Cloud°.
Troublés par les guerres de religion et pressés par les dettes, les reli-
gieux de Saint-Germain-des-Prés vendirent, au commencement du
XYll^ siècle, à Joachim Sandras cette habitation avec la propriété qui
y était attachée. Ils ne se réservèrent que la seigneurie. Ln bail du
i5 novembre 1 507 nous permet de constater ce que valaient annuelle-
ment la terre et seigneurie de la Celle avec les dîmes du Chesnay. Le
tout était affermé à Louis Brissonnet pour la somme de i3oo livres;
le revenu comprenait :
j. A. Maqlët.
a. Arch. iiat. LL. io/|i, p. 4 et 5.
3. Id. L. 753.
!t- Id. L. 760, n° 29. Voir Saint-Germain au XIV siècle, p. 27 et 38.
5. Id. LL. 1042, p. 100.
— 225
1° La coupe annuelle de 12 arpents de bois taillis;
2° Les grosses et menues dîmes, le grelTe et le tabellionage ;
3" 8 septiers de blé de dîme appartenant aux bailleurs par préciput
sur le total des dîmes. Le surplus des dîmes de la CeUe était partagé
entre le curé du lieu et le preneur ;
4° Toutes les dîmes, grosses et menues, dépendant de la terre et sei-
gneurie du Chesnay, avec un pré contenant environ 4 arpents, sis au
territoire du Chesnay ;
5° Les censives et les amendes qui se percevaient sur ce territoire ;
Le preneur devait entretenir en bon état les granges du dit lieu et
payer le gros du vicaire perpétuel du Chesnay qui était de 89. septiers
et mine de blé. Les bailleurs se réservaient les lods et ventes, confisca-
tions, la jouissance d'une carrière de grès. Il était prescrit au preneur
de laisser 8 baliveaux par arpent, lorsqu'il coupait les bois taillis. 11 ne
pouvait toucher aux anciens.
Le roi Louis XIV, en 1662, acquit et fit enfermer dans son parc de
Versailles 22 arpents de pré et 3oo arpents de terres labourables dépen-
dant tant de la Celle que du Chesnay, et soumis à la justice et au dix-
mage de Saint-Germain-des-Prés. 11 convint de payer aux religieux une
rente de SooMvres'. Le monarque y ajouta, en i683, toute la terre que
Saint-Germain-des-Prés possédait dans ces deux localités. Ici se place un
incident fâcheux pour les Bénédictins de la célèbre abbaye parisienne.
Colbert leur avait acheté pour Sa Majesté, au prix de 262.600 livres,
les bois d'AmblainviUiers, Verrières, la Celle-Saint-Cloud, Montéclin.
Le grand ministre mourut peu de temps après, et Louvois refusa de
tenir les engagements qu'il avait pris. Bien plus, il réclama les
sommes qui avaient été payées et ne donna point les 34.700 livres
qu'on avait jugé bon d'accorder pour la non-jouissance depuis 1G79.
Les religieux durent reprendre leurs bois tout dégradés par les allées
qu'on y avait pratiquées. Le récit qui suit nous explique amplement
cette affaire :
Le 21 avril iG83, la communauté de Saint-Germain-des-Prés vendit
au roi 80 arpents de bois au territoire de Montéclin. 900 arpents au
Bu isson-de- Verrières, 54 arpents au territoire d'AmblainviUiers, plus
43 arpents, moyennant la somme de 262.500 livres tournois, et pour
I. Bib. nat. ms. fr. 18816, p. i5o; Arch. nat. LL. io4i, p, Oi-Ca.
— 226
la non-jouissance du revenu des dits bois depuis l'an 1G79, parce
que Sa Majesté avait défendu de faire aucune coupe des dits bois, la
somme de 34.700 livres. Les religieux étaient obligés d'employer la
somme de 262.000 livres au payement de l'acquisition des terres de
Fresne et Berny, et au remboursement des autres rentes. Le monastère
reçut, le 3o juillet i683, la somme de 100.000 livres et devait toucher le
reste dans les deux mois suivants. Sur ce, M. de Colbert mourut au
mois de septembre. M. de Louvois, qui lui succéda dans la charge de
surintendant des bâtiments du roi, rompit le contrat et obligea les reli-
gieux de reprendre leurs bois tout en désordre, dans lesquels on avait
fait des allées et des chemins. Ils durent rendre les 100.000 livres
qu'ils avaient reçues et ne touchèrent aucune indemnité pour la non-
jouissance et les dégâts. Ils ne furent pas davantage payés de la vente
de leur seigneurie de la Celle que le roi avait achetée le même jour par
un contrat séparé et dont le prix se montait à plus de 95.000 livres '.
En 1691, le sieur de Bontemps, stipulant au nom du roi, assura aux
moines de Saint-Germain une rente de 188 livres i5 sols pour les
dîmes et droits seigneuriaux sur les terrains du Chesnay, compris
dans le parc de Versailles * .
Litiges et transactions
?sous rangerons sous ce titre les difficultés et accords qui ont pu se
produire relativement à la Celle-Saint-Cloud.
En 1209, il y eut entre les hommes de cette localité et l'abbé de
Saint-Germain un procès que Pierre de Nemours, évêque de Paris, fit
cesser en accordant les parties.
Trois ans plus tard, pour terminer une contestation regrettable, les
religieux de Saint-Germain cédèrent à l'abbaye de ïyron pour son
prieuré de Jardies une terre située « in feodo villa) de Querceto w, à
condition qu'on payerait annuellement au prieuré de la Celle une rente
de 6 deniers \
1. Choses mémorables, Bib. nat. ms. fr. iG856, p. 224.
2. Id. 18816, p. 25o.
3. Arch. nat. LL. 10/12, p. i; LL. i025, p. 5/i.
227
Au mois de mars 1280, les hôtes de la Celle qui avaient demandé à
payer une somme fixe pour les droits seigneuriaux reçurent satisfac-
tion. Ils furent taxés à 60 sols parisis par an pour les audiences et le
past de l'abbé, et à 7 livres pour la taille et les sous du ix)i. Quatre
hommes choisis parmi la population devaient répartir cet im[)r)t'.
L'année suivante (novembre 1281 ) l'abbé de Saint-Germain-des-
Prés et ses religieux abandonnèrent à l'abbé de Coulombs, diocèse
de Chartres, un arpent et demi de vignes à Marly, une rente de
trois muids de vin de mère goutte, mesure de Marly, au temps des
vendanges, 4 livres 6 sols parisis de cens, payables chaque année en
l'octave de saint Denis. L'abbé de Coulombs donna en contre-échange
le tiers de la dîme du blé et du vin au territoire de la Celle et i4 sols
parisis, payables en la fête Saint-Remy, les hôtes qu'il avait à la Celle ,
le rouage (2 deniers par charretée de vin), le forage (i septier pour
chaque tonneau mis en vente dans la maison des personnes qui lui
étaient soumises) et ses droits de justice. 11 se réserva le patronage de
l'église de la Celle, les deux tiers des menues dîmes, c'est-à-dire des
agneaux, des porcs et des veaux, les deux tiers des pains offerts à
l'église le lendemain de Pâques et de ^~oël, les deux tiers des cierges
offerts les jours de \oël, Pâques, la Pentecôte, et 2 œufs par chaque
maison, le jour de l'Ascension'.
Eude, évèque de Tuscule ou Frascati. était légat du Saint-Siège en
France, en 1246. Ses officiers levèrent injustement des droits de gite
ou de procuration à la Celle. Hugue d'Issy, abbé de Saint-Germain, s'en
plaignit au prélat, qui se hâta de restituer.
Ilugue de Pontoise, prévôt de la Celle, avait acquis 47 sols de cens à
Suresnes. Il régla qu'après sa mort cet argent serait versé au pitancier
deSaint-Germain-des-Prés. 11 assigna 5 sols à l'aumônier pour le sou-
lagement de Go pauNTes, 12 deniers au trésorier pour le luminaire de
son service anniversaire et i5 deniers aux marguilliers, sonneurs de
cloches. Les autres 4o sols étaient destinés à la communauté.
En novembre 1201, une sentence arbitrale régla l'ordre do la justice
pour les hommes libres de Martré-la-Celle. 11 fut décidé que les causes
I. Arch. nat. L. 808.
a. Jd. S. 201 3; LL. 102J, p. 53.
— 228 —
civiles n'exigeant pas de gages seraient jugées à la Celle, et les autres
devant l'abbé de Saint-Germaine
Nous voyons en 1490 qu'une somme de 60 livres tournois se préle-
vait sur les terres de la Celle, Suresnes et leurs dépendances pour le
général ou la pitance du souper à l'abbaye Saint-Germain \
Raoul du Feu, prieur commendataire de la Celle, du Chesnay, de la
Marche, de Charlevanne et de Suresnes, s'était engagé à fournir cette
redevance.
Comme les chanoines du Saint-Sépulchre avaient des biens à la
Celle, ils furent obhgés, le 3o décembre 1682, de constituer un homme
vivant et mourant,
Nicolas le Prêtre, président de la cour des aides, et Etienne Pavillon,
secrétaire du roi, avaient changé la nature du territoire de la Celle-
Saint-Cloud, en y plantant des bois taillis, des châtaigniers, des osiers.
Avec l'aide de Saint-Germain, Pierre Aupré, curé de l'endroit, entama
un procès à ce sujet, en 1669. Son successeur, Charles Berton, le
continua. Le 20 août 1689, le Parlement décida que la dîme des terres
changées de nature depuis 1626 serait de 20 sols par arpent.
Les dames de Saint-Cyr furent soumises à cette mesure pour leur
bois taillis et condamnées à payer tous les arrérages '.
Exercice de la justice
La seigneurie de Suresnes dépendait de la seigneurie voisine de la
Celle, mais le siège de la justice était à Suresnes, et là se trouvaient l'au-
ditoire et les prisons. Une déclaration de 1622 nous le prouve. La voici :
(c En notre prévosté, village et seigneurie de Suresne-sur-Seine, distant
environ de 2 lieues de Paris, dépendant de notre seigneurie et chatelle-
nie de la Scelle, nous avons une grande maison manable à plusieurs
corps d'hôtels, granges, pressouers banniers... prisons, auditoire pour
exercer le fait de nos justices, tant d'iceux lieux que de la dite Scelle '. ))
En 1297, l'abbaye de Saint-Denis possédait la justice et la voirie de
la Celle-Saint-Cloud et tous les cas judiciaires dont les amendes ne
I. Arch. nat. L. 808.
a. Id. LL. 10/12, p. 106; LL. loGi, p. 8.
3. Id. LL. loAi, p. 3oC.
4. Tanon, Justice de Paris, p, 217.
— 22f)
dépassaient pas 60 sols, ainsi que les profits, amendes et émoluments
s'élevant jusqu'à la dite somme, qui pouvaient échoir audit lieu. Un
débat s'éleva à ce propos dans le siècle suivant, et une sentence fixa
cette question définitive le 23 août i336. Jean de Villeparisis et Gré-
goire de Villy, choisis comme arbitres, ordonnèrent que les moines de
Saint-Germain-des-Prés auraient la basse et moyenne justice en toute
la ville de la Celle, les chemins et voiries, en tout temps. Cependant les
religieux de Saint-Denis exerçaient la moyenne justice à l'époque de la
moissine sur les dits chemins et voiries, mais hors delà terre de Laistre
qui appartenait à Saint-Germain. Ils jouissaient aussi pendant le temps
de la moissine sur ces mêmes chemins et voiries du forage et rouage
pour les vins vendus dans la ville de la Celle et portés au dehors. Ils
avaient coutume de prendre pour le forage un denier parisis de la
pièce, et maille de rabat. En outre, les moines de Saint-Denis, ou leurs
commis, pouvaient aller dans les maisons des hôtes de l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés, qui vendaient du vin, durant le temps de la
moissine, savoir si la pièce que l'on y tenait en vidange était au-dessus
ou au-dessous de la barre. Si le vin se trouvait au-dessus de la barre, le
forage appartenait à l'abbaye de Saint-Denis ; dans le cas contraire, il
revenait à l'abbaye de Saint-Germain. Les religieux de Saint-Denis ne
devaient exercer aucune justice en la ville de la Celle sur les hôtes de
Saint-Germain-des-Prés, ni les faire assigner à leurs plaids de Rueil,
excepté pour le payement des droits de forage. On ne parle point de la
haute justice, mais il est à croire que les rois se l'étaient réservée. Un fait
peut confirmer cette opinion. Un habitant de la Celle avait frappé
mortellement un injuste agresseur. Poursuivi et incarcéré pour ce
motif, il dut sa délivrance et son salut à une prompte intervention du
prince (avril i358).
Leurs droits étant ainsi établis, les religieux de Saint-Germain-des-
Prés se choisirent des officiers, pour rendre la justice en leur nom. 11 y
avait une prévôté à la Celle dès l'an i4io '.
L'église et la cure
L'église de la Celle était dédiée à saint Pierre, et non à saint Cloud,
1. A. Maquet. Takon, Justice de Paris.
— 23o —
comme l'a pensé M. de Valois. En 846, les Normands cherchèrent à
l'incendier, mais ils n'y réussirent pas. Elle fut détruite pendant les
guerres de religion. Les habitants demandèrent aux religieux de la réé-
difier, avec la maison curiale'. Elle n'a rien de remarquable. Au grand
autel, on remarque une crosse en suspense. Dans le chœur, repose une
dame de Launay, fdle de M. de Launay, secrétaire du roi, et dans la
nef, se voit la tombe de Jehanne de Sansac, dame de Beauregard. Bien
que les religieux de Saint-Germain-des-Prés fussent seigneurs de la
Celle, ils avaient la charge de l'égUse, sans en avoir la cure. Le 1 1 dé-
cembre i655, le vicaire perpétuel se plaignit que le revenu de sa cure
était insuffisant pour subsister. La communauté de Saint-Germain-des-
Prés lui assura une pension de i5o livres, mais il devait renoncer à la
moitié des dîmes qu'il avait ou pouvait avoir dans la paroisse'.
Le 29 mai 1681, il y eut un nouvel accord entre les religieux de
Saint-Germain-des-Prés et le curé delà Celle, qui se contenta de la moi
tié des dîmes pour son gros'.
Le II juin 1708, le curé prit à bail toutes les dîmes de l'endroit et
s'engagea à payer aux religieux la somme de i5o livres, au jour
Saint-Remy.
Dans la déclaration de 1790, nous lisons que l'abbaye abandonnait
au curé de la Celle-Saint-Cloud, pour le supplément de son gros, la
moitié des dîmes qu'elle avait en ce lieu et les indemnités de dîmes
qu'elle percevait, pour les terres plantées en bois. La nomination à la
cure appartenait, depuis le XIII'' siècle au moins, à l'abbé de Cou-
lombs, de qui dépendait le prieuré de Saint-Germain-en-Laye.
On prélevait sur les revenus du prieuré de la Celle :
1° L sols pour l'anniversaire de Bertrand de Nogent, fixé au XllI des
calendes de février ou le 20 janvier ;
2° X sols pour l'anniversaire de Marie de la Celle, fixé au IIII des ides
de mars ou le 12 de ce mois ;
3° VIII sols pour l'anniversaire de Girart, fixé au 111 des noues d'avril
ou 3 de ce mois ;
li° XXX sols pour l'anniversaire de Baudoin Chandon ou Chanderon,
fixé au XVll des calendes de juin ou le iG mai;
i.Arch. nat. LL. io4i, p. 83.
2. Bib. nat, ms.fr. i6855.
3. Id. LL. io43, p. 267.
— aSi —
5° XXX sols pour rminivcrsairc de Symon d'Auteuil, prieur de la
Celle, fixé au XVII des calendes d'août ou le i6 juillet;
6° XXX sols pour l'anniversaire de Hugues de Septeuil, fixé au XIII
des calendes de décembre ou le 19 novembre;
7" xxx sols pour l'anniversaire de Barthélémy de la Celle, fixé au
XYIII des calendes de janvier ou le 1 5 décembre '.
Les écarts ou hameaux qui dépendaient de cette paroisse étaient :
Beclieret ou Bréchet, les Gressets ou (iressay, Delesbat, Prunay, Clos-
ïoutin, Beauregard.
L'ancienne abbaye de Gif avait une ferme aux Grcssay.
Le i'"'" juin i538, les religieuses de Gif furent condamnées à payer
Goo livres au prieur et prévôt de la Celle, pour n'avoir pas amorti
quelques possessions".
Les dames de i^irt-Royal possédaient, en i-2()-, des vignes à
Prunay.
Dès le XVP siècle, le domaine de Beauregard était un fief dépen-
dant de la Celle. Aucun dénombrement ou aveu ne nous révèle son
importance ou son étendue.
Le Père Lachaise, célèbre jésuite et confesseur de Louis XIV, possé-
dait Beauregard, dont il fit construire le château.
I. Arch. mil. LL. 1027.
I. 1(1. LL. io'i3, p. 22.
— aSa —
LEVY-SAINT-NOM
Ce village est situé à 20 kilomètres au sud-ouest de la Celle-Saint-
Cloud.
Saint-Germain-des-Prés y avait des propriétés au 1\^ siècle, puis-
qu'on lit dans le Polyptyque d'Irminon : « Habet in Lebiaco de Silva
ubi possunt saginari in totum porci CLXx^ n
Nous lisons dans le Polyptyque d'Irminon ' : « llabet in Mrbanio de
silva Bunuaria m. »
L'abbaye de Saint-Germain possédait 3 bonniers de bois (in Nirbanio).
Quelle est cette localité? Guérard avait pensé qu'il s'agissait de Beynes,
commune du canton de Montfort-l'Amaury, arrondissement de Ram-
bouillet (Seine-et-Oise), située à l'ouest de la Celle-Saint-Cloud. Aujour-
d'hui, M. Longnon repousse cette identification et soutient que Nirba-
nium devrait se traduire par Nerbain. Comme aucune localité des
environs de la Celle ne porte ce nom, il faut donc admettre que Nirba-
nium a changé de nom ou qu'il a été détruit '.
1. Canton de Cherreuse, arrondissement de Rambouillet (Seine-et-Oise).
2. Lo>GNON, Polyptyque d'Irminon, p. 78.
3. M., p. 27.
h. Id., p. 78.
- 233 —
JOUY-EN-JOSAS
Jouy-en-Josas, désigné à cette époque sous le nom de Gaiigiamm,
figure dans le Polyptyque de l'abbé Irminon. D'après ce document,
nous voyons que ce n'était pas alors une des moindres dépendances de
l'abbaye, puisque le résumé qui se trouve à la fin nous apprend que
l'on y comptait iio manses sur lesquels il y en avait 91 ingénuiles,
rapportant annuellement, pour la taxe militaire, soit 4 chariots, soit
20 bœufs, soit 8 livres en argent, 100 moutons; la 3« année, 88 brebis;
la 4" année, 88 porcs valant 4 deniers chacun ; la 5-^ année, chaque
manse devait fournir un cent de bardeaux. Parmi tous ces manses,
il y en avait 18 où l'on cultivait la vigne et qui devaient sur leurs
récoltes 36 muids, 33o poulets, i65o œufs; pour la capilation,8 livres;
pour la paisson, i livre et 8 sols.
Malheureusement les premiers folios du Polyptyque et, par suite, le
début du bref de Jouy manquent ; nous sommes ainsi privés des indi-
cations principales qui figurent en général dans les premiers para-
graphes. Dans les documents postérieurs nous trouvons cette localité
appelée successivement Joyacum, Joviacum, Joï et enfin Jouy.
Cette terre, dont le Polyptyque vient de nous faire connaître l'impor-
tance au commencement du IX'^ siècle, fut aliénée ou usurpée pen-
dant la période obscure et tourmentée du X« siècle, et nous la trouvons
en la possession de plusieurs seigneurs féodaux, sans qu'il soit fait
mention de ses premiers possesseurs. Ce ne fut qu'au XII^ siècle, que
les religieux de Saint-Germain purent reconstituer par des achats
ou grâce à des donations une bien faible partie de leur ancien
domaine.
En l'année i255, l'abbé et le couvent de Saint-Germain-des-Prés
acquirent de Guy, sire de Chevreuse, au prix de 60 livres parisis, sa
part de la seigneurie et ses possessions à Jouy; d'Hugues de Jouy,
chevalier, pour 36o Uvres parisis, le manoir et ses dépendances qu'il
avait à Jouy; de Bouchard de Bagncncourt, chevalier, le tiers des mar-
chés et du four de la ville de Jouy. Ces acquisitions furent ai)prouvécs
— a34 —
par les Dames du dit lieu, Mathilde, dame de Chàteaufort, veuve de
Bouchard de Marty, et Mabile, dame de Chàteaufort, veuve de Mathieu
de Marly^ En 1276, les religieux obtinrent du roi Philippe 111 l'amor-
tissement de leurs biens de Jouy*.
Le dernier abbé régulier de Saint-Germain-des-Prés, qui fut déposé
pour sa mauvaise gestion des intérêts temporels de son monastère,
donna, en 1742, par un bail emphytéotique de 99 ans, la principale
des possessions de Jouy, le fief du Moucet, pour 8 livres de rente et une
somme de 200 escus une fois payée'.
En 1493, nous trouvons un accord par lequel l'abbé de Saint-
Germain-des-Prés et le prieur des Célestins, « pour ce que, à cause de
celles choses qui sont en indivis, souventes foys en sourdent procès,
discors, desbats et divisions lesquels de tout nostre pouvoir vouldrions
csviter à une chascune de nos esglises, mesmement que sommes tous
unis soubs ung père et pasteur, le glorieux amy de Dieu, Monsei-
gneur Sainct Benoist », partagèrent leurs droits sur la paroisse de
louy; le i/3 fut pour Saint-Germain-des-Prés, et les 2/3 pour les
Célestins*.
>>ous extrayons d'un dénombrement fait en i52i les indications sui-
vantes sur ce que possédaient les religieux à cette époque dans la ville
et le territoire de Jouy :
(( 1° Manoirs, granches, étables, auditoires, cours devant, prisons,
jardin auquel y a un colombier, deux petits viviers, le tout contenant
deux arpents. Ces lieux sont vieils et caduques et coûtent beaucoup à
entretenir ;
« 2" 16 arpents de terre, valant 6 setiers de grain méteil ;
u 3° 5 arpents 3 quartiers de pré, produisant 6 charretées de foin;
« 4° Six vingt arpents de bois taillis, valant 10 livres par an ;
« 5° Sur plusieurs maisons, masures, jardins, terres, vignes, prés,
taillis et autres héritages en mouvance, 6 livres de rente foncière avec
6 poulies et chapons ;
<i 6° Haute, moyenne et basse justice, avec maire, greffier, procu-
reur fiscal, sergent, geôlier et autres officiers. Les appels se font
I. Arch. nat. LL. io50, p. 100-106.
a. BoLiLL.VRT, p. 187. Arch. nat. LL. 1026. p. 19.
3. BouiLLART, p. 173.
4. Arch. nat. LL. io3i, p. i3o.
— 385 —
devant le Prévost de Chasteaufort. Cette justice coûte plus à exercer
qu'elle ne rapporte ;
(I 7^ Droits de lots, ventes, saisines, amendes, forfaitures, confisca-
tions et autres droits appartenant à la justice ;
« Cette terre appartient à l'aumônerie'. »
Le bail si peu avantageux passé par l'abbé Robert de l'Espinasse en
faveur de Louis ïroche pour le fief du Moucet ou de la Croix, expirait
en 1572, mais les religieux n'en purent jamais jouir. Car l'année même
où ils devaient en prendre possession. « une pauvre femme, damoiselle,
bossue, veuve d'un certain Grégoire, chevalier qui était de la des-
cendance de Louis ïroche, vint réclamer, au nom de son fils qui
n'avait que neuf ans et dont elle élait la tutrice, de prétendus droits
sur le fief de Moucet. n Après avoir fait débouter la pauvre veuve des
fins de sa requête par sentence du prévôt de Paris et puis par arrêt du
Parlement, les religieux se trouvèrent en face d'un adversaire plus
redoutable : c'était François Descoubleau, marquis de Sourdis, seigneur
temporel de la ville de Jouy. Le fief du Moucet touchait à ses terres et
il ani])itionnait de le joindre à son domaine. Les religieux n'ayant pas
répondu à ses désirs, il eut recours à la violence. Par ses ordres, des
spadassins masqués et armés se transportaient dans les environs du
manoir des moines, attaquaient ces derniers ou leurs domestiques avec
leurs épées ou leurs poignards, ou même en tirant contre eux leurs
escopettes. Effrayés de ces attaques, les religieux renoncèrent à une
lutte qu'ils se sentaient incapables de soutenir plus longtemps et con-
sentirent à céder à François Descoubleau leur fief de Moucet en
échange de la terre de Courbetin, en lui payant pour cet échange une
soulte de 5oo livres tournois (1579) ".
Cet arrangement ne dut pas être exécuté sans difficulté. Car à la
suite d'un procès, le 3 mars 1600, M"'" la marquise de Sourdis, renon-
çant à plaider davantage, donna 3000 escus aux religieux, à condition
qu'elle jouirait doresnavant de leur seigneurie de Jouy et de la Croix, et
cUe cédait en échange la terre de Courbetin \
1. Arch. nat. S. ^976.
2. Bib. nat. ms. lut. 12837, P- ^^IJ-
3. Id. lus. fr. iG84<), p. i.
— 236 —
COURBETIN
Un bail du 4 février i633 nous donne la situation topographique et
la contenance du fief de Courbetin et Champgervaise. Affermé à Charles
des Oliviers, escuier, commissaire ordinaire de l'artillerie, et à Eléo-
nore de la Fosse, son épouse, il comprenait dans les communes de
Saint-Hilliers et de Champcenest, arrondissement de Provins (Seine-et-
Marne), où il s'étendait :
1° Château, maisons, étables, colombier à pied, étang et fossés, con-
tenant 9 arpents 3 quartiers 3 perches ;
2° 270 arpents de terres, prés, bois en diverses pièces;
3" 100 sols 6 deniers de menus cens, 4 septiers 5 boisseaux de blé
froment, mesure de Provins, et i3 poules de rente.
Pendant le bail, le preneur devait entretenir les bâtiments en bon
état, faire curer les fossés et l'étang, peupler celui-ci de carpes et de
perches, tous les trois ans. 11 s'obligeait aussi à payer au sieur de Champ-
cenest, chacun an, 10 sols 8 deniers, pour 23 arpents de terres qui se
trouvaient dans sa censive. En outre, il promettait de faire marner, le
plus tôt possible, 109 arpents de terre. La justice haute, moyenne et
basse s'exerçait par le moyen des juges, du procureur fiscal, du gref-
fier et du sergent. Les bailleurs instituaient ces officiers, et le fermier
payait les gages accoutumés. Ce dernier percevait le revenu des
amendes, défauts et droits de tabellionage; mais il était obligé de
tenir de bons et loyaux registres des arrêts de justice, des rentes et des
contrats d'acquisitions qui se faisaient en la censive de Courbetin. Le
preneur s'engageait à recevoir deux fois par an trois religieux avec
3 chevaux, 3 jours de suite. Les cinq premières années, il devait payer
annuellement 100 livres ; dans la suite, le prix du bail s'élevait à
20 livres '.
Le 29 novembre i64i, la terre de Courbetin fut cédée à la famille de
Sourd is pour la somme de 9000 livres".
1. Arch. liât. S. 2978.
2. Bibl. nat. ms.fr. 16862, p. a45.
— 287 —
MONTÉCLIN-\' AUBOYEN '
En tête d'un registre datant du commencement du XVUP siècle et
consacré à diverses opérations de la vente de ce domaine, les religieux
avaient condensé dans un court résumé ce qu'ils savaient ou croyaient
savoir du passé de cette dépendance de leur abbaye. D'après eux, la
terre « de Montéclin, anciennement Montdéclin (Quasi Mons ad solem
declinans, Mont tourné vers le soleil couchant), était originairement
une ville composée de plusieurs grandes rues et qui relevait immé-
diatement du Roi, en plein fief, foi et hommage, à cause de sa châ-
tellenie de Châteaufort, depuis réunie au domaine de Monthléry. Cette
ville de Montéclin s'est trouvée par la succession des temps aban-
donnée, attendu le dégât que les bêtes fauves faisaient sur le terri-
toire de ses habitants; et ce n'est plus aujourd'hui qu'une grosse
ferme. Cette terre était décorée, dès auparavant i38o, de plusieurs
droits, comme de haute, moyenne et basse justice, greffe, tabellio-
nage, scel, contrescel, mesure, rouage, forage, minotage, garenne,
cens, lods, ventes, deffauts, saisines et amendes. Cette terre a de
tout temps, et même auparavant 1200, appartenu aux religieux de
l'abbaye royale de S'-Germain-des-Prés, à cause de l'office de tréso-
rier de l'abbaye'. »
Nous allons rechercher dans les documents la cotifîrmation ou les
rectifications de cette notice historique. Quoique les archives ne com-
mencent à nous éclairer sur Montéclin et Vauboyen qu'à partir du
XllP siècle, nous croyons pouvoir faire remontera une bien plus haute
antiquité la donation de ce fief à l'abbaye de Saint-Germain. I.e
silence du Polyptyque à l'égard de ces deux localités ne prouve pas
qu'elles ne fissent pas déjà partie à cette époque du domaine monas-
tique; puisque le manuscrit de ce document, qui est conservé à la
1. Commune de Bièvres, canton de Palaiscan, arrondissement de Versailles
(Scine-et-Oise).
2. Arch. départ. Seine-et-Oise, E. /|85.
— 338 —
Bibliothèque nationale, est loin d'être complet, il est donc permis de
supposer que la mention de ces localités figurait sur les folios dispa-
rus. En tous cas, si nous trouvons des chartes de donations ou d'acqui-
sitions remontant au XI11'= siècle, nous n'en trouvons aucune qui ait
trait à la justice et aux droits seigneuriaux. Or, comme nous allons le
signaler tout à l'heure, à cette époque les Bénédictins étaient seigneurs
de Montéclin et y exerçaient les droits de justice; ils tenaient leur fief
en hommage direct du Roi envers lequel ils devaient certaines servi-
tudes dont ils furent exemptés par le roi Philippe le Hardi.
En 1234, nous voyons les religieux, en leur qualité de seigneurs de
Montéclin, approuver la vente faite par leur vassal, le chevalier Aymeri
d'IssY, d'un fief situé dans ce territoire à l'église Saint-Honoré de Paris.
Ce même chevalier céda aux religieux une certaine étendue de prés qu'il
possédait auprès du moulin de ^'auboyen'.
En 1276, les religieux, au moyen d'un échange conclu avec les
frères de l'hôtel-Dieu de Paris, ajoutèrent à leur domaine de Montéclin
quelques maisons situées dans celte ville\
Les trésoriers de Saint-Germain qui avaient l'administration de ce
domaine faisaient leurs efforts pour en accroître, par leurs acquisitions
successives, l'importance et les revenus.
En 1222, Odon, trésorier de Saint-Germain, obtint de l'abbé l'auto-
risation de faire célébrer la fête de sainte Catherine sous le rite double
et affecta pour cet objet une rente de 20 sols à prendre sur 7 arpents
de terre qu'il avait acquis de Montéclin et sur un arpent de pré à Yau-
boyen^.
En 1286, le trésorier acheta pour le prix de 24 livres une masure et
16 arpents de terre.
En 1378, le trésorier paya 100 livres plusieurs héritages situés à
Montéclin, 4 maisons avec cour et jardin et une quantité considérable
de terres disséminées dans les diverses parties du territoire, aux Noes,
à Breton, au Suer, aux Hayes, à la Couslure''. Quelques jours après,
ce même trésorier achetait trois autres maisons et 35 arpents de terre,
qu'il avait fait saisir sur un débiteur insolvable".
1. Arch. départ. Seine-et-Oise, E. 485.
2. Arch. nat. LL. 1028.
3. Id.L. 781. BouiLLART, p. 117.
4. Id. LL. ii46.
5. Arch. départ. Seine-et-Oise, E. 485.
— aSg —
Le 2 1 mai 1876, Guillaume OUive reconnut tenir en censive du tré-
sorier de Saint-Gormain « Ga arpents de terre, prés et aulnayes, en plu-
sieurs pièces assises au terroir de Moutéclain », et s'obligea à lui
payer pour cela une censé annuelle de i5 deniers parisis par arpent'.
Nous relevons, dans le dénombrement de i384, le passage suivant,
qui nous donne la valeur de ce domaine à cette époque : « Item le dict
Trésorier a à Montéclin une maison avec environ 20 arpens de teires
et 18 arpens de prés et 12 livres de menus cens, environ 3oo arpens,
que boys que bruyères, basse justice, la moitié d'un petit molin,
tout ce loué, montant et avallant, x muids de grain à la mesure de
Chc\teaufort^ d
Dans tout ce qui précède, il a toujours été question, comme des plus
anciennes et des plus importantes dépendances de Montéclin, du mou-
lin de Vauboyen. Soit par suite de sa vétusté, soit par suite des guerres
qui avaient dévasté le pays, au X^ ' siècle le moulin de Vauboyen
n'était qu'un amas de ruines. Voici ce que nous relevons dans le
registre du trésorier : « En i464> l'abbé et le couvent de S'-Germain-des-
Prés baillèrent à ferme à G. Brisart meusnier demourant à Joy en
Josas, une place à faire moulin, où jadis souloit avoir moulin nommé
Vauboyen, à nous appartenant à cause de Trésorier de nostre
esglise, assis en la vallée de Vauboyen, soubs Montéclain, au pays de
Josas. Moyennant une rente de neuf setiers de mouture et 16 solz
parisis, pour 12 années, à la condition de reconstruire le moulin qui
avoit esté destruit^. »
Un aveu de 1021 fait connaître la situation et l'importance du fiof à
cette époque :
« 1° Manoir-manable, pourpris, corps d'hostel, chapelle, granges,
bergeries, estables, auditoire, prisons, grande cour, jardin derrière,
avec un vieil colombier à pied ;
« 2° 1 1 arpents de taillis et de bruyères qui ne servaient qu'au chauf-
fage du fermier;
u 3° 80 arpents de bois taillis, bruyères, gastines, pouvant valoir
par an dix livres ;
1. Arch. nat. LL, ii4C.
a. Id. L. 760, n° ag.
3. Id. LL. io3o, p. 89.
— 24o —
« U° 90 arpents de terres labourables, valant 3 muids de grains;
« 5" 9 septiers de blé mouture et seize sols parisis de censive sur le
moulin à eau de Vauboyen ;
. u 6° 1 1 arpents de pré, valant 20 charretées de foin ;
« 7° 100 arpents de gastines et friches de nulle valeur;
a 8° Huit vingt perches de longueur de rivière avec droit de pêche,
de nulle valeur ;
u 9° 28 livres de cens ;
« 10° Droit de lots, ventes et saisisne, amandes, forfaitures et confis-
cations ;
(c II" Moyenne et basse justice, avec maire, greffier, procureur fis-
cal. Le droit de haute justice a été usurpé '. »
Un bail à ferme de i633 nous apprend que la terre et seigneurie de
Montéclain avec la garenne, le moulin de Vauboyen, les bois, les prés,
terres, rentes, cens et la moitié des lods et ventes, fut louée pour
9 années, au prix de 600 livres de redevance annuelle, à la charge de
consacrer tous les ans 10 livres aux réparations des immeubles, de
planter un cent de pieds de vignes et deux douzaines d'arbres fruitiers
et de fournir à la table des religieux un veau et trois moutons '.
Mais peu de mois après, les religieux donnèrent une autre destina-
tion à cette dépendance. La réforme de Saint-Maur avait été introduite
dans le monastère de Saint-Germain-des-Prés. Nous connaissons plus
ou moins les difficultés de cette réforme, la résistance des anciens
moines à son introduction, les concordats divers et nombreux qu'il
fallut conclure avec eux pour fixer le taux des pensions qui devaient
assurer leur entretien et les indemniser des bénéfices perdus.
Parmi ces derniers, un des plus importants, soit par sa valeur per-
sonnelle, soit par les charges qu'il avait remplies, était le R. P. Dom
Claude Cotton, ancien procureur de l'abbaye. Comme sa pension avait
été fixée à Goo livres, le chapitre de Saint-Germain lui proposa de la
remplacer par la jouissance de la terre et de la seigneurie de Monté,
clain, qui, comme nous venons de le voir, était affermée pour pareille
somme. Dom Cotton accepta la proposition qui fut très avantageuse
pour tous. Grâce à l'habile gestion de l'ancien procureur de Saint-
1. Arch. nal. S. 2976.
2. Id. LL. io58.
1
— 9.4 1
Germain, aux réparations intelligentes qu'il fit opérer, aux acquisitions
qu'il fit faire, les revenus de Montéclin augmentèrent en peu de temps
d'un façon remarquable : en 1G40, il iit monter le prix du bail de
600 livres à 1000 livres' et puis à i5oo livres^.
Dans la suite, le Roi ayant réservé les bois de Montéclin pour ses
chasses, les servitudes qui en résultaient firent baisser les revenus de
cette terre. Le bail conclu en 1G80 fit redescendre le prix de ferme au
taux primitif de 3oo livres \
Découragés par ces résultats ou peut-être cédant aux désirs de puis-
sants solliciteurs, les religieux se décidèrent à se défaire de ce domaine
à des conditions qu'ils estimèrent avantageuses pour eux. Le 3o juil-
let 17 16, dom Denis de Sainte-Marthe, supérieur de la Congrégation de
Saint-Maur, et les Bénédictins de Saint-Germain signèrent l'acte par
lequel « ils cédaient à messire Georges, écuyer, conseiller et premier
« chirurgien du Roi, et à dame Marie Rover, son épouse, demeurant à
(( Paris, au Louvre de Sa Majesté », les terre et seigneurie de Monté-
clin, « qui relevaient en plein fief, foi et hommage du Roi, à cause delà
Tour de Montlhcry, et qui étaient chargées de 10 boisseaux de blé
meteil envers le S'" de Montarsy, seigneur châtelain de Bièvre-le-
Chàtel ». Cette vente était faite à la charge des devoirs et droits sei-
gneuriaux, moyennant le prix de 60.000 livres*.
En dépit de cet acte qui semble devoir clore l'histoire de Montéclin,
dépendance de l'abbaye de Saint-Germain, puisque les religieux
avaient cédé au sieur Mareschal tous leurs droits tant spirituels que
temporels sur ce territoire, nous trouvons les deux parties contrac-
tantes sur le point de commencer un long et dispendieux procès, et
puis, mieux inspirés, concluant un accord amiable. Le chirurgien du
Roi avait enclos dans son parc de BièvreS ou 10 arpents de bois situés
sur le chemin de Verrières à Bièvre. Or, les refigieux prétendaient avoir
droit dédîmes, justice et seigneurie sur ce territoire, en (pialité de sei-
gneurs et curés primitifs de Verrières ; de son côté, le sieur Mareschal
soutenait avoir des droits sur plusieurs arpents du clos de Vaupereux.
1. Arcli. nat. LL. n46.
2. Bib. nat, ms. fr. i6855.
3. Id. ins.fr. 1C857, p. ilti.
!i. Id. S. 3965.
2Z|2 —
Le 28 janvier 1722, les deux parties signèrent une transaction, par
laquelle le sieur Mareschal abandonnait toutes ses réclamations sur le
clos de Vaupereux et, pour indemniser les religieux de leurs droits sur
les arpents enclos dans son parc, il s'engageait à leur payer une rente
de i5 livres tournois. 11 promettait de faire planter des bornes sur le
nouveau chemin qu'il avait donné à la place de l'ancien vis-à-vis du
clos de Vaupereux : au-delà de ces bornes, du côté de Bièvre, les reli-
gieux s'engageaient à ne point tenir les assises de leur cour de
Verrières.
Seigneurie temporelle
La question des droits seigneuriaux des religieux à Saint-Germain
reste enveloppée d'assez d'obscurités et a passé depuis le Xlll" siècle
par plusieurs phases successives qui empêchent de tirer des conclu-
sions précises à ce sujet. Comme nous l'avons dit plus haut, les Béné-
dictins prétendaient avoir la justice complète dans leur territoire et
leur ville de Montéclin. Il est du reste permis d'inférer de certaines
chartes qu'il en était ainsi au Xlll« siècle; nous sommes en effet con-
duits à admettre, suivant l'affumation des rehgieux, qu'ils furent
dépouillés de ces droits par suite de quelque usurpation dont nous ne
retrouvons plus la trace, car le dénombrement de i384 nous les montre
jouissant simplement des droits de basse justice, tandis qu'en i52i, ils
avaient récupéré une partie de leurs droits et avaient ajouté la
moyenne à la basse justice. Quant à la haute justice, ils ne purent
jamais la reconquérir et, suivant l'expression du document où ils consi-
gnaient leurs doléances, elle demeura énervée entre leurs mains.
En 1275, par des lettres datées de Royaumont, le roi Philippe le
Hardi concédait à l'abbé et au couvent de Saint-Germain-des-Prés la
quatrième partie du droit de griiage qu'il possédait dans les bois des
châtellenies de Châteaufort et de Paris ; il les exemptait du diner qu'ils
devaient une fois par an au prévôt royal de Châteaufort dans leur mai-
son de la ville de Montéchn; il affranchissait leurs vassaux de ce
territoire de l'obligation de conduire aux prisons de Paris les voleurs
et les malfaiteiirs arrêtés dans la prévôté de Châteaufort et donnait enfin
aux religieux le pouvoir d'élever des fourches patibulaires et des piloris
dans tous les lieux où ils ont la haute justice ^
I. Arch. nat. LL. 1026, p. 19; Arch. nat. LL. 1028, p. 1.
— 2^3 —
Les religieux, comme seigneurs justiciers de Montéclin, relevaient
directement de la justice royale de Châteaufort. Le dimanche avant la
fête des saints Simon et Jude de l'année i344, nous les > oyons se pré-
senter devant Bouchard de Yoneuil, prévôt de Châteaufort, et Helye
Anthiaume, procureur du Roi, pour leur demander de céder au tréso-
rier, en sa qualité de seigneur de Montéclin, le vieux chemin de 1 8 pieds
de large qui, passant par devant le moulin de Vauboyen, suivait les
rives de la Bièvre et qui « par bouillon et eaux s'était si effondré que
nul ne pouvoit par iceluy charroier » ; de son côté, le trésorier prenait
l'engagement de faire à ses frais, sur les terres de l'abbaye, pour le
Roy et pour le profit u commun », un chemin neuf de même dimension
que le premier et à l'abri des inconvénients qui en avaient compromis
l'existence. Après une enquête faite auprès « de plusieurs bonnes gens
des villes voisines des plus notables », le prévôt royal se rendit aux re-
quêtes des religieux, mit le trésorier en possession du vieux chemin et lui
donna les autorisations nécessaires pour mener à bien son entreprise ^
Ces droits de justice que nous venons de voir exercés par les reli-
gieux, nous allons les voir revendiqués par eux dans une circonstance
solennelle qui nous permet d'en constater la réalité. Le 20 novembre 1877,
le roi Charles \, par des lettres datées du bois de Vinceiines, donna à
Pierre de Chevreuse, son conseiller, « toute justice et seigneurie en la
« ville, hostes, terroir de Bièvres et en la maison-fort de la Mothe
« de Bièvres, appelée Maumolin ». Mais les justices de Montéclin et
de Vauboyen se trouvant comprises dans la seigneurie de Bièvres, les
religieux de Saint-Germain-des-Prés protestèrent contre cette donation,
disant qu'ils ne pouvaient être soumis à d'autre justice qu'à celle du
Roi. Le 16 novembre i38o, le roi Charles YI donna à Pierre de
Chevreuse toute la justice de Villefavreux '^ (non comprise dans la dona-
tion de 1877) en compensation de la justice et seigneurie de Montéclin,
du moulin de Vauboyen et de leurs dépendances qui restèrent réser-
vées à l'abbaye de Saint-Germain^. Ce fut seulement le 17 mars i38i
qu'un accord fut conclu entre Pierre de Chevreuse et les religieux pour
régler leurs rapports réciproques de mouvance et de justice*.
1. Arrh. départ. Seine-et-Oise. E. i85. Arch. nat. LL. i i^C, p. 58G.
2. Villcfavrcux, commune de Bièvres.
3. HoNNiN, p. ucjS. Arch. départ, Setne-et-Oise, E. !i8b.
4. Arch. nnt. Collect. des accords. LL. lâiG, p. ï)-'i.
244
Le 27 avril i5i8, nous voyons le procureur du Roi au Trésor faire
opérer, par les sergents, la saisie du fief de Montéclin, parce que les
religieux avaient négligé de s'acquitter de leurs devoirs féodaux,
n'avaient pas fourni le dénombrement et rendu l'hommage qu'ils
devaient au Roi. Signalons un dernier témoignage de la haute justice
exercée à Montéclin par le trésorier de Saint-Germain : le 17 mai lôig,
il afferma pour la somme de 90 livres « les profils du greffe et tabellio-
nage, rouage, forage, fruits des arbres étans audit terroir, et les voiries
de Montéclin ' » .
Les religieux se montraient du reste très vigilants pour revendiquer
leurs droits seigneuriaux. C'est ainsi que nous les voyons successive-
ment obtenir des sentences des requêtes du Palais contre Charles de
Dormans, conseiller au Parlement en 1567, et contre François d'Escou-
bleau, chevalier, seigneur de Sourdis en 1694, pour les obliger à mon-
trer les lettres d'acquisitions faites par eux dans la censive des religieux,
et « à payer les lods et ventes, saisines et amandes si aucuns sont
dus ^ ». En 1689, ils obtinrent un arrêt du grand conseil, qui con-
damna les marguilliers de l'église de Bièvre à leur payer les indemnités
pour les acquisitions faites au nom de cette église dans le fief de la
seigneurie de Montéclin, mais les religieux firent cession de ces indem-
nités à la fabrique de l'église de Bièvre; en reconnaissance de cette
générosité, les marguilliers de Bièvre déchargent les religieux d'une
rente de 3o sols due pour quelques terres que le monastère possédait
dans la vallée de la Bièvre '.
Le 20 mai i556, un commandement fut fait, à la requête du procureur
du Roi en la chambre du Trésor, aux religieux de payer au Roi
29 années d'arrérages d'une rente annuelle de 19 septiers d'avoine ou
de 38 livres d'argent, due au jour de la Nativité de Notre-Dame pour
raison du domaine de Montéclin \
Yauboyen figure dans l'exposé des justices possédées en 1661 par
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ^
I. Arch. nat. LL. ii/iO, p. 574.
a. Arch. départ. Seine-et-Oise, E. 485.
3. Arch. nat. LL. ii4(3, p. 58^.
4. Arch. départ. Seine-et-Oise, E. 485.
5. bONXIN.
— 2/i5 —
En 167/i, nous voyons les religieux de Saint-Germain-des-l>rés se
présenter au bureau des finances de la généralité de Paris, pour auto-
riser les sieurs Georges Marchand et Alexis Montdor, entrepreneurs à
prendre sur la terre de Montéclin les pierres nécessaires au pavage de
la ville ; mais aussi leur réclamer des indemnités pour les dégâts que
les chariages du dit pavé avaient faits dans leurs terres.
En 1716, la seigneurie de Montéclin passa, comme nous lavons vu
des mains des Bénédictins dans celles du sieur Mareschal. premier
chirurgien du Roi .
Lieux dits :
Les Boulleaux.
Bois d'Enfer.
Bois de l'Homme-Mort.
Chemin de Villacoublay,
Les Clou seaux.
Champ de la Yesse.
Censive de Yilleras.
Les Quinze-Arpents.
L'Antre-de-Mlverte.
L'Épine-aux-Malades .
La Fosse-aux-Loups.
Le Fouceau.
Les Graviers.
La Marre-aux-Chevaux.
La Montagne-de-Montéclin.
Maumoulin.
La Mothe-de-Bièvres.
Noues de Villacoublay.
Le Pré-aux-Abbesses'.
Trésoriers de Saint-Gerniain-des-Prés
i4o3. Michel Prévôt.
i/i83. Jean de Nuqs.
i5oi. François Bourgoin -.
1. Versailles. Arch. départ. E. 485.
2. Id. E. /i85.
— 246 —
AMBLAINYILLIERS'
Amblainvilliers avait fait partie, comme Berny, du domaine primitif
de l'abbaye. Un cartulaire de 1176 signale parmi les possessions de
Saint-Germain Mulniaus (Migneaux) et Amhlevilar , qui étaient alors
deux écarts de Verrières ^ Dans la suite cette seigneurie avait été alié-
née et, au XIIP siècle, elle n'était plus en la possession des religieux
qui, au sortir des difficultés de l'époque précédente, auraient bien
désiré reconstituer dans son intégrité cette magnifique et riche dépen-
dance du monastère. Une circonstance vint leur donner le moyen de
réaliser en partie ces désirs. Comme nous l'avons vu ailleurs, les reli-
gieux de Saint-Germain durent céder leur fief de Nogent-l' Artaud à dame
Marie Bouhier, veuve du marquis de la Vieuville et baronne de Xogent.
Les 64.000 livres qui provinrent de cette vente leur permirent de pour-
suivre la réalisation de leurs désirs.
Le 9 février i645, « messire Jacques Allingrin, Seigneur de \é-en-
Yallois, d'Amblainvilliers et de la Martinière, conseiller du Roy, maistre
ordinaire en sa chambre des comptes n, céda aux religieux de Saint-
Germain-des-Prés pour le compte de la mense conventuelle et au prix
de 80.000 livres, « la terre et seigneurie d'Amblainvilliers, situées en
la prévosté et vicomte de Paris, près de Verrières, chasteau, ferme,
parc, jardin, haute, moyenne et basse justice, voirie, droits sei-
gneuriaux, le Clos Clairebourg , une terre à Igny, dit le Closlènu, le
fief de Longueraye, sis à Sceaux, près Bourg-la-Reine, avec toute jus-
tice ». Cette vente était faite à la charge « de continuer toujours dans
la chapelle du chasteau la messe qui a accoustumé d'être dite par le
vicaire perpétuel de Verrières, le mercredy de chaque semaine et de
faire dire tous les ans le l'^'mayune messe pour le S*" d'Amblain-
villiers, sa vie durante et, après sa mort, un anniversaire solennel en
l'église abbatiale de Saint-Germain^ ». Le même Jacques Allingrin
1. Commune de Vcrrières-le-Buisson, arrond. de Versailles (Seine-et-Oise),
2. Introd. Polyptyque, p. aa5, n° 39.
3. Arch. nat. LL. ii3o, p. 3oo.
— 247 —
demanda avec son épouse la faveur d'être admis à la participation
de toutes les bonnes œuvres et prières de la Congiégation do Saint-
iVlaur .
Immédiatement après leur acquisition, les religieux cherchèrent à
en tuer part,. Aous les voyons en 1646 louer leur château d'Amblain-
viUiers a M. l'abbé Lucas, pour la somme annuelle de 4oo livres'- en
i65i. dom Placide Roussel, prieur, et le couvent de Saint-Germain en
leur qualité de seigneurs chastelains d'Amblainvilliers, afTermèrent
pour 9 ans à Nicolas Riou, laboureur, la ferme du chasteau, 36 arpents
de près, 1 44 arpents de bois taiUis, i58 arpents de terres labourables
SIS aux terroirs d'Amblainvilliers, de Massy et d'Igny, avec le lieu'
appelé le Clos de Clèrebourg, pour le prix annuel de 2100 livres
tournois ^.
Les réparations que durent faire les religieux au château d'Amblain-
v.lbers les obligèrent à s'adresser aux maistres des Eaux et Forests à
1 effet d'obtenir l'autorisation d'exploiter les baliveaux de leurs bois
pour se procurer les ressources nécessaires '. Mais le Roi fît défendre
de couper ces bois qu'il voulait enclore dans son parc de Versailles
(1077) '• Nous avons dit plus haut le contrat passé h cet égard
Les religieux eurent plusieurs discussions avec des seigneurs du
voisinage pour le maintien de leurs droits à Amblainvilliers. 4près une
transaction que le cellérier du monastère dut conclure avec M d'Alber-
tas, ancien maître des requêtes, pour faire abattre les ormes qui bor-
daient la route de Verrières à Amblainvilliers ^ et s'en partager le prix
de la vente, nous trouvons les Bénédictins en procès avec le marquis
d EfTiat, seigneur de Massy, qui prétendait que la terre d'Amblain-
villiers relevait de sa seigneurie et qu'elle devait payer le droit d'in-
demmtéel donner un homme vivant, mourant et confisquant; une sen-
tence des requêtes avait rejeté la première prétention et admis la
seconde. Avant de pousser plus avant le procès, le marquis dElliat
proposa une transaction : il promettait de se contenter de la somme de
1. Arch. nul. S. 2926.
2. Bib. nat. ins.fr. i6855.
3. Arcli. nat. LL. io3<), p. 273.
li. 1(1. LL. 10/18.
5. BOUILLAUT, p. 273.
0. Bib. nul. ms.fr. 1G857, P- 50.
— 348 —
I2.O0O livres une fois payée, d'un bassin d'argent de la valeur de
200 livres qui devait être remis tous les 20 ans à lui ou à ses succes-
seurs, des droits de justice dans l'enclos et la basse court du fief de
Migneaux, sis à Verrières; moyennant quoi, il s'engageait à décharegr
pour toujours la terre d'Amblainvilliers de sa servitude d'un homme
vivant, mourant et confisquant. Le couvent, après avoir considéré les
inconvénients et les aléas du procès, trouva avantageux de transiger et
accepta les propositions du marquis d'Eiïiat (19 juin 1679) ^
Un peu plus tard, de nouvelles difRcultés survinrent entre les reli-
gieux et le marquis d'Effîat ; celui-ci prétendait à la seigneurie sur 70 ou
80 arpents de terre faisant partie de la propriété de Saint-Germain :
pour mettre un terme à ces contestations sans cesse renaissantes, le
convent abandonna au marquis la seigneurie directe sur 8 arpents de
pré et 10 arpents de terre (20 juin 1702)'.
En 1726, les religieux passèrent un accord avec un sieur de Charmoy,
écuyer du Roi, qui possédait une maison dans Amblainvilliers et dési-
rait se rendre acquéreur d'une ruelle voisine de son habitation. Il s'en-
gagea à payer en compensation une rente annuelle de 20 livres tournois
qui devaient être employés à l'instruction des enfants du dit lieu ; il se
chargeait, de plus, de faire construire une fontaine dans la grande rue
d'Amblainvilliers, pour remplacer celle qui se trouvait dans la ruelle
désirée'.
Par son importance, sa situation topographique près de Versailles,
par ses grands bois et ses sites pittoresques, par la beauté de sa rési-
dence, la seigneurie d'Amblainvilliers était très prisée par les grands
personnages de la Cour. En 17^9, M"'' de Sens, qui avait sur ce terri-
toire une résidence connue sous le nom de Virginie, voulut y adjoindre
la terre des Religieux. Elle la loua sa vie durant en bail emphytéotique,
moyennant une somme de 12.000 livres une fois payée, une rente de
2.000 livres tant qu'elle en jouirait et une somme qui serait versée aux
religieux quand on leur rendrait la terre; ces derniers se réservaient les
bois ; on devait faire un arpentage des terres et un état des bâtiments
pour garantir leur remise en bon état à l'expiration du bail; cette rente
1. Bih. nnt. ms.fr. 16867, P* '^3.
2. Id. 16867, P- ^^ï-
3. Id. 16858, p. 48.
— 2^9 —
était hypothéquée sur la terre de Virginie que la princesse s'engageait
à ne pas vendre tant qu'elle jouirait de celle d'Amblainvilliers'.
Les religieux, à peine rentrés en possession de leur domaine, reçurent
des propositions, non plus pour la location, mais pour la vente de celte
seigneurie. Elles émanaient de S. A. R. M^'' le Prince de Coudé. Le per-
sonnage était trop important pour que la proposition ne iùt pas prise
en considération. Aussi le i^'" avril i76(), fut dressé l'acte par lequel les
religieux de Saint-Germain cédaient en toute propriété au Prince « la
terre et seigneurie d'Amblainvilliers, consistant en haute, moyenne
et basse justice, droit de confiscation, amendes, aubaines, droits sei-
gneuriaux et féodaux, fixes et casuels, droit d'exemption, de dîmes
et autres, château, maison seigneuriale, bâtiments en dépendants,
cour, basse-cour, écuries, volières, clos, terres, prés et vignes, à l'ex-
ception : 1° de la dîme des vins que les religieux devaient continuer
à percevoir; 2° de la partie des bois d'Amblainvilliers qui avait été
réunie aux bois de Verrières pour cire possédée par les religieux.
En contre-échange, M"'' le Prince de Coudé céda aux religieux :
i-^ tous les droits qu'il pouvait avoir comme seigneur d'Amblainvil-
liers, hors des limites convenues et sur la maison du T/niillier, le
château de Vaupéreux' et sur le fief de Longueraye ; 2° une rente
foncière et annuelle de i58 septiers de blé, pur froment, rendus à
Paris, exempts de droits ».
Ce contrat de vente spécifiait en outre que l'acquéreur, en sa qualité
de seigneur haut justicier, aurait le droit de faire tenir ses assises
judiciaires 4 fois l'an, aux dates et aux lieux suivants : (( 1° Le jour de
la S' Pierre, au pont d'igny; 2° à la S' Martin bouillant (4 juillet), sur
les limites de la terre du côté de Bièvre; 3° à la Madeleine (22 juillet),
aux limites et fins de la voie dite des Graviers aux Gascon^;, vers
Migneaux ; 4° le jour de. S' Roch (16 août), au lieu dit La Croix aux
femmes. » La rente de i58 septiers de blé que le Prince de Coudé
s'était engagé à faire porter tous les ans à l'abbaye de Saint-Germain
était celle que lui payait le sieur Gagny, auquel il avait cédé, en 1768,
le grand mouhn de Garges^.
1. Bibl. nat. ms. fr. lOSôg, p. 67.
a. Vaupcreux, commune de Verrières (Seinc-et-Oisc).
3. Arch. nat. S. 2898.
4. Canton de Gonesse (Scinc-ct-Oisc). — Arch. nat. aga5.
— 25o
En 1775, les religieux de Saint-Germain délaissèrent les dîmes des
vins que, dans l'acte de 1769, ils s'étaient réservées sur la terre d'Am-
blainvilliers, au curé de Verrières qui se chargea d'aller dire dans la
chapelle du château la messe le mercredi de chaque semaine, d'après
les stipulations de l'achat de la seigneurie, en 1645.
PALAISEAU
Cette localité tirait son nom (Palatiolam) d'une résidence que les rois
mérovingiens avaient fait construire au centre de leur fisc royal, et oii
ils venaient faire de longs et fréquents séjours. L'histoire en fait men-
tion dès le VP siècle. C'est dans cette résidence que se trouvait le roi
Childebert I^'", vers l'année 53o, lorsque comparurent devant lui deux
vénérables personnages, saint Rigomer, prêtre du diocèse du Mans, et
une jeune fille noble, Tenestina, qui avait voué sa virginité au Sei-
gneur. Une infâme calomnie les accusait d'entretenir des relations cri-
minelles; pour faire éclater l'innocence de ses deux serviteurs. Dieu
permit que, miraculeusement, les cierges qu'ils tenaient dans leurs
mains pour les offrir au Roi s'allumassent spontanément. Frappés de ce
prodige, le Roi et les assistants se prosternèrent, adorèrent Dieu et ren-
voyèrent les accusés après les avoir comblés d'honneur et de présents.
Pour perpétuer la mémoire de cet événement, Childebert fit construire
une église sur le territoire de son domaine, c'était celle de Saint-
Rigomer-Vauhallan proche la résidence royale. La reine Bathilde,
veuve de Glovis 11, demevua souvent à Palaiseau durant la minorité de
son fils Clotaire. En 663, l'abbé saint Wandrille se rendit à Palaiseau
pour obtenir du Roi Clothaire P'' la confirmation de la terre de Fonte-
nelle au diocèse de Rouen °.
Sous la protection des murs du Palais-Royal et le patronage spirituel ^
du saint qui avait illustré la contrée par la miraculeuse preuve de sa ^
1. Arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).
I. Notice historique sur Palaiseau, par du Mesnil.
— 35l —
vertu, les habitants vinrent grouper leurs demeures, et peu de temps
après le bourg de Palaiseau existait et ne tarda pas à acquérir une réelle
importance.
Le 25 juillet de l'année 76/1, alors que l'abbé Lanfroy faisait transpor-
ter dans son église de Saint-Vincent les précieux ossements de saint
Germain qui avaient été déposés dans l'oratoire de Saint-Svmphorien,
les vieilles chroniques nous montrent le roi Pépin ravi des miracles
opérés dans cette heureuse translation, et donnant au saint et par suite
à son monastère la ville de Palaiseau avec toutes ses dépendances, par
cette formule qui dut être dans le cœur du père de Charlemagne, si elle
ne fut pas sur ses lèvres : u Accipe, Beatissime Germane, villam nos-
tram Palatiohim ciim omnibus appenditus suis, tibi familiseque tuse hac-
tenus inimicam, amodo autem et deinceps perpétua profuturam'. »
Cette donation se trouvait également confirmée par une inscription
qui fut gravée sur le tombeau de saint Germain et qui ne disparut qu'à
la Révolution française : (( Ilic, pansante S. Germano in die translatio-
nis, dcdil ei rex Pipimis Jlscum Palatiolum cuni appendiciis suis
omnibus. »
Onelles avaient été les dissensions qui avaient existé entre les moines
de Saint-Germain et les habitants de Palaiseau et qui avaient été assez
envenimées et assez persistantes pour être mentionnées par le royal
donateur? Dubois prétend que les religieux se plaignaient que quel-
ques-unes des dépendances (villulse) du monastère, situées près de
Palaiseau, étaient souvent pillées par les habitants de cette localité. Ces
plaintes durent être portées devant le Roi Pépin, qui, par sa donation,
trouva le moyen de satisfaire sa piété et en même temps de mettre fin à
ces débats".
L^ Polyptyque d'Irminon nous fait connaître l'importance de la do?ia-
tion du Roi Pépin : l'abbaye de Saint-Germain y possédait une
maison signeuriale avec tous les bâtiments qui en dépendaient.
Le territoire était divisé en 6 autres exploitations ou cultures qui
formaient 287 bonniers déterre, où on pouvait semer i3oo nuiids
de froment, plus 127 arpents de vigne pouvant produire 800 muids
de vin, et 100 arpents de pré donnant )5o charretées de loin;
le bois avait une lieue de circuit et pouvait nourrir 5o porcs; il y avait,
1. DuBUECn,, Antiq. paris., p. 3,SC ; Dubois, Ilist. Eccl. Paris., I, p. 3/17.
2. Dviiois,Ilisl.Eccl. Paris., I, p. 347.
202
de plus, trois moulins qui pavaient un cens de i5/( muids de grain. La
ville de Palaiseau possédait une église construite en bel appareil (cum
omni apparatii diligenter constructam). Cette église avait, pour son
entretien et celui du prêtre qui la desservait, un domaine assez consi-
dérable : 17 bonniers de terre labourable, 5 arpents 1/2 de vigne,
3 arpents de pré, plus un manse ingénuité ayant 4 bonniers de terre
labourable, i arpent- 1/2 de vigne et 3 arpents de plus, 6 hôtes culti-
vant chacun i journal de terre et fournissant chaque semaine i jour de
corvée, i poulets et 5 œufs. 11 est question d'une seconde église située,
dit le Polyptyque, in Gilo, localité du territoire de Palaiseau, dans
laquelle Guérard reconnaît le village actuel de Gif, mais qui est plus
probablement celui de Vauhallan.
Walafred, vassal de Saint-Germain et maire de Palaiseau, payait
comme tous les autres hommes de l'abbaye, pour son manse ingé-
nuile pour une année, i bœuf; pour l'année suivante, i pourceau;
pour le droit d'usage dans les bois, 4 deniers ; pour le droit de paisson,
2 muids de vin et une brebis avec son agneau ; il devait labourer, pour
les semences d'hiver, 4 perches de terre et 2 jiour les semences de prin-
temps; faire les corvées, les charrois, les manœuvres qui lui étaient
commandées et donner 3 poulets et i5 œufs.
L'abbaye de Saint-Germain possédait 108 de ces manses ingénuiles,
qui payaient annuellement 6 chariots militaires ; une année, 108 pour-
ceaux; l'autre année, 108 brebis avec leurs agneaux, 2^0 muids de vin
pour le droit de paisson; en argent 35 sols pour les droits d'usage dans
les bois; 35o poulets, 1760 œufs et 9 sols de capitation. Tous les
manses ingénuiles ou serviles se montaient au nombre de 117.
Malgré toute cette prospérité, les moines ne purent conserver dans
leur possession cette magnifique dépendance. Pendant la période tour-
mentée du X« siècle elle fut usurpée par quelques-uns des hauts barons
du voisinage, et les religieux de Saint-Germain ne furent pas assez
influents, ou les rois carlovingiens assez puissants pour rétablir les
droits de justice. ^ oici en quels termes Pierre de Courpaloy, le moine
chroniqueur du \1V« siècle, mentionne la disparition de la ville de
Palaiseau de la liste des dépendances de l'abbaye... <' post decursum
fere ce annorum, solUo vigore regum decedente, per cupiditatem quo-
rumdam principum, hœc villa fuit a nobis ablata' ».
I. DuBREuiL, Ant. de Paris, p. 336.
— 253 —
Dom Bouillart pense avec raison que ce domaine fut aliéné ou plu-
tôt inféodé par le duc de France, Hugues le Grand, abbé de Saint-
Germain.
Au X" siècle, la chapelle de Saclay, doyenné de Chàteaufort, que les
religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient élevée dans une de leurs
fermes du territoire de Palaiseau, fut érigée en paroisse et on y annexa
l'église de Vauhallan K
AMOM, VERRIÈRES, MASSY, BERNY, ETC.
Prévôté.
A trois lieues de Paris, dans cette région pittoresque et boisée qui
forme le bassin de la petite rivière de la Bièvre, l'abbaye de Saint-
Germain-des-Prés possédait un vaste territoire dont des donations et
des acquisitions postérieures vinrent dans la suite augmenter considé-
rablement l'importance.
Ici comme pour beaucoup d'autres dépendances de l'abbaye, les
archives ne nous ont pas conservé la charte ni même le souvenir de la
donation primitive.
Dans le Polyptyque de l'abbé Irminon, Verrières a son chapitre spé-
cial : Brève de Vedrariis, tandis qu'Anlony est passé sous silence.
L'importance prédominante de cette dernière localité comme centre de
population, comme siège de la paroisse, porterait tout d'abord à croire
que nous sommes ici en présence d'une lacune et que l'article relatif à
Antony a disparu comme plusieurs autres dans le registre du IX» siècle.
Pourtant une étude plus approfondie de ce document fait arriver à une
conclusion opposée. Nous voyons en effet qu'à Verrières le manse sei-
gneurial comprenait 4 centres d'exploitation agricole, qui se compo-
saient de 257 bonniers de terre arable et oii l'on pouvait semer
I. BOJININ.
— 254 —
iioo muids de grain; 95 arpents de vigne où l'on pouvait recueillir
annuellement 1600 muids de vin; 60 arpents de prés où l'on récol-
tait (3o charretées de foin ; plus une forêt qui avait 2 lieues de circonfé-
rence et où l'on pouvait nourrir 200 porcs, sans compter d'importantes
châtaigneraies.
Or, pour peu qu'on veuille réfléchir à l'étendue du territoire et à l'im-
portance des produits, on conclura facilement que cet article du
Polyptyque s'applique à toute l'étendue du domaine possédé dans celte
région par l'abbaye de Saint-Germain, et non au territoire spécial de
Verrières, territoire qui était en grande partie couvert de bois, et non
encore défriché pour la culture ; le motif qui a engagé l'abbé Irminon à
mettre ici le nom de Verrières, au lieu de celui d'Antony où les moines
avaient déjà, à cette époque, construit l'église et établi le centre de la
population, dut être sans doute l'importance des fabriques de verres,
qui existaient dans les .bois de ce territoire et avaient donné son nom
à cette localité.
Remarquons le nombre considérable de manses inrjénuiles que nous
trouvons dans cette longue nomenclature, tandis que nous n'y relevons
que 2 manses serviles. L'article relatif à Frodole, vassal de l'abbaye et
maire de Verrières, nous fait connaître la disposition et les obligations
de ce fief :
« Frodolde, maire et vassal, et sa femme, nommée Heldegarde, vas-
sale de Saint-Germain, ont avec eux 3 fils et une fille; ils tiennent un
manse ingénuile qui a de terre labourable, 3 bonniers et 6 arpents de
vigne. Sur un autre manse ils ont en terre arable 2 bonniers, 4 arpents
de vigne et un arpent de pré; il paie de taxe militaire pour chacun de
ses manses, 4 solz d'argent ; la 2* année, 2 moutons ; pour la 3^ année,
I brebis pour le droit de paccage; pour le droit de paisson, 3 muids
de vin. 11 laboure chaque année 3 perches de terre qui lui seront dési-
gnées pour le droit d'hyvernage et 2 pour le droit de trames. 11 doit
les corvées, les charretées, les manœuvres au point qui lui sera
ordonné. 11 doit enfin 4 poulets, i5 œufs, et doit labourer i arpent dans
les vignes seigneuriales. »
A la fin de sa longue énumération des vassaux de l'abbaye et des
redevances dues par eux, le Polyptyque résume le tout de la manière
suivante :
« Il y a donc, à Verrières, 89 manses qui paient comme taxe militaire
— 355 —
pour une année 3o/i solz; pour la 2« année, i5g moutons et pour la
3^ année 79 comme droit de paisson, 282 muids de vin et une redevance
en argent de i sol 2 deniers ; comme droit d'usage, 20 sols 4 deniers ;
25 1 poules avec leurs œufs et 84 poulets royaux '. »
Le plus ancien document qui fasse mention d'Antony est le diplôme
de Louis le Débonnaire confirmant en 829 les dispositions prises par
son « très cher conseiller et ami, Hilduin, abbé de Saint-Vincent et de
Saint-Germain », pour assurer et régulariser l'entretien de son monas-
tère ; parmi les domaines attribués à la mense conventuelle pour fournir
au vestiaire des moines, nous trouvons Antony avec sa chapelle (Anto-
niacum cain ipsa capella).
Remarquons que dans ce document, comme aussi dans le diplôme
de Charles le Chauve, il n'est question que d'Antony. 11 est probable
que les locaUtés (à l'exception de Verrières) qui formèrent dans la suite
les dépendances d'Antony n'existaient pas encore. Point de jonction
des deux routes allant à Chartres et à Orléans, Antony avait une
importance spéciale tant au point de vue militaire que pour les rela-
tions commerciales de la contrée.
Dès lors les moines se trouvèrent tout naturellement conduits à
défricher sur ce point les forêts qui couvraient alors le pavs, à y créer
un centre d'habitation, pour livrer à la culture un territoire jusqu'alors
absolument improductif pour l'abbaye.
Trop soucieux de leurs devoirs religieux et aussi du développement
naturel de leur viUe d'Antony, ils eurent soin de doter cette dernière
d'une église. La chapelle mentionnée dans la charte de 829 était,
d'après ce document, en la possession et à la disposition des reli-
gieux.
Puis la nuit se fait sur l'histoire d'Antony. Aucune trace ne nous est
restée de son sort pendant la terrible période des invasions normandes.
Placée sur les voies que suivaient les hordes barbares, cette petite ville
dut plus d'une fois être dévastée, détruite même. Mais l'importance
mihtaire de cette situation dut engager les chefs de la défense nationale
à maintenir ce poste avancé, à le relever de ses ruines et à le fortifier
de manière à en assurer la possession aux Français. C'est ce qui
explique l'existence de cette Tour d'Argent qui s'élevait au milieu d'An-
1. Polyptyque, i" partie, p. Gi.
— 356 —
tony et n'appartenait pas aux religieux. Ces mesures de défense don-
nèrent naissance à la suite à d'interminables et passionnés démêlés à
propos de l'avouerie ou de la vigaerie d'Antony dont nous allons avoir
l'occasion de parler. Au milieu des dangers et des convulsions de la
période tourmentée qui venait de se terminer, avait surgi un nouveau
rouage dans la hiérarchie militaire, judiciaire et féodale du pays.
C'étaient les avoués (advocati) ou les viguiers (vicarii ou viarli),
barons que les monastères choisissaient pour défendre leurs droits
et leurs biens contre les attaques violentes de la force ou les entreprises
frauduleuses de la patrocine, ou bien à qui les rois et les chefs mili-
taires de la contrée déléguaient une partie de leur autorité pour la
défense de certaine portion déterminée de leur territoire et la sécurité
des routes. Pour leur donner les moyens de s'acquitter de leur mission
et payer les services qu'ils réclamaient de leur dévouement, les sei-
gneurs ecclésiastiques, comme les représentants de l'autorité royale,
cédaient à ces avoués et à ces viguiers des privilèges, des droits de
lever sur les populations des subsides, qui étaient motivés au moment
du péril par les services rendus, mais qui, quand le calme avait suc-
cédé à la tempête, n'avaient plus de raison d'être. Pourtant, bien rares
furent les barons qui consentirent à renoncer de leur plein gré à ces exac-
tions ou mauvaises coutumes, comme on les désignait alors. Le plus
souvent ils considéraient comme faisant partie de leur patrimoine ces
charges, qui ne répondaient plus à la réalité, et les revenus et seigneu-
ries, qui en étaient la conséquence, et refusaient de s'en dessaisir au
profit des seigneurs légitimes. Quand ces derniers ne jouissaient pas
d'un crédit suffisant, ils renonçaient, au bout d'un certain nombre de
tentatives, à des revendications qu'ils ne pouvaient faire réussir et ces-
saient de protester contre des usurpations qu'ils se sentaient impuis-
sants à réprimer. Si, au contraire, les seigneurs primitifs étaient assez
puissants, ils réclamaient le maintien de leurs droits auprès des juri-
dictions supérieures, soit ecclésiastiques soit royales, et obtenaient
ordinairement la suppression de ces mauvaises coutumes. Ces litiges,
que nous voyons se reproduire sur bien des points à cette époque,
jouent un rôle important dans l'histoire de la prévôté d'Antony ; c'est
pourquoi nous avons dû placer ici ces quelques indications générales.
Grâce du reste aux moyens de défense employés, Antony échappa
aux désastres ou du moins se releva de ceux qu'elle avait subis. Au
— 25; — '
XI^ siècle, quand des documents viennent nous donner quelcjucs
lumières sur le passé de cette dépendance de Saint-Germain, nous trou-
vons, non seulement Antony groupant ses maisons autour du château
des moines et de la Tour d'Argent, mais encore de nouvelles localités
qui avaient surgi pendant cette période sur le territoire monastique, et
qui, par l'accroissement de la population et le défrichement de la forêt,
augmentaient considérablement l'importance et la richesse de ce
membre de l'abbaye.
C'est dans la charte que le roi Robert accorda, en 1027, à l'abbé Guil-
laume pour condamner et réprimer les exactions et mauvaises cou-
tumes, qu'exigeait des vassaux de l'abbaye un avoué de Saint-Germain,
nommé Pipinel Guérin, que nous trouvons la nomenclature des dépen-
dances d'Antony à cette époque : In Roriciirte, Villa Osii (Wissous),
Villa Grès (moulin de Grès), Villa Malues (Massy), Villa Vedrarias
(Verrières), Villa Calez (Châtenay [?]), Villa Belonis (Yillaines). Cer-
taines de ces dépendances furent érigées dans la suite en seigneuries
distinctes et indépendantes de l'abbaye. La diminution du domaine de
Saint-Germain qui se produisit ainsi fut-elle la conséquence d'aliéna-
tions consenties par les religieux ou d'usurpations faites contre leurs
droits? C'est ce que nous ne pouvons conclure des documents. Nous
trouvons seulement, au XIP siècle, les abbés en lutte avec les seigneurs
de Massy pour leurs droits réciproques sur certaines parties du terri-
toire et recourant à la justice royale pour mettre une barrière aux
empiétements et aux prétentions de leurs turbulents voisins. Nous
reviendrons sur tous ces démêlés, en traitant de la seigneurie temporelle
de l'abbaye à Antony et dans ses dépendances.
Peu à peu la bonne entente se rétablit entre ces compétiteurs, et nous
voyons, en ii6g, Louis VII confirmer la cession faite par Jean de
Massy, dont la famille avait été l'adversaire irréconciliable des reli-
gieux, à Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, de tous les droits
qu'il prétendait avoir sur les bois d'Antony*.
Après avoir assuré ses droits sur le territoire d'Antony, l'abbé Hugues
fit son testament et ordonna qu'on prit sur les terres, qu'il y avait
acquises au profit de l'abbaye, la dépense du repas de la communauté
de Saint-Germain, le jour anniversaire de sa mort ^
I. Arch. nat. K. ai, 11° iG.
a. Ledeuf, III, p. 535.
'7*
— 258 —
Par ses lettres datées de 1207, le roi Philippe-Auguste confirma la
vente que le chevalier Robert de Meulan, du consentement d'IIellouin
de Meulan, son neveu, avait faite à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés,
des biens deLaa^, de Chesnay et d'Antony '.
En i2i4, Robert, abbé de Saint-Germain, attesta par une charte
qu'Eremburge, veuve de Rainaud Couturier, jadis maire de Ragneux,
de la terre de Saint-Germain, renonçant au siècle, en la présence de
l'abbé de Wilhelni, prieur d'Antony, se donna à l'église de Saint-Germain
avec une maison qu'elle possédait dans le bourg de Saint-Pierre
(Bonvillar) \
En 1260, Eudes le Roux, bourgeois de Paris, et Agnès, sa femme,
donnèrent à l'abbaye leur ferme de Rruyères, près de Limeil-en-Rrie'.
En 1293, Jean de la Marche, chevalier, 7« ^5 ei hoir de monseigneur
Michel delà Marche, chevalier, vend à l'abbé et au couvent de Saint-
Germain-des-Prés huit solz et trois miailhes de menus cens, cinq
setiers d'avoine et six chapons de rente à prélever dans la ville d'An-
tony ou son territoire, avec toute la justice, les yssues et adventions des
devant dites choses, le tout pour le prix de aS livres parisis".
Les archives d'Antony nous ont conservé un testament dont la forme
et les dispositions sont assez spéciales pour que nous en donnions ici
quelques extraits :
u Testament d'Osanie, feme d'Hugolin de Forestier, famé de pen-
sée. — Elle lègue à l'église d'Antlioigny, x soulz ; au curé de la dite
église, X soulz; au chapelin, v soulz; au clerc, does soulz; à chascun
cler qui dira son sautier pour luy le jour de son obit, does soulz. Item,
à la confrairie de Saint-Jacques d'Antlioigny, ni soulz. Item à l'Hostel-
Dieu de Paris, contre et coeffin et does dras. Item à l'église de Nostre-
Dame de Paris, m soulz. Item à la banlive de l'église de Verrières,
m soulz. Item à la Maison-Dieu de Chartres, ni soulz. Item à l'IIostel-
Dieu de Rourc-la-Reine, xii deniers; à l'église de Nostre-Dame de
Roulogne, x soulz. Item à l'église de Nostre-Dame de Pontoise, m soulz;
à l'église de Chastenay, à l'église du Fresne et à l'égUse de Maci, chas-
1. Arch. nal. Iv. 26, 11° 17, Cart. de l'abbaye de Saint-Germain, f. 2G; Cart. abbé
Guillaume, p. Sa ; etc.
2. Id. LL. 1025, p. 184.
3. Lebeuf, V. 33.
^1. Arcli. nal. L. 754, n" 17.
— aSg —
cune XH deniers. A la maladrery de Lonejumel, à la nialadieiie de
Maci, chascune xu deniers. Au mestre d'escole d'Antlio'ujny, x soulz.
Item à Johannot de Merry qui esprent à cordonncier à Paris, xx soulz.
A l'église de Saint-Germain-des-Prés et au couvent, lx soulz de
rente pour faire son service tous les ans et pour estre es prière de la
dite église'. »
En iSgS, Jean et Gilles de Clamecy vendent à l'abbaye une rente de
200 francs d'or, assise sur le territoire de la prévôté d'Antony*.
Le 6 mars 1394, une sentence du garde de la prévôté de Paris con-
damne les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, propriétaires de
22 arpents de terre à Ântony, à en payer la dîme aux religieux
de Saint-Germain-des-Prés,ce que depuis plusieurs années ils refusaient
de faire ^
Quelques années plus tard, le 8 juillet 1899, Jacques du Cellier
donnait à l'abbaye 1 1 arpents de prés, sis à Antony, à l'effet de fonder
vine chapelle perpétuelle à 2 messes par semaine et un service anniver-
saire; le chapelain devait être un religieux de Saint-Germain, nommé
par l'abbé ; il recevait annuellement 18 livres parisis et i escu de 18 sols
parisis à prendre sur le revenu des prés; le pitancier devait avoir le
surplus pour l'anniversaire du donateur*.
Le dénombrement de i384 est ainsi conçu : « Item, en la ville d'An-
thoigny a un grant hostel, les deux pars de la justice de la ville, avec
toute la justice de Verrière, u fours banniers à nos hostes, l'un audit
Anlhoigny et l'autre en la ville de Verrière, et deux pressoers banniers
avec vignes, terres, environ vu ^^ et xvj arpens de terre arable; item,
XXV arpens de prés ; item, deux molins banniers aux hostes ; item, es
dites deux villes, à plusieurs jours en l'an, environ l livres de menus
cens ; item, iiu droictures ; item, environ xu sestiers d'avoine de rente
par an ; tout ce que dit est baillé à louaige pour le pris de u' livres tour-
nois, dont l'en soloit avoir u' livres parisis, et Testât et vivre de deux
religieux qui demeurent au lieu et est du demaine de l'abbé; item, s'en
suivent ce qui n'est pas baillé avec la ferme dessusdite : 1° les dismes
1. Arch. nul. L. 75^1, n* 20.
a. Id. \Aj. \ol\o.
3. /(/. \Aj. 10/17, P* ■'^•
4. Bib. nat. Dom Poirier, 208/iG, p. 207.
— 260 —
des grains, qui puent valoir par an, montant et avalant, environ xx muis
de grain, qui soloit valoir environ xxxv muis ; item, environ viu muis
d'avaine cliascun an, au jour des Mors, dont une partie dois se rendre es
greniers de l'église Saint-Germain et l'autre demeure en l'hostel de la
prevosté, à Anthoigny; item, environ nij' arpens de bois et bruyères,
dont l'on puet bien vendre chascun an xx arpens et puet valoir l'arpent
vnj livres parisis, valent, en somme, viu"^ livres parisis; item, les
deux villes nous doyvent de taille chascun an, lendemain de la Chan-
deleur, G livres parisis, dont l'en paie le consail de l'église ; item, les
dismes des vins et pressoers valent, montant et avalant, environ
XX queues, qui soloient valoir avant la guerre vj'^'' queues ; mais les
heritaiges sont demourés en friche et les villes arses et destruites par
les ennemis. Et sont les choses dessus escriptes en la viconté de
Paris. »
Toutes les possessions que l'abbaye avait à Antony, à Verrières et
dans les autres dépendances, faisaient partie de la mense conventuelle
et étaient administrées par un religieux qui portait le nom de Prévôt et
exerçait la justice, jouissait des revenus et des droits seigneuriaux,
moyennant une redevance annuelle qu'il payait au pitancier de l'abbaye.
Les accroissements successifs de cette prévôté en avaient fait une des
dépendances les plus considérables de Saint-Germain. Aussi fut-elle
l'objet de compétitions ardentes et d'interminaliles procès au XI V^
siècle. On sait quelles dilTicultés surgissaient fréquemment entre la
Cour romaine et les abbayes à propos delà collation des bénéfices. En
retour des privilèges que procurait à certains monastères leur dépen-
dance immédiate du Saint-Siège, ce dernier se réservait le droit de con-
férer dans un grand nombre de cas, à des personnes étrangères, les
bénéfices de leur dépendance. C'était l'application de ce système des
commendes qui devait produire de si lamentables résultats. C'est ce
qui se produisit en 1872 pour la prévôté d'Antony. Étant devenue
vacante par la mort de son titulaire, et la collation par l'abbé n'ayant
pas eu lieu dans les délais prescrits, Grégoire IX la conféra, en vertu
du droit de dévolution, à Ebblon de Solier, moine de Cormery, qui se
présenta avec sa bulle à la main pour être mis en possession de ce
riche bénéfice. Mais l'abbé Richard protesta, au nom de son abbaye,
contre la collation pontificale : le g^jourdumois de mai 1872,11 fit
dresser son acte d'appel, dans lequel il exposait que la prévôté d'Antony,
— aGi —
étant d'un caractère purement tempoiel, ne icntiail nullement dans la
catégorie des bénéfices ecclésiastiques dont le concile de Latran avait
conlié la collation dans des cas déterminés au Saint-Siège. C'est à la
justice pontificale elle-même que l'abbé faisait appel de la collation
faite par le pape'. L'évèque de ïullc, délégué par Grégoire IX pour
instruire et juger l'affaire en son nom, ayant prononcé, le i5 octobre,
sa sentence en faveur du moine de Cormery sans s'être conformé aux
prescriptions du droit, l'abbé Richard interjeta un nouvel appel en
Cour de Rome (9 novembre 1372). L'abbé de Saint-Maixent, délégué
par Grégoire IX avec de pleins pouvoirs pour terminer cette affaire,
après une minutieuse enquête confirma les droits de l'abbé de Saint-
Germain sur la collation de la prévôté et débouta Ebblon de Solier de
ses prétentions (i373)".
Ce fut du reste la seule difficulté que rencontrèrent les abbés de
Saint-Germain pour la prévôté d'Antony. Les séculiers et les religieux
qu'ils investissaient de cette dignité étaient à proprement dire des
fermiers qui se substituaient aux seigneurs, percevaient les revenus,
jouissaient des prérogatives, acquittaient les charges moyennant une
redevance annuelle qu'ils payaient à l'abbaye.
Le livre de la pilancerie, rédigé au XIll" siècle, dit qu'on prélevait
sur Antony ' : Le 3 mars ou \ des nones du même mois, xi sols, pour
l'anniversaire de Robert de Samesio (Samois) ; le 22 juillet ou XI des
calendes d'août, à l'occasion de la fête de Sainte-Magdeleine, xv sols ;
le 6 octobre ou la veille des nones du même mois, xl sols, pour l'anniver-
saire de Renaut, ancien prieur ; le 28 octobre, ou V des calendes de
novembre, xxiv sols, pour l'anniversaire d'Etienne, chevalier, et Marie,
son épouse ; le 23 décembre ou le X des calendes de janvier, jour oîi
l'on chantait l'antienne : 0 Virgo virgiimm, le prieur d'Antony devait
fournir xx sols pour la pitance de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés.
En 14O2, Henry, abbé de Saint-Germain, afferma la prévôté d'Antony
à un de ses religieux, frère Jean de Varennes, pour la sonnue de 80
livres de rente annuelle *. Quelques années auparavant, la prévôté
d'Antony avait servi à acquitter une dette de reconnaissance ; en ili'S'],
1. Arch. n<d. L. 754, n" aS.
2. Id. L. 755.
3. /(/. LL. 1027.
''/. 1(1. LL. lo-'to.
î62
Drogon de Montaudier s'étant démis de sa dignité abbatiale en faveur
d'Henri Morillon, celui-ci, pour remercier son bienfaiteur, lui attribua,
sa vie durant, les prévôtés d'Antony et de Paray '.
Notons plusieurs donations de biens situés à Antony en vue de fon-
dations pieuses dans le monastère de Saint-Germain.
En 1467, frère Aureau, grand prieur de Saint-Germain, donne à son
abbaye une rente de 20 sols qu'il a sur des terres sises à Antony, (( pour
que les novices puissent acheter du bois et se chauffer après avoir
chanté matines — et que par là ils soient plus portés à louer Dieu et à
prier pour le donateur ^ ».
En 1487, maître Jacques Cellier fait donation aux rebgieux de onze
arpents de prés à Antony pour la fondation, après sa mort, dans la
chapelle de la Madeleine de l'église de Saint-Germain-des-Prés, de deux
messes de Requiem chaque semaine, et d'un anniversaire tous les ans,
(( comme on a l'habitude d'en célébrer un pour l'abbé avec la même
pompe et la même solennité ' ».
Dans le cours du XVI^ siècle, nous ne trouvons à mentionner que
des actes d'achats ou d'échange sans importance, des baux à ferme de
la terre et seigneurie, et surtout des bois d'Antony.
Le 22 mars i54i, le Cardinal de ïournon, abbé commendataire de
Saint-Germain-des-Prés, qui devait à ses religieux une rente de 778
livres tournois, embarrassé pour parfaire cette somme, leur céda pour
i6g livres la jouissance de i43 arpents de bois taillis à Verrières *.
Cette dépendance de Saint-Germain n'échappa pas aux désastres de
la période des guerres religieuses. En i562, les huguenots brûlèrent
les fermes et les pressoirs d'Antony et de Verrières. L'église de cette
dernière localité fut en partie détruite. L'abbaye, accablée par la mul-
tiplicité des désastres subis et des réparations indispensables, se
trouvant dans l'impossibilité de relever toutes ces ruines, dut vendre ce
qui restait de ses maisons à Antony et à Verrières.
Mais ce ne pouvait être et ce ne fut en effet qu'une crise momen-
tanée, et nous voyons bientôt après la prévôté d'Antony réparer ses
ruines, accroître ses possessions et jouir d'une grande prospérité
I. Bo:<Ni?(.
a. Arch. nat. LL. io4o.
3. Id. LL. lotio, p. 59.
4. Id. LL. io48.
i
- 263 —
pendant tout le cours du WW siècle. En i586, toute la région
accidentée et boisée qui s'étendait au nord-ouest de Paris fut convertie
en une chasse réservée aux plaisirs du roy; elle commençai t au faubou rg
Saint-Germain, descendaitle long delà rivière de Seine jusqu'au village
de Meudon, remontait par Vaugirard, Vanve, Issy, Fleury, Clamart,
Montrouge, ChàtiUon, Bagneux, Fontenay-so.us-Bagneux, Chastenay,'
Verrières, Sceaux, Antoni, Bourg-la-Reine, Gentilly. Défense était faite
d'y chasser sous peine corporelle ou pécuniaire '.
Après la reconstruction de l'église d'Antony et de sa consécration en
1601 par l'évèque de Digne, dont nous aurons l'occasion de parler avec
plus de détail au chapitre de la seigneurie spirituelle d'Antony, nous
voyons les religieux occupés de se procurer les moyens d'efl'acer les
traces delà période précédente. Le 3 mai 1622, les grands maîtres
enquêteurs et généraux réformateurs des Eaux et Forêts de France, en
la table de Marbre du Palais, ordonnent qu'on vérifiera les réparations
mentionnées comme nécessaires aux maisons de Thiais, Antony, aux
pressoirs bannaux et granges d'Antony, aux geôles et prisons de Thiais,
au bac de la rivière de Seine en face de Choisy. — Le 5 janvier i63o,
deux routes furent tracées dans le bois de Verrières sur l'ordre du roi,
qui donna 3. 600 livres aux religieux pour le terrain consacré à ces
routes et leur en laissa la juridiction".
Signalons un incendie qui, à la fin du XVIP siècle, vint détruire
une grande partie de la ville d'Antony. En 169/,, le grand maître des
Eaux et Forêts se transporta dans le bois dit Buisson de Verrières, et
autorisa certaines coupes anormales pour fournir aux réparations de ce
désastre ; les fonds qui en proviendraient devaient être remis dans les
mains d'un bourgeois honorable nommé pour en surveiller l'emploie
Un contrat de ferme, passé en 162/i, nous apprend que la terre et
seigneurie d'Antony rapportait annuellement au monastère 1800 livres
tournois, un muid de blé-froment, 5 muids de blé mcsteil, 2 nuiids
d'avoine, 2 porcs gras de 20 livres chacun, au jour de la Saint-Martin
d'hiver, 2 beaux moutons gras au jour de la Saint-Jean-Baptiste,
6 boisseaux de noix, 200 gerbes de jourrc '.
i. Arcli. liât. LL. io!t8, p. (jo.
3. 1(1. LL. 10^18, p. 9.5.
3. M. LL. lo/iS.
/(. Id. LL. io58, p. 19.
— 264 -
En 1646, le chapitre de Saint-Germain-des-Prés décida l'achat de la
ferme du Pont d'Antony pour le prix de 120.000 livres '. En 1657, les
religieux achètent à MM. de Delery les biens qu'ils possédaient à
Ântony pour le prix de 22.800 livres. La beauté du site, la proximité
de Versailles, cette immense étendue de forêts giboyeuses, déterminèrent
Louis XIV à adjoindre une partie de ce territoire au domaine royal. Le
21 avril 1682, le roi fit demander aux religieux de Saint-Germain de
lui vendre les bois de Verrières, de Montéclin et d'Amblainvilliers.
Une telle requête ne pouvait être refusée, d'autant qu'elle était tout au
profit de l'abbaye. Les religieux cédèrent donc à leur royal acquéreur
une étendue de cent arpents de bois pour le prix de 297.200 livres
tournois ; pour l'emploi de cette somme ils achetèrent les terres de
Berny, de Fresnes (de Lay), la seigneurie de la Tour d'Antony, la
ferme de la Croix-Blanche, etc. : toutes ces terres avaient été saisies sur
la succession de M'" de Lyonne et vendues par autorité de justice. Une
année après l'acquisition qui en avait été faite à frais communs par
l'abbé et le convent de Saint-Germain, le premier obtint des religieux
la cession de leurs droits sur Berny et sur Fresnes, et leur abandonna
en échange les domaines de la Tour, du Pont d'Antony, le château et la
terre de Cachan ^. Dès lors les abbés de Saint-Germain-des-Prés établirent
leur résidence dans le magnifique château de Berny, dont les splen-
deurs convenaient au fastueux train de maison de ces princes et dont
la proximité de la résidence royale avait pour eux des charmes et des
avantages qu'ils savaient apprécier \
Nous allons terminer cette vue d'ensemble sur la prévôté d'Antony,
qui, comme nous l'avons dit, était une dépendance de la mense con-
ventuelle, par la partie de la déclaration faite en 1790 par les religieux
de Saint-Germain relativement à ce membre de leur monastère.
Antony et Verrières — terre et seigneurie — ancien domaine
DE l'abbaye dès le TEMPS DE ChARLEMAGNE.
1° Justice haute, moyenne et basse ; patronage, etc.
2° Les cens, surcens, lods et ventes d'Antony et Verrières.
Année commune 5. 000 livres.
1. Bib. nat. ms.fr. iG855.
2. Arch. nat. LL. 10^7, p. 296.
3. Abbé Enjalyin.
— 365 —
Nota. — La partie la plus considérable du fief de Berny relève de la
seigneurie d'Antony et n'est exempte des devoirs et droits seigneuriaux
que tant qu'elle est possédée par la mense abbatiale.
3° La grande ferme seigneuriale d'Antony, consistant en bâtiments,
granges, jardins, etc., plus environ 285 arpents 6o perches de terres
labourables et environ l\o arpents 2 1 perches de prés.
Les dîmes de grains et les menues dîmes des territoires d'Antony et
Verrières, le tout loué au sieur Cauville 5.200 livres, et 10.300 livres en
passant le bail; 200 bottes de paille, 6 charretées de fumier, 6 chapons,
5 douzaines de pigeonneaux, et en outre la charge de payer, en l'acquit
des religieux, à cause de leur qualité de gros décimateurs : au curé
d'Antony 38 septiers de blé, mesure de Paris, et au curé de Verrières
6 septiers de blé et 3 septiers d'avoine, mesure de Massy.
4° La ferme de la Tour d'Argent, consistant en un grand corps de
logis, grange, laiterie, etc., plus en 173 arpents de terres labourables et
36 arpents de prés, plus une rente de i5 livres due par la mère du
preneur, loué au sieur Cauville 3oo livres par bail devant Lefèbvre à
Paris, le 22 mars 1786, plus, en passant le bail, 600 livres; plus
5 muids d'avoine (estimé 200 livres le muid), 600 bottes de paille,
12 chapons gras, 5 livres de droit d'avenage dû à l'abbaye de
Longchamps.
5° La maison occupée par le concierge dans la ferme seigneuriale avec
un petit jardin et environ 300 arpents de terres. Item le pressoir et les
dîmes de vin du territoire d'Antony louées au sieur Cauville au prix de
750 livres.
6» La ferme du Pont d'Antony, consistant en bâtiments, granges,
etc., plus en 289 arpents de terres labourables et 36 arpents 1/2 de prés,
louée au sieur Vattier, maistre de la Poste de la Croix de Berny, pour
6000 livres et 6000 livres en passant le bail ; plus 4 muids d'avoine,
4 voitures de fumier, 1200 bottes de paille, 12 chapons gras.
7» 25 arpents de prés dans la prairie de Berny, loués 1200 livres, au
sieur Marchai de Sainsey, économe de la mense abbatiale de Saint-
Germain-des-Prés. — Item 36 livres dues par le dit économe pour
l'indemnité de la dîme dans le parc de Berny.
8° Le moulin à eau d'Antony, avec un droit de pêche et i5 arpents
1/3 de terres labourables, loué à la veuve Colette 2000 livres par an et
2.400 livres en passant le bail. Le fermier paie à l'acquit des
266
religieux, en déduction du prix du bail, i5o livres à la maîtresse d'école
d'Antony, l^o livres à la Fabrique, et 4o livres à la Charité du dit
lieu.
9° Une plàtrière sise à Antony, louée au sieur Cazin i .000 livres par
an et 4oo livres en passant le bail.
10° Une maison à Verrières appelée la maison du Concierge avec
4 pressoirs, le produit du pressurage, une pièce de prés de 3 quartiers
et la dîme du vin de la paroisse de Verrières, le tout loué 5oo livres, à
la charge de payer au curé de Verrières 4 pièces de vin provenant de la
dite dîme et faisant partie de son gros,
II" La maison du Four bannal de Verrières, avec un grand jardin,
et le produit de la bannalité, le tout loué 07a livres au sieur Paillard,
garde-chasse.
12" 23i' 2' G', tant cens que rentes foncières, sur 178 arpents de
terre de la seigneurie d'Antony enfermés dans le parc de Sceaux.
i3° Les rentes et petits loyers d'Antony et de Verrières et les rentes
des fours de Verrières perçus par les religieux montent à la somme de
2.000 livres.
i4" La tonture des bouleaux des bois de Verrières, louée 3oo livres.
10" Bois de Verrières, consistant en 974 arpents 53 perches, outre
4o arpents de friches, en i5 coupes réglées, chaque coupe pouvant être
estimée 20.000 livres.
16° Mouvance dvi fîcf de 24 ar[)ents de bois taillis en une pièce, sise
dans le bois d'Antony et Verrières au lieu dit le Chicnpendii, autrefois
possédé par les seigneurs du Plessis-Piquet et aujourd'hui par le roi;
pour ce fief il est dû une indemnité aux religieux'.
Antony et Verrières produisaient, en 1790, au profit de la mense
conventuelle, le revenu annuel de 53.69 r livres*.
Seigneurie spirituelle
Comme nous l'avons déjà établi, les moines de Saint-Germain-des-
Prés avaient la libre disposition de la chapelle d'Antony, qui figure
parmi les possessions de l'abbaye afTectées à la mense conventuelle.
i. BUi. nat. Doni Poirier, 20868.
3. Lebeuf-Gociieris, III, p. 74.
— 267 —
Que leurs droits primitifs sur la vieille église se fussent ou non perdus
pendant la période des invasions normandes, c'est ce que ne nous pour-
rions conclure d'une manière précise de la charte de 10^3 par laquelle
Imbert, évoque de Paris, concède à l'abbé et aux religieux de Saint-
Germain-des-Prés l'autel de Saint-Saturnin d'Antony\ parce que, dans
les chartes de cette époque, le mot de concession équivalait souvent à la
confirmation d'une concession antérieure, et qu'il n'est guère étonnant
qu'au sortir de cette période convulsée, les moines sentissent le besoin
de faire confirmer leurs droits antérieurs. Quoi qu'il en soit, la charte
de 1042, confirmée solennellement par un diplôme du roi Henri P"" en
io58 % établit sans conteste la seigneurie spirituelle des religieux à
Antony ; carie mot altare ne signifie pas Pautel particulier d'une église,
mais bien le droit paroissial, la cure des âmes et les dîmes et revenus
qui y étaient aifectés. Celte interprétation est confirmée par la réserve
des droits de synode et de visite que l'évèque de Paris inséra dans sa
charte de donation.
Suivant DubreuF, l'abbé Adraud obtint d'Imbert, évoque de Paris,
l'église d'Antony, dédiée à saint Saturnin, martyr. Cette donation et ce
droit perpétuel à la présentation du curé avait pour objet de servir à
améliorer la pitance des moines. Depuis cette époque les religieux de
Saint-Germain devinrent curés primitifs, administrateurs et vrais
possesseurs des biens temporels de cette église. Ils perçurent des
habitants de l'endroit la dîme des fruits et des animaux, ce qui n'était
pas un médiocre revenu. Mais on peut se demander pourquoi l'évèque
de Paris avait retenu cette église que Louis le Pieux, Lothaire et
Charles le Chauve avaient déjà donnée à Saint-Germain-dcs-Prés, plus
de 170 ans avant (872, privilège de Charles le Chauve). — Dans ce
privilège l'église d'Antony est désignée sous le nom de capella. Kut-elle
érigée en paroisse, en 10/12 ? Ce n'est pas possible, car celle chapelle ne
dépendait d'aucune église, et puis, on y administrait tous les
sacrements. Si, en ioZ|2, on l'avait érigée en église mère, on aurait
mentionné ce fait. Charles le Chauve n'avait pas tenu la main à ce qu'il
avait accordé.
1. Arch. nat. LL. 11 45.
2. Id. K. 19, n" 4, cart. Bois, n° 378.
3. Bib, nat. ms. lai. ia838, p. 96.
— 268 —
Dans la bulle que donna en 11771e pape Alexandre III à l'abbaye
de Saint-Germain, l'église de Sainl-Saturnin d'Antony figure parmi ses
dépendances. Contrairement aux immunités accordées à Saint-Germain-
des-Prés et à ses dépendances, les officiers du cardinal Eudes, légat
du Saint-Siège, ayant voulu injustement des droits de procuration
et de gîte sur Anlony (1246), les moines protestèrent. Le légat
reconnut l'erreur et restitua à Saint-Germain les sommes indûment
perçues ^ Le curé d'Antony fut toujours, jusqu'à la fin, à la présen-
tation de l'abbé de Saint-Germain. Par leur qualité de gros décimateurs
de cette paroisse, les religieux étaient chargés de lui fournir le gros,
c'est-à-dire le traitement. Ici comme partout, ce fut vme cause de
discussions prolongées entre les deux parties intéressées.
En 1379, il fut convenu entre les religieux et le curé d'Antony que
ce dernier prendrait dans la grange dimlcre un muid de grain et, sur
la petite dîme, deux agneaux et deux oisons : sur les 20 arpents que
possédait le curé, il en devait garder la moitié comme dépendance du
presbytère et rendre le reste aux religieux.
En i538, une transaction intervint entre les religieux, qui venaient
d'être maintenus dans leur droit de percevoir la dîme du vin sur le
territoire d'Antony à raison de 6 pintes par muid, et les curés d'Antony
et de derrières, et fixa le gros annuel pour chacun de ces derniers à un
muid de blé et trois muids de vin'''.
En leur qualité de curés primitifs et de patrons de l'église de Saint-
Saturnin d'Antony, les religieux étaient chargés des réparations et de
l'entretien de cet édifice. Le style des différentes parties de l'église
indique qu'elle fut reconstruite successivement à la suite des diverses
guerres qui désolèrent le pays. Au sortir de la j^ériode des luttes reli-
gieuses, les moines durent faire des réparations considérables. Au
i*"" juillet 1601, accédant à la requête de Dom Philippe Laurens, prieur
claustral de Saint-Germain, et des fabriciens d'Antony et muni des pou-
voirs des évêques de Paris, Claude Coqueley, évêqiie de Digne,
et abbé commendataire de Chaage, consacra l'église, l'autel majevu-
en l'honneur des saints Barthélémy et Saturnin, et un autre autel en
l'honneur de Notre-Dame ^. Le prieur de Saint-Germain assista à
I. BOUILLART, p. 126.
3. Arch. nul. LL. io48.
3. Id. L. 755.
- — 209 — *•
cette cérémonie accompagné de sept religieux'. En 16 18, dame Made-
leine Bizet, veuve du sieur Ilaultin, cousclUer et médecin du Uoi,
obtint la concession de la chapelle Saint-Antoine en l'église d'Antony ;
elle promit de la faire décorer et fermer à ses frais avec trois clefs : une
pour les religieux, une pour le curé et les marguilliers, une troisième
pour la donatrice ; celle-ci devait fournir également deux ornements,
l'un de couleur et l'autre noir. Deux services devaient y être célébrés
annuellement avec vêpres, vigiles, messe chantée, le lendemain de la
Trinité et pour la fête de sainte Madeleine; ce même jour, il devait y
avoir un salut sonné avec la grosse cloche; enfin une inscription devait
être placée dans la chapelle pour rappeler les noms des donateurs*.
Cette concession fut révoquée plus tard par suite de la non-exécution
des conventions.
En 16G6, le curé et les marguilliers obtinrent la permission de bâtir
une sacristie sur le terrain donné par les religieux \
Dans le courant du XV'' siècle, le cimetière fut considérablement
diminué pour la construction, sur une partie de ce terrain, de la ferme
des religieux.
Un des curé d'Antony, Pierre Lemoine, docteur en théologie, fît, le
16 décembre 1697, aux religicTix de Saint-Germain, donation de ses
biens qui consistaient en 1 1 arpents de terre, 20 livres de rente, et
1600 livres en deniers comptants, à la condition de fournir chaque
année une pension de i5o livres pour l'entretien d'une maîtresse d'école,
à Antony, pour l'instruction gratuite des pauvres enfants du dit lieu,
plus une rente de 4o livres à la fabrique de l'église, à la charge pour
les marguilliers de fournir à la maîtresse d'école le logement pour elle
et le local pour ses classes et de faire célébrer deux messes chaque
année pour le repos de son âme. Les religieux devaient aussi payer
une rente annuelle de Oo livres pour être distribuée par le cellérier de
l'abbaye, le curé et les marguilliers d'Antony, aux pauvres malades de
la paroisse*.
A Antony, le traitement que devaient les religieux au curé n'avait
pour but que de compléter ce que les revenus de la terre dépendante
1. Bih. iKit. ins. fr. i08'i().
2. Arck. îiat. LK. io'48.
3. Abbé Enjalvin.
V Arrli. mil. S. 3Sq(i.
'— 27Ô —
du presbytère avaient d'insuffisant. Cette terre consistait en une ving-
taine d'arpents de prés, champs et vignes situés dans les environs. En
i55o, le curé et son vicaire réclamèrent une augmentation de revenus.
Mais ces ecclésiastiques pour des raisons personnelles ne parurent pas
devant les juges et furent déboutés de leur requête. 11 résulte des
procès-verbaux d'enquête faite à ce sujet que les revenus de la cure
d'Antony s'élevaient à 820 livres.
Le i5 novembre 1715, Jean Feydeau fondait un chapelain qui
serait tenu de dire la messe tous les jours dans l'église paroissiale
d'Antony et d'y faire tenir l'école; pour cette fondation, il léguait une
rente annuelle de 820 livres*.
En 1676, la fabrique d'Antony, acheta une maison dans le voisinage
de l'église pour servir à loger le vicaire au premier étage et l'école du
village au rez-de-chaussée ^.
Sur la liste des curés d'Antony que M. l'abbé Enjalvin donne avec
une grande exactitude dans son histoire de cette localité, nous relevons
le nom du dernier, Joseph Beruet(?), nommé en 1795, et mort cardinal
en i8/i6.
Seigneurie temporelle
Comme nous l'avons vu, les moines de Saint-Germain, en recevant
les territoires d'Antony, de Verrières, etc., avaient été investis de leur
seigneurie complète. Ils exercèrent de tout temps cette dernière au
moyen de leurs prévôts, dans l'étendue et les formes que comportait
la législation féodale. Mais ce droit, qui n'était pas constaté dans le
fond, rencontra dans la pratique, pendant les XP et XIl" siècles, des
compétitions dont nous avons exposé l'origine et le développement. Les
seigneurs vigaiei^ ou avoués et vicaires qui avaient eu leur raison
d'être et avaient rendu leurs services de sauvegarde et de protection
pendant la période des invasions étrangères, prétendirent conserver
leurs situations et les droits et privilèges temporaires accordés pour
récompenser leur concovns ou faciliter leur mission guerrière. Les
luttes que durent soutenir les religieux pour l'abolition de ces exactions
1. Id. LL. 10/47, P- '99-
3. Abbé Enjalvin.
- 27t -
et pour le maintien de leurs droits remplirent toute la première partie
de l'histoire de la prévôté d'Antony.
Deux diplômes de Robert le Pieux nous montrent d'abord les injus-
tices commises par quelques vicaires. C'étaient des agents qui, dans un
ressort assez limité, tenaient des plaids de justice, y faisaient exécuter
les sentences rendues, et touchaient les amendes imposées à ceux qui
contrevenaient aux règlements de police. L'un deux, nommé Pipinel
Guarin, possédait une vicairie dans les environs d'Antony. En dépit des
chartes d'immunités, il molesta les sujets des religieux de Saint-
Germain en voulant exiger d'eux des redevances qu'ils ne lui devaient
point. L'abbé Guillaume porta ses plaintes au, roi. Pipinel Guarin reçut
l'ordre de comparaître devant le monarque pour rendre compte de sa
conduite. 11 obéit, mais ne put se justifier des faits qui lui étaient repro-
chés. Il mourut avant que l'affaire fût terminée, sans avoir affronté les
chances du duel judiciaire. L'héritage de la vicairie revint à sa veuve,
Ilersinde ; mais celle-ci, par peur de la justice, effrayée aussi des crimes
de son mari, y renonça en faveur du roi. Robert le Pieux la donna alors
à l'un de ses chevaliers, nommé Warin. Celui-ci, voulant augmenter ses
revenus, imita l'exemple de son prédécesseur. Adraud, l'abbé de Saint-
Germain, se plaignit. 11 fut réglé que Warin n'avait droit de vicairie
que sur les terrains non cultivés entourant le village. Enfin le roi
Robert céda aux Bénédictins la vicairie du village d'Antony, qu'on déta-
cha de la sorte de la vicairie obtenue par Warin',
En 1082, le roi Phihppe P'" était venu passer, dans sa résidence de
Poissy, les fêtes de l'Epiphanie, lorsque se présenta devant lui Isam-
bard, abbé de Saint-Germain-des-Prés, accompagné de quelques-uns
de ses religieux; il venait recourir à la justice royale contre le cheva-
lier Hugues Stavel, qui prétendait avoir droit d'acoiierie sur Dammar-
tin et les autres dépendances de l'abbaye; ce droit, il l'avait cédé à un
autre chevalier, nommé Henri, qui avait désolé, à la tète de ses hommes
d'armes, tout le pays. Sur le jugement du Roi et de ses barons, le
chevalier Hugues dut restituer son avouerie à l'abbé*.
Au XIP siècle, ces mêmes dilllcultés se reproduisaient et venaient
1. Ardu liai. \A.. 1028 ; LL. 102/,, p. 3G. Pfistuu, Vicairies, cluitellenu-s et comtés du
roi Robert, p. iiO. Bolull.vut, Pièces justificatives, p. 27 et 3o.
2. .4/v/(. nnt. LI,. loa'i.
porter leurs troubles dans la vie des vassaux de l'abbaye. En 1 153, un
seigneur du voisinage, Etienne de Macy, à la suite probablement de
bien d'autres entreprises du même genre, s'était emparé d'un homme
de corps de l'abbaye, nommé Ingelgran, qui avait creusé un fossé près
dun grand chemin sans son autorisation, et l'avait fait jeter dans ses
cachots. L'abbé Geoffroy en appela au Roi. Devant le tribunal suprême
Etienne soutint que toutes les terres situées hors d'Antony et ses dépen-
dances lui appartenaient par droit de voirie, que lui avaient légué ses
ancêtres. Après des enquêtes et des discussions prolongées, un jour fut
fixé pour terminer cette affaire. Etienne de Macy se présenta, amenant
avec lui son champion. Les frères Renard et Philippe, religieux de
Saint-Germain, y comparurent également avec leur champion au nom
de leur abbé. Les parties ayant exposé leurs raisons et n'ayant pu s'en-
tendre, les juges royaux, Guillaume de Gournay, Regnault de Reau-
mont et Rauldouin de Flandres, prévôt de Paris, décidèrent de ter-
miner ce différend par un duel judiciaire. Les champions se battirent
courageusement : celui de Saint-Germain enleva l'œil de son adver-
saire, le renversa sur le sol et l'obligea à se déclarer vaincu ; en vertu
de quoi les droits de l'abbaye furent proclamés. Mais ce jugement ne
suffit pas pour rétablir la paix entre les deux parties que nous retrou-
vons la même année avec le même appareil devant les mêmes juges ; il
s'agissait de quelques droits d'alignement qu'Etienne de Macy prétendait
avoir au village de Paray, dépendant de l'abbaye. Les rehgieux étaient
là avec leur champion; mais Etienne de Macy, se défiant sans doute de
la justice de sa cause, partit sans laisser de gages ni de champion ; l'af-
faire fut donc encore une fois terminée en faveur de l'abbaye. Ce procès
vint clore le série des difficultés qu'avaient suscitées aux rehgieux les
compétitions des seigneurs du voisinage. Quelques années plus tard,
nous voyons un parent du chevalier Etienne, Jean de Macy, renoncer,
en présence du Roi, aux droits qu'il prétendait avoir dans les bois
d'Antony. Louis Yll confirma, par une charte datée d'Étampes
(n68), celte concession qui mettait un terme aune longue période
d'hostilité'.
En 1248, l'abbé Thomas de Mauléon traita avec ses vassaux d'An-
tony, et, au mois de juin, fit proclamer la charte de manumission.
I. Arrh. nat. K. s'i, n" ifi ; LL. toî'i, p. Sg.
^- 273 —
Comme cette charte, conservée aux Archives nationales, présente pki-
sieurs particularités intéressantes au sujet des libertés accordées
et des servitudes imposées, nous allons donner le résumé de ses diffé-
rents articles :
i" Les habitants sont déclarés exempts delà mainmorte, du forma-
riage et de la taille à plaisir, moyennant l'engagement de payer aux
religieux une rente annuelle de 100 livres parisis au lendemain de la
Purification de la sainte Vierge;
2° Ils choisiront six d'entre eux pour asseoir cet impôt sur chaque
particulier habitant dans la localité et ses dépendances. Ces six délé-
gués devaient jurer devant l'abbé de Saint-Germain-des-Prés ou le
prieur d'Antony de faire l'assiette de l'impôt avec justice et droiture.
Cette élection se faisait en l'octave de la Nativité de la sainte Vierge ;
3" Si les habitants ne procèdent pas à l'élection au temps fixé,
l'abbé de Saint-Germain pourra faire faire l'assiette de l'impôt, soit par
le prieur d'Antony, soit par des hommes que ledit prieur trouvera
aptes à cette fonction;
4" Si un imposé refuse ou diffère de payer sa quote-part, le
prieur enverra son serviteur pour opérer la saisie des biens du
délinquant ;
5° Si quelqu'un aliène une propriété, l'acquéreur devra s'engager
à la posséder avec ses servitudes malgré les privilèges qu'il pourrait
avoir ;
6" Il est défendu à qui ce soit des habitants d'établir une commune à
Antony ou de faire partie d'une commune étrangère sans le consente-
ment de l'abbé ou de ses successeurs ;
7" Les habitants d'Antony, d'âge compétant, seront tenus de repous-
ser, à la requête du prieur, la violence qui serait faite à la personne ou
aux biens de l'abbé de Saint-Germain, leur seigneur, comme de bons
et tidèles sujets, et de défendre les religieux contre toute espèce
d'injures;
8" Les habitants d'Antony, d'igny (Aqiuv Mortaœ), de ^lassy, de la
Petite-Collerie (de parvo Colorio), porteront leurs vendanges aux pres-
soirs des religieux. Les gens d'Antony et de la Petite-Collerie paieront
deux setiers par nuiid de mère goutte; ceux d'igny et de Mac_\. un
setier par muid, et tous, le tiers du pressurage ;
9° Les gens d'Antony fourniront des draps et des matelas à l'abbé et
i8'
— 27^ —
à sa suite, lorsqu'il passera la nuit en ce lieu. Ils en feront de même
pour la grangier tout le temps qu'il lui sera nécessaire de séjourner à
Antony pour veiller sur la grange ;
io° Les religieux devront avoir ban de vin à Antony, droit qui con-
sistait dans le privilège de vendre en monopole deux tonnes de vin. La
première était mise en vente depuis la veille de Pâques jusqu'à la veille
de la Pentecôte ; chaque habitant était obligé d'en acheter au moins un
setier au prix légal; si, la veille de la Pentecôte, il restait encore
du vin dans cette tonne", il n'était plus permis de le vendre en vertu du
ban de vin. La seconde tonne devait être mise en vente la veille de la
Pentecôte, et le ban durait tant qu'il y avait du vin dans la tonne;
11° Personne ne pourra vendre de pain qui n'aura pas été cuit au
four banal et dont le blé n'aura pas été moulu au moulin des religieux
sous peine de la confiscation de la marchandise. Il y aura exception les
jours de dimanche, oîi on pourra vendre toute espèce de pain, pourvu
qu'elle soit conforme aux règlements; dans ce cas les marchands
devront payer aux religieux un droit de deux deniers sur une vente de
quarante livres;
1 2" Tous les trois ans, les habitants devront curer le cours du ruis-
seau, depuis l'écluse de la Ville-Haymon jusqu'au moulin; ils feront ce
travail lorsqu'ils en seront requis. — Les gens d'Antony feront les
foins des prairies du Breuil (de Brolio); ceux de la Ville Ilaynion' les
transporteront à la ferme d'Antony avec leurs bêtes de somme. Le
prieur d'Antony donnera du pain et du vin en quantité suffisante aux
charretiers qui conduiront ces foins. Les habitants d'Antony qui pos-
sèdent des bêtes de trait devront travailler pendant quatre jours aux
cultures des religieux, savoir : au premier labour, pendant un jour, jus-
qu'à l'heure de none, de même au second labour, pour couvrir les
semailles d'hiver, pendant un jour, jusqu'à l'heure de vêpres ; et enfin
pour les labours de mars, pendant un jour, jusqu'à l'heure de none.
De plus, lorsqu'ils en seront requis, ils conduiront à la grange d'An-
tony, avec leurs charrettes et leurs chevaux, les gerbes provenant de la
récolte. Le jour oii ils accompliront ces différentes corvées, le prieur
d'Antony leur fournira du pain et du vin en quantité suffisante, et pour
les labours de mars, il paiera trois deniers par charrue ;
i. Ville-Haymon ou Villaines, commune de Macy.
— 275 —
iS" Les gens d'Antony et de ses dépendances seront tenus de satis-
faire aux autres coutvmies. L'année où le Roi lèvera ses sols, si l'impôt
dépasse cent lives, les habitants devront payer cet excédent qui sera
réparti entre les divers particuliers par les mêmes délégués et de la
même manière que l'impôt de cent livres'.
Les habitants d'Antony, malgré l'alTranchissement qui leur avait été
concédé, témoignèrent dans la suite un esprit d'indépendance accen-
tué vis-à-vis de leurs seigneurs. A deux reprises ces derniers durent
obtenir, en iSSg et en 1898, des lettres royales pour obliger leurs vas-
saux d'Antony à payer la rente de 100 livres parisis stipulée dans la
charte de manumission\
Plus tard les calamités de la guerre contre les Anglais ayant épuisé
les ressources du pays, la redevance annuelle des 100 livres constitua
une charge écrasante. Charles Yll écrivit à l'abbé de Saint-Germain-
des-Prés, pour qu'il prît en pitié les habitants d'Antony qui se trou-
vaient dans l'impossibilité de payer et menaçaient de quitter la ville.
Ce serait grand dommage, ajoutait le Roi, car ce lieu désert serait un
passage dangereux sur la route de Paris ; si l'abbé diminuait les charges
qui pesaient sur ce pauvre peuple, il ferait une chose agréable à son
Souverain'. Quel fut le résultat de cette haute intervention? Nous
l'ignorons. Mais il est probable que le désir d'être agréable au Roi et
le souci de ses propres intérêts engagèrent l'abbé à faire l'abandon en
totalité ou en partie de ses droits. Nous ne trouvons plus de traces dans
la suite de la redevance des 100 Uvres parisis.
Ce ne fut pas la seule circonstance où l'autorité publicpie intervint
pour protéger les habitants d'Antony contre les revendications de leurs
seigneurs. Le aS avril i3i2, le Parlement conhrmait sur appel une
sentence du prévôt de Paris qui défendait aux rehgicux de Saint-
Germain-des-Prés d'empêcher les habitants d'Antony de vendanger au
territoire de cette ville sans la permission des dits religieux et hors des
temps fixés par eux '.
Les habitants d'Antony n'étaient pas les seuls avec lesquels les pré-
t. Arch. nut. \.L. iojG, p. 317.
2. Id. K. 47, n" 52; K. 54, n° 45.
3. Arch. nat. LL. io4o, p. Oa.
4. BouTAnic, Actes du Parlement de Paris, t. Il, p. 89, ii" 3ij33.
— 276 —
vôts d'Antony avaient à lutter pour faire respecter leurs droits. Comme
nous le dirons en son lieu, ils eurent à réprimer plusieurs entreprises
violentes de leurs vassaux de Wissous qui refusaient de se soumettre
au paiement du droit de pressurage de la vendange de leurs vignes.
Dans le courant du XIIP siècle, nous trouvons les religieux de Saint-
Germain occupés à traiter avec les habitants de Chàtenay, vassaux du
chapitre de Notre-Dame de Paris et voisins des bois d'Antony. 11
s'agissait de réglementer les droits de pacage qu'ils avaient dans ces
bois et de mettre fin à des usages que la négligence avait laissé s'im-
planter et qu'il n'était pas facile de détruire. Les habitants de Chastenay
prétendaient, à l'encontre de l'abbé et des religieux de Saint-Germain-
des-Prés, qu'ils avaient droit d'aller le premier jour du mois de mai
prendre dans les bois d'Antony leur arbre de Mai et qu'il leur était
permis de mettre leurs animaux en pacage dans ces mêmes bois. Cette
affaire fut remise à l'arbitrage de messires G. de Vaugrineuse, doyen
de Paris, Luc de Gif ou Giffon et Melon de Corbeil, chanoines de
Notre-Dame de Paris, qui décidèrent que les habitants de Chastenay
devaient renoncera leurs prétentions au sujet de l'arbre de Mai, moyen-
nant une somme de quarante livres en monnaie monnayée que l'abbé
leur donnerait pour être employée à l'utilité de la ville. Ils pourront
envoyer leurs brebis paître dans la partie du bois d'Antony appelée la
Chasteigneraie, après la 8** année depuis la coupe de ces bois ; mais
pour que les fruits de cette chasteigneraie fussent préservés, les
habitants de Chastenay durent s'abstenir d'y envoyer leurs troupeaux
depuis la fête de l'Assomption jusqu'à la Saint-Martin d'hiver (le
samedi après la fête de saint Mathieu, apôtre, de l'année 1262 '.
Malgré celte sentence, les difficultés ne tardèrent pas à se reproduire
entre ces mêmes parties pour les droits de pâturage es bois de
Chastenay et d'Antony entre Igny, Chatenay, Bagneux et la Boncillière.
En i3o8, Pierre, abbé, et le couvent de Saint-Germain-des-Prés signèrent
avec les habitants de Chastenay une transaction par laquelle ces
derniers pouvaient envoyer leurs troupeaux dans les bois d'Antony
lorsqu'ils auraient la sixième feuille, moyennant un denier parisis par
an payé par chaque chef de beste, laquelle somme sera portée en
t. Arch. nul. LL. ioaS, p. 2o3.
— 277
rhostel des moines à Antony par le vacher de Chatenay, dont il fera
serment entre les mains du prévost d'Antony '.
En 1376, le roi fit cession à l'abbaye du droit de graene qu d avait
à Antony ;' en reconnaissance, les religieux s'engagèrent à payer au
trésor royal une rente perpétuelle de 24 livres parisis \
Le droit de gite qu'avait le roi dans la ville d'Antony fut la source de
débats entre les habitants ; ceux d'entre eux qui figuraient parmi les
hôtes de l'évêque de Paris se prétendaient exempts de cette contn-
bution. Mais le Parlement de la Saint-Martin d'hiver de l'année 1260
déclara que tous les bourgeois d'Antony devaient asseoir ce gîte et que
le prévôt de Paris le ferait lever ^ ce qui mit un terme a toutes les
discussions. . ^, •
En 1257, les abbés de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain .pu
étaient en désaccord au sujet des droits d'usage des hôtes d'Alnet dans
les bois d'Antony et des droits de justice dans la ville de Suresnes,
remirent leurs démêlés à l'arbitrage de maître Clément, archidiacre de
Laon et chanoine de Paris, dont la sentence n'est pas parvenue jusqu a
nous ^. .!''ȣ.
La justice était exercée à Antony au nom des religieux par les prévôts,
qui jusqu'au XVe siècle avaient été choisis dans le personnel monas-
tique, mais qui, à partir de cette époque, ne furent plus que des fermiers
de cette seigneurie. Dans leurs conventions, les rehgieux se reservaien
le droit de nommer aux diverses charges et aux olfices du ribunal
d'Antony. Ainsi, en i63i , les rehgieux, prieur et couvent de Sain -
Germain-des-Prés, pour la connaissance que de longtemps avoient de
laprudhommie,sens, souffisance, capacité, intégrité et zèle de noli-e
sainte religion catholique, apostolique et romaine, de maistre Louis
Dupuis, huissier au Chaslelet de Paris, lui octroient Pestât et 1 olTice de
Lieutenant en leur prévosté d'Antony et mandent à maistre Pierre
Joannet, prévost d'Antony, qu'après avoir reçu son serment, il le mette
en possession de son dit office ^.
I. De Launat.
3. Arch. nat. LL. lo'io.
3. Abbc Lebiîlif, l. III, p. 537-
4. Alnet (Aulnay). commune de Chatenay.
5. Arch. nal. L. 75/4, n" lo.
G. Id. LL. 112G, p. loi. 5a.
— 378 —
En i563, le cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Germain, donna à
Tristan de Longueil, écuver, seigneur de Richelette, « l'état et l'oITice
de capitaine dans les terres d'Antony, Verrières et dépendances, pour
en jouir, en tous droits, honneurs, revenus, émoluments, avec droit
d'empêcher la chasse' ».
En iG35, les religieux, prieur et convent de Saint-Germain ccm-
nicttent au Père Dom Claude Cotton, prociuevn- de l'abbaye, la garde
de la prévosté et chastellcnie d'Antony et de ses appartenances. Ver-
rières, moulin de Grez, Vauperrcux et autres *. Les archives nous ont
conservé de nombreux baux pour la ferme du greffe et du tal^cUionage.
ÎNous trouvons une nombreuse série d'actes émanant de la cour de
justice d'Antony. Au milieu des sentences prononcées contre les
malfaiteurs et les voleurs, nous trouvons un arrêt qui condamne les
religieux à payer 323 livres d'indemnité pour avoir employé à leur
avantage le pavé de la chaussée conduisant du Pont-aux-Anes à
Antony '.
Mais c'est surtout au point de vue de la vie municipale d'Antony que
les registres de la prévolé offrent de l'intérêt. En losS, Guillaume
Briçonnet, évêque de Meaux et abbé de Saint-Germain, défend par ses
ordonnances w de blasphémer, de vendre du vin pendant la messe de
paroisse et les vêpres, déjouer à des jeux de hasard, de fréquenter les
lieux de libertinage, de porter des armes ou bâtons invasifs dans toute
l'étendue de la seigneurie d'Antony et Verrières, de tenir les bestiaux
dans les champs avant le lever ou après le coucher du soleil, de frapper
ou bailler soufilets avec ou sans effusion de sang* ».
Citons à ce sujet une ordonnance qu'à la requête du procureur fiscal
rendit, le i3 novembre lOoo, le prévôt d'Antony et qui fut publiée au
prO)ne de la messe paroissiale ; elle portait obligation aux habitants
d'assister à la messe sans y parler ; défense aux cabaretiers de vendre
pendant les offices aux habitants, de jouer, de blasphémer ; obligation
de révérer les seigneurs et leurs olficicrs. Les marguilliers de chaque
église devaient rendre leurs comptes en présence du prévôt, du pro-
cureur fiscal, du curé et des six principaux habitants ''.
I. Enjalvin.
a. Arch. nat. LL. 11 26, p. a8o.
3. Id. LL. io48,
/t. Jd. LL. 10/18.
5. Id. LL. 1047.
— 379 —
Le 20 janvier i65o, vint devant la cour du prévôt le procès entre les
habitants d'Antony et de Verrières et les bourgeois de Paris qui pos-
sédaient des prés dans les territoires de ces deux villes. Ces derniers
voulaient empêcher les premiers de conduire leurs bestiaux dans les
prés après la fauchaison, tandis que les habitants protestaient et
déclaraient qu'ils entendaient maintenir ce droit immémorial ; ils ne
reconnaissaient pas aux bourgeois de Paris la faculté de faire une
seconde coupe dans leurs prés. Le registre ne nous a pas conservé la
sentence, qui eût été intéressante à connaître au point de vue de la
législation agricole de cette époque.
Le 19 août i65o, une sentence des requêtes du Palais maintint les
religieux de Saint-Germain-des-Prés dans leurs droits de justice à
Antony et notamment dans la maison delà Tour, appartenant au Sire
de Bellièvre, qui voulait se soustraire à leur juridiction et qui, malgré
ses dignités de Conseiller d'État et de Président au Parlement de Paris,
fut condamné à tous les dépens du procès ^
Les religieux étaient sans cesse occupés à défendre leurs droits
seigneuriaux contre les empiétements de leurs vassaux. C'est ainsi que,
le 28 septembre i5o8, ils obtinrent des lettres royales contre Robert-
Louis d'Antony, qui avait fait édifier un pressoir dans la maison au
détriment des droits des religieux, qui seuls pouvaient avoir un pres-
soir bannier dans la ville". En 1012, Jean Prévost déclara dans un acte
public être détenteur du four de Verrières, sous la redevance de huit
livres de rente annuelle et l'obligation d'entretenir ce four à ses frais et
dépens \
En 1528, défense est faite aux habitants d'Antony et Verrières de
porter leurs vendanges ailleurs qu'au pressoir banal, sous peine de
66 sols d'amende et de confiscation de la vendange. Le droit de pres-
surage s'élevait alors à 4 solz par arpent*.
Les abbés de Saint-Germain et les religieux usèrent de leur inlluence
en faveur de leurs vassaux et contribuèrent puissaumient au dévelop-
pement et aux embellissements de leur ville d'Antony. En i5'45.
François l", à la demande du cardinal de Tournon, abbé commen-
1. Arch. nat. LL. 10/17, P* '^^- ^^- n^^, p. 63.
2. Id. LL. io4o, p. 94.
3. Id. LL. io4o.
4. Id. LL. io54.
— 28o —
dataire de Saint-Germain-des-Prés, établit par lettres patentes des foires
à Antony le jeudi de la Pentecôte et le jour de la Sainte-Catherine'.
En i63i, Pierre Jehamet, doyen des Procureurs de la Cour de Parle-
ment de Paris, conseiller et secrétaire de M^"" le Prince de Condé,
premier prince du sang, prevost, juge civil et criminel des prevosté et
chastellenie d'Antony et Verrières, le dimanche 19 octobre, à l'issue de
la messe paroissiale et par l'advis de fr. Adrien Barisel, religieux
receveur de l'abbaye, rassembla les habitants au son de la cloche et,
leur proposa si, pour la commodité publique et pour la décoration delà
ville, il ne seroit pas expédient d'avoir une orloge dans le clocher, avec
montre appliquée au dehors pour la marque de chascune heure du
jour. Les habitants adoptèrent cet avis et appliquèrent à cet usage une
somme de six vingt livres recueillies pour l'élargissement d'une rue ;
ils décidèrent que si cette somme n'estoit pas suffisante, vm bourgeois
nommé par les religieux seroit chargé d'aller demander aux habitans
le supplément de la somme '.
Le 12 décembre 1607, Bernard Arnoul, trésorier de l'ancienne bande
des cent gentilshommes de la maison du roi, obtint des religieux
d'établir à Xntony une volière à pigeons à ùOO boulains, en s'engageant
de payer annuellement à l'hôtel seigneurial d'Antony une redevance
de 12 sols et de 3 paires de pigeons \
Au commencement du XVIIP siècle, nous trouvons les religieux de
Saint-Germain occupés à procurer à leur ville le bénéfice des eaux. Ils
s'engagent à payer 36oo livres pour amener les eaux de la fontaine du
Sault à Antony et promettent de laisser la moitié de ces eaux au sieur
de Saint-Gilles, dans le clos duquel se trouvait la fontaine *.
Cette fontaine, dont les eaux étaient plus que suffisantes pour les
besoins de la population, permit aux religieux de réaliser des bénéfices
importants en-concédant le surplus aux riverains. En 1714, le sieur
Gallois, contrôleur des dîmes du diocèse de Senlis, achetait, au prix de
1000 livi'es, la concession d'un demi-pouce de la fontaine du Sault ^.
1. Annuaire, VI* année.
a. Arch. nat. LL. iia6, p. 54.
3. Id. LL. io48.
t,. Id.
5. Bib. mit. ms.fr. 16857, p. ^^^-
j8i —
Citons encore les mesures que dut prendre, à la même époque, le
juge d'Antony contre une épidémie qui sévissait sur les animaux. U
est commandé aux habitants d'enterrer dans une fosse de six pieds de
profondeur les animaux qui périssaient, sous peine de 5o livres
d'amende (i5 août 1704)^
Une autre source de revenus pour la contrée consistait dans les
plàtrières. En 1766, le Père cellérier de l'abbaye fit visiter par J.Cécille,
arpenteur royal, les fouilles pratiquées dans deux carrières à là tre
contiguës l'une à l'autre. L'expert fixa à SiqS livres la valeur des
diverses matières dont il avait constaté la présence. En 1772, les
plàtrières étaient affermées 400 livres par an".
Les bois, qui couvraient une partie de la contrée, offraient aux
religieux, outre les revenus fournis par les coupes successives, d'autres
avantages.
Le couvent de l'abbaye louait de temps en temps leurs chasses à de
grands personnages de la cour; c'est ainsi qu'en 1716, u la conser-
vation et la garde delà chasse dans la seigneurie d'Antony et Verrières,
en dehors des plaisirs de Sa Majesté, est accordée au marquis d'Effiat»,
et qu'en 17 19, elle le fut au duc de Mazarin '.
I. Arch .nat.LL. lolxS.
3. Id.
3. Bibl. nat. ms.fr. 1G857.
— a8a —
VERRIÈRES
Nous renvoyons à ce que nous avons dit au début de notre étude sur
Antony, au sujet de l'article du Polyptyque se rapportant à Verrières
et aux conclusions que nous en avons tirées. La ville d' Antony paraît
avoir été la première en existence ; mais celle de Verrières ne tarda pas
à s'élever dans et sous la dépendance spirituelle et administrative de
la première. Le Polyptyque nous permet de conclure qu'au commence-
ment du IX" siècle elle était assez importante pour contrebalancer
Antony et donner son nom à cette dépendance de l'abbaye. Dans
la charte du roi Robert de 1027', Verrières {Villa Vedarias) figure parmi
les dépendances d'Antony.
Pendant une longue période de leur existence, ces deux villes ne se
distinguaient guère l'une de l'autre. Placées toutes deux sous l'autorité
directe du prévôt de Saint-Germain, elles étaient inséparables dans les
diverses phases de leur histoire. C'est à leurs habitants réunis que l'abbé
Thomas de Mauléon concéda la charte d'affranchissement de 1248,
leur accordant indistinctement les mêmes exemptions et leur imposant
des obligations identiques. Au XllP^ siècle la paroisse de Verrières avait
été séparée de celle d'Antony, car elle figure sous le nom de Vitreriis
dans un pouillé du temps de saint Louis, comme étant de la présen-
tation de l'abbé de Saint-Germain ^
La séparation des deux villes au point de vue municipal eut-elle lieu
à la même époque, ou ne fut-elle que la conséquence de l'érection de la
paroisse de Verrières ? INous ne pourrions l'affirmer ; car ce n'est qu'au
XIII*' siècle que nous pouvons constater l'existence distincte de
Verrières. En i63i, les religieux de Saint-Germain obtinrent du roi
rétablissement à Verrières, « beau bourg, bien bâti, dans un pays
fertile », d'un marché, le jeudi de chaque semaine, et de deux foires par
an, « pourvu qu'il n'y ait ni foire ni marché ces mêmes jours à quatre
lieues à la ronde n '.
I. Jd, LL. 1024, p. 36.
a. Lebeuf, t III, p. 56.
3. Arch. nal. LL. io48.
— 383
Possessions et seigneurie temporelle
En 1236, Simon, abbé de Saint-Germain, acheta à Verrières, de
Guillaume de Poissy, écuyer, et d'Aalide, sa femme, pour la somme
de i8o livres parisis, une redevance de 3o muids de vin et une rente de
20 sols, du consentement des seigneurs féodaux Guy de Che\reuse,
chevalier, Guillaume de Mésalant, écuyer, et Thibaud Ghaadun '.
En 1244. nous trouvons mentionné le droit de formariage. Bertrand,
fds d'Huges de Verrières, homme de corps de l'abbaye de Saint-
Germain, obtient de l'abbé l'autorisation de se marier avec une serve
de Wissous, en promettant que la moitié des enfants issus de ce
mariage seront à Saint-Germain '. Quatre ans après, les habitants de
Verrières et d'Antony obtenaient le rachat de cette servitude, ainsi que
nous l'avons signalé plus haut.
La période des guerres contre les Anglais dut étendre ses désastres
sur cette partie des dépendances de l'abbaye. Le moulin de Grès, qui
avait jadis une réelle importance et que nous trouvons mentionné dans
la charte du roi Robert sous le nom de Villa Grès, n'échappa pas aux
ravages des ennemis. Nous trouvons en effet une charte de l'année
1473, par laquelle l'abbé Robert donnait à ferme « une place de moulin
où jadis cet moulin, masure et jardin, tout en frische et rugue, appelée
le Molin de Grez, lui appartenant à cause de sa croce et siège abbatial,
assis en la paroisse de Verrières, en noslre justice et seigneurie haulte,
moyenne et basse' ».
Autrement terrible et désastreuse fut au XVP siècle la période des
guerres de religion. Dans leurs courses dévastatrices, les Huguenots,
en i562, mirent à sac la ville de Verrières; la ferme, les pressoirs
furent réduits en cendres, et l'église fut détruite en partie. Pour réparer
ces désastres, les religieux de Saint-Germain durent vendre plusieurs
de leurs reliquaires d'argent*.
Au siècle suivant le four banal de Verrières avait été aliéné dans un
moment d'embarras financier par le chapitre de Saint-Germain. Ce
I. Arch. nat, L. 80g.
a. Lebelf, t. III, p. 53o.
3. Bib. nat. LL. loSi, p. 4o.
4. D. DU Breuil, SuppL, Antiquités, p. 8a.
— 284 —
dernier, pour supprimer les difficultés que lui créait cette aliénation au
point de vue du maintien de ses droits seigneuriaux, le racheta en
169g au prix de 3ooo livres '.
Ce domaine appartient en partie à l'abbé et en partie aux religieux
de Saint-Germain. Le 22 mars i54i, le cardinal de Tournon, abbé de
Saint-Germain, avait cédé aux religieux i44 arpents de bois taillis à
Verrières, au lieu et place d'une rente de 169 livres 9 sous qu'il leur
devait dans cette même localité'. Cette adjonction rendit les religieux
de Saint-Germain possesseurs d'un immense territoire couvert de bois
magnifiques qui faisaient la gloire et la richesse du pays. En 1629, ils
affermèrent les coupes de 728 arpents de bois qu'ils possédaient à
Verrières, à raison de 78 arpents par an ; le prix annuel du bail était de
3ooo livres tournois, plus un millier de gros fagots et quatre cents
bottes dechalas\En iGG5, les officiers royaux des Eaux et Forêts
visitèrent les bois de \errières et d'Amblainvilliers, « d'une contenance
de 1020 arpents », appartenant aux religieux de Saint-Germain, pour
vérifier si les ordonnances royales relatives aux coupes des bois étaient
bien observées". Ce fut dans ces bois que, pour faciliter les chasses
royales, Louis XIII fit tracer des allées ; il chargea MM. de Marillac,
garde des sceaux, et d'Effiat, intendant des finances, de s'entendre avec
les religieux pour la fixation de l'indemnité qui leur était due pour
cela. Ceux-ci demandèrent 3oo livres par arpent et se réservèrent la
justice de ces allées ^ L'une de ces routes, qui commençait à l'extrémité
du bois vers Bièvre-le-Chaptel et aboutissait à Chatenay, mesurait
5oo perches de long sur 20 pieds de large ; l'autre, qui allait de Villa-
Coublay à Verrières, mesurait 44o perches de long sur la même
largeur. Le tout fut estimé à 3. 600 livres tournois ".
Ces bois, qui étaient si beaux au point de vue du paysage et qui
produisaient des revenus considérables à la mense conventuelle, avaient
de graves inconvénients pour les cultivateurs du pays ; les bêtes fauves
1. Arch. nat. ms.fr. 16857, p. 333.
2. /(/. LL. 1047.
3. Id. L. io58.
i. Id. LL. io48.
5. BoNMH.
6. Arch. nat. LL. 10^7, p. 338.
— 285 —
qui pullulaient dans ces forêts allaient chercher leur pâture dans les
champs du voisinage. Nous trouvons des réclamations des hahitantsde
Verrières, qui étaient obligés de veiller une partie des nuits pour sau-
vegarder leurs récoltes '.
Ces animaux finirent par porter une grande atteinte à la valeur des
bois eux-mêmes,^ en broutant les jeunes pousses dans les taillis; les
dégâts produits de la sorte furent si considérables, que les religieux ne
retiraient plus à la fin du XVlll'' siècle que 6.000 livres de ces bois qui
leur en rapportaient jadis de 18 à 20.000. Pour remédier à cet état de
choses, ils se résolurent à remettre en valeur les nombreuses places
vides. Dans le but de les aider à supporter la dépense de ce travail, un
arrêt du Conseil d'État du 21 août 17G1 leur permit d'exploiter les bali-
veaux au-dessus de 40 ans '.
Nous aurons épuisé ce que les Archives nous disent des droits sei-
gneuriaux des religieux à Verrières lorsque nous aurons dit que M. de
^ oiïet, contrôleur général des Monnaies de France, avait acheté à
Verrières, en 1727, une maison avec deux volets à pigeons; il obtint
des religieux la permission d'en rétablir un, à la condition de payer
pour ce droit et pour la dîme 20 livres de rente \
DÉCLARATION DE I 79O.
Charges.
Les religieux donnaient pour le gros du curé : G sepliers de blé,
2 d'avoine, 4 pièces de vin, estimés 874 livres.
De plus, à l'article des rentes foncières, payées par Saint-Germain,
on lit :
u A la comtesse de Lenonencourt, 60 livres sur une maison apparte-
nant aux religieux de Verrières.
(( z\ la mense abbatiale, 35o livres pour la moitié de 86 arpents de
bois, à Verrières, mouvant en fief de la seigneurie du Plessis-
Piquet".
1. Bib. nat. ms, fr. 16867, P- ^8.
2. Arch. nat. S. sSgi.
3. Dibl. nat. ms.fr. i6858, p. 65.
li. M. 2o8',8, p. 55.
— 286 —
De plus, les religieux donnaient 2 5o livres au concierge de
Verrières ^
Le i*"" juin 1792, on vendit, à Verrières, une maison dite du Con-
cierge avec une halle où étaient 4 pressoirs, avec cour et bâtiment en
dépendant, à Louis Balthazar la Chevardière, ex-administrateur
du département de Seine-et-Oise, demeurant à Verrières, pour
14.200 livres.
Le même jour, Augustin Paillard, boulanger à Verrières, acquit au
prix de 1750 livres une partie de remplacement du cydevant four
banal, un bâtiment, une cour, un jardin de 8 perches et un clos der-
rière de 74 perches, le tout situé au carrefour de la Croix-Rouge.
A la même date, Jean-Baptiste Prévôt, vigneron à Verrières, acheta,
moyennant 70 livres, 6 perches de vigne, sises au territoire de
Verrières, lieu dit Parou. Tous ces biens appartenaient à Saint-Germain-
des-Prés *.
Seigneurie spirituelle
Comme nous l'avons dit, c'est au XlIP siècle que la paroisse de Ver-
rières permet de constater son existence distincte de celle d'Antony.
Des lettres de Pierre, évêque de Paris, datées de l'année 12 10, nous
apprennent que, le vicaire perpétuel de Verrières ayant acheté un
arpent de vigne dans la censive de Saint-Cermain-des-Prés, les religieux
ont consenti à ladite acquisition, moyennant 2 sols de cens'.
En 1277, Pierre de Milly, demeurant à Verrières, conclut avec les
deux vicaires perpétuels d'Antony et de Verrières vm bail par lequel il
prenait toutes les dîmes en grains qui leur étaient dues dans la pré-
vôté, et s'engageait à leur fournir annuellement, au terme de la Saint-
Martin d'hiver, neuf muids de grains à la mesure de Paris*.
Une transaction vint mettre fin, en 1587, aux débats qui subsistaient
depuis longtemps entre les religieux de Saint-Germain et le vicaire per-
t. Ihïà. p. Sg.
2. Biens nationaux vendus, district de Versailles, n°' 347. 3/.8, Sig. - Archiver
départementales de Seine-et-Oise, Versailles.
3. Arch. nat. L. 809.
4. Id. LL. io/(0.
— 2^7 —
pétuel ou curé de Verrières, au sujet des dîmes de cette paroisse : il fut
convenu que ce dernier et ses successeurs devaient percevoir annuelle-
ment (( des dixmeurs et fermiers des religieux en la grange dixmeresse
de Verrières la quantité de six septiers de grains et deux septiers
d'avoine, en temps de disette comme en temps d'abondance, comme
aussy de trois muids de bon vin loyal ' ».
Nous trouvons dans les archives un acte de i656, par lequel maître
Julien Boulay, vicaire perpétuel de Notre-Dame de Verrières, déclarait
que « Dom Severin de Lanchy, l'un des religieux de Saint-Germain-
des-Prés, seigneurs, chastelains, haults, moyens et bas justiciers,
voyers, censistes, patrons, fondateurs et curés primitifs d'Antony et de
Verrières, vint célébrer les divers offices dans l'église de Verrières le
jour de la fête de sainte Anne, l'une des patronnes de ladite paroisse ".
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés percevait sur Verrières, en la
fête saint \ incent, xxx sols parisis sur les pressoirs, pour l'anniver-
saire de Gaultier, abbé, fixé au 4 février, ou le II des nones du même
mois, et d'autre part, lx sols, sur des terres et des vignes situées au
même lieu, pour l'anniversaire d'Eude, abbé, fixé au i3 mai, le III des
ides de ce mois'.
LISTE DES VICAIRES PERPETUELS OU CURES DE VERRIÈRES
1277, Frère Pierre Nicolas.
i65G. M^ Julien Boulay.
1669. François Astier, aumônier du Roi de Pologne, abbé de
Saint-Germain.
1781. Jean-Lazare de Gombettes, bachelier en théologie.
1754. Nicolas Deshaunayes, décédé.
Jean Vitalis (du diocèse de Viviers) lui succède.
I. Arch. nat. LL. 1047.
a. Id. LL. 1129, p. ^o.
3. Id, LL. 1027.
— 288
BERNY
La terre de Berny faisait primitivement partie du domaine de Saint-
Germain. Elle avait été aliénée, tout en restant dans la censive et seigneu-
rie des religieux. Au commencement du XVIl" siècle, cédant sans doute
à d'impérieuses difficultés financières, ou peut-être simplement au désir
de ne pas s'aliéner la bienveillance d'un grand personnage, en repous-
sant sa requête, le couvent de Saint-Germain consentit à ériger en fief
Ja terre de Berny en faveur de messire Brulart de Sillery, chancelier de
France. Mais ce ne fut pas sans contestation que fut adoptée cette
mesure qui portait une grave atteinte aux droits et à l'importance de la
seigneurie d'Antony. Aussi, le 3o janvier i6i5, pendant que le prieur,
le sous-prieur et une partie des religieux procédaient à cet acte d'érec-
tion, le frère Philippe Laurent, procureur et receveur de Saint-
Germain, protesta, au nom de la minorité du Chapitre, contre cette
mesure qui, suivant eux, lésait gravement les intérêts de l'abbaye ^
Quarante ans plus tard, la seigneurie de Berny était venue, par voie
d'héritage, en la possession de M. de Bellièvre, premier président du
Parlement de Paris. Ce dernier la céda, à titre d'échange, à messire
Hugues de Lyonne, ambassadeur du Roi de France auprès du Saint-
Siège; par déférence pour la haute situation du vassal de l'abbaye, le
frère Laurent, procureur des religieux, dispensa, « pour cette fois seu-
lement », le délégué de messire de Lyonne de la cérémonie de foi et
d'hommage et se contenta de recevoir, avec son serment de fidélité, la
déclaration que les droits dus par lui pour son investiture se montaient
à la somme de 2000 livres ".
Avant la fin du XYIP siècle, la vente d'une vaste étendue de leurs
bois de Verrières, de Montéclin, d'Amblainvilliers, du Chesnay et de la
Celle, pour en faire le parc royal de Versailles, ayant mis à la disposi-
tion des religieux des sommes considérables, ils purent profiter de la
1. Arch. nat. S. 2895.
a. Id. LL. loltS.
- 289 -
mort de messire Hugues de Lyonne et de la mise en vente aux enchères
publiques des bois de sa succession pour rentrer en possession de ces
terres de Fresnes et de Bcrny, qvie l'inféodation de 161 5 avait soustraites
à leur domaine direct. Les seigneurs qui les avaient possédées pendant
cette période avaient fait bâtir à Berny une demeure somptueuse digne
de leur haute situation personnelle et de l'époque de sa construction.
Voici la description qu'en donne Lebeuf : « Ce château est distingué
tant par ses ornements que par la beauté de ses canaux : la façade est
remarquable en ce qu'elle présente un corps avancé plus élevé d'un
étage que le reste : les deux côtés sont occupés par quatre pavillons
carrés'. » Ce fut de 1620 à 1623 que fut construit ce château dont il
n'est pas fait mention dans l'acte d'érection du fief en i6i5\
Nous avons déjà vu que l'acquisition des terres de Fresnes et de
Berny avait été faite conjointement par la communauté de Saint-
Germain-des-Prés et par M. Pelisson, économe de la mense abbatiale;
elle fut conclue au prix de 4o5.ooo livres'. Cette somme, qui était répar,
lie dans la proportion suivante : i36.32/i' i3' 9'^ à la charge de la
mense abbatiale, et 268.675^ 6' 3' à la charge de la mense conven-
tuelle \ ne se trouvait pas dans les coffres du monastère, oîi n'avait pas
été encore versé le prix des acquisitions royales ; on dut l'emprunter à
M. de l'Isle, secrétaire du Roi, ami commun de M. Pelisson et de la
communauté''.
Quelque temps après l'acquisition des domaines provenant de la suc-
cession d'Hugues de Lyonne, fut conclu, le 20 janvier 1682, un con-
cordat entre l'abbé et le chapitre de Saint-Germain pour l'échange de
certaines propriétés répondant mieux aux goûts et aux intérêts respec-
tifs de chacune des parties : à l'abbé devaient appartenir la seigneurie
de Fresnes, les fiefs, le château, les fermes, le canal, la chaussée et le
moulin de Berny, — aux religieux étaient attribués le fief et la ferme
de la Tour, la ferme du pont d'Antony, les terres, seigneurie, château
et parc de Cachant ". Ce fut donc dans le château de Bcrny, dont la
1. Lebeuf, IV, p. ^O.
2. Bib. nat. ms.fr. i5o5G, p. 7.
3. Choses mém., p. ai 5.
ti. Bib. nat. S. 2906.
5. Id. ms. fr, 1G857, \). 1G8.
G. Arch. nat. S. 290G.
— 290 —
magnificence répondait à leurs goûts et la proximité de Versailles à
leurs désirs, que les abbés commendataires de Saint-Germain établirent
leur résidence pendant une grande partie du XVllP siècle.
Immédiatement après la prise de possession de la terre de Berny par
le délégué de l'abbé, surgirent de nouvelles difficultés. M°'"= la mar-
quise de Palaiseau, prétendant que cette terre relevait de sa seigneurie,
réclamait le paiement de sommes considérables pour ses droits sur
cette vente. Après de longs débats et de nombreuses enquêtes, les reli-
gieux démontrèrent que la terre de Berny avait toujours fait partie de
la mouvance d'Antony. La sentence fut rendue en 168^, qui déboutait
M""^ la marquise de Palaiseau de ses prétentions et la condamnait aux
dépensa
Le Roi, voulant donner une marque de confiance au cardinal de Furs-
temberg, accorda que les princes de France, fils de monseigneur le
Dauphin, allassent passer une journée à Berny. Monsieur, frère unique
de roi, rendit aussi visite à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés dans
sa résidence champêtre de Berny (août 1694)^.
Ce fut dans ce château que le dernier abbé commendataire de Saint-
Germain, le comte de Clermont, menait une vie dont le faste rappelait
beaucoup plus la cour que le cloître. 11 y offrit une somptueuse hospi-
talité à cette jeune princesse d'Espagne que la diplomatie avait fiancée,
malgré ses quatre ans, au roi de France et que cette même diplomatie
allait renvoyer peu de temps après dans son pays.
A la fin du XVIll" siècle, le comte de Clermont, s'étant dégoûté de la
résidence de Berny, le château et la seigneurie en dépendant furent
donnés en location. En 1790, ils étaient loués à M"« la baronne de
Saint-Port, qui payait pour cela à l'économat de l'abbaye un prix de
ferme de 989S livres. La partie la plus considérable du fief de Berny
relevait de le seigneurie d'Antony, qui appartenait à la mense conven-
tuelle et n'était exempte des devoirs seigneuriaux que parce qu'elle était
possédée par la mense abbatiale '\
I. Choses méinor., p. 2/43 ; ms. fr. 18816.
a. Bih. nal. ins.fr. i88iG, p. 292.
3. Id. Doin PoiRiEh, 2o8i8, p. 20.
— agi —
FRES^ES-PARAY
La terre de Fresnes, qui était anciennement de la seigneurie du cha-
pitre de Paris, avait été acquise, en même temps que celle de Berny,
par Tabbé et les religieux de Saint-Germain. Nous avons déjà vu à la
suite de quels arrangements ces deux terres passèrent complètement
dans la mense abbatiale.
La terre de Fresnes, dont les revenus étaient évalués, au moment de
son acquisition, à 7.000 livres, fut accrue ou améliorée dans la suite.
Voici le tableau présenté en 1790 de ces revenus :
Les bâtiments de la ferme, grands et en bon état et
4G3 arpents de terres labourables 11.575'
19 remises plantées, comprenant 10 arpents 2^0'
Prairies et sécherons, 12 arpents 480'
Un pressoir 60'
Maison à la B'aisanderie 25'
Lods et ventes (année commune) 5oo'
12.930'
Sur cette somme la mense abbatiale avait à payer :
Au maître d'école de Fresnes 100'
Au procureur fiscal i5'
Au juge de Fresne et de Parey 100'
2l5'
— 29'
LV FERTÉ-ALEPS (LA FERTÉ-ALAIS) '
Suivant un bail du ii janvier 1785, la ferme du prieuré de Notre-
Dame de la Ferté-Alais comprenait :
r Une maison seigneuriale, cour, jardin, écurie, grange;
2" Z|0 arpents .1/2 de terres labourables, en plusieurs pièces en l'isle
d'Huisson;
3" 29 arpents 1/2 de terres labourables, en la paroisse de Baulne et
sur le territoire de la Ferté-Alais ;
l\° G arpents de pré proche Huisson ;
5° 4 arpents de pré au-delà du pont Fesson ;
G° Plus les rentes seigneuriales (6 livres 5) dues par M. de Broglie,
comme seigneur du Mesnil et du Bouray, et 12 livres par M. le com-
mandeur du Fossay, à cause de sa commanderie ;
7° 7 quartiers de bois taillis sur la terre de la Ferté, de la contenance
de 1 10 arpents ou environ, compris les bois et les friches ;
8° Plus tous les cens et rentes seigneuriales, les lods et ventes à
prendre sur toutes les terres, vignes, maisons et autres héritages situés
dans la ville de la Ferté-Alais et aux environs dans toute l'étendue
de la seigneurie du dit prieuré ;
9" Les grosses dîmes qui se perçoivent dans la paroisse de Baulne, à
raison de quatre gerbes par arpent, dans toute l'étendue de la paroisse
qui est bornée par la Ferté-Alais, Videlles, Chanceuil, Mondeville et
Balancourt".
Le bail de 1705 indique que le preneur devait laisser au chapelain la
chambre au-dessus de la cuisine, le cabinet attenant, la petite cave, le
cellier ou le bûcher avec l'usage du jardin.
1. Arroiul. d'Étampes (Seine-ct-Oisc).
2. Arcli. dêp. Seine-eL-Oise.
— 2(j3 —
Les charges du prieuré étaient :
i" Pour la première messe, dirnanclies et (êtes 3oo'
2" Pour les décimes à l'archevêché de Sens 27.")'
3" Pour les réparations 000^
4" Pour redevance de blé et d'orge au curé de Baulno,
environ Goo ^
'i.lMÔ'
La ferme du prieuré de Notre-Dame de la Ferté-Alais était baillée, en
1762, i3oo livres; en 1780, 1600 livres.
Les dîmes de Baulne rapportaient, en 1707, 1000 livres'.
La maison priorale de Notre-Dame de la Ferté-Alais comprenait mie
cave, deux étages et un grenier au-dessus, une cour, un jardin, une
grange, une écurie, une vacherie, une bergerie, un poulailler, un toit
à porcs et autres dépendances, avec :
1° 4i arpents de terres labourables, en l'île d'IIuisson ;
2° 29 arpents 1/2 au territoire de Baulne et de la Ferté;
3° 8 arpents de pré;
4° 8 arpents de terres et prés, 7 quartiers de bois taillis, proche la
rivière et terroir de Yilliers.
Cette propriété fut vendue 5i.ooo livres, à Laurent-Nicolas Bour-
geois, Ïoussaint-Mathurin Rousseau, Jean-Baptiste-François Robert,
co-acquéreurs, tous demeurant à la Ferté-Alais \
4 arpents de bois et friches furent acquis par Nicolas Duclos, demeu-
rant à Baulne, au prix de i6o5 livres^.
Le sieur Robert, maire de la Ferté, devint propriétaire de la chapelle
Saint-Pierre, sise rue de Baulne, moyennant iGoo livres ^
1. Arch. nat. S. 3923.
2. Archives nul. S. ayaS; Bibl. nat. iiis. fr. iC85(j, p. 181 ; Arcli. dcparlemenlaks de
Seine-et-Oise.
3. Archives départ. Seine-et-Oise, Registre de la vente des biens nationaux, di>lri(l
d'Étampes, n° 99, avril 1791.
It. Id. n° 23').
5. Id. n° 235.
INDEX ALPIIABÉTFOUE
Abbaye d'Yerres, p. i36.
Abbés de Saint-Germain-dcs-Prcs, cu-
rés primitifs, 5o.
Abbés de Saint-Germain nommant
meuniers et fourniers de Montchau-
Yet, 5'i.
Abbés de Saint-^Iagloire et de Ju-
mièges, 308.
Abbé de Vandrille à Palaiseau (663),
aSo.
Abeilles vagabondes, 72.
Abelly, Louis, 182.
Accord passé entre les religieux de
Saint-Germain-des-Prés et le curé
de Septeuil, pour les ofTices à
l'église, les offrandes, les diincs et
le gros, 68 ; entre les Bénédictins
de Fécamp et de Saint-Germain-des-
Prés, 76 ; entre l'Hôtcl-Dieu de
Paris et Saint-Gcrmain-dcs-Prés,
76 ; entre Saint-Germain-des-Prés
et Saint-Denis, 221 ; entre Saint-
Germain-des-Prés et le prieur des
Célcstins (i/i93), 234 ; entre les
religieux de Saint-Germain-des-Prés
et le curé d'Antony, 368 ; entre les
religieux de Sainl-(iermain-des-Prés
et le curé de Verrières, 28'i.
Acquisitions faites par les religieux de
Saint-Ccrmain-dcs-Prés, 71, 78, 109.
Adkaud, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, ^2, i55, 367.
Airrancbisscment, conditions, i!^i,
173.
Agouin, Michel, i35.
Agression immonde, lao.
Aguesseau (d'), Catherine, lôG.
Al.vine de Villeneuve, i58.
Albert de Gallardon, 2o5.
Albert, notaire du pape (i25'i), i'i5.
Albehtas (d'), 3'i7.
Aldaric, 222.
Alexandre III, pape, 43, 100, 160, 171,
268.
Alix, 26.
Alleaume, prieur de Magny, conteste
les dîmes aux BénédicliiL^, a'i.
Allingrin, Jacques, seigneur de \é-
en-Vallois, etc., 2'|6-
Alnet (hôtes), 277.
Alluets (les), 108.
Amaury, comte, 54.
Amaury, curé de Montchauvel, ."18.
Amaury de Montchauvet, 60.
Amaury, comte d'Rvreux, 168.
Amaury de Monteort, 187.
AMAURY d'Yssy, 198, 199.
Amiu.ainvilliers (d') sieur, 177.
Amblainvilliors, localité, château, ^'lO,
247, 25o, 288.
Vinénuconrt, G.
296 —
Ameline de Montjoie, 192.
Amicie, abbesse de Port-Royal (1264),
2o3.
Ampville (d'), Jean, i85.
Anet, 5i.
Ancemot, Jean, i85.
Andelys (les), Eure, 24.
Andrieux, Augustin-Marie, chevalier,
seigneur de ChétainAille, ii4, 118.
AjNGER, Jacques- Amable-P'clix-Yictor^
24.
Anger, Jean, 2o3.
Angot, Charles, 72.
Angoullian, curé d'Épinay, loi.
Anne, du BreX, 94.
Anno, abbé de Jumièges, 2o5.
Ansould, le Riche, seigneur de Maule,
190.
Anïoni, 80, 88, 253, 25/J, 255, 257 ;
confrairie de Saint- Jacques, 258 ;
prévôté contestée, 260; église Saint-
Antoine concédée à Saint-Germain-
des-Prés, 267 ; logement du vicaire
et du maître d'école, 270 ; vicairie,
271 ; four à ban (i545) ; habitants
ruinés par la guerre contre les An-
glais, 275 ; droits de pacage, 276;
prévôté, gruerie, 277.
Arannes (d'), ficf, 64.
Arbre de mai, 276.
Archidiacre de Pinceres, 63.
Archemont, 16, 17, 18, 20, 25.
Ardennes (les), 12.
Ardouville, 102.
Arjiajon, 106, 117, 118.
Art(d'), moulin, 52.
Artaud, 169.
Ahtuieul, i5, 17, 21, 24-
Arthies (d'j, forêt, i.
Bachelier, Jean, i56.
Bagneux, 276.
Bagots (les), fief, 18, 20.
Balancourt, 292.
Balesi, Raoul, 193.
Baillenval (de) Jacques, 164.
Ballainvilliers, 98, io4, io5.
Bailly, Jacques, i5.
Balu, Jehan, 109.
Balysi (petit), io3.
Banalité, 274.
Bancs placés à l'église, i3i.
Banvin, 200, 274.
Barcos, prieur de Magny, 23.
Baron, notaire à Paris, 53.
Barré, Jacques, curé de Longues, 34.
Barré, Jelian, cellérier de Saint-Ger-
main-des-Prés, 3i, 124, 272.
Barthélémy DE la Celle, 23i.
Barthélémy DE RoYA, 173.
Baton, Adam, 108.
Baudran, Guillaume, 88.
Bauduin, religieux, 221.
Bauldouin de Flandres, prévôt de
Paris, 272.
Baulne, 298.
Bazanier, curé de Valenton, 170.
Beaucourt (de), Jehan, 201.
Beaudouin de Corbeil, 160.
Beaulieu de Bréval, lieu dit, 206.
Beauregard, domaine, 6, i4o, 149,
23l.
Beau VAIS (de), sieur, 172.
Beauvaisies (de), 124.
Bedeau, Pierre, 127.
Bchu, lieu dit, 62.
Belle place, i4o, 149.
Bellebrune (de), 20.
Bellièvre (de), i" président au Parle-
ment de Paris, 288.
Belmont (de), conseiller du Roi, 169.
Bénédictins de Saint- Germain - dcs-
Prés, 4, 7, 10, 34,61, ii5, 116, 119;
de Saint-Maur-des-Fossés, 149; de
Saint- Wandrille, 71.
Benoist, Claude, 60.
Berard, Thomas -Simon, acquéreur
de biens de Paray (1791), 8i.
297 —
Berger, Jehan, 63.
Bernard, Arnoul, trésorier de la Com-
pagnie des cent gentilshommes, 280.
Beu.naud d'Oky, i33.
Bernier, conseiller d'État, 21 5.
Berny, 2^6, 264, 288, 289, 290.
Berteaume, Marin, a'i.
Bertalt, Barthélémy, 20.
Berteault, notaire royal à Sagy,
i85.
Berthaut, curé d'Épinay- sur-Orge,
assassiné (1278), gS.
Bertin, sieur, A8.
Berton, Charles, curé clc la Celle, 228.
Bertrand, i45.
Bertrand, Jean, 193.
Bertrand de Nogent, 23o.
Bertrand de Verrières, homme de
corps, 283.
Besamure, Bobin. 202.
Bêtes fauves (ravages), 280.
Beynes, 187, 21 '4.
BiALVALLET, Philippe, 147.
Bibliothèque du chapelain de >otre-
Dame-la-Désirée, 147.
Bièvres-le-Chaptel, 2^2, 244, 249,
284.
Bigre (le), Jehan, 64-
BiGREs, 167.
BiGRES, conseiller du Roi, 172.
Binanville, 62.
Blamecourt, i5, 16, 17, 20, 21, 22,
24.
Blandin (le), lieu dit, i54, i63.
Blasphème défendu, 122.
Blondel, Jehan, prévôt de Montlhé-
ry, 96.
BoGUENEL, Pierre, io4.
BOILEAU, iCi.
Boinvilliers. 27, 63, 186, 208.
Bois-Blancs (les); ii4, i3o.
Boiscamp, fief, 118.
Boisbéranger, 220.
BoisGiLLOT, Louis, 64.
Bols-Robert, fief, 62, 64, 65.
BoissE, Richard et Robert, 71.
BoissY (de), Guillaume, 61.
Boissy-Saint-Léger, 1Ô9.
Boissv, 109, ii5.
Boncillière (la), 276.
BoNDERAN, Jean, abbé, 2o4.
BoNDRouET, sieur, 53.
BoNMN, René, i48.
Bonn ART, Jean, i35.
BoNTEMPS, sieur, 226.
Boquet (le), 38.
Bossu, i4i.
Bouafle, 176 ; SainlRemi (^chapelle),
2o5, 206, 209.
Bouchard, sire de Marly, 210, 216, 234.
Bouchard de Bagnencourt, 233.
Bouchard de Voneuil, prévôt de Chà-
teaufort, 243.
Boudin, Jacques, 72.
Boufardière, 66.
BouGivAL, possession de Saiut-Gcr-
main-des-Prés, 219-22 ; incendié par
les Normands, 223.
BouHiER, Marie, veuve du marquis de
la Meuville, baronne de >ogcnt,
2 46.
BouiLLART (dom), I, 10, 174, 303.
BouuxiER (le), Gilles-Edouard, curé
de Val en ton, 172.
BouLAY, Julien, vicaire perpétuel de
Verrières, 287.
BouLAND, Gabrielle, 3i,33.
BouLLAND, Claude, sieur de Beaumont,
63.
Bourbon (de), Louis-Charles, comte
d'Eu (1778), laisse une rente de 200
livres pour anniversaire, 70.
Bourbon (de), cardinal, abbé de Saint-
Germain, 99.
Bourbon (de), Henri, abbé de Saint-
Germain, 137.
Bourbon (de), primat de Normandie,
abbé de Saint-Germain, l'io-
BOURDEAU DE ^1GNY, 179.
Bourdoise, Adrien, 137.
- 298 -
Bourgeois (les) de IMontchauvet,
exempts de tailles et de corvées, 54-
Bourgeois, Jean, seigneur du Bois, 3.
Bourgeois, Laurent-Mcolas, 298.
Bourg-la-Reine, 200, 246.
BouRGOuiN. Sergé, religieux, 137.
Bourrelier, Simon, 157.
BouTARD, Louis, 3i.
BouvENEL, Hugues et Guillaume, 190.
Bouville, fief, 20G.
Brachet, Benoît, prieur de Saint-Ger-
main-des-Pi*és, 8.
Braconniers, 12/1.
Bréons (les); 89.
Bretagne (de), porte, 5i.
Breuil(le), 94, gS, 98, io5, 274.
Breval, 35, 36, 5i.
Breval (de), Jean, 44.
Brézé (de), famille, 5i.
Briahrt, Eudes, i42.
Bricet, Pierre, religieux de Saint-Ger-
inain-des-Prés, prévôt, 118.
Briçoms'ET, Guillaume, évcque de
Meaux, abbé de Saint- Gcrmain-des-
Prés, 28, 97, 278.
Briget, 187.
Brisart, G., meusnier, 289.
Brisson, Barnabe, avocat général au
Parlement, 99.
Brissonnet, Louis, 224.
Britone, Julienne, 59.
BaoGLiE (de), seigneur du Mesnil, 292.
Brosse du Breuil, 62, 05.
Brostin, Guillaume, 10.
Brotin de Mesly, 170.
Brouart (de), seigneur de Cléry, 20.
Brouillards (les), 88.
Broutin, GeoiTroY, 119.
Brulart, Pierre, 88.
Brulart, Gilles, 161.
Brulart, Florimond, iGi.
Brulart de Sillery, 288.
Bruxet, Guillaume, fonde une lampe
dans le sanctuaire de >otre-Dame
la-Désirée (1716), 8.
Bruyères, 174, 208.
Buat (du), Jacques, chanoine de Saint-
Paul et de Saint-Denis, 190.
Buchelay-les-Mantes, 62, 64.
Buchère, Clément, 124, i3o, 181.
Buisson, lieu dit, 60.
Buisson de Verrières (bois), 268.
BuLLET, Charles, religieux, 177, i8j.
Bureau (moulin), 18, 24.
Blres, 176.
BuïET, jardinier, 149.
Cachant, 78, 187, 264, 289.
Caffin, dame, i85.
CAnoRs(de), Philippe, 147.
Calvinistes, leurs ravages (15G2), 98.
Capucins de Mantes, inquiétudes, 8.
Carcassonne (fief), 2o5.
Cardinal DE ÎNarbonne, abbé de Saint-
Germain, 3.
Cardinal, Charles de Lorraine, duc
de Chevreuse, seigneur partiel de
Meudon, 196.
Cardinal de Tournon, abbé corhmen-
dataire de Saint-Germain-des-Pi'és,
262.
Cardinal de Bourbon, abbé de Saint-
Gcrmain-des-Prés, 278.
Carillon, Louis, 19, 25.
Carnazet, Jehanne, 11 6.
Carnette, 89.
Carré, Martin, 11.
Cartier, Pierre, i3i.
Casimir, roi de Pologne, 27.
Celle-Saint-Cloud (la), 2i5, 220; im-
portantes possessions, 228 ; deux
églises, 228 ; revenus, 225; prévôté
(i4io), 229, 288.
Ceillier, Jacques, 262.
Censitaires de la Fortelle, 29 ; de Lon-
gues, 20 ; de Mirebel, de Heurte-
loup, 3o.
César Balthasar de Constantinople, 6,
— 299
Concession du caidinal de Tournon,
284.
Chalanduay, i5'|.
CuALAKDKE, Jcan ct GcoITioy, i3/|.
ClIALLAT, 172.
ChAMBOURCY, 2 11.
Chamois, conseiller du roi, 169.
Champagne de Monïreuil, Regnaud,
187.
Champcenest, 236.
Champgervaise, 286.
Champgiraut (de), INicolas, ii(5.
Champ, Julien, 187.
Champart restitué, 71.
Champ du Prieur, 67.
Champ-Marie (lieu dit), 107.
Chaaceuil, 392.
Chandon, Beaudouin, 280.
Chanoines du Saint-Séi^ulcre, 225.
Chapaut, 18.
Chapelain, Guillaume, doyen de Char-
tres, 70.
Chapelle Saint-Marlin," 2o5.
Chapelles (les), 169.
Charbonnière (la), CA.
Charges de Saint-Germain-des-Prés,
4o ; à Paray, 81.
Charimuu, 98.
Charité de Longues, 84 ; possessions,
34.
Charlemagne, 183, 210, 25l.
Charles le Chauve, 92, i33, 162, 224,
255. 267.
Charles Martel, 220.
Chaules le Mauvais, 5i.
Chaules le Simple, 175, x8o, 191,200.
Charles V, i, 8, /|, 5i, 2^8.
Charles \'I, 8, /i, l!^^.
Charles X de Bourbon, 187.
Charles de Brye, ii i .
Charlevanne, 220.
Charmoy, écuyer du iloi, 2/18.
Charmoint, i(), 19, 21, 22.
(Ihartreux, i/ig.
Charpentier, Jacques, 147.
Charpentier (Le), Henri, 79.
Charroi de l'armée de Aavarre, i44-
Chartres, 85, 36, ^S, /19, aôo.
Chasses royales, 268, a8x, 28'|.
Chastiau, Robert, 187.
Château, Antoine, curé de Longuessc,
183.
Chàteaufort, 189, 208.
ChàteleL de Paris, '1, 66, 203.
Châtelain, Robert, curé de Saint-
Martin-de-Yilliers, 10.
Chàtellenie de Chaumont, i.
Chàlenay, 207, 208, 276, 284.
Chatillon (de), Guy, 43.
Châtres, possessions de Saint-Ger-
main-des-Prés, io6, 109, III, 117,
124 ; assises de la Saint-Martin
d'hiver, 121.
Chaudray (bois du), jardin, 11.
Chaufour-les-Bonnières, 11, 71 ; les
prieurs, 78 ; vente des biens (1791).
7'.-
Chaumont (de), prieur de ALigny, 19,
20, 23.
Chaussée, hameau de Bougival, 221.
Chaussy, 12.
Chauveau, Robert, religieux, aumô-
nier de Saint-Germain-des-Prés,
Chemin des Meuniers, ii5; de Vau-
boyen efTondré, 248.
Chesnay, 187, 2i4 ; avoueric, 216 ; re-
venus, 217, vicaire perpétuel, 225 ,
258.
Chétainvillc, iio, 117, i2'|.
Chûtainville (de), Jehan. 119.
Cheval d'un meunier saisi. 128.
Chevaliers de Sainl-Jean-de-Jérusa-
lem, 259.
Chevalier, Jean, 147.
Ciu:vAui)ii;iu: (de la), Louis Balthazar
380.
Clievilly, i()7.
Chijuin (lieu dit), 190.
ClllLDEUERT P', 182, 192, 228, 300.
— 000
CuoisEL, Adam, g'i.
Choisy-le-RoY, i(3, 21, 1Ô2, ^63.
Cierge et torche entretenus dans
l'église de Magny, 22 ; cierges de la
Chandeleur, lOo; cierge ardent fon-
dé par Eiinand,curé de Tliiais, dans
l'église de Saint-Germain-des-Prés,
198.
Cintaux (les), lieu dit, 17.
Clairebourg(de), clos, 246.
Clamart, 199, 200.
CoQUELEY, Claude, évèque de Digne,
268.
Clément IV, pape, 71.
Clément, archidiacic de Laon, chanoi-
ne de Paris, 277.
Cleumont (de), comte, abbé de Saint-
Germain, 56, 125, 290.
Cloches de Notre-Dame-la-Désirée, 9.
Clos Gaillard, 167.
Clos de la seigneurie, 98.
Closier, Jean, religieux, prévôt d'A-
vrainville, 109.
Closténu (lieu dit), 2:^6.
Clovis, II, 182^ 200.
Cocherel, Thibault, chevalier, lo^.
CociiiNj Augusle-Ilenri (1790), 99.
Coco!SMEu, Eustache, iu8.
C0EFFIER, 167.
GoGNY (de), Pierre, clerc du roi de
France, i35.
Cois.xAHD, Simon, 187.
Colbert de Vandières, 187, 189 ; pro-
messes, 2 25.
CoELEMAUD, François, prêtre, 17.
COLLIN, i5o.
Combal judiciaire, 272.
Commanderie de Fossay, 292.
Commendes, 2(3o.
CoMPiÈGNE (de), Gilles, i85.
Concile de Lalran, 26 1.
Condécourt, 178.
Confrérie de ^'otre-Dame-la-Dcsiréc, 8.
Confrérie du baslon de la Sainte-
Vierge, 129.
Connaissance des soufllets réservée à
l'abbé de Saint-Germain-des-Prés
(1278), 220.
Convenlion entre Saint-Denis et les
religieux de Saint-(!crmain-des-Prés
relative aux droits de justice, forage,
rouage, 229.
Convention entre les habitants de
Dammarlin et Saint-Germain-des-
Prés, 45.
CORBIX, i85.
Cordeliers de Mantes, 8.
CoRDiER, Guillaume, 121.
CoHMLLÉ, Pierre, i^.
Cornoilles (les), 1 1.
CoR.NUEu., président des comptes, 218.
Corvées limitées pour les foins et le
labourage, 274.
Coteaux Amants, f\ï.
Cottigny (de), xallée, 19I.
CoTTox, Claude, procureur de Saint-
Germain-des-Prés, 182, 278 ; il jouit
du domaine de Mon léclin, 2^0.
Coulombs (de), abbé, accord avec
l'abbé de Saint-Germain-des-Prés,
277-
Courbétin, 285, 286; bail et cession à
la famille de Sourdis, 286.
CoiRGE.NT, 53, 62, 03.
Coutumes mauvaises, 112, 2Ô7.
Couture de Gasny, 18.
Crêpes, signe de deuil, 210.
Crcspières, origine de ce nom, 207,
209, 210.
Crochets (les), 29.
Croix Blanche, 264.
Croix Brissct, i4i.
Croix (la) aux femmes, 249.
Croix Musset (la), 89.
Croix des Rcposoirs, 03.
Croix Rouge, 286.
Croix des Vignes, 182.
Crosnes, 54 ; chapelle devient église
paroissiale, 160, lOi.
Crusy (de), Hugues, i44-
— Soi —
Curé de Montchauvet (Gros), 53.
Cure de Montchauvet, patronage, 58.
CuiGNET, jMadclaine, lôa.
Dadouville, Robert, io3.
Dameville, André, i8i.
Dammakt, prévôt, Sa.
Dammartin, 26^ 28, 35 ; exemption de
donner logement aux gens de guer-
re, 39; vente des biens (1791), 4o ;
prisonnier ayant pris la fuite, !\{i ;
foires et marcliés, 4G; past de l'abbé
de Saint-Germain, 46; exemi^tion
des subsides ecclésiastiques, ^9 ;
prévôt allumant le cierge pascal,
5o ; revenus (1790), 52, 107.
Damont, Pierre, i43.
Dautère, Pierre, 88.
David, i/li.
Debras, Louis, 53.
Déclarations de 1790, 109, iGG, 178,
23o, 264, 285.
Dedde, Guillaume, chevalier, 96.
Défense de conduire les bestiaux dans
les prés après la fauchaison, 279.
Défrichement des bois, 107.
Degast, Mathurin, prévôt d'Avrain-
ville, 109, 129, i3o, i3i.
Dégâts causés parles bêtes fauves, 237.
Delery, 26/1.
Denise, se pend, 201.
Denis des Moulins, 189.
Denis de Sainte-Marthe, a^i.
Dénombrements, 76, 107, igo, 206,
22^, 234, 239, 259.
Descau.Es, curé de Montchauvet, (io.
Descarriijres, Pierre-Dionis, ii5.
Descoubi.eau, marciuis de Sourdis,
seigneur de Jouy, 235.
Descouville. 5.
Desmallevili.e, Jean, 200.
Despineil, Thibault, i/|8.
Desplanches, 4 .
DiANïde Poitiers, 5i.
Diocèse de Langres, i.
Dîner du prévôt de Ghàleaufort, 189,
242.
Dîmes de Villebon contestées par An-
toine Sanguin, 20.
Dîmes de charnage, 202.
Dîmes de vin, conditions, quotité, 171,
202.
Do, Etienne, protonotaire apostoli-
que, 20G.
Domaine royal, 64-
Don d'une table ouvrée d'or, 6.
Donations, 94.
DoRMANs (de), Charles, conseiller au
Parlement, 244.
Dotation d'un chapelain pour tenir
école à Antoni, 270.
Dotation d'une maîtresse d'école,
209.
Double, Michelin, 97.
DOURDAN, I i5.
Douté, Jean, ir.
Douté, Guillon, 5.
Drogon, comte, 3i, 42, 43.
Drogonde Montaudier, abbé de Saint-
Germain, 2G2.
Droits des habitants en la forêt des
Alluets, 208.
Droits seigneuriaux (laSo), aSo.
Droits honorilîques, contestations,
127.
Droit de banvin violé, i5o.
Droit dépêche dans la rivière d'^ er-
res, i53 ; vendu, i54.
Droit de gîte du Roi là Antoni, 277.
DiiDi i:t, Jclian, religieux, jirévôl d' V-
^rainvill(^
DUBRAV, 177.
Dubois, Vincent, 32.
Dubois, 25 i.
DuBREUiL, i3, i4, 187, 267.
DuBUsc, Jean, iGi.
Duc de Guise, 197.
Duc de Vendôme, 169.
— 3o2
DucLos, Nicolas, 298.
DuGAS, Mathurin, ia3.
DuMAZY, François, 25.
DuPRÉ, Denis et Catlierine, 67.
DuPRESsoiR, Pierre, 89.
Dupuis, Louis, liuissier au Chàtelct de
Paris, 377.
DuvAL, Nicolas, 177.
DuvAL, Louis-Andi'é, 24.
Ebblonde Solier, moine de Cormery,
2G0.
Echanges, 77.
Echainvilliers, fief, 11 5.
École de Longnes, 34-
Ecquevilly, 176.
Edmond, roi d'Angleterre, 0.
Edouard de Yillepreux, 211 .
Eaux amenées à Antoni, 280.
Effiat (d'), marquis, seigneur de Mas-
sy, 2^7, 2^8.
Egli, ii3.
Eglise profanée, 70.
Eglise, réparations.
Église de la Gcile-Saint-Cloud, incen-
diée par les Normands (8^6), 280.
Emant, 187.
Emeline, 180.
Emeune, comtesse d'Alençon, 108.
Emeline, mairesse de Cachant, 210.
Enfant trouvé, 128.
Entrc-les-Bois, 27.
Enville (d'), duchesse, 20.
Epiais (des), moulin, 52, 53.
Epidémie sur les animaux (170^),
281.
Épinay-sur-Orge, acquisition d'im-
meubles, 98 ; possessions de Saint-
Germain-des-Prés au IX'' siècle, 91 ;
sa situation en i38/i, 95 ; l'orme
d'Épinay ; dîmes, 9^, 99, loi ; égli-
se, patron, Saint-Germain I\-XIV'
siècle; après le XVP siècle; patrons,
saint Gilles et saint Lcu, loo-ioi.
Eremburge, veuve de Rainaud Coutu-
rier, 208.
Ermenonville (d'), Jacqueline, i53.
Un.
Ermites de Notre-Dame-la-Désirée, 5.
Escoubleau (d'), François, seigneur de
Sourdis.
EsNOY (d'), Pierre, io3.
EsPAVES, i58.
Estallage, 89.
EsTRÉEs (d'), monseigneur, évêque de
Laon, abbé de Saint-Germain
(1774), 34.
EsTRÉEs (d'), cardinal, abbé de Saint-
Germain, 48.
Esturgeon (de 1'), demoiselles. 3o.
E lampes, ii/'i, 186.
Étang (de 1'), habitants, 178, 212.
Etienne, chevalier, 25 1.
Etienne de Garlande, 168.
Etienne de Macy (1162), 272.
Etienne de Meudon, .198, 208.
Etienne de Quinquempois, 198.
Eude, évêqiie de Paris, io4.
Eude, abbé de Saint-Germain, 77, 198,
287.
Eudes, évoque de Tuscule, cardinal,
légat du Saint-Siège, i25, 227,
2C8.
Eude, prieur de Montchauvet, 58.
Eude, prévôt et prieur de Villeneuve-
Saint-Georges, i35, iG3.
Eudes Briart, 1G8.
Eude Pcrcenat, i58.
Eudes le Roux, 174, 258.
Eugène III, pape, 58, 71.
Eustache, abbesse d'Yèrcs, i33.
EusTACHE d'Ortignies, 17O.
Evêque de Digne, 2r)3.
Evoque de Tulle, 2fii.
Evrard de Yillepreux (12 18), an.
Exemption de péage, 182 ; de droits
pour les vins de Yilleneuve-Saint-
Georges, iSa.
— 3o3 —
Faculté de vendanger sans permission,
275.
Fagot, Jean, curé de Sainl-Martin-la-
Garenne, Ix.
Faradin, curé, i!x, i5.
Faux monnayeurs trois fois pendus,
347-
Ferté-Aleps, 108, 109, ii5, 117. 292.
Feret, Hippolytc, vicaire et olFicial
de Pontoise, pour l'arctievcque de
Rouen, 182.
Ferrenelle de Claincourt, demoi-
selle, 176.
Ferri, Henri, i64.
Eerri de Valenton, 162.
Ferric du Païe, 160.
Ferric d'Anet, iGo.
Fessard, 25.
Fesson, pont, 292.
Feydeau, Jean, 270.
Feuilleret, Jean, 122.
Fillette (la) de Montchauvet, fief, 28,
38, 40.
Fillet (du), seigneur de Yillarccaux,
20.
Fleurs, Adam, ermite de Notre-Dame-
la-Dcsirée (1649), 7-
Fleury, village, 201.
Flinquet, Marguerite, 208.
Follaiiivillc, 12.
Folimouchet (de), foret, 178.
Fondation d'un service anniversaire,
75.
Fondations de deux messes à Nolre-
Dame-la-Désiré, 3.
Fondations dans l'église de Sainl-Ger-
main-des-Prés, 262.
Fontaine du lîois, 2.
Fontaine de Hérisson, m.
Fontenay-sous-Bagneux, 200.
Forestier, Pierre, i58.
Forêt des AUuets, 21 3.
Foret de Cruye, 211, 21 3.
FoREST (de la), Hermand, chapelain de
Notre-Dame-laDésirée, 0, 7,20.
Forges ("des), seigneur, 96.
Formariage, partage des enfants, 87,
283.
For telle (la), 27, 29, 3C, 40.
Fosse aux Gibets, 52.
Fosses (des), fief, 62.
Fosse (de la), Louis, 122.
Fosse (de la), Éléonore, 236.
Foulques, abbé de Saint-Germain,
4'i, 2i4.
F0ULQUIER, moine, 93.
FouAssiER, Denis, 2i3.
Foulon, Jean, i85.
Four (du), Gilles, 78.
Four (du), rue, 149.
Four banal, i52, 274, 284.
Fourches, paroisse, 6.
Fourneau (le), lieu dit, 4i.
Fraimbault, ii4.
Franquu.lon, Jacques, iîS!\.
Frayeurs causées par des spadassins
armés, 235.
Frédéric d'Anet, 160.
Frémenville, i 78.
Frères de l'Hùtel-Dieu de Paris (127G),
238.
Frère Guillaume, Maître du Déluge,
108.
Frcsnes, 80, 176, 21)0, 21 3, 2(1 '1, 391 ;
maître d'école, 291 .
Frodole, maire de Verrières, 254.
Froger, Jehan, i47-
FuRSTEMBERG (de), cardinal, i4o, i5'i,
290.
FusTEL, Jacques, chapelain de Notre
Dame-la-Désirée (i0i5t, 10.
FusTEL, Jacques, religieux, procureur
de Saint-Germain-desPrés, 21)7.
G
Gagny, sieur, 249.
— 3o4 —
Gaize Boullet, 89.
Gamaches (de), Pierre, 176.
Gafin de Guibelleville, seigneur du
Perray, 92.
Garnier de Maxtes, 76.
Garches, première église dédiée à saint
Louis (1297), 219.
Garges, moulins, 249.
Garlande (de), Etienne et Amaury,
i4a.
Garrel, 38.
Gaurel (de), bois, 38.
Gauldry. Jean, 201.
Gautero.n, Guillaume, 2o3.
Gautier, sieur, ^7.
Gautier, Hector, 65.
Gautier, Jean, 122.
Gaultier, archevêque de Sens, i45.
Gaultier, abbé de Saint-Germain,
387.
Gazon de Montreuil, i5o.
Gefosse (de) territoire, 72.
Génainville, 20, 38.
Géneamillc, forêt, 45.
Gendre, chapelain de Notre -Dame-la-
Désirée (i663), 10.
Geneviève, veuve de Pierre Roussel,
2o3.
Geneviève de Glamart, ig'i.
Génitolon (de), bois, 38.
Genoux, abbé, conseiller au Parlement
de Paris, 11 o, 124.
Geoffroy, évêque de Paris, 106,125,
219.
Geoffroy, abbé de Saint-Germain-des-
(Prés, 43, 272.
Geoffroy, évêque de Chartres, 07.
Geoffroy, Coquatrix, échanson du
Iloi, 108, 202.
Geoffroy, ii3.
Geoffroy de Lovens, 121.
Geoffroy Curial, chevalier de Senlis
(1200), 94.
Georges, écuyer, chirurgien du Roi
(1716), 241.
Gérie, lieu dit, 29.
Gérard, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 59, i35, 189.
Gérard de Pseauphle, 216.
Gerart, 23o.
Germonville, 116.
Gerville, 16, 18, 20.
Gilbert, 180.
GiSLEBERT de LoNGUESSE, 191.
Gilles DE Clamecy, 259.
Gilles de Compiègne, garde de la Pré-
vôté de Paris, i63.
GiLLET de CuISSY, l6o.
GiLLOT, Charles (dom), censivier de
Saint-Germain-des-Prés, 11 4.
GiLON, 180.
GiLON DE NOU, 210.
Girard de Mans, abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés, 95.
(jiRARD, 149.
G irard le Charron, sa surveillance, 1 5 1 .
GiRARDEAu, 10 r.
Glenico (de), Hervé, 43.
Godard, Lucien (dom), 172.
GODEFROID DE SaULX, 198.
GosLÈNE, évêque de Chartres, 58.
GosLÈNE DE Lèves, évêque de Char-
tres, 68.
GouESLE, avocat au Parlement.
Grand (Le), Mathurin, 28.
Grand (Le), Jean, 34.
Grands Champs (les), fourches patibu-
laires, 46.
Grandmontins fies), ou Bonshommes
de Vincennes, i5o.
Grange au Prieur, i23.
Gras (les), 100.
Graviers (les), 98,108.
Graviers aux Gascons (les), 249.
Graveois, 176.
Gravelle, iio.
Gredeux (les), lieu dit, 63, 64.
Grégoire IX, pape, 260, 261.
Grégoire de Velly (ou de Villy),
220, 229.
- 3o5 -
Grégoire, Antoine, 127.
G ressaye, 38.
Grignon, iG, 21, 187.
Gruerie dans les bois de Cliâteaufoit,
2o3.
GuENEviLLE(de), Raoul, 173.
GUERARD, 222.
GuERCiiE (ou Garche), i25.
GuERENiELLE, Jehan, 201,
GuÉRiN, Pierre, prieur de l'hôpital de
Jérusalem, 76.
GuÉRiN, doyen de Wissous (i23G), 77.
GuERLANDE (de), Guillaumc, 43.
GuERLANDE (de), Guy, 43.
GuERMONT, Robin, 1/17.
Guerre de Cent ans, 97, 375.
Guerre avec le comte de Flandre, i44.
Guerres religieuses, ruines, 262.
Guerrier (moulin). Longues, 3i.
GUERVILLE, G2, 65.
GuiBERT, Louis, i54.
GUIBEVILLE, IIO, I iG, 124, laG.
GuiBouRG, Jean, io5.
Guillaume, évêque de Paris, i33, 157.
Guillaume, abbé de Saint- Gcrmain-
des-Prés, 4, 108, 271.
Guillaume, évêque de Meaux(i 5 1 7), 4G.
Guillaume, abbé de Fécamp, 76.
Guillaume de Paray^(i228), 85.
Guillaume le Bougre, 108.
Guillaume de Tuiais, 109.
Guillaume le Breton, m.
Guillaume de Villeneuve Saint-Geor-
ges, i34.
Guillaume 111, évêque d'Agen, légat
du pape, i45.
Guillaume, officiai de Paris (1291),
129.
Guillaume, doyen de Valenton, iG3.
Guillaume de Garlande, igS.
Guillaume de Saint-Mautial (i235),
198.
Guillaume Fusée, seigneur de Ville-
bon, 199.
Guillaume Poupée, 2o4.
Guillaume de Gouunay, 273.
Guillaume de^Poissy, écuyer, 283.
Guillaume de Mésalant, 283.
Guillard, Jean, 25.
Guillou, Denis, i85.
GuiMER, Jean-Jacques, 24.
GuiNCHEUx (de), Jean, seigneur de
Corbeille, G7.
Guy de Soisy, 77.
Guy, rehgieuxde Saint-Germain-des-
Prés, cuisinier, io4.
Guy IV de Chevreusc, 107, 197, 233,
283.
Guy de Montmirail, i56.
Guy, abbé de Saint-Denis, 220.
Guy de la Roche, 179.
GuYOT, ancien commissaire au Châte-
let, 119.
H
Habitants de Palaiseau (les) pillent
les fermes de Saini-Germain-des-
Prés, 25 1.
Hache, chapelain de Notre-Danie-la-
Désirée (1790), 9-
Hallage, 39.
Hallegret, Ollivicr, G2.
Halles (des) rue, 149.
Hallociie, ii4-
Hameaux, écarts et lieux dits, 201.
Hanger (de), Guillaume, i38.
Hangot Amand, 72.
Haranger, Henri, 65.
Harent, Pierre, clerc, 96.
Haudebert du Buisson, 109.
Hautcs-Comptées (les), i5.
Haut-Gagny, iSg.
Haute justice exercée par le Uoi.
(i358), 229.
Hébert, Michaut, ii.
Hédouint, Eustache, 7.
Helloiin de Meulan, 208.
llÉLYE, Anlhiaume, procureur du Uoi.
a43.
ao
3o6 —
Henry, abbé de Saint-Germain, 87,
2G1.
Henri de Villemorin, i-3.
Henri, Mathieu, i46.
Henri de Créteil, i63, 201.
Henri de Lorraine, 202.
Henri de Ventime, 206.
Henri de Crosne, 210.
Henri I", 267.
Henri, Chevalier, 271.
Herbert, prévôt, 26.
Herbert, prieur de la maladrerie de
Meulan, 191.
Herbert de Meulan, 180.
Hérisson, 117.
Hersinde. 271.
Hervé, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 37.
Hescelin de Longueville (1289), 107,
108.
Heurteloup, 26, 28, 2g, 46, 62.
Hildeburge, 175.
HiLDUiN, abbé de Saint-Germain, 92,
162, 255.
HiLSON, Denis, i48.
Hirondelle (de 1*), rue, Paris, 17.
HoDENT, i5, 16, 19, 20, 21, 22, 25.
HONORIUS 111, 70.
Honte (la), lieu dit, 199.
Hôpital (F), ferme des Templiers, 173.
Hôpital, 157.
Horloge, 280.
Hospitaliers de Jérusalem, lAg.
HosTELiER, Simon, i36.
Hôtel-Dieu de Paris, 21, 2 58.
Hôtel de Bourg-la-Reine, 258.
HouDAN, 26, 35, 47, 5i.
HouviLLE, 38, 46.
Hubert, meunier à Montchauvet, 54.
HuGOLiN, Forestier, 258.
Hugues, archevêque de Rouen (1060),
10, 4i.
Huguenots, ravages, 288.
Hugues H, archevêque de Rouen,
180.
Hugues le Grand, 187, 253.
Hugues de Lyonne, ambassadeur près
le Saint-Siège, 288-89.
Hugues, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 5i, 57, 58, i42, i49, 168, 221,
257.
Hugues III, abbé de Saint-Germain-
des-Prés, 54-
Hugues IV, abbé de Saint-Germain-
des-Prés, 98.
Hugues V, abbé de Saint-Germain-
des-Prés, 43.
Hugues VI de Flacourt, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, 178.
Hugues de Montceaux, abbé de Saint-
Germaindes-Prés, 186, 191.
Hugues d'Yssy, abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés (1246), i25, 220, 227.
Hugues de Stavel, 43, 271.
Hugues Sancti Caravim (1128), 71.
Hugues de Crespy, i58.
Hugues DE Laieville, 179.
Hugues de Septeuil, 191, 281.
Hugues de Sardé, 2o4.
Hugues I", comte de Meulan, 2o5.
Hugues de Pontoise, prévôt de la
Celle, 227.
Hugues de Jouy, 288.
HuissoN, 292.
Hunnegourt, 19, 21, 22.
Igny, 246, 247, 272, 278, 276.
Ile-aux-Vaches, 36.
Imbert, évoque de Paris, i55, 267.
Indulgences accordées aux pèlerins de
Notre-Dame-la-Désirée, 6.
Ingilbert d'Antoni, 81.
Ingelgrand, homme de corps, 272.
Injures de Pierre Royer, vicaire per-
pétuel d'Avrainville, 129.
Innocent H, pape, 71.
Instruction primaire, î4, 2x6.
Intingans, Thomas, reUgieux de Saint-
— 3o7 —
Germain-des-Prés, chapelain de No-
tre-Dame la-Désiréc, 8, lo.
Invasions des Normands, 255.
Irminon, 6i, 90, 100, 106, i32, i55,
159, 189, 211, 2i4, 233, 282, 233,
35i, 253.
IsLES (deT), secrétaire du Roi, 289.
Issy, 176, 192.
Ivry, bataille, 33.
Jacquart, NicoUe, 99.
Jacques de Palestrine, légat du Saint
Siège, i5o.
Jacques du Cellier, 259.
Jardies, prieuré, 226.
Jean, François, 53.
Jean, 54-
Jeanne, comtesse de Champagne, 60.
Jean, comte de Mâcon, seigneur de
Ghilly (i233), 77.
Jean de Frêne, 92.
Jean de Villevant, chevalier^ 96.
Jehan de Brétigny, prévôt de Mont-
Ihéry, 96.
Jean de Thies (ou Thiais), 108, 1 13 .
Jehan de la Ruelle, i63.
Jehan d'Issy, i58, 193, 2o4.
Jehan, abbé de Saint-Victor, 198.
Jean de Meudon, 199.
Jean, abbé de Saint-Gcrmain-des-Prés,
20, 5o, i5i, 21G.
Jean de Vernon, abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés, 217.
Jean de Villeparisis, 220, 229.
Jean de la Marche, 208.
Jean de Varennes, prévôt d'Antony,
261.
Jean de Macy, 273.
Jeuamet, Pierre, secrétaire du Prince
de Condé, 280.
Jeceeroy, abbé de Sainl-Gcrmain-des-
Prés, 37, 93.
JODRY de GoURCELLES, 96.
JOHANNOT DE MeRRY, 269.
Jourdan, 33.
Jouy-en-Josas, 233.
Jury (1289), 96-97-
Justice du roi et de Saint-Germain-
dcs Prés, 9G.
Justice. 98.
Justice de l'homicide réservée au Roi,
220.
Justice usurpée, 2^2.
Juvisy, 98, 102.
Laas, 77, 258.
Lachaise, jésuite, confesseur de Louis
XIV, possédait Beaurogard et fit
construire le château, 281.
Laine, 4o.
Laistrc (de), terre, 229.
Lambert, Regnault, demande des
droits honorifiques, n5, i3o.
Lambert, Antoine, 1x5.
Lamoignon, seigneur de Boissy, 124.
Lanchy (de), reUgieux de Saint-Ger-
main-des-Prés (i656), 287.
Lanfroy, abbé, 25 1.
Lannoy (de), secrétaire du Roy, 280.
Lanternier (du), fief, 18.
Larcher, Bertrand, maire de Meudon,
(1285), 202.
Lardy, 109, iio, m, ii4; cession de
la seigneurie, 116, i24-
Lasseray, Denis, i85.
Laurent, Philippe, receveur de Saint-
Germain-des-Prés. 288.
Lavigne, maître d'école à Monlchau-
vet, 53, 54.
Lebeuf, 102, 174-
Leboucher, Jean, i5o.
Le Breuil, 93.
Leureton, 3i.
Lecellier, François, curé, i5.
Lefebvre, André, ermite de Nolrc-
Dame-la-Désiréc (1642). 7-
— 3o8 —
Lefebvre, Marie-Madeleine, 25.
Lefebvre, notaire à Paris, 53, 65.
Legrain, Nicolas, i52.
Legrand, Pierre, 194.
Legrand, René, fils du procureur de
Saint-Germain-en-Laye, 212.
Legrand, Michel, 212.
Legros, i/i2.
Legs pieux, 59.
Leguay, André-Jacques- Victor, 25.
Lejay, Nicolas, premier président au
Parlement de Paris, 83.
Lejay, Alexandre-Guillaume, sei-
gneur de Saintry, abbé commenda-
taire de Cherbourg, 84.
Lemaitre, Jean, i64.
Lemaitre, Toussaint, 17, 180.
Lemestre, Charles, curé de Saint-Mar-
tin-la-Garenne (1647), 7-
Lemoine, Pierre, curé d'Antoni, 269.
Lenoir, conseiller du Roi, 171.
Lepicard, Hubert, i43.
Le PiLEUR de BRÉVANiNES, 168.
Les lépreux de Meulan, 191.
Leprètre, Nicolas, président de la
Cour des Aides, 227.
Leroy, Robin, i36.
Leschaudert, Simon, 61.
Lesueur, Guillaume, 5.
Lezay, Jehan, i63.
LeVY-SaINT-NoM, 232.
LiANGouRT (de), seigneur de Roche-
guyon, 7.
LiBoiRE, Henri^ i48.
LicoLiERS, Raoul, 75.
Lieux dits, 4i, 195, 207, 245.
Limeil-en-Brie, 174, 258.
LiROND, 149.
Litige entre Saint-Maur-des-Fossés et
Saint-Germain-des-Pi'és, 120.
Livres liturgiques, i3o.
LoizELÈvEs (de), Pierre, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, 106.
LoizEL, curé, i5.
Longjumeau, io4.
Longneray, 246, 249.
Longues, 26, 28, 29 ; exemption de
loger les gens de guerre, 32 ; Saint-
Sauveur de Mirebel, église, 33 ; No-
tre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, 33 ;
Robert de Longnes, prieur de Dam-
martin, 5o.
Longpont, 98.
Longuesse, i4, 175, i84.
LOTIIAIRE, 267.
Louis LE Débonnaire, 92, 1G2, 220,
255.
Louis VL 5i, 54.
Louis VIT, 10, 43, 44, 54, 257, 272.
Louis le Pieux, 267.
Louis XI, 5.
Louis XII, 89.
Louis XIII, 161, 284.
Louis XIV, 225.
Louis, comte d'Étampes, 2.
Louis, comte d'Évreux, i5i.
Louis de Gasteneto, 210.
Louvois, refus, 225.
Lourcinc, fief, j4o.
Luc de Gif, chanoine de Notre-Dame-
de-Paris, 276.
Lucas, abbé, 247.
LucE, Louis, 63.
Lucienne, 119.
Lupeld'Ivry, Villclm, 44-
Lyonne (de), 264.
Lys (du), dames, iio.
Luxembourg (de), Jacques, 6.
M
Mabile de Chateaufort, 234.
Mabillon, ermite, 5.
Mabillon, 219.
Machault, conseiller au Parlement,
172, 197.
Machault (de), sieur, fortifie sa mai-
son (1G07), 2X8.
Machelard, 117.
Magnitot, 17, 18.
— 3of) —
Magny-cn-Vexin, i5, aS.
Maillasson, Etienne, 109.
Mairie (la), 206.
Maison de la Grille, Mo.
Maison de la Tour, 1^8.
Maison pour loger les pèlerins de
Terre-Sainte, 178.
Maison-Rouge, 211.
Maison-Dieu de Chartres, 258.
Maison de la Tour, 279.
Maître d'école, 3i, i&5.
Malades d'Antoni, 269.
Maladrerie, 60, 89, 259.
Malabry érigé en fief, 83.
Malary, Jean (1/198), 49.
Malaterre, Jean, i34, i45.
Malet, Nicolas, 177.
Mallardot, veuve, 4i.
Manneville (de), seigneur de Baulhe-
lu, 20.
Mantes, i, a',. 25, 36, 45, 47, 48, 55,
62 ; portes, rues, lieux dits, 76 ; Bé-
nédictins de Saint-Germain-des-
Prés et de Fécamp, 75.
Marcadet, Geneviève, i5i.
Marchal de Sainsey, 265.
Marchand, Georges, 245.
Marche (la), église construite et dé-
diée à saint Gilles et saint Lcu,
(1299), 217 ; patronage, 217 ; village
éprouvé par les fièvres pernicieuses,
218 ; dîmes abandonnées au curé,
218; curé, sa situation, 218.
Marcoussis, 98.
Mare aux Lancets, 66.
INIare pavée, 38.
Marelle, Jean, écuyer, 78.
Mareschal, I" chirurgien du Roi,
241, 245.
Marguerite, veuve de Pierre Duval,
207.
Marie de la Celle, 280.
Marh.lac (de), 284.
Marlnes, 18.
Marion de la Boisarde, iG5.
Marly-le-Roy, château, 212, 222, 227.
Marmerel, lieu dit, i3'i.
Marquise (la), dePalaiseau, 290.
Martin, Noël, homme de corps, 87.
Martin, abbé, i32.
Martin, Jean, 172.
Martré-la-Celle, hommes libres, 227.
Masserie (la), 102.
Masson, Jean-Baptiste. 25.
Massy, 86, 247, 257, 258, 273.
Massy ou Maci (dej, Etienne, 81.
Matar, 149.
Matarder, 167.
Mathieu, évêque d'Albano, 67.
Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-
Denis, 221.
Mathieu ou Macyot, Massiot de Ver
1-4.
Mathieu DE MoNTREUiL, i5o.
Mathieu DE Civiliaco, 178.
Mathieu de Marly, 234.
Mathieu de Thésennes, 210.
Mathilde de Chateaufort, 234.
Maugère, 81.
Maugrin, Guillaume, 77.
Mauldre (la), rivière, 208.
Maule (deux églises), i8g, 190.
Maulévrier (de), marquis, 124.
Maumolin, 243.
Mautemps, sieur, 19.
Mauvaise plaisanterie de jeunes gens,
188.
Mauvoisin, Guy. et l'abbé de Saint-
Wandrille, 71.
Mauvoisin, Pierre, 75.
MauvoisiNj Manasser, 75, 76.
Maynaud, Philippot, élude le pressoir
banal, 202.
Médan, 192.
Mêlées atroces, connaissance réservée
à l'abbé de Saint-Denis, 220.
Mdi.lissande, femme de corps, 87.
Mkm.oto (de), Drogon. 43.
Melon de Troiaco. 173.
Melloto (de), Guillaume. 43.
3io
Mense conventuelle, 92.
Mercier, i55.
Merisier (le), ag.
Mesly, fief, i48, 170.
Mesmin, Lyon, prieur de Saint-Michel
de Chevaudos, (ligo), 81, 212.
Messe dominicale à INotre-Dame-la-Dé-
siiée, 6.
Messiers de Vissous, 88.
Mets de mariage, 47.
Meudon, propriété de Saint-Germain-
des-Prés, de Louvois, Louis XIV.
Napoléon i", 198 ; château brûlé en
1870, 198; foires, marchés, 20^.
Meulan, 20, 178, 191.
Meurtriers condamnés à mort, 96.
Meurtrier en fuite, exécuté en efQgic,
132.
Miart, lieu dit, 5.
Michaux, i49-
MiGNEAUx, 24(3, 248, 249.
MiGNOT, 166.
MiLLON (1207), Io4.
MiLLON DE CoRBEiL, chanoinc de No-
tre-Dame-de-Paris, 276.
MiLON, Jean, garde de la prévôté de
Paris, 78.
MiLON, Jean, 78.
Meir (le), Nicolas, 7.
Meirebel, 26, 27, 28, 29, 87, 4(3.
Moireau, clos, 194.
Moitié (la), fief, .171.
MoLARD, François, curé de Villeneuve-
Saint-ÏNIartin, 182.
Monastère des Hautes-Bruyères, dio-
cèse de Chartres, 199.
Monceau, Arsène, 124.
MoNNiER, Pierre, 66.
Mons, 81.
Monsieur, frère unique du Roi, 290.
MoNTAiGU (de), Guérin, grand maître
des Chevaliers hospitaliers de Jéru-
salem, 75.
MoNTARSY, seigneur de Bièvres, 240.
MOiNTATERRE, 78.
Montchauvet, maladrerie, 28 ; cou-
tumes, courratiers, sergents, jurés,
55 ; prieurs, 57 ; offrandes faites à
l'église, droits des religieux et du
curé, 58 ; dîmes, 59 ; prieuré ruiné
par les gens de guerre, 67, 177, 206.
Montcrevé, 160.
M0NDEVILLE, 292.
MONDREVILLE, 34.
MoNDREviLLE (de), Simon, 37.
MoNTDOR, Alexis, 245.
Montéclin, seigneurie, 188 ; Monté-
clin- Yauboyen, origine de ce nom,
287 ; écarts, 288 ; possessions (i52i),
289 ; fief saisi, 244-
Montévrain, friches, buttes, 108-110,
126.
Montfort-l'Amaury,. 81, 5i, 52, 58,
62, 187 ; comtes, 2x4.
MONTGERON, l5^.
Monthery, donjon, 90, 97.
Montmartre, dames, iio.
Montois (les), 17.
MoRAiN, Jehan, curé de Chétainville,
125.
Morain, rivière, i33.
Morand, Philippe, i56.
MoREAu, Jean, 79.
MORIGNY, 8.
Morillon, Henri, abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés, 262.
Mouret, fief, 284.
MouFFLE, notaire à Paris (1690), 218.
Moulin banal, droits, 128.
Moulin de Montchauvet, 4o.
Moulin des Vignes, 219.
Moulin de Charlevanne, 221.
Moulin de Grez, 257, 278 ; ruiné par
les Anglais, 288.
Moulineaux (les), 200, 257.
Moulin bas. Longues, 3i ; moulin haut,
81.
Moulins (des), fief, 20.
Mouton, François, i4o.
Moureaux (les), 176.
— 3ii —
N
Nantilly (de), Robert (iSsA), 36.
Nature du territoire de la CcUe-Saint-
Cloud, changée, procès (169), 228.
Neauphlète, 3(3, 37, 16, 18, ig.
Neaupule-le-Yieil (de), abbé, 66.
ISeRBAIN, 233.
Neufville, II 5.
Neveu, Nicolas, curé de Chesnay, 2i5.
N1CAISE DE Molle, curé de Saint-Mar-
tin de Bouafle, 207.
Nicolas, Pierre, abbé de Neauphle-le-
Yieil, 194.
Nicolas de Ballainvilliers, 96.
Nivart, lieu dit, igS.
Nogent-l' A r taud , 2 1 6 .
Nogent-le-Roi, 5i.
Noisy-le-Grand, i35, i63.
Noisy sur-Seine, i4i.
Normandie, 87.
Normands (les), 90 ; ils attaquent la
Celle-Saint-Cloud, 223.
Notre-Dame-la-Désirée. i ; reliques,
6 ; pèlerins, 7 ; foire ; messe à
pain et eau bénite, 8 ; vente des
biens (1790).
Notre-Dame des Halles, i3.
Notre-Dame de Boulogne, 2 58.
Notre-Dame de Pontoise, 268.
Notre-Dame de Paris, 258.
Nourrisson, Marie, 172.
Novales, 128.
Noyers (les), 110.
NucoURT, 16-25.
Obligation de mettre de la paillle
dans l'église, \^8.
Obligation de nourrir 3 religieux de
Saint-Germain-des-Prés avec leurs
domestiques et leurs chevaux, 112.
Obligation d'assister à la messe sans y
parler, 278.
Odox, abbé de Saint-Germain-dcs-
Prés, i32.
Odon, trésorier de Saint-Germain-des-
Prés (1222), 238.
Oliviers (des), Charles, commissaire
ordinaire de rartilleric. 236.
Ollive, Jean, 66.
Ollive, Guillaume (1376), 239.
Omerville, 10-2I.
Ordonnances contre les blasphèmes et
les jeux de hasard, 278.
Orge, rivière, 90, 98, 109.
Orly, Jean et Pierre, 78.
Ormes plantés sur la voie d'Arpajon à
la Ferté-Âleps, 1 1 2 ; sur les routes
de Paray, 84; procès, 84.
Ormessox (d'), Simon, chevalier, 78.
Orréc, lieu dit, igS.
Oudard, 170. •
OzANNE, Barbe, 5.
Pacage, droit, 276.
Paillard, Augustin, 286.
Paimpon,66.
Pains de Saint-Étienne, 160.
Palaiseau, 200.
Pampeluse, Jean, i36.
Panetier du duc d'Anjou, i .
Paray, 78 ; droits et devoirs, 81 ;
affranchissement des habitants, 82 ;
présentation à la cure, 85; église,
85 ; biens de la cure, 85 ; plusieurs
servitudes, 82-83. 262.
Parc de Versailles, 2 25.
Paroisse de la Marche unie à Vau-
cresson, 218.
Passage, pèche, voirie à Villeneuve-
Saint-Georges, i52, i5'|.
Past de l'abbé, 227.
Paul IV, pape (iSôg), 34.
Paumiur, 4i-
3l2
Pavillon, Etienne, secrétaire du Roi,
228.
Péant de Saint-Gilles, notaire à Paris,
9' "T-
Pêcherie, 220.
Pelisson-Fontaimer, monseigneur, Sa ,
84, i55, 389.
Pelletier (le), Pierre, auditeur des
comijtes, 2 1 6.
Pelletier (le), Pouillé, 100.
Pendus (des), fief, 11, 62.
Pension du curé, 2x5.
Pépin le Bref, 182, 261.
Péreau, Anne, i4o.
Pérette, cloche, Longnes, 34.
Permission de vendre toute espèce de
pain le dimanche, 274.
Perriault, Gilbert, maire de Meu-
don (i488), 202.
Peste noire (i348), 34, 209.
Pétel, ile, 3.
Petit, sieur, i4i.
Petit, Guillaume, 204.
Petit-Tertre, 89.
Petit- Vaux, 96.
Petite-Colleric, 278.
Petits couteaux de Saint-Etienne, i5i.
Pétromlle de Glatigny, 2I(3.
Philippe I", 43, 106, 126, 187, 271.
Philippe-Auguste, 3i, 36, 44, 45, 179,
208, 258.
Philippe Jll, ou le Hardi, 1 89, 220,
242.
Philippe V (i3i8), 5i.
Philippe, comte d'Évreux, 55.
Philippe, archidiacre de Poissy, 55
57.
Philippe, dame bienfaitrice (1198),
222, 224.
Philippe Laurens, dom, prieur claus-
tral de Saint-Germain-des-Prés, 268.
Philippe, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 220.
Philippe, religieux de Saint-Germain-
des-Prés, 272.
Picard, 149.
Picard, Hubert, 1C8.
Picard, Pierre, 178.
PiCHOT, religieux, prévôt de Villcneu-
ve-Saint-Georges, i35.
Pierre, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, ii3, 186, 187, 276.
Pierre, évèque de Paris (1210), 286.
Pierre, Aicolas, abbé de Neauphle, 87.
Pierre de Nemours, évêque de Paris,
(1209), 217, 226.
Pierre de Chevreuse, 243.
Pierre de Courpalay, moine chroni-
queur, \l\' siècle, 252.
Pierre de Concigny, aumônier du
Roi (i285), i63, 178.
Pierre de Maule (1180), 190.
Pierre de Meudon, ancien maire, 200,
2o4.
Pierre de Longuesse, moine de Saint-
Germain-des-Prés, 175, 191.
Pierre de Marly, 211.
Pierre de Milly, 286.
Pierre de Thiais, 210.
PiERREFORT (de), Jean, chanoine de
Chartres, 75.
Pierrefritle, 187.
PiFFRET, Guillaume, marguillicr, 128.
PixET, Etienne, i5.
Pipinel, Guérin, vicaire, 207, 271.
Pitance de poissons, 98.
Pitance de l'abbaye, 228.
Plaids généraux des religieux de Saint-
Denis à Rueil, 221.
Plains (les), Septeuil, 67.
Planche (de la), moulin, 64.
Planche (de la) de Mortièrcs, Jules,
io5.
Plantation de la vigne, 107.
Plàtrières, 281.
Plessis-Saint-Pierre, io4.
Plessis-Piquet, seigneurie, 285.
Ployebauch, i64.
Poiriers (les), lieu dit, 17.
Poissy (de), fief, 30, 43, 179, 192, 271.
3i3
Polyptyque d'Irminon, 35.
PoNsiN, Robert, ig^.
Pont (du), Robert, ii8.
Pont-aux-Anes, 278.
PoNTOMER, Renaud, i5o.
PopiER, Pierre, 64.
PoRMOz (de), Jean, 72.
Portion congrue, 280 (i655-i68i).
Posscssionig de Saint-Germain-des-Prcs
à Paray, 79.
PoTEL, Catherine, io5.
PouLLAiN, Perrin, i^-].
PouPEL, Jean, 49.
Poussin^ Jean, 4o.
Préaux (des), ÎNicolas, i35.
Préaux (les), lieu dit, 1 35.
Pré-Cornu, lieu dit, i35.
Pressoir, 107.
Pressoir démoli, 201.
Pressurage, 88, 89 ; révolte contre ce
droit, 88.
Prévôt, Jean-Baptiste, 286.
Prévôt d'Aîîet, 32.
Prévôt de Paris, sentence, 66.
Prévôts, i/io, 277.
Prieuré de Septeuil grevé de dettes,
61.
Prieuré des Bénédictins de Saint-Denis
à Bouafle, 207.
Princes de la famille royale à Berny,
290.
Prince de Condé, 2^9.
Procès, entre Pierre Roger et les Béné-
dictins, 129.
Procès entre les habitants d'Antony,
de Verrières et les habitants de Pa-
ris, 279.
Q
Quatre-Vents (hôtellerie des), 1 1 1 ,
Rainaud, évoque de Chartres, i.
Rainaud, Couturier, maire de Ba-
gneux, 258.
Raoul de Vitré (1289;, 96.
Raoul DE Guerville, i58.
Raoul de Bellefontaine, 191.
Rabelais, curé de Meudon, 2o'|.
Ratouillet, Gabrielle, prêtre, vicaire,
171.
Raymond, abbé de Saint-Germain-des-
Prés (1287), 36.
Rayaud, religieux de Saint-Germain-
des-Prés, 186.
Rebours, Jacques, ermite de >otre-
Dame-la-Désirée (16291,7.
Recette (la), ferme, i/ji.
Redevance de 70 setiers de blés, 99.
Redevances pour les fruits, la ramée
dans les bois. 209.
Redevance de 3o muids de vin, 283.
Reginald, évêque de Chartres, ^9.
Regnault, Denis, pilancier de Saint-
Germain-des-Prés, 206.
Regnault de Beaumont, 272.
Régnier, 112.
Reinart, prévôt de Saint-Germain-
des-Prés, 98, 94.
Religieux de Saint-Germaindes-Prés,
36.
Religieux de Saint- VVandrille, 72.
Religieuses de Saint-Eutrope de Char-
tres, 116.
Religieuses du Lys, près Melun, 1 16.
Religieuses de Saint-Cyr, 228.
Religieuses de Port- Royal (1267), ^^i.
Religieuses de Gif (i538), aSi.
Renard, maire du Breuil(i222), 94.
Renard, religieux de Saint-Germain-
des-Prés, 272.
Renaud, évêque de Chartres (1208-
1210), 26, Sa, 68, 75.
Renaud, religieux, 107.
Redaud, prieur d'Avrainville, 119.
Renaud, 217.
Rente pour le chapelain de Notrc-Da-
me-la-Désirce, a.
3iA
Renie pour les terrains du Chesnay
enfermés dans le parc (1691), 226,
Reportage, 199.
Rettelon (de), moulin, 199.
Revenus de Saint-Germain-des-Prcs à
Paray, en 1790, 80.
RiCART, maire de Morenci.
RicBERT, prêtre, IX" siècle, 100.
Richard de Dammartin, 76.
Richard, évêque d'Avranches, 178.
Richard, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 360.
Richard, 119.
Rideau, Jean, i48.
Rigault, Pierre, io5.
RiGAULTj Adam, évèque de Paris, i33,
i',3.
Rigomer-Vauhalan, 25o.
Rigueur des ofTîciers royaux, 106.
RiON, Aicolas, 287.
RiQUET, Jacques, 34-
RiQUET, Pierre, maître d'école, 34.
Rivière (de la), fief, 6.
Rivière, Renée, 60.
Robert le Pieux, 26, 36, 42, 43, 187,
190, 256, 271, 282.
Robert, abbé de Saint-Germain-des-
Prés, 35, 87, 44, 125, 204,219.
Robert II, frère du roi Eude, abbé de
Saint-Germain-des-Prés, 175.
Robert Guérin, chapelain, 4.
Robert III (i556), évèque de Chartres,
68.
Robert, seigneur de Dreux et de Rrie
(1202), 82 ; renonce à 60 muids de
vin, 168.
Robert de Fulfuri, i33.
Robert de Lespinasse, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, i53, 235.
Robert de Meudon, 208.
Robert de Morel, 210.
Robert de Meulaîs, 216,
Robert de Rueil, 219.
Robert, abbé de Saint- Victor de Pa-
ris, 221.
Robert de Meulam, 258.
Robert d'Aistoni, 219.
Robert, Jean-Baptiste, 298.
Rochefoucauld (de la), Louis-Alexan-
dre, 2 5.
Rocheguyon (la), château, 4,5.
Rocheguyok (de la), duc, 20, 25.
Rochon, Alexis, prieur commenda-
taire de Saint-Martin-la-Garenne,
G, 9-
Rodoyer, Romain, procureur de Saint-
Germain-des-Prés, 208, 212.
Roger, vicaire perpétuel d'Avrainville,
126.
Roger de Soisy, cuisinier du Roi, 208.
Ronsay, 2l3.
Ros(de), Sibille, 119.
Rose de Chartres, dame du Voisiel,
1x3.
RouBAis (de), Ysabeau, 6.
Rouget, 19.
Rousseau, Pierre, 147.
Rousseau, Toussaint-Mathurin, 298.
Roussel, Placide, prieur de Saint-
Germain-des-Prés, 64, loi, 208, 247.
Roussel, Guillaume, vicaire perpétuel
d'Avrainville, i25, 127.
Roussel, Pierre, 194-
RoussELiN, ISicolas (dom), prieur de
Theméricourt, 180.
RoTROu, archevêque de Rouen (1175),
10, i4, 181.
Ruuvray, forêt.
Royaiimont, 242.
Rueil, 220.
Ruelle (de la), Jean, i85.
Ruine de la prévôté de Dammartin,
37.
RUNGY, 82.
Saclày (de), chapelle, 253.
Sagy, 179-
Sainteny, 159.
3i5
Salle (de la), Pierre, 74.
Sandras, Joachim, 22/1.
Sanguin, Antoine, seigneur de Meu-
don, 200.
Sanguin, Jean, veut établir un pres-
soir, 201.
Sansac (de), Jehanne, dame de Beau-
regard, 280.
Santerue, notaire, 18.
Santeuil (de), abbé, seigneur dWm-
bleville, 20.
Santyme, i5o.
Sarrazin, 12.
Saulx (des), rue, 29.
Saussaye, André, 25.
Sauvaige (dom), cellérier de Saint-
Germain-des-Prés, i85.
Savigny, 94, 98, 102.
Sceaux, 2/46.
Sedilie, 3^ femme de Thyon, i35 ; Sé-
dilie, veuve de Girard iMaréchal, 198.
Senozan (de), Antoine-Olivier, con-
seiller d'État, 16, 21, 28, 07.
Séminaire des prêtres de Saint-Nico-
las, 157.
Sens (de), demoiselles, 248.
Sentences de mort et exécutions, 122,
200.
Septeuil (de), Richard, 60.
Septeuil, 28 ; église ruinée, 56 ; décla-
ration (1790). 65 ; prieuré ruiné par
les gens de guerre, 67 ; patronage
de l'église, 67 ; deux églises, 69 ;
requête du vicaire, 69 ; prieurs, cu-
rés, vicaires, 70.
Serans (de), monseigneur, 20.
Servien, Abel, marquis de Sablé,
achète les biens de Saint-Germain à
Meudon, 197, 302.
Sèvres, rivière, 126, 219.
Se ville, Jacques, i48.
Sézile^ 180.
Simon, abbé de Saint-Gcrmain-des-
Prés, 85, 95, 2IO, 283.
Simon d'Anet, 85, 43, 44.
Simon et Jean de INIo.ntjoie, 192.
Simon de Vaughigxeuse, 92.
Singe Yerd, m.
SiNSART, Hubert, 128.
Sirefontaine, 178, 187.
Sire de Belliicvre, 270.
Symon, religieux, i58.
Symon d'Auteuil, 281.
Sœurs pour soigner les malades, i56.
Solage (de), Marie, io5.
SoLiGNAC (de), Nicolas, écuyer, 108.
Somero (de), Etienne, 43.
Souillard, 4o.
Saint-André-des-Arcs, Paris, 77.
Saint-Andrieu, 87.
Saint-Antoine-du-Buisson, 21 4-2 16.
Saint Antoine ( du pain de), reliques,
6.
Saint- Augustin (de), fief, 72.
Saint-Babolein, 162.
Saint-Benoit de Paris, 2i4.
Sainte Cécile, reliques, 6.
Saint Christophe, reliques, 6.
Saint-Clément de Chastres, excuses du
prieur, 120, 128.
Sainte-Colombe de Sens, 102.
Sainte Cordule, reliques, 6.
Saint-Corentin, abbaye, 66.
Saint-Denis, abbaye, 220, 228.
Sainte-Geneviève (de), religieux, 220.
Saiut-Éloi (de), prieur, 121.
Saint-Georges de Mantes, prieuré, 76.
Saint-Germain-des-Prés, abbaye, 3,
5, 6, 18, i4; i5, 16, 19, 21, 20, 3i,
43, 48,52, 63, 87, io4, 317, 219, aSi.
Saint Gervais, 18, 25.
Saint-Gildard de Longucsse, 180.
Salm-Gili.es (de), sieur, 280.
Saiut-IIillicrs, 286.
Saint-Légcr-aux-Bois ou en-Arlhics,
9-18.
Saint-Leu, 102.
SainI r.ouis mangeant dans les appar-
lenienls des lîéiu'dlclins de \ ille-
nouve-Saint-Gcorges, a45.
— 3i6 —
Saint-.Magloire de Paris, lo.
Saint Marcel, 149.
Sainte-Marie (de), lldefonse, reli-
gieux, prieur de Saint-Michel-Che-
vaudos, 212.
Sainte-Madeleine, église, 60.
Saint-Martin de Villiers, 12, i4.
Saint-Martin-la-Garenne, 1,2, 35, 4i.
Saint-Merry, fief, 100.
Saint-Michel-Chevaudos, 211, 2i3.
Saint Placide, 166.
Saint Paul (le pain de), reliques, G.
Saint- Port (de), baronne, 290.
Saint-Sébastien, confrérie, 216.
Saint-Saturnin d'Antoni, 267.
Saint-Thomas du Louvre, chapitre,
i5o.
Saint - Rigomer, calomnie, miracle,
25o.
Saint-Victor de Marseille, 36.
Saint Vincent, martyr d'Espagne, 84.
Saint-Wandrille, abbaye, 71.
Saint-Yon (de), Hugues, 186.
Statue de saint Georges plongée dans
la Seine, i55.
Statue de ÎNotre-Dame-la-Désiré ca-
chée dans une fontaine (1790), g.
Suresnes, justice, prisons, 219, 228,
Tabour, Jean, ermite de Notre-Dame-
Ia-Désirée(i62 9), 7.
Tailleau, bois, io3.
Tardif, 222.
Tasse, haute, 62.
Talpin des Minières, ii3.
Tavane (de), comte, i56.
Taxe des Juifs, 56.
Taxe des sacrements, 58.
Tellier (le), Michel, ermite de Notre-
Dame la-Désirée (1649), 7-
Tenestina, 25o.
Tertre (le), 27, 29.
Teulet, Alexandre, 222.
Théméricourt, 178.
Thiais ou Thyais, 16, 21, 78, i4i, i52,
263.
Thiais ou Thyais (de), Jean, 162.
Thiais ou Thyais (de), Renaud, che-
valier, 78.
Thibault, sieur, 4i-
Thibault, dit le Gros, 108.
Thibault, Fabre, i64.
Thibault, Pierre, 173.
Thibault de Marly, 212.
Thibault Ghaadun, 283.
Thibout, Guillaume, 193.
T111EFAINE, i36.
Thieno (de), Jacques, 26.
Thierry de Droson, chevalier, 94.
Thion, i i4.
Thyon de A'illeneuve-Saint-Georges,
i34.
Tirans (des), fief, 19, 20.
Tyron, abbaye (i2i5), 226.
Thomas de Mauléon, 78, 85, 86, 272,
288.
Thomas de Chartres, 92.
Thomas, François, 127.
Thomas de Valenton, i63.
Thomas de Brie, religieux de Saint-
Germain-des-Prés, 180.
Thomas, Lucques, 194.
Thomas, Pierre, 200.
ToBiE, Adam, Meudon, 2o3.
Tonlieiic, droit, i32.
Torfou, [09, ii4, 122.
Tour d'Argent, 255.
Tour d'Antoni, 264, 289.
Tourly, 20.
TouRNON (de), cardinal, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, i36.
Tournelles de Mantes (les), 46, 47-
Tousteau, 66.
Tranché de Trémemont, dame, 172.
Trianon, 216, 217.
Tricher, signifiant trier, 209.
Trichoit, lieu dit, 209.
3i7 -
Tristan de Longuesse, seigneur de
Richelctte, 278.
TnociiE, Louis, 235.
Tuilerie, location, 38.
Tuilier (maison du), 2^9.
TuREAU, Guillaume, prieur de Sep-
teuil, 63.
u
Ursulines de Mantes, 2-
Valenton, i32, i34, i36, 187, i^i, i46,
i48, 1^9, 162, 168, 174.
Valgontard (de), Philijjpe-Robert-Si-
méon (i256), 71.
Valiers, curé, i5.
Val-Meudon, 200.
Yauboyen, moulin (i234), 238 ; ruiné
par les guerres (i66.'l), 289, 244-
Vaucresson, 218.
Vaudigiion, Louis, 72,
Yaugerard, 176.
Vaugrigneuse (de), Guillaume, io4,
276.
Vauhallan, 253.
Vaupéreux, 242, 249, 278.
Vaux (grand et petit), 98,
Vente de reliquaires d'argent, 283.
Ventriers (les), Jacques, 62.
Vélannes-Bost ou Vélannes-le-Bois, 18,
20, 22.
Vélannes-la-Ville, 17, 19, 20, 22.
Verne (de), Jean, trésorier de Saint-
Germain, 44-
Verneuil (de), duc, abbé de Saint-
Germain-des-Prés, 83, 167, 169.
Vernox (de), Jean, trésorier de Saint-
Germain-des-Prés, 35.
Vcrnon (Eure), droits de Saint-Van-
drille, 72.
Verrières (de), Robert, ii8.
Verrières, i36, a46, 247, 248, 260,357,
258, 362, 263; fabriques de verres,
IX." siècle, 254, 278, 282 ; contenance
des bois, 28 '|.
Versailles, 25, 248.
Vert, 63.
Vetheuil, 5, i5, 42.
Vexin français, 17, 34, i84.
Veydeau de Grandmont, seigneur de
Chétainville, 124.
Viarii, 256.
Vicarii, 206.
Vicaires perpétuels de Verrières, 287.
Vicairie, 107.
Videlles, 592.
Vigneron, Louis- Alexandre, 166.
Vigny, 178.
Viguerie de Paray, 81.
Viguerie, 256.
Viguiers, 256.
VilleneuveSaint-Georges, i32 ; vigno-
bles, i32 ; droits de Saint-Germain,
i43 ; justice, audiences, i46 ; église,
donation, consécration, réconcilia-
tion, i56; séjours de plusieurs rois,
157.
ViLLEROi (de), 21.
Ville-Thierry (de), Guillaume, 45.
Villiers-en Arthie, 11, i5, 293.
Vieil (le), Jean et Pierre, 176.
ViGNOiL (de), Thomas, i46.
Villa-Coublay, 284.
Villefavreux, 2 43.
ViLLEFONTAINE (dcj, Il 4.
Villaines, 257.
VlLLEHAYMON,]274.
Ville-du-Bois, io3.
Villemaison, 11 3.
Villemilan, 200.
ViLLi (de), Pierre, 86.
ViLLiERs (de), Pierre et Ansold, 94.
ViLLIERS, io3.
ViLLOUVETTE, 123.
Vilvert, lieu dit, 189.
Vin de Notre-Dame-la-Désirée, 4-
Vins (de), marquis, 99.
— 3i8 —
YioN DE Bécheville, Mathieu, prieur
de Saint-Martin, 208.
Violence du curé de Villeneuve-Saint-
Martin, 183.
VioT, Philippe, prieur de Saint-Mi-
chel, 212.
Yiry, io2-io3.
VisiGNY (de), Marie, ii5.
Vivian, Jean, religieux de Saint-Ger-
main-dcs-Prés, 72.
YoDETO (de), Guillaume, 5o.
Yoie Creuse, ii4.
Yoirie de Paray, 82.
Voirie, 107, i2i, 218.
Voisins (de), Gilbert, seigneur de Bou-
convilliers, 20.
VoLENGi, Jean, i46.
Voleurs conduits aux prisons de Paris,
242.
Volet (de), contrôleur général des
monnaies de France, 285.
Voûtes (des), rue, 109.
Yoyage des Bénédictins de Saint-Ger-
main de Paris à Choisy, en bac, i53.
W.vLAFRED, maire de Palaiseau, 252.
Waldromar, abbé de Saint-Germain
(697), 222.
\Yandremar, abbé de Sainl-Germain-
des-Prés (697), 223.
Wandrille et Jean Forger, G7.
Warin, 271.
V\''lLHEM de GuILLERVILLE, 94-
WiLHELM, prieur d'Antony, 258.
Wissous, 78, 83, 87, 89, 257 ; vasseaux
rebelles, 276.
Yerres-en-Brie, i4i.
Yvecte, 90.
Zèle pour la religion, 161.
E RRATA
Page lo, ligne i3, Hugues, archevêque de Rouen, lire : loGo, au lieu de
1G60.
Page 99, ligne 9, lire : i5G8, au lieu de 1668.
Page i33, ligne 20, lire : Robert, au lieu de Rodert.
TABLE DES MATIERES
Préface v
ARRONDISSEMENT DE MANTES
Notre-Dame-la-Désirée, i ; chapelains lo
Saint-Léger-en-Arthies, lo ; prieurs, i4; Saint-Martin-de-Villers, i4 ;
curés , . i5
Magny-en-Vexin i5
Longues : possessions territoriales, 26 ; seigneurie temporelle, 3i ;
seigneurie spirituelle Sa
Dammartin, 35 ; seigneurie temporelle, ki ; juridiction spirituelle, 48 ;
prévôts 5o
Montchauvet, 5i ; seigneurie temporelle, 54 ; seigneurie spirituelle, 57 ;
curés (3o
SeiJteuil : histoire territoriale, 61 ; seigneurie temporelle, 60 ; seigneu-
rie spirituelle, 67 ; prieurs, curé, vicaires 70
ChauIîour-les-Bonnières 71
Mantes 75
ARRONDISSEMENT DE CORBEIL
l'aray, 77 ; seigneurie temporelle, 81 ; seigneurie spirituelle . . 84
IVIassy 86
Wissous 87
Épinay-sur-Orge ou Le Breuil, 90 ; prieurs io3
ai
^2 2
Ballainvillieis io4
Avrainville, io6; juridiction temporelle, 1 1 9 ; seigneurie spirituelle,
135 ; prieurs, curés i3i
Villeneuve-Saint-Georges, iSa ; prévôts, i^o ; seigneurie temporelle,
1^2; procurations, i44 ; justice, i i5 ; redevances et dîmes, 149;
banalité et voirie, 102 ; seigneurie spirituelle, 1 55; curés . . . i58
Haut-Gagny i^g
Crosnes 160
Valenton, 162 ; seigneurie temporelle, 168 ; seigneurie spirituelle, 171 ;
curés ^7^
Bruyères, proche Limeil 17^
ARRONDISSEMENT DE 1 ONTOISE
Longuesse, 175 ; seigneurie temporelle, 179 ; seigneurie spirituelle, 180 ;
curés ^°^
ARRONDISSEMENT D'ÉTAMPES
Étampes ^^^
ARRONDISSEMENT DE RAMBOUILLET
Beynes ^°1
Sirefontaine ^^7
ARRONDISSEMENT DE VERSAILLES
Chàteaufort 188
Maule 18 ^•
Meulan iQ»
Poissy ^92
Meudon, 192 ; seigneurie temporelle, 198 Justice, 200 ; dîmes et bana-
lités, 202 ; droits de grucrie 2o3
Bouafle, 200 ; seigneurie temporelle 208
Grespières 209
— 323 —
Saint-Michel-de-Chevaudos 211
Le Chesnay 2i4
La Marche ....217
Garches 219
Bougival 319
Charlevanne 320
Marly-le-Roi 222
La (]eIIe-Saint-CIoud, 228 ; litiges et transactions, 226 ; exercice de la
justice, 228 ; l'église et la cure 229
Levy-Saint-Nom 282
Jouy-en-Josas a33
Gourbetin 286
Montéclin-Vauboyen, 287 ; seigneurie temporelle 24a
Amblainvilliers 2^6
Palaiseau aSo
Antony, Verrières, Massy, Berny, etc. : prévôté, 258 ; seigneurie spiri-
tuelle, 266 ; seigneurie temporelle 370
Verrières, 282 ; possessions et seigneurie temporelle, 288 ; seigneurie
spirituelle, 286 ; vicaires ou curés 287
Berny .288
Fresnes-Paray 391
La Ferté-Aleps (La Ferté-Alais) 292
Index alphabétique 295
Imprimerie E. AUBIN
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